Uno Svensson (vidéo)
Jusqu’à la douleur la couleur des mots
dit par JMS
Musique : Bernard Abeille
JMS - La couleur des mots jusqu'à la douleur - Illustrations Svensson Uno - Livre DVD
Aucune nuit n'est plus large que le rêve
Jusqu’à la douleur la couleur des mots
dit par JMS
Musique : Bernard Abeille
JMS - La couleur des mots jusqu'à la douleur - Illustrations Svensson Uno - Livre DVD

Mon ami UNO, celui qui enfouissait la douleur d’être homme dans un monde dévasté, celui qui, en 1945, avait été un jeune étudiant horrifié par un voyage dans une Europe en guerre, celui qui avait croisé le regard creux des femmes et des enfants contemplant les ruines fumantes de leurs maisons, celui qui en fut à jamais blessé, mon ami Uno Svensson est parti. Son regard de vieux Viking paisible ne croisera plus le mien.
Déjà, il nous avait un peu quittés. Sa mémoire et son crayon étaient partis. Pourtant lors d’une de mes dernières visites, avant qu’il ne retourne dans sa Suède natale, il était sorti de son ailleurs, criant mon nom, il avait dit "quand mangera-t-on de l’oreille d’éléphant ?". Souriant et lumineux, il se rappelait notre dernière blague. Parfois, alors que l’on croit tous les livres du bonheur fermés, des vagues de mémoire s’entremêlent et jettent sur le sable un galet de vieux rires.
Tu es parti mon ami, toi qui savais presser la couleur jusqu’à la douleur des mots, toi qui, dans les yeux de tes personnages, me faisais apercevoir leur âme.
Tu es parti dans cet univers où ne vit que la mémoire.
Tu le sais mon vieux Viking, si d’aventure était un ailleurs des âmes, je ne te dis pas "adieu…" mais "à plus, mon ami".
Jean-Michel Sananès
***
Uno Svensson est né en 1929 à Ronneby (Suède). Une traversée de l’Allemagne en ruines fera de lui le peintre de la folie des hommes. Son œuvre est complexe, variée, douloureuse et tendre.
Après avoir acquis une stature nationale de 1957 à 1966, la galerie de F. Houston-Brown, à Paris, lui ouvre une carrière internationale (Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Japon). Le grand poète Alain Bosquet écrira "Les Enfers d'Uno Svensson".
En 1994, la municipalité de Ronneby crée une exposition permanente de ses œuvres. Uno Svensson est exposé dans 12 musées dans le monde.
Il est membre de l'Académie Européenne de Paris depuis 1985.
***

Entrer dans l'étrangeté d'un regard,
comme un voleur de nuit traverse le crépuscule,
trouver dans l'indicible
la profondeur du trouble,
trouver la vie arrêtée à un regard,
creuser le silence… l'éclater en déchirure.
JMS - Extrait de : La couleur des mots jusqu'à la douleur - Illustrations Svensson Uno - Livre DVD

Eternité,
laisse ta place
quand le silence balaie les scories de la fête
Le musicien est mort
Cuivre cloué au silence,
la nuit est blanche comme de la poudre
Dans la gorge dorée d’une trompette,
haché en mélopées sanglantes,
le sanglot s'est tari,
les lampions de la vie se sont éteints
Tissant l'ombre froide,
le peintre cherche
encore le cri étamé
et les mélodies ruisselantes
Uno pleure Chet Baker
Le peintre sait le voyage de Chet,
cuivre cloué au silence
Uno repeint la douleur
Le noir est sa couleur
Dans l'ombre froide,
le peintre trouve des notes de silence
Elles sont “no more music”
et cristal étrange
La mort les a mangées
La nuit est blanche comme la poudre
Le musicien est mort
Une voix de cuivre
joue des mélopées transparentes
Elle reste dans la tête des hommes,
elle reste dans la tête du peintre
jms
Extrait de :
La couleur des mots jusqu'à la douleur -
Illustrations Svensson Uno - Livre DVD
Des enfants, des hommes sont morts et c’est un drame.
Cependant, je suis irrité par le besoin que certains ont de désacraliser les enfants et les victimes, je suis blessé par le besoin que certains ont de laisser penser que les enfants morts ailleurs méritent que l’on efface les enfants assassinés et les morts de Toulouse.
Devrait-on penser qu’après tout ce n’étaient "que des soldats" et "que des Juifs" ?
Certains médias semblent s'en faire écho.
Mais la mort, où qu’elle soit, est toujours irrémédiable et injuste quand elle peut être évitée.
Oui, à quelques heures de chez nous, des enfants mêlés à une guerre, meurent prisonniers d’un engrenage où tirs de missiles et représailles s’enchaînent.
Dieu pardonnera-t-il aux parents d’exposer leurs enfants pour en faire des martyrs ?
Aux récurrences de l’insupportable, je hurle à l’imposture des dieux qui opposent les peuples. Je griffe du papier et m’insurge pour tous les enfants d’ici et d’ailleurs à qui l’on a volé le futur, à qui on a pris tout ce qui devait leur advenir.
Oui, moi l’athée, je pleure sur tous les enfants qui meurent de l’indifférence d’une société de consommation et de profit qui laisse les enfants d’Afrique mourir de misère et de famines que l’on pourrait éviter par le simple sacrifice d’une seule journée du budget mondial des dépenses des armées. Je pleure sur l’avidité des puissants qui refusent d’offrir l’eau potable aux déshérités, je pleure sur les gouvernants d’ici et les corrompus d’ailleurs qui regardent sans rougir les enfants au ventre ballonné aller à leur mort. Je pleure sur l’aveuglement des présidents qui font négoce d’armes et oublient la plus élémentaire morale.
Oui, chaque jour, je suis triste à en pleurer, pas besoin du drame de Toulouse pour que mon verbe et mon encre s’insurgent.
Mais un peu de décence. Ici, en France, des enfants ont été arrachés à leurs jeux, à la vie, à leurs familles. En cette circonstance, je demande aujourd’hui que les langues au venin sirupeux se taisent, qu’elles laissent ceux qui ont des larmes s’adonner à leur chagrin. Je demande qu’ils rengainent leurs justifications. Il faut que chacun sachent que choisir une enfant dans une cour d’école, l’attraper par les cheveux, mettre un pistolet sur sa tempe et tirer une balle dans la tête de la fillette en pleurs, n’est pas une bavure, ni un dégât collatéral. C’est le paroxysme d’une haine paranoïaque inculquée et que je ne veux pas voir excusée. C’est le paroxysme d’une haine qu’il faut soigner.
À chacun d’entre nous, je demande de rester homme, je ne veux voir ni la vengeance ni la mort reproduite. Je veux que chacun d’entre nous déterre au plus profond de lui-même l’humanité avec laquelle l’on construit le verbe aimer. Je veux que les enfants redeviennent enfants tous pareils aux miens. Je veux que l’école ne laisse plus d’enfants à la dérive et en proie aux idéologies criminelles.
Je veux que chacun sache que l’autre n’est pas notre simple prochain mais notre identique.
Je n’ai pas de prochains je n’ai que des pareils. Il nous faut réapprendre le mot frère.
De la haine, des kilos de fureur, des mots à cran d’arrêt, je ferai de l’amour. Des hommes à angle droit dénaturent la terre. Ils rasent les montagnes et aplatissent l’arc-en-ciel. On mange du pétrole mêlé au sang des bêtes. On boit des sanglots secs. J’ai moins peur des canons que de ceux qui les font, moins peur des soldats que de leurs chefs d’état, moins peur de la faim que des billets de banque. Dans le concert des nations, toutes les notes sont fausses. Tout craque comme les os des branches mortes. C’est quand qu’on fera moins de fusils qu’on n’aura moins faim. C’est quand qu’on fera moins d’avions qu’on ira plus loin. C’est quand qu’on fera moins de choses qu’on aura le temps de s’aimer. C’est quand qu’on recommence la vie, plus propre, plus belle, plus chaleureuse ? C’est quand qu’on recommence à vivre sans marchand, sans prêtre, sans soldat ? C’est quand qu’on danse avec les loups en laissant les héros masturber leurs médailles ?
Ne restez pas là plantés comme des piquettes. Faites plutôt les arbres. Faites bouger vos mots comme des feuilles, plonger dans vos racines jusqu’à toucher le ciel. Faites l’amour pas l’argent. Faites la sourde oreille aux sirènes marchandes. Faites la vie non la haine. Ne faites pas la chaîne mais l’accolade. Ne faites pas la banque mais le lit. Ne faites pas la tour mais le nid. Faites l’abeille, le pollen, la fleur. Ne faites pas la cour mais l’azur. Ne faites pas la guerre mais la danse, l’horizon, la cigale. Ne faites pas la rue mais la route. Ne faites pas le paon mais la roue de brouette, le galet des ruisseaux, la groseille, la luge, la sève des érables. Ne faites pas l’armure mais la peau. Ne faites pas le pied de grue mais l’aile de l’oiseau. Ne faites pas la queue mais le pépin. Ne faites pas la montre. Faites la pluie et le beau temps. Ne faites pas la bombe mais l’avion de papier, le tire-pois, la chiquenotte. Ne faites pas la tête mais le cœur. Ne faites pas l’habit, l’uniforme, le rôle. Faites l’ange. Faites l’homme. Faites l’âme.
Ma main gauche prolonge ses lignes sur la page. Les mots rendent parfois visible la part manquante de l’univers. Quand le monde est trop lourd, je me penche sur une phrase pour l’alléger d’un mot. La moindre pluie d’été, le souffle d’une bête, le sel d’une larme me rassure sur la vie. Même en lettres attachées, l’écriture libère. Sur un carnet aux ailes dépliées, un sang d’encre palpite. Les saisons passent, des ombres de Rembrandt au soleil de Van Gogh, des rires de Mozart aux prières de Bach. Le temps est un artiste. Le ciel bat des cils au passage des nuages. Même derrière le pire, un bout d’âme dépasse, s’apprêtant à aimer. Je ne veux pas être quelqu’un mais simplement un homme. J’aspire à l’infini. L’amour n’a pas de fin puisque son terme nous échappe. La beauté est là, partout, du vert des rivières à l’envers des feuilles, des vers sur la page au ver dans la pomme, de la poussière des étoiles jusqu’à l’eau du langage.
J’aime la poésie légère des comptines. Un simple mot d’enfant fissure la masse des opinions. J’écris avec les pattes des oiseaux, le poil des chevreuils, les miettes de pain, la poussière des routes, la mousse des rochers. Je cherche au fond de l’encre des fétus de lumière, un peu d’émerveillement, la grâce d’une langue. Les évènements importent peu dans une vie. Dès l’enfance, les routes sont tracées. Le silence porte tant d’images. Il faut écrire pour les voir. J’ai situé partout ma chambre d’écriture, un banc de parc, une pierre, un arbre renversé, une table de bois, une banquette de train. Tout me sert de papier. Les mots poussent partout, de l’humus au désert, dans la glaise ou la gravelle, le lisse des galets et la chair des fruits. Même si ce qui est écrit ne tient pas, je m’y tiens comme on s’accroche à la vie.
Par la freniere - Publié dans : Prose
http://lafreniere.over-blog.net
Obsédante
L’image d’une enfant me revient
Image funeste comme le naufrage d’un continent
Triste comme une boîte à rêves que l’on massacre
Horreur lancinante
L’image d’une enfant me revient
Un homme la tient par les cheveux
une arme contre sa tempe
et la mort qu’il lui donne
Peut-on mourir à quatre ans ?
Peut-on vivre sans son enfant ?
Il y a un goût du sang sur la pointe du jour
Et l'image d’une enfant qui revient
J’ai mal au cœur des parents
J’ai mal à l’absence des enfants
Une image me revient
Un goût du sang sur la pointe du jour
Et des enfants comme mes enfants
Et des parents au cœur comme le mien
JMS "Et leurs enfants pareils aux miens"
Je les regarde ces salauds de poètes
Je les regarde ces assassins du non-dit
Ces dompteurs de phrases qui espionnent le silence
Pour lui voler ses mots !
Le silence est-il intérieur ou extérieur ?
Faut-il fermer les yeux pour regarder en soi ?
Faut-il fermer le réel pour ouvrir les yeux ?
Je ne sais pas où habite le silence
Je ne sais pas où sont mes mots
Je ne sais rien de tout cela
Une page blanche me regarde.
JMS
C’est l’hiver,
j’ai mangé tout le printemps et les chocolats
arraché les orties et le coquelicot de ma mémoire
monté le chauffage, descendu mon moral
il fait zéro dans l’escalier
il n'y a plus de haut il n'y a plus débat
je ne chante plus, j'ai froid, je craque
il neige dans l’ascenseur
et la concierge s’en fout.
Comme un oiseau sans ailes
je marche, fête à l’envers
comme un hibou sans tête
je vole plus ras que les pâquerettes
un rien me démonte, tout me bouscule.
Je cours je grimpe je saute
d'humour en larmes.
Je crie je vole je vais,
d'humeurs en rires.
Je vais je plane je roule
j’effondre je tombe
il y a inflation
au royaume des petites pièces
kopecks et joies sont à la baisse
j’évolue j’évalue je dévalue
je creuse je charbonne,
la pioche n’est pas bonne
j’explore le miroir
le teint est mauvais.
Je suis un homme de nulle part
un trublion de l'impossible
un homme de rien, un sans frontières
le temps s’est fâché, il y a guerre
de la fumée, des décennies, et des ans sur la piste
le jour va trop loin
il fait moins dix dans mon mental
un hiver terroriste a descendu
le thermomètre.
À corps d'écrits, je cherche
j'ancre des délires en bout de doigts
je peins mes rêves
avec de la peinture à trous
je traque je piste j’explore
il y a du vent dans mon assiette
j’ai soif de petit jour.
Mais Toi, où es-Tu ?
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume
À Mahmoud Abou Ramah,*
La mort et toutes les erreurs du ciel
La vie et tous ces crimes sur les chemins d’enfance
L'espoir qui court de l'âme au de profundis de l’oubli
Partout je ne vois que des tombeaux
Où est l’homme qui se voulait debout ?
Écoute Mahmoud, j’entends gémir la conscience.
Au grand bazar du ciel, je cherche la pitié, la justice
La compassion, le pain et le rayon amour
Partout pullulent les Amin-Dada, Himmler, Torquemada*
Enver et Talaat*, Staline, Custers, Nivelle
Et autres bouchers qui salissent l’Histoire
Écoute Mahmoud, j’entends les hommes pleurer.
J’ai une mémoire Arménienne, Rwandaise, Tutsi
Juive, Cambodgienne, Indienne
Je sais la douleur des tiens
Chaque matin j’appelle les enfants disparus
Mais les mots, leurs noms, explosent.
Écoute Mahmoud, le ciel tangue sous les assauts du vide.
Le ciel bascule comme un épervier sans visage
Le ciel nourrit des anges perfides
Les dieux sont en campagne, ils bradent
ils vendent la foi et des rasoirs, des prières et des bombes
Ils troquent conscience contre territoire, ventres de femmes contre plaisir
Écoute Mahmoud, la voix des frères déchirés
En terres lointaines, je cherche les tribus
Partout le dieu goudron les a chassées
Les fils de bonne conscience ont pris leurs terres
Les marchands arabes ont vendu les hommes
Les blancs s’en sont servis
Écoute Mahmoud, partout les sermons éduquent au meurtre.
Le ciel est désert. Dieu est ailleurs
Ses héritiers sont capitalistes, barbus hermétiques ou croyants sanguinaires
Ses fidèles sont à l’église du loto
Ils misent leurs espoirs sur papier chiffré
L’hostie des prières s’arrose au champagne
Écoute Mahmoud, j’entends gémir la conscience.
La mort et toutes les erreurs du ciel courent
sur des chemins de vie où je piste la vertu
Partout la mort et toutes les erreurs du ciel dépravent le bonheur et l’amour
Peut-on grandir sans justice ?
Vivre peut-il se faire sans bonheur ?
Écoute Mahmoud, j’entends mourir la conscience.
JMS "Et leurs enfants pareils aux miens"
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* Mahmoud Abou Ramah, militant des droits de l’homme poignardé à Gaza, miraculeusement rescapé (source « Le Nouvel Observateur avec AFP »)
**Amin Dada : dictateur africain - Himmler : bras droit d’Hitler, maitre d’œuvre de la solution finale - Torquemada : inquisiteur espagnol - Enver et Talaat : massacreurs d’Arméniens - Nivelle : boucher du Chemin des Dames, guerre de 14-18 - Cortez : conquistador massacreur d’Aztèques - Staline : déporta au goulag des millions d’innocents - Custer : massacreur d’Indiens en Amérique du Nord
Lettre à un juge qui inculpe la poésie
« Trafiquante de mots »
Monsieur le juge de la « trafiquante de mots » Angye Gaona.
Soyez bien conscient que Angye s’adonne au trafic des mots. Peut-être elle est fatiguée des mots qu’on entend
tous les jours. En Colombie, les mots les plus fréquents sont « inculpé, » « victime », « déplacé », « disparu », « exilé », « arrêté », « emprisonné », «justiciable», « armée », «
condamnation », « mort », « juge », « police », « persécution », « assassinat », «embuscade », « attentat » et tant d’autres âpres termes que désignent notre temps obscur
: là, où le mot « prison » a été écrit, Angye a écrit le mot « oiseau ».
Jugez par-vous même, car vous jugerez la Poésie si jamais le mot « condamnation
» a un sens. Avec cette grammaire nous allons chaque jour à notre travail, en marchant entre les lignes de cette langue nommant abymes et atavismes deuils et misères.
Là où était le mot barreau Angye écrivit le mot rêve, et ce jour-là a commencé son procès.
Nous sommes de ceux qui pensent que le monde a aussi été crée pour la célébration de la vie et pour la
vie, nous, nous pensons en d’autres termes, dans une réalité autrement définie, dans une autre écriture, dans une autre société où les rêves sont encore possibles. Et avec Angye nous invoquons
d’autres mots qui ouvrent des fenêtres sur l’obscurité de notre monde et qui conjurent l’obscure grammaire de la haine et de la peur. En un chœur désobéissant, avec Angye nous, nous disons
« mer » et nous disons « plaine », nous disons « sable », « montagne » et « cordillère » et nous nous rebellons contre les mots de la nuit ; nous n'acceptons pas cette nuit imposée.
Et nous écrivons des phrases issues d’un monde caché, comme Angye qui écrit « ce que j’apporte c'est la mer », et elle écrit « lisière lumineuse » et d’autres expressions douloureuses
telle que « le soleil thésaurise dans les voûtes», «le chemin du sternum ». Peu importe que l’on comprenne ou non, on le dit. Et ne comprend on pas qu’une poète de sa trempe s’efforce
d’arracher des étincelles à la lumière là où il n’y a que de la nuit ? Puis nous nous rebellons contre la nuit, et nous disons Soleil des voûtes, tu n’es pas notre soleil ! Soleil des cendres,
nous te voulons dehors, libre des prisons qui s’érigent pour cacher le jour aux yeux des humains !
Qu’on veuille remettre Angye en geôle ? Vous ne comprenez pas, les oiseaux de la nuit ne connaissent pas le
vol léger des oiseaux du jour.
Monsieur le Juge, il n’est pas possible d’emprisonner la rébellion du vent.
Álvaro Marín
Écrivain, poète, essayiste
Traduction française : Cristina Castello
Révisée par André Chenet