Retour sur mon blog pour un petit coup de gueule
Minute dérape sur une peau de banane !
Non, ce n’est pas seulement Madame Taubira que Minute a insultée, ou simplement moi qui me suis senti offensé, mais la France que j’aime et tous ceux qui ont construit une morale républicaine, et cela, même si depuis un certain temps une partie des ténors de l’opposition prend ses distances avec nos valeurs.
Oui, Minute, le journal des indigents de la conscience, a fait plus fort que d’habitude.
Et oui, les héritiers du pétainisme souffrent quand une personne de couleur, ou quelque autre mécréant, porte trop haut l’intelligence et la conscience.
Quand l’intelligence fait de l’ombre à la médiocrité, la caricature se met à hauteur de son idéologie, et comme d’habitude, le discours de l’extrême droite est un peu "nazillard".
Mais comment s’étonner d’une telle haine quand l’opposition joue la surenchère, courtise et encense le vieux pétainisme ; quand une télé de propagande, assujettie au pouvoir économique, lance son venin et que, soir et matin, elle brouille le message. Il y a quelques temps, j’entendais un de ses journalistes affirmer que les employés devraient travailler gratuitement pour sauver les entreprises françaises, et d’autres comparses vanter ce modèle allemand où l’on peut travailler pour quelques Euros de l’heure. À les entendre, nous les salariés, devrions habiter la rue et chaque jour aller dire "merci patron". Si le rêve de la droite française c’est cela, il serait fou de ne pas écouter les sirènes de l’extrémisme et d’aller mariner ou staliniser de droite à gauche.
Qui donc parlera des salaires confiscatoires des patrons de la haute finance*, ceux-là mêmes qui trouvent que payer leurs employés est une si grande douleur qu’il convient de la traiter par la déportation du travail, la dissimulation, l’exonération, l’exil fiscal et la captation massive des subventions publiques.
Qui donc parlera du carcan idéologique d’un libéralisme au service des multinationales, avec ses centrales de corruption qu’à Bruxelles on appelle lobbies… Lobbies de l’agroalimentaire, des tabacs, de la chimie, de la pharmacologie, du pétrole.
Je n’oublie pas que 10 % des français reçoivent 3,7 % des richesses annuelles de leur pays quand 10 % des plus riches disposent de 24,1 %. Je n’oublie pas non plus que des salariés ou des sans-emploi habitent des cartons.
Qui donc nous parlera de ces vérités pourrissantes que l’on masque par la mise en avant de faux problèmes ayant pour visées de corrompre les jugements.
Chaque jour, je vis comme une injure personnelle tous ces quolibets et pamphlets, et l’argent noir du pétrole qui finance l’intégrisme. Chaque jour sur le Net, je vois la haine déversée à flots contre les 50% des Français qui n’ont pas voté pour ceux qui, des décennies durant, ont mis à sac l’économie nationale, offrant nos autoroutes, l’eau, l’électricité, les transports, l’énergie, et la richesse de la France à leurs amis.
Chaque jour je vois le déclin de la conscience et la surenchère démagogique gagner tous les camps. Si je trouve que toute délinquance mérite une réelle sanction, quand on applaudit à la destruction d’une caravane ou d’un appartement insalubre sans proposer de solution de relogement, j’ai l’impression que la décence traverse, pieds nus, une fosse à purin.
J’attends maintenant que chacun affirme que vivre dans la dignité et le respect est un droit non négociable. Il est temps qu’une France sans angélisme mais généreuse, réinvente le futur.
JMS - Vice-Président de Sos-Racisme
* Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/argent/2012/02/14/05010-20120214ARTFIG00654-les-remunerations-des-grands-patrons-repartent-a-la-hausse.php - La rémunération des dirigeants des 250 premières sociétés cotées à Paris - la rémunération totale moyenne d'un dirigeant du CAC 40 s'est élevée à 4,11 millions d'Euros en 2010 contre 3 millions en 2009.
Dieu, le silence et moi
Je serai sur le stand des Editions Chemins de Plume au Salon du Livre de Mouans-Sartoux (06), les 4, 5 et 6 octobre 2013 pour présenter mon nouveau recueil de poésie : "Dieu, le silence et moi". Bâtiment A Littérature, je dédicacerai mon ouvrage durant ces trois jours.
4è de couverture : Des infirmes du bonheur cognent aux portes de la désespérance. Infiniment je cherche l'ouverture, le chemin et la route des hommes. La nuit refoule de vieux rêves et ce que j'ai cru du bonheur s'y perd dans l'enfer des étoiles disparues.
Chez Manu - Cave Romagnan
Anniversaire les 50 ans du So What
avec
Alex BENVENUTO, clarinette, clarinette basse - Jean-Marc LAUGIER, contrebasse - Thomas GUILLEMAUD, saxophones - Laurent LAPCHIN, trompette - Cédric FIORETTI, batterie – Michel SEYRAT, voix à poème

Je te regarde
Vieux rebelle,
Chasseur d’éternité
Droit dans une jeunesse en exil
Qui écoute du jazz
Et rechigne à l’érosion des jours
Sur un chant de basse
La batterie sculpte son cri
"So What"
Sucre nos silences
Dompte le vide
Libère une joie aux accents de cuivre
Vis et chante
Vieux rebelle
Aime et défie le temps
Parce que la vie est notre seule liberté
Courent la mélodie
Et la voix à poème
Coule le jazz
Je nous regarde
Enfants d’un temps perdu
Agrippés à la poussière des rêves
Chez Manu
Le monde ferme ses chagrins
Scrute l’ailleurs des chemins
Les quêteurs d’absolu libèrent leurs vérités
JMS chez Manu 8 juin 2013
Le mariage pour tous (Coup de gueule)
Ça manifeste, ça déteste, ça mobilise, ça immobilise, ça infeste, ça agresse…
Partout les barjots de la contre-loi écopent, discriminent, jettent des mots, distribuent des coups et du venin.
Non, pas contents, pas contents du tout ceux de la bonne conscience, ceux contre les hors norme, ceux contre qui ne votent pas comme eux !
Sûr, la démocratie c’est pas bon pour tout le monde ! Il y a des référendums qu'on assassine et des lois qu’on voudrait enterrer de leur vivant.
Ça impose, ça menace, ça dit non à la loi !
Et oui, ils sont là les contre la loi qui jouent de la banderole et du bâton. E t ça crie, ça crise, ça désolidarise, ça desHollandise.
A les écouter, la République ne devrait pas donner les mêmes droits à tout le monde !
C'est vrai, pourquoi ceux qui s'avouent différents auraient-ils droit à une retraite de couple ou encore, à bénéficier d’un droit à l'héritage quand ils ont partagé une vie de joies et de galères ?
Et moi je me demande : pourquoi tant de haine ?
Et à quand le triangle rose et le marquage au fer ?
Je pense à toi Lorca que l’on tua d’une balle pour te punir de ton péché.
Tout n’a pas vraiment changé, ils sont toujours là avec leur morale furieuse, odieuse, que j’appelle intolérance.
Moi, qui ne suis qu’un hétéro convaincu, qui aurais peut-être préféré pour cette union un autre nom que celui de "mariage", devant l’ampleur des manifestations et la violence qui secouent la démocratie, je m'interroge. Comme je m'interroge quand la vieille France sort ses extrêmes, ses casseurs, quand elle est prête à exclure, à rejeter, quand elle pue Vichy, quand, sous couvert de morale dogmatique, elle ne se pose jamais les bonnes questions.
Parmi ces questions :
- Cette loi oblige-t-elle qui que ce soit à modifier ses choix sexuels ?
- Les enfants de ces couples, quand ils sont élevés avec amour, sont-ils malheureux ?
- Les enfants adoptés par des gens de même sexe aiment-ils moins leurs parents ?
- Ont-ils davantage de problèmes que les autres enfants ?
Reçoivent-ils moins d'amour ?
- Les abandonnés en orphelinat sont-ils plus heureux que ceux adoptés par un couple de même sexe ?
Tant de haine, de manque de réflexion, d'étroitesse d'esprit, font peur !
Et pourtant :
L’amour n'est-il fondé que sur l'identité sexuelle définie par les 'bien-pensants' ?
La liberté de disposer de soi-même et de son identité sexuelle au service d'un amour fondé et respectable, ne devrait-elle pas être un droit pour tous ?
Plus que l’orientation sexuelle, n'est-ce pas la qualité humaine qui devrait définir le vrai statut d'un individu ?
JMS
Georges Moustaki et Martha Contreiras - "Sans la nommer" (La Révolution Permanente) 1981
http://www.youtube.com/watch?v=ULWfN5Y19V8
Être un homme, est-ce autre chose que porter haut sa parole d’homme ?
JMS
Marina Tsvetaïeva
"Éparpillés dans des librairies, gris de poussière, ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus, mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares quand ils seront vieux"
Marina Tsvetaïeva - 1913
"Fête des mères" (2)
En rebond sur le texte de Ile Eniger : "Fête des mères"
Songeuse, elle pense et défriche ce cri que l’on croit lointain. Il est là pourtant, caché sous les pas de la petite fille qui courait dans les graviers. Le cadeau, les heures et le rire pétillant explosent, jaillissent. Résurgence d’un bonheur que le flou des ombres avait amalgamé à une autre vie, dans un monde ailleurs où rien ne vieillit.
Songeuse, elle pense, défriche et écrit.
Et moi, spectateur étranger embusqué, lecteur de ces mots qui retracent une autre vie ailleurs, dans l'universalité des mémoires où les enfants n'ont plus d'âge mais où les odeurs et les rires d'antan reviennent inlassablement.
La mère est dans la cuisine, dehors le cri des hirondelles qui réparent le nid, résonne dans le patio. Je me retrouve là, dans la magie d'un souvenir, fier dressé sur mes six ans à attendre que son visage s'illumine pour un bracelet en pâtes ou un dessin maladroit, fier et prêt à lui dire : c'est moi qui l'ai fait .
Peur de rien est passé, peur de tout et de vieillir sont arrivés.
Tu te retrouves petit garçon et tu penses à elle et à ce "Bonne fête maman" qui a perdu son rire.
Elle est là, mais sa mémoire est partie
A-t-elle oublié la vieille école de la rue Marceau, ma tenue de louveteau ?
Elle est là et n’est pas là. Elle sourit, cherche à saisir sa vie.
Les rires, les larmes, les espoirs, les déceptions et les bonheurs peuvent-ils survivre à l’ombre ?
Que fait-on des mémoires fermées ?
Des mots, des amours, des douleurs jamais réparés et des aveux jamais faits ?
Déjà le noir et le silence t’habillent.
Tu fermes le vieux carnet de ta vie et tu te sens seul.
JMS



