Immenses et fragiles
Immenses et fragiles
les mots
ces papillons fous
que la lumière des âmes enferme sur un papier
et que l’oubli jette au feu.
JMS
Aucune nuit n'est plus large que le rêve
Immenses et fragiles
les mots
ces papillons fous
que la lumière des âmes enferme sur un papier
et que l’oubli jette au feu.
JMS
Seul un calice rempli de larmes
a l’éloquence du discours
quand il parle de la grandeur humaine.
Qui donc encore a conscience
de l'opulence indécente
quand des enfants meurent de faim ?
Je sais que "beauté" est un mot païen
qui se décline en cris de cœur.
Je viens de la lumière intérieure du verbe et des choses.
Je viens d’une lumière originelle
que la matière cache à l’insignifiance de l’œil humain.
Je viens de la lumière matrice
qui articule l’atome pour donner la vie.
Je viens d’un seigneur de sang lointain.
Je viens de mes pères et du chemin.
Je sais l’impertinence de la conscience
dans un monde de calcul.
Je sais l’indispensable mutation
et le retour à la lumière.
Je sais que la Beauté est toujours une prière.
JMS
Vient de paraître au Québec aux Editions Trois-Pistoles dirigées par Victor Levy-Beaulieu
Jean-Marc La Frenière
La matière du monde

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Le temps me tire par le cou vers un bosquet de mots, les images perdues, une vision de veille, une forêt de sons. Les jours passent en quêteux. Les bêtes se relèvent dans l’orgueil du cri. La route autour du monde n’était qu’une chimère. La pluie dénoue ses doigts dans les sources taries. La seule ligne infinie est pointillée de mots. J’y cherche un peu d’espoir. Les fleurs gonflées d’orgueil ont bu toute la soif. Les rendez-vous d’amour ont dévoré les heures sans cracher les pépins. Ce n’est pas moi qui marche, c’est la route qui lève, la neige qui salue, le soleil qui pleure. Jean-Marc La Frenière |
France 3, ou de l’irresponsabilité des medias à la valorisation et, pourquoi pas, à la promotion du crime !
A propos de l’émission "Affaire Merah, itinéraire d'un tueur"
Chaque jour, je suis choqué de voir la télévision nous offrir des modes d’emploi utiles à la fabrication d’une bombe, de la voir divulguer des informations qui peuvent renseigner des malfaiteurs ou des criminels sur l’avancée d’enquêtes policières. Chaque jour je m'indigne lorsqu’elle montre des visages et des lieux, au risque de transformer en cible des opposants à des fanatiques. De même, je ne comprends pas que la télévision puisse révéler des projets confidentiels, mettant en péril la vie de nos soldats ou d’otages.
La question se pose : les journalistes sont-ils responsables des conséquences de leurs actes ?
Certes, France 3 n’est pas seule à se trouver prise au jeu d’une information avide de sensationnel et de mort. Pour autant, Monsieur le président de France 3 et vous Messieurs les journalistes de tous bords, vous démontrez chaque jour que le crime vous passionne plus que la douleur des hommes, vous êtes des marchands de "scoops", vous spéculez sur l’ignoble, votre nourriture la plus demandée c’est la mort. Et vous en réclamez toujours plus. Votre terrain de prédilection c’est le morbide. Vous êtes davantage enclins à promouvoir la violence que la poésie ! Ce qu’il peut y avoir de fraternel et de beau dans les quartiers et dans le monde, ne vous intéresse pas.
Ce n’est pas seulement de votre faute, Messieurs, l’audimat et les concepteurs de programmes vous y engagent, et hélas, vous épousez si bien votre rôle que vous finissez par ressembler à vos œuvres. Les faits ne vous suffisent plus, il vous faut en rajouter, certes avec le tact nécessaire de tous ceux qui s’en défendent, mais qui ne sont pourtant que des propagateurs de haine.
Alors, Messieurs, à vos micros et caméras, donnez audience à l’abject : le crime vous appartient.
Le documentaire "Affaire Merah, itinéraire d'un tueur", que vous programmez avec pour invités des admirateurs du crime raciste, telles Souad Merah, et sa mère Zoulikha Merah, contribuera à la mise au grand jour d’une idéologie et, je le crains sera au mieux, l’exaltation malsaine du voyeurisme le plus morbide, au pire, un podium pour le djihad. Je ne sais quel but vous servez quand vous offrez à des partisans de la guerre intercommunautaire et du crime religieux, la possibilité de redimensionner et de justifier cette série de meurtres bestiaux. J’éprouve, devant cette programmation, le même malaise que j’aurais eu à voir des supporters pédophiles, amis de Dutroux, narrer le supplice de ses victimes à la télévision, explicitant que certains crimes sont innocents.
Le salaire de votre voyeurisme prendra-t-il un jour en compte la souffrance des parents, des frères, des amis, des suppliciés ?
Cependant, Messieurs les programmateurs, vous arrivez trop tard, au rayon de l’odieux vous avez loupé Staline, Himmler et pas mal d'autres, alors consolez-vous avec la mauvaise soupe que vous nous servez, moi je continuerai à écrire contre le crime et la douleur des hommes.
Jean-Michel Sananès
Vice-président SOS Racisme 06
Peut-on aimer l’oiseau et le chat, la vie et la mort
Sans poser l’inéluctable en excuse au destin
Sans déposer la pitié au chevet de l’indifférence
Sans apposer l’amour et le crime
Sans opposer la vie et la mort
Sans imposer l’instinct à la beauté
Peut-on aimer le chasseur et la proie
Sans apostat à l’absolu, l’éthique et l’avenir ?
JMS
(Rebond sur un texte et image de
Si longtemps
Que le temps nous métisse
Si longtemps que je te connais
De mot en mot
De jour en jour
Le vent me ré-enfante
Je t'aime
Sans fard ni leurres
Je t'aime à en tisser le bleu des rêves
Je t’aime comme je respire
Je t’aime comme je traverse la nuit
Au matin, j’escalade des rires
Je foudroie des dragons de papier
Je tricote des mots en habits de gris et de joie
Au soir, je phrase des espaces clairs
Tu m’as appris
Dans l'encadré d'un rire
Je suis un homme sans médaille
Je ne flambe plus des rêves de paille
J’ai trouvé la lueur plus grande que le jour
Je vais en moi
Je jette les mots creux
Je porte un cœur lavé d'espérances inutiles
Je t'aime sans fard ni leurres
Je t’aime et je passe
L'avenir compte ses jours
Notre temps glisse à rebours
Je sais maintenant
Que l'indispensable habite peu de mots
Je sais maintenant que grandir
c'est désapprendre les apparences
C'est apprendre à aimer,
A comprendre, à accepter, les êtres tels qu'ils sont
Dans l'absolue nudité de leur fragilité
Dans le simple habit de leurs défauts
C’est les trouver suffisamment grands
Pour emplir l’univers de tendresse illimitée.
JMS
Tant d’hommes posés et partis sur ta mélodie
Tant de larmes retenues sur tes routes d’espérance
Tu es l’entr'aperçue.
Entre nos doigts, sur nos consciences, nos cœurs
Tu passes et parfois trébuches
Mélodie gisante dans le sommeil des peuples
Fleur de déraison dans le frisson des heures
Musique vieillissante au fond de pâles mémoires.
Tu es le chant d’une cigale
Le cri béant de la misère à l’oreille sourde d’un été mourant
L’innocence fragile à l’heure des compromissions
Le tumulte des enchaînés
Le grand rêve fuyant la nuit des hommes
L’amour vacillant aux assauts de l’oubli
Le chant d’horizon entre espoir et nostalgie
L'immanente loi à taille de cantique
Le mot qui à jamais cherche son sens
La chanson qui ne sait ce que les hommes lui doivent.
Tu es la clef au fronton de la patrie
La mélodie aux incertaines paroles
La rébellion quand elle dénonce la route du sang
Tu es toutes les larmes retenues sur la route des hommes
Tu es celle qui ne sait ce que les hommes lui doivent
Celle qui ne sait ce que les matins garderont d’elle
Tu es l’entr'aperçue.
Tu es La Liberté.
Et si tu es ma dernière larme
Je te veux comme unique chagrin
Liberté.
JMS
"Quand les abeilles auront disparu,
les humains n'auront que cinq années à vivre sur cette planète".
Albert Einstein
Les derniers chiffres de l'Institut de recherches publiques FranceAgrimer, dépendant directement du Ministère de l'Agriculture, sont effarants :
Plus de 1 000 colonies d'abeilles sont décimées en France... CHAQUE JOUR !
Pétition :
http://www.pollinis.org/petitions/proposition_Laurence_Abeille.php
***
Le Manifeste du Pélican
(Extrait)
Moi,
l'homme pélican
l'homme cosmique
Moi,
l'homme chat
l'homme maïs, l'homme grenouille
l'homme hibou
Je déclare que l'univers
la terre, ses fruits et ses ressources
sont la propriété inaliénable
de tous les peuples
de toutes les espèces
de tout
ce qui est du monde des vivants
Je déclare que
l'univers, la terre
ses fruits et ses ressources
sont la propriété inaliénable
du vent que l'on empoisonne
de la mer qui pleure
des étoiles que l'on souille
du présent
et du futur
dans leur dimension intégrale
Moi,
l'homme ni ange ni bête
l'homme animal
l'homme conscient
Je déclare
que la douleur n'est pas fatale
que le statu quo n'est pas final
Je déclare
qu'aucune puissance
aucun trust
aucun
groupuscule d'affairistes corrompus
aucun
accaparateur
n’a droit à exploiter
à son seul profit
les richesses communes
Je déclare
qu'aucun législateur
n'a légitimité
pour cautionner
gérer
organiser
la spoliation
des peuples de la vie
à parrainer
le démantèlement de notre patrie
la Terre
Moi,
l’homme serpent, l'homme cheval
l'homme machine
l'homme affamé
l'enfant esclave
J'affirme
que le pouvoir
de l'argent et des armes
la peur et la violence
ne légalisent
ni la corruption
ni la douleur des forêts
ni la dépossession des peuples
Qui, jouit et pollue
saigne le pétrole
arrache l'or et les diamants
commet un crime
quand les enfants ont faim
Moi,
l'homme grenouille
l'homme hibou
l'homme fleur
Je déclare
précieux
le bruissement du vent dans la bruyère
précieux
le roucoulement de la tourterelle
le chant de la cigale
…/…
Moi,
l'homme pélican
l'homme cosmique, l'homme chat
l'homme maïs, l'homme grenouille
l'homme fleur
Moi,
l'homme conscient
Je condamne
ceux qui opposent
la raison d'Etat
la raison d'argent
au droit de vivre
digne et debout
sur sa tige
sur ses jambes
Je condamne
ceux qui souillent
le pain des enfants
le ciel, les jardins
et les eaux claires
Moi,
l'homme oiseau
l'homme anguille
Je condamne
les tueurs d'océans, les marchands d'armes
les chevaliers Bayer et capitaines d'industries
qui tuent les abeilles
ceux
qui éradiquent les moissons du futur
Je condamne
tous ces hommes dits "responsables"
à être responsables
de leurs prétentions
de leur orgueil
de leur démesure
de leur avidité
de leur aveuglement
Je déclare
et nomme assassins du futur
la fratrie des assoiffés du pouvoir
Je déclare coupables
de crime universel
ceux qui s'octroient
le droit de ternir
de meurtrir
le vent
la mer
la forêt
le ciel
Qui tuent la forêt
poignardent l'humanité
Je déclare coupables
ceux qui s'octroient
le droit d'accaparer l'univers
de prélever plus que nécessaire
Je déclare coupables
les tartuffes bien-pensants
qui, entre caviar et prière
parlent d'éco-terrorisme
et s'arrogent
le droit barbare
d'affirmer
que l'on n'arrête pas le progrès
Je déclare coupables
de crime universel
ceux qui s'octroient
le droit
d'affamer
d'asservir
de tuer
ceux qui s'approprient la pharmacie
et les semences
ceux qui, d'un œil suffisant
regardent mourir
la rivière
ceux qui, condescendants
regardent mourir
la marée des petites gens
mourir
les enfants affamés
ceux qui, entre
leur yacht et le champagne
dans leur désastre éco-planétaire
égorgent
les habitants du futur
J'accuse
les spoliateurs de l'humanité
les destructeurs de la vie
Je déclare
que la douleur n'est pas fatale
Quand la mer se cabre
la tempête mange les capitaines
le statu-quo n'est pas final
Je déclare
que le statu quo n'est pas final
que la douleur n'est pas fatale.
Le Manifeste du Pélican - JMS - Éditions Chemins de Plume - 10€