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Alors ? Tu as regardé le ciel

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Alors ?

Tu as regardé le ciel et tu n'y as même pas trouvé un ange !

Tu as vu la mer un jour où les poissons étaient de sortie

Tu as demandé l'amour quand le cœur était absent.

 

Moi, j'étais assis au pied de l'escalier un jour où le matin était trop haut

Dans une boîte à criquets, j'avais enfermé une cigale et des lucioles

La musique était éteinte et la Lumière dormait.

 

J'avais pourtant bien déchiré la nuit

Ouvert des mots de tête

Mais je n'ai pas gravi l'escalier

Je suis resté seul avec l'envie de Te voir

Je n'ai jamais su si nous étions à l'été de tes vacances

Ou à la porte du mirage.

 

Déjà, enfant, je jouais à 123, Dieu es-Tu là ?

Quand le Père Noël est parti, j'ai regardé le ciel

Et ce jour-là, aux yeux d'un enfant il pleuvait de l'espoir.

JMS1/08/2020

 

Photo Sylvie Sananès

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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Peut-on arrêter le temps ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Le soleil frappe aux vitres

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a abondance de chaleur

partout et tout autour

dans le jardin

dans ma tête, aux pieds des plantes

et dans les cieux il y a du feu

sur le sol, ça brûle ma plante des pieds.

Le soleil frappe aux vitres

la sieste dans l'ombre se blottit

comme la quiétude d'un ensommeillement

si profond que j'entends ronfler les moustiques

certains sont somnambules et mangent en dormant

cela m'affecte.

Mes chats siestent, affalés dans cet après-midi d'été

où la vie s'est arrêtée de courir.

Je regarde jouer les fourmis

le ciel qui les a faites si petites

leur offre l'étonnant arrondi de mon ombre.

Ce ciel, au-dessus de nos têtes

comme requête de prière

appelle l'eau et la fraîcheur.

Il fait abondance de chaleur.

jms

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Un ami s'en va, Tristan CABRAL nous a quittés

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À Tristan,

 

C'était un homme tendresse, une blessure, une déchirure,

le fils de l'absolu respect de la vie et d'une mémoire meurtrie.

C'était cet enfant blessé au point zéro de sa jeunesse,

écrasé par la folle croyance en ce possible-impossible

qui avait écorné ses hiers

et plus loin que la vie broyait les devenirs.

C'était un homme frère de tous les hommes

qui mesurait la distance entre la bête identitaire et l'homme Un.

Comme un oiseau dans le miroir,

il se heurtait aux fossoyeurs de l'espoir.

Il était l'homme frère des hommes,

le cri de l'impuissance

perdu dans un monde d'in-amour.

Il était Tristan,

l'homme qui regardait l'enfant derrière les barbelés,

l'homme qui portait en lui toutes les blessures du siècle.

Sans apartheid, il était Barcelone, Auschwitz, Srebrenica,

il était un des suicidés d'Argelès-sur-Mer,

Il était un désespoir d'homme sur le chemin.

cette petite route où se cherche l'enfance,

il était l’enfant de cendres.

Il est la présence qui me parle, il est mon ami.

 

JMS

 

 

L’enfant de cendre

 

Le corps plein de larmes, les poches pleines de pluie

Il écoute

Il entend des voix sous la cendre

Dans les couloirs, dans le parc, il répète :

"Vous les entendez ces voix sous la cendre ?"

Tout le monde hausse les épaules

Et les infirmières disent :

"Tiens voilà l’enfant de cendre" !

 

Tristan Cabral

 

Publié dans Informations

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Nous n'avons pas bu le même lait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À Adama Traoré,
À mes amis de SOS Racisme
À mon ami Mamadou A.
 
Nous n'avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n'avons pas bu le même lait
Nous n'avons pas bu la même eau
Nous n'avons pas partagé les mêmes minutes.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Je te donne mes douleurs de terre et de sang
Et cet amour qui va d'Est en Ouest.
 
T'appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne ?
Je te donne mes douleurs
Et la médiane de mes rêves
Les millénaires ne comptent pas.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Nous avons tous eu la même mère
Celle qui porte le vent et les nuages
Nous avons vu les mêmes étoiles
Nous sommes plus frères que frères.
 
T'appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne ?
La mémoire remplie du chagrin des hommes
Nous entendons gémir la terre.
 
Tous nous traversons les nuits du vent
Nous n'avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n'avons pas bu le même lait
Nos veines saignent du sang
Et des douleurs du vent.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Et cet amour qui va d'Est en Ouest
Afin qu'Hommes nous soyons
Hommes plus frères que frères
Sur cet arpent de vie qui longe les millénaires.
 
JMS - In "Plus frère que frère",
écrit pendant ma présidence à SOS Racisme Nice

Publié dans Plus frère que frère

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Il y a de tout

Publié le par la freniere

Cet article est reposté depuis LaFreniere&poesie.

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Je suis un terrien non référencé

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je suis un terrien non référencé

plus souvent dans la lune que dans mes chaussures

qui, si elles se croient de la Terre

si souvent vont si loin qu'elles m'égarent

en des ailleurs au code postal périmé.

 

Dans les géométries du temps

où reposent des champs de rêves croupis

j'ai la mémoire en berne

de tout ce qui s'efface.

 

À la diagonale du siècle

j'ai stocké de vieux soleils 

et des vagues à l'âme sur pâturages étrangers.

Là-bas, au cimetière apatride, nul ne m'attend

Grand-père ne compte plus les jours.

Là-bas, j'ai les mains à jamais clouées

à une maison et un ciel d'hirondelles.

Au soir, quand la nuit se lève

mon enfance saigne de bonheur inachevé.

 

Je suis un terrien non référencé

un code postal périmé.

Quand je marche,

quand je cours, quand je dors

la nuit vagabonde ne se ferme pas.

Au matin, j'attends le jour

où je serai plus souvent dans la lune

que dans mes chaussures.

 

Je suis un terrien non référencé

un code postal périmé.

Grand-père ne m'attend plus.

 

jms21/05/2020

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Malgré : un magnifique texte d'Ile Eniger

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

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En marge vivent les nuages

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Un autre jour

dans un autre temps

Là

où les autres et l’oubli

sont comme ailleurs

Là

où moi et les nuages

comme toujours semblent d’ailleurs

Un Cheval Fou s’éparpille

sur les berges du Temps

Les mots ne sont que des papillons dérisoires

que le temps agrafe aux murs des souvenirs

En marge sont les nuages

Le geôlier des mémoires

bâtit des citadelles de sable

rongées au cancer de l’oubli

Déjà s’effondrent les murailles

ôtant le goût du rêve et des folies

à celui qui broutait des nuages

Ici

comme ailleurs

ailleurs, comme partout

les rêves meurtris ne sont que des mirages

En marge, vivent les nuages.

 

jms

(in Cheval fou " aux Éditions Chemins de Plume)

 

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