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À Tristan Cabral (réponse son texte "Si je meurs seul (ultima verba)"

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Un jour j'irai à Arcachon,
j'y viendrai avec quelques-uns de tes poèmes en poche
et aussi ceux que tu me lisais.
Je t'apporterai des nouvelles de ceux qui t'aiment*
et ton Rimbaud, le bleu de poche 498,
et des poèmes, des poèmes, des poèmes,
des poèmes de tous ceux que tu as aimés.
Dans le fracas des cohues,
je ferai provision de chants d'oiseaux,
je te prendrai par le vent,
par ces flèches de lumière
que tu décochais à l'obscur des Temps,
par ce veston velours à l'odeur d'amour et de révolte,
par la bordure de mots sans adieux et sans larmes
puisque nous nous reverrons.
Sur le sable,
au pied du chant des siècles,
je déposerai nos passés,
nos mères et leurs douleurs,
une photo de Fortino Samano,
un flamenco,
une armada de rires de gazelles en attente d'aurore,
et tout ce qu'il nous faut laisser.
Nos projets d'ici-bas,
je les léguerai à ceux qui parlent d'aimer,
aux enfants de promesses et de lendemains.

JMS le 16/11/2020


* Note. Disant cela, je pense particulièrement à Michèle ton amie fidèle qui m'envoyait tes textes et à André Chenet, celui qui se disait ton petit frère et nous a présentés.

 

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Tristan Cabral : La lumière et l’exil de Christian Malaplate

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Tristan Cabral : La lumière et l’exil raconté

par Christian Malaplate réalisateur

de Trace de lumière

RADIO FM PLUS (-91fm)

présente

Tristan Cabral : La lumière et l’exil

Montage vidéo : Jean-Michel Sananès

En préambule à la diffusion sur notre blog de l'émission "Traces de lumière" sur Tristan Cabral, les Éditions Chemins de Plume remercient Christian Malaplate qui a réalisé cette synthèse avec une infinie justesse. Seule la sensibilité d'un poète pouvait nous faire voyager dans la vie, les ressentis et la poésie de Tristan, ainsi que dans sa douleur d'être un homme de justice et de tendresse, perdu dans un siècle de feu et d'errances.

Pour cette rediffusion, les Éditions Chemins de Plume ont supprimé les chansons et musiques pour ne garder que la voix de Christian Malaplate.

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Sale temps pour la joie !

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Papa Covid joue à cache-cache,
je mets un masque pour qu'il ne me reconnaisse pas.
La tristesse fait le plein,
et même quand on ne défenestre pas,
la joie bat de l'aile,
les étoiles s'étiolent sur un drapeau américain,
les shérifs tirent à vue sur les enfants noirs.

Où que se perde mon regard
j'essuie plus de sang que de rires,
les crimes clapotent sur les claviers de l'âme.

Si l'encre m'est plus rouge que noire,
mon chat trois pattes me livre du bleu,
l'encre alors joue ses facéties et l'heure m'enivre.
Écrire triste n'est jamais sérieux quand le monde est fou,
pourtant quand un texte parle,
écrire a du sens.

 

Jms octobre 2020 (à paraître)

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Créer une âme

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Pour créer une âme
il ne suffit pas que la matière s'agite
qu'elle réagisse au contact de l'extérieur
qu'elle soit un mécanisme de l'apparence
qu'elle ait la capacité à vouloir grand
toujours plus grand
et l'autosatisfaction du miroir.
Pour créer une âme,
Il faut trouver en soi l'enfant en sommeil
lui insuffler l'esprit et la conscience
lui apprendre le goût du bonheur
lui demander l'exigence de la justice
lui donner un cœur et des mains
pour aider la vie

JMS sept 2020 à paraître
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La passante

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Col relevé, manteau fermé, robe déteinte, soleil blafard, c’est la saison frileuse. Le froid gagne. Les mots gèlent aux poings. Les lignes ne font plus sens. Le texte piétine dans ses doutes. Parfois s’épelle un nom. La campagne nue comme une vérité démarie les blés des coquelicots. Les loups ont fané aux mémoires. Va-t-on encore au bois ? Plus personne n’en parle. Il ne restera pas une semence d’histoire. Aux planches des cabanes, la fente du jour peine. Des arbres bras coupés font les épouvantails. Mal brûlée, une paille tremble. La tombée du soir gèle la lumière. On entend des voix faibles. C’est la saison du peu, la saison basse. La passante.

 

Ile Eniger - Un violon sur la mer - Éditions Chemins de Plume

 

La passante
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Je ne suis pas une couleur

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je ne suis pas une couleur
je suis un fils de tempêtes et de printemps
l'enfant d'amours bavardes
et de ce cri mulâtre
qui court dans le sang de toute vie.

Je suis l'enfant du verbe et du vent
de la pluie et de la graine des devenirs.
Je ne suis pas une couleur, pas une religion
je suis celui qui vient, celui qui va,
un souffle égaré dans les tracas de l'espoir
dans les flambées de la folie des hommes
je suis celui qui contre tous
offre des bras ouverts à qui vient sans haine
celui qui face au bâton,
face à l'injure, face à la haine
face au préjugé, face à la suffisance
reste frère et solidaire.
Je suis un homme de toutes couleurs
sans réticence ni crainte
pour qui vient
en quête de pain et de lendemain
pour qui se veut être unique et pareil à tous.

JMS octobre 2020

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Digression agnostique (Lettre aux guerriers des dieux sanglants)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Pour les détenteurs de vérité
ceux qui ont la formule du Suprême
et partent à la guerre
Pour ceux qui la font
croyant que Dieu est avec eux
je prie
car : Heureux les pauvres d’esprit le ciel est à eux
Dieu a une formule :
matière + infini + vide + énergie
= Vie + Mystère
Qui touche à la vie conjure contre Lui
Dieu ne s’enferme ni dans des mots
ni dans des croyances ni dans des images
c’est le mouvement du Tout vers autre chose
Homme pétri d’amour
oublie la haine
car tous nous sommes
fils des dieux clairsemés de par le monde
car tous nous sommes
fils des mille idées germées
à l’écoute du lendemain meilleur
Guerrier des dieux homicides
qui porte la mort à la pointe de la prière
ne parle plus d’amour
Camarade horri-flammé de l’ordre rouge
militant gammé des désordres noirs
qui taille ton tribut dans la chair des peuples
ne parle plus d’humanité
Militants, camarades
et guerriers des dieux sanglants
vous qui n’êtes
que de mort et de diable
Sachez, maîtres de la haine :
les cieux et les idées
que vous revendiquez
ne sont la propriété de personne
d’aucun dogme
d’aucun pouvoir
Religions et doctrines
sont locales et temporaires
leur exportation guerrière
est nécessairement colonialiste
Maîtres du malheur et des pleurs
nos morts innocents vous attendent
craignez nos cimetières
s’il est un ailleurs nous vous y attendrons
mes frères sont Juifs et Palestiniens
Berbères aux yeux clairs
Arabes au teint mat
âmes volées à la liberté
hommes noirs
Indiens du Pays d’Honduras
torturés du dollar
Bosniaques abandonnés
enfants des dieux anciens
dont on a pillé les âmes
débris noirs au pays d’oubli
et sang jeté sur les pavés d’Alger
Ici-bas, nous sommes la nation du monde
Notre légitimité est d’amour
quand votre imposture tisse
les sermons doux fielleux
qui s’en réclament
Ici-bas, mes frères vont tous
coeur ouvert
vont tous
l’âme en larmes
ouverte sur la douleur des hommes
Ici-bas, avec eux je vous demande :
Quel dieu enfanta tant de haine ?
Quel idéal, quelle foi
revendiquera tant de crimes ?
Homme pétri aux souillures de l’Intolérance
retrouve les chemins de l’Amour
car il n’est ni religions vraies
ni authentiques morales
qui puissent confondre
l’Amour et la Mort
la soumission et le vouloir
Es-tu encore Homme
homme pareil à moi
qui ne connaît encore
le plus fondamental
le plus divin des droits
celui qui s’appelle justice ?
Ici-bas
range tes armes
prends nos larmes
dépose ta haine
prends ma main
rejoins-nous
car nous sommes la nation humaine
Allons proclamer
que tout ce qui vit, mange
boit et souffre a droit au Droit
Allons proclamer
ce que la raison demande
ce que le cœur exige
Allons jardiner la raison
semons l’utopie, ce rêve à fleurir
déjà, les Droits de l’Homme
sont nés d’un rêve
le monde a encore besoin d’utopie
Alors
un jour
je promets
un jour, les exclus du monde
connaîtront le droit au pain et à la dignité
Un jour
toute espèce
rescapée du grand holocauste
pourra vivre en ce monde
que nous avons accaparé
toute création y trouvera ses droits
Un jour, c’est sûr
un jour
l’Amour fera loi au pays de Justice.
1975
 
in Cheval fou
et Chemin de pluie et d'étoiles - Tome 1
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Du chien à l'homme

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

La grande différence entre le chien et l’homme, c'est que lorsqu'un chien en rencontre un autre, quelle que soit sa taille ou sa couleur, il le reconnaît en tant que semblable ; le teckel reconnaît le berger allemand et tous deux se savent chiens. Chez les hommes, certains d'entre eux sont si peu apparentés à l'humanité qu'ils pensent que leurs dissemblables doivent disparaître. Là est toute la différence. Certaines cultures se fanatisent pour faire de la haine de l'autre leur identité fondatrice, d’autres, en dépit de leurs propres sectarismes, tendent à s'ouvrir à une universalité, à l’empathie, et au droit de réfléchir pour aller vers la solidarité et l'accueil fraternel.
JMS
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Le mot

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'homme sans le mot,
ne serait qu'un animal instinctif
une âme qui cherche sa raison
une douleur qui se sait mais ne s'explique pas
une liberté qui ne sait se nommer
un rire qui ne sait pas le bonheur
un brin de vie, une conscience sous séquestre.
Rien de ce qui ne se nomme n'existe vraiment
l'amour ne se donne que si on le dit
l'amour n'est pas dans le faire
Il est dans la chair d'une pensée
dans le corps d'un mot qui se vit
rien n'existe qui n'est point nommé
Le mot est un silence qui arrache ses chaînes.

5/09/2020

 

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Les chiens avaient été lâchés

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Les hommes de foi, les hommes à drapeaux
et les chiens avaient été lâchés.
Un vieil enfant disait : "Ouvrez vos cœurs".

Je ne suis ni doctrine, ni religion
ni l'héritier de crimes que je n'ai pas commis
ni l'enfant Falacha
ni l'enfant Noir d'Amérique ou de Palestine
ni le Juif, ni l'Indien
ni le Ouigour ou le Yazid
je suis fils de la vie et de l'arc-en-ciel
et si j'erre encore sur cette Terre
laissez-moi être ce vieux républicain
cet affamé d'hier
cet adolescent en fête sur les barricades de l'utopie.

Si la balle me fait tomber,
quel que soit le jour, quelle que soit l'année,
je ne serai jamais qu'un enfant en peau d'homme.

Dites aux hommes de foi, aux hommes à drapeaux,
qu'il y avait en moi une maison de vie
des mémoires ancestrales
de vieux disparus sur des champs de guerre
des enfants partis guerroyer sur des chants de paix.

Dites aux chiens lâchés qu'il y avait en moi
des mémoires de tableaux noirs
des grincements de craie
des caresses de chats
une odeur de fleurs
et des terres sans barbelés.

Dites la flamme au cœur que portait ma mère
les vieilles douleurs de mon père
et une femme aux yeux doux
assise près de ses larmes.

Et, ne l'oubliez pas,
encore en moi un reste de pardon
et cet amour qui ouvrent le jour et l' à venir.

jms à paraitre

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