Dans l’épaisseur de l’absence
Dans l’épaisseur de l’absence,
je m’assois près de vous,
j'écoute crépiter les voix du silence et des siècles.
Où es-Tu toi qui portes le regret des pères,
l’archivage des naissances,
la rumeur des disparus ?
Dans le sucre noir des nuits je cherche à tâtons,
aucune lune ne criera plus haut
que la plainte des Andalous.
Je sais Tolède par cœur et par naissance,
je sais le voyage du vent
et l’insolence du papillon qui mesure l’éternité.
Je sais tant de larmes jamais séchées,
tant de haines inculquées,
la méthodicité appliquée du meurtre.
J’ai rejoint l’Indien et le Huguenot,
y a-t-il des cimetières célestes ?
Je me suis assis près vous dans le noir des silences,
j’attends que la mémoire se lève
emplie de vos mots et du chagrin des enfants.
Je suis l’enfant des hommes mêlés,
le sang sans vengeance
qui demande justice
au crucifix des silences et des mémoire