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Aiglun 21 au 23 : Hommage à Tristan Cabral

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Un texte d'Ile Eniger : Un brin

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Le mot de JMS

Un texte  d'Ile Eniger mais quel texte ! Quelle pureté dans le dépouillement d'un cri en diamant de silence. Le "cri", et pas un autre mot. "Le cri mauve des lavandes parfume la serpe", quelle symbolique, la douleur en devient une odeur et le mal n'est pas nommé. Rien n'est dit mais tout est dit, cela dans un monde immense où "Les arbres lentement élèvent leur bonté", et ou chacun peuple l'espace, comme il le peut "Être là, avec ce que l'on est, ce qu'il reste d'outils" sans jamais savoir la taille de l'instant "Nous ne savions pas que c'était le bonheur…".
Magnifique !

Un brin

Vers quoi tendre le cœur quand tout se désavoue ? Quand le vide se fait plus lourd qu'une montagne ? Quand la blancheur du jour nomme l'absence et sculpte la douleur ? Des sons d'absides pures amplifient le silence. L'erratique du vent conduit des ronciers de fleurs. Le cri mauve des lavandes parfume la serpe. Les arbres lentement élèvent leur bonté. L'embâcle d'un ruisseau donne à boire aux oiseaux. Un ciel de verre bleu allume le rien pour un brin de lumière. Être là, avec ce que l'on est, ce qu'il reste d'outils. Uniques et innocents dans le pouls de la Terre. Nous ne savions pas que c'était le bonheur, nous étions le bonheur.

 

Ile Eniger - Les mains frêles - (à paraître)

http://insula.over-blog.net/2020/08/un-brin.html

 

 

Publié dans Ils disent

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Compassion de salon

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Corona et sang
crimes et révoltes
indignations et faits divers
vociférations de salon
battements de pavés
slogans à la manif
quelques euros
pour un engagement

Il y a des êtres affolés sur la route
ce n'est rien qu'une ville qui brûle
l'écran se fractionne, l'horreur est en insertion

Quel est le prix du chagrin ?

L'homme de foi, par sermons lave le monde
"Regardez-moi, écoutez-moi"
Ne rien comprendre mais s'agiter
un évangile ou un livre rouge à la main

Il y a des bouées perdues et un enfant sur la plage
un homme qu'on décapite

Changer de monde
l'enfer est à nos portes

Un sans-abri est mort de froid
une vieille est retrouvée morte chez elle

N'étaient-ils pas des humains ?

Ne craignez rien les bons apôtres
il y a des cris de haine en guise d'amour
l'argent, n'y pensons pas
le temps est trop précieux pour donner

Derrière l'écran, il n'y a pas de cœur
derrière le verre, la mort est une image
monocorde, le speaker pointe le prompteur

Et du vent à partager.

JMS 5/08/2020

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Si la mort se pendait à mon cou

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 

Si la mort, ne serait-ce qu’une fois, se pendait à mon cou

si d’aventure je sortais du petit rien de ma conscience

du plein de riens de ma grosse tête avec ses chats et ses poèmes

avec ses éclats d’amours et ses trop pleins de rires

 

Si d’aventure je n’étais plus rien

ou rien d’autre qu’une gravure de cendres qui affronte l’horizon

rien n’empêcherait Bagheera ma vieille panthère, de courir de vieux rêves

rien ne m'empêcherait de dire encore merci

à Kipling, Hugo et Neruda d’avoir ouvert ma route

rien ne m’empêcherait de dire merci

merci la vie la mort, d’avoir attendu que je sache l’amour.

 

JMS in Derniers délire avant intentaire

 

 

 

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Alors ? Tu as regardé le ciel

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Alors ?

Tu as regardé le ciel et tu n'y as même pas trouvé un ange !

Tu as vu la mer un jour où les poissons étaient de sortie

Tu as demandé l'amour quand le cœur était absent.

 

Moi, j'étais assis au pied de l'escalier un jour où le matin était trop haut

Dans une boîte à criquets, j'avais enfermé une cigale et des lucioles

La musique était éteinte et la Lumière dormait.

 

J'avais pourtant bien déchiré la nuit

Ouvert des mots de tête

Mais je n'ai pas gravi l'escalier

Je suis resté seul avec l'envie de Te voir

Je n'ai jamais su si nous étions à l'été de tes vacances

Ou à la porte du mirage.

 

Déjà, enfant, je jouais à 123, Dieu es-Tu là ?

Quand le Père Noël est parti, j'ai regardé le ciel

Et ce jour-là, aux yeux d'un enfant il pleuvait de l'espoir.

JMS1/08/2020

 

Photo Sylvie Sananès

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Article publié depuis Overblog

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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Peut-on arrêter le temps ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Le soleil frappe aux vitres

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a abondance de chaleur

partout et tout autour

dans le jardin

dans ma tête, aux pieds des plantes

et dans les cieux il y a du feu

sur le sol, ça brûle ma plante des pieds.

Le soleil frappe aux vitres

la sieste dans l'ombre se blottit

comme la quiétude d'un ensommeillement

si profond que j'entends ronfler les moustiques

certains sont somnambules et mangent en dormant

cela m'affecte.

Mes chats siestent, affalés dans cet après-midi d'été

où la vie s'est arrêtée de courir.

Je regarde jouer les fourmis

le ciel qui les a faites si petites

leur offre l'étonnant arrondi de mon ombre.

Ce ciel, au-dessus de nos têtes

comme requête de prière

appelle l'eau et la fraîcheur.

Il fait abondance de chaleur.

jms

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Un ami s'en va, Tristan CABRAL nous a quittés

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À Tristan,

 

C'était un homme tendresse, une blessure, une déchirure,

le fils de l'absolu respect de la vie et d'une mémoire meurtrie.

C'était cet enfant blessé au point zéro de sa jeunesse,

écrasé par la folle croyance en ce possible-impossible

qui avait écorné ses hiers

et plus loin que la vie broyait les devenirs.

C'était un homme frère de tous les hommes

qui mesurait la distance entre la bête identitaire et l'homme Un.

Comme un oiseau dans le miroir,

il se heurtait aux fossoyeurs de l'espoir.

Il était l'homme frère des hommes,

le cri de l'impuissance

perdu dans un monde d'in-amour.

Il était Tristan,

l'homme qui regardait l'enfant derrière les barbelés,

l'homme qui portait en lui toutes les blessures du siècle.

Sans apartheid, il était Barcelone, Auschwitz, Srebrenica,

il était un des suicidés d'Argelès-sur-Mer,

Il était un désespoir d'homme sur le chemin.

cette petite route où se cherche l'enfance,

il était l’enfant de cendres.

Il est la présence qui me parle, il est mon ami.

 

JMS

 

 

L’enfant de cendre

 

Le corps plein de larmes, les poches pleines de pluie

Il écoute

Il entend des voix sous la cendre

Dans les couloirs, dans le parc, il répète :

"Vous les entendez ces voix sous la cendre ?"

Tout le monde hausse les épaules

Et les infirmières disent :

"Tiens voilà l’enfant de cendre" !

 

Tristan Cabral

 

Publié dans Informations

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Nous n'avons pas bu le même lait

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À Adama Traoré,
À mes amis de SOS Racisme
À mon ami Mamadou A.
 
Nous n'avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n'avons pas bu le même lait
Nous n'avons pas bu la même eau
Nous n'avons pas partagé les mêmes minutes.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Je te donne mes douleurs de terre et de sang
Et cet amour qui va d'Est en Ouest.
 
T'appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne ?
Je te donne mes douleurs
Et la médiane de mes rêves
Les millénaires ne comptent pas.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Nous avons tous eu la même mère
Celle qui porte le vent et les nuages
Nous avons vu les mêmes étoiles
Nous sommes plus frères que frères.
 
T'appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne ?
La mémoire remplie du chagrin des hommes
Nous entendons gémir la terre.
 
Tous nous traversons les nuits du vent
Nous n'avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n'avons pas bu le même lait
Nos veines saignent du sang
Et des douleurs du vent.
 
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Et cet amour qui va d'Est en Ouest
Afin qu'Hommes nous soyons
Hommes plus frères que frères
Sur cet arpent de vie qui longe les millénaires.
 
JMS - In "Plus frère que frère",
écrit pendant ma présidence à SOS Racisme Nice

Publié dans Plus frère que frère

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