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Sidérante, un texte d'Ile Eniger

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Jours après nuits, cette paroi lisse, muette. Et l'aiguille du vent qui gifle le ciel absent. Le silence a fermé sa porte où se cassent les ongles et la douleur. Où es l'amour maintenant ? Le manque fatigue comme un jour sans soleil. La voix est rouge d'avoir crié. Elle tombe entre les doigts. Où es ce qui ne laisse plus de traces ? Un deuil de neige sale transite entre les mots. L'été gèle à l'éperon du vide. La parole pleure doucement. Un jour d'été, entre midi et deux, une brûlure jusqu'à la lumière a surgi, sidérante de fin et de commencement.

Ile Eniger - Les pluriels du silence - (à paraître)

Publié dans Ils disent

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Je trahirai demain (Marianne Cohn)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.

Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.

Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.

Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.

Marianne Cohn, « Je trahirai demain », 1943.
Repris dans Pierre Seghers, La résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris,

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Jeudi des Mots - 15 sept.2022 à Nice à partir de 18h30

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Publié dans Informations

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La traversée du ciel à moto

Publié le par Cheval fou (Sananès)

La traversée du ciel à moto

À la traversée du ciel
sans rétro, sans sonotone, sans lunettes
Dieu devant sur sa grosse moto
moi derrière sur mon petit vélo
je demandais le Chemin

Du Sud au Nord
à chaudes larmes
à pleine voix, à plein espoir je quémandais
L’avenir Monsieur, l’avenir

De vieux firmaments chantaient
des cantiques éculés
et des lassitudes de bleu
le silence s’éreintait

À la croisée de Ses yeux par gros temps
d’Est en Ouest
je parcourais le destin

J’étais malade
mon cœur battait trop vite
j’avais une crise de foi

C’était hier, c’était demain
j’allais…
mais où allais-je ?
Dans l’infortune du dire
j’explorais des poussières de rêve
je cherchais à aimer
je cherchais à L’aimer

À parcourir l’éternité à vélo
le chemin était long

À trop longer l’espérance
 j’ai brisé l’horizon

C’était un hiver de soleil froid
le train n’était pas sur ses rails
ma vie était en gare et mes rêves à l’arrêt
 
Dans l’infortune du rire
je crois bien que je cherchais où aller

C’était hier c’était demain
j’allais…
mais où allais-je ?

À arpenter le vent à deux roues
la côte était raide et l’air était froid
je piétinais aux portes du désir
je piétinais des éclats de voix
et des brisures de rires…
où allais-je ?

Dans la mort et les azalées
je cherchais où pleurer

À l’équarrissage du verbe
perdu comme un loukoum
je traversais le désert
j’avais froid comme l’hiver
je jouais caniche et révolver
je portais ma croix

Toi, tu allais…
mais où allais-je ?

À la traversée du ciel à moto
Dieu devant
moi très loin derrière et à vélo
j’épluchais l’amour à l’économe
à l’écumoire des heures
les jours passaient

La vie m’a mouché au rasoir
je ne sais plus où je vais…
mais je suis où j’allais

À la malversation de la raison
le mensonge a fait fortune
depuis que je ne cherche plus
 je me trouve

En barque à rames ou à vélo
je ne sais
s’Il a jamais traversé nos larmes
moi, sans corde, sans échelle et sans vélo
j’escaladerai encore l’abrupt des devenirs

C’était hier c’était demain
J’irai.

jms 20/01/2010

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J'exigerai

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À voix basse, je fredonne des rêves.
Un jour, je flinguerai les attentes inutiles,
je bâtirai les mots de l’espérance.
Comme le ciment dont on fait les maisons,
chaque pierre de vie y aura son nom
gravé en majuscule.
Du pardon à la tendresse,
ce sera un lexique nouveau.
D'un regard renaissant,
sans concessions ni renoncements,
debout et à voix haute,
j'exigerai la vie.

JMS

 

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Le silence entre les portes de Roger Aïm

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

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Chronique du jour

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

D'un pas fier, j'étais parti,
insouciant, sautillant sur un siècle
qui depuis trop longtemps m'avais mis en quarantaine ;
parti me faire requinquer le moral,
remettre à neuf par un garagiste de plurigénaires ;
mais, encore aujourd'hui,
j'avais joué à mal donne,
j’avais tiré la carte des mauvais jours,
j'étais  tombé à  pique
avec l'élégance d'un vieil as de voltige,
sans prestige, je m'étais couché,
étalé sur trottoir ;
trop fier pour avoir mal
ou écorner mon profil de gladiateur du web-salon,
comme un matador mal encorné,
torse bombé, j'avais repris ma route,
mais le trottoir s'en souvient !
Pas pleuré… même pas mal,
et dodo les neurones,
même pas réfléchi,
me suis même pas demandé
si, avoir mal aurait froissé mon ego,
un peu neu-neu quand même !
 
jms 26/08/22
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Danser avec la mort

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Blues blues,
j'ai du vert de gris dans ma mémoire,
de l'alcool et des cris dans mes vers,
des pieds posés sur le swing d'une phrase,
des syncopes de litanie qui cherchent leur rythme,
j'ai mis des verres dans mon poème,
un vinyle sur la platine.

Blues blues,
au soir de ce vieil été,
je suis aussi noir que la poudre est blanche,
J'ai des mots emplis de vers,
je ne suis rien d'autre qu'un trop vécu et ses espoirs
qui aux rétrospectives du jour à l'heure du "Summertime",
se joue l'unique version de sa romance.

Blues blue,
j'ai du gris et l'absence dans de vieux horizons,
une bouche sans dents,
du blues et de la nuit en avenir,
un rire et de l'enfance à enfoncer l’éternité,
de l'humour à en apprivoiser la mise en boîte.

Blues blue,
je me rappelle Janis
avant qu'un jour, une nuit,
avant que mes enfants d'au-delà ne soient qu’insectes,
avant que si toi l'Incertain tu m’attends,
j'aille danser avec la mort
encore j'écoute Gershwin.

Blues blue,
au long tempo d’un cœur
qui encore sous ma peau fait ses rifs
et ignore l’heure du couac
quand l’horizon est bas,
je blues, je tangue,
et encore je crois en la valse des mots,
à la main tendue plus vaste que la solitude,
aux promesses et aux rires de l’enfant fraternel,
à mes rêves plus grands que ce rivage.

Blues blue,
je suis aussi noir que noir quand on attend l’espoir
et que l'ange d'utopie se barre sur l'aile d'un missile,
mes derniers blues me remontent l’hiver,
et si encore je meurs de trop en vivre,
encore j’habiterai,                                                    
bien plus particulièrement,
le verbe aimer.

Blues blue,
je partirai en habitant mes mots,
au fond de moi Gershwin, un "Summertime",
et les voix de Satchmo et de Janis.

JMS août 2022

 

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Ubuesque, hier deux hommes ont été poignardés

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Les tenants d’une vérité qui affirment que la terre est une planisphère, s'attaquent à ceux qui pensent que la terre est ronde.
Au nom de ces "vérités", hélas multiculturelles et millénaires, on tue, on exécute. On déshumanise l'homme, la vie et la nature, un même cri anime ceux qui refusent que l'on laisse libre cours à la pensée logique. Un livre devrait censurer toutes les encyclopédies, toutes les observations de la science, l'évolution, la nature, le cosmos, et surtout le droit à disposer de son identité !
Pour certains, l'homme libre, qui vit dans un monde de conscience et de tendresse, commet le crime de non soumission à leurs croyances. Affirmant leur négation de l’autre, leurs inquisitions, extrémismes et djihads se suivent, faisant de la grandeur du crime, de ses terreurs et holocaustes, la clef d'un autre monde. Le choix des extrêmes ne s'applique pas qu'à leur communauté, ceux qui partagent des valeurs humanistes communes à tout homme, sont en danger. Leur croyance ne devient alternative que lorsque les bienfaits de la science les soignent, les sauvent. Il semble que le monde de la croyance fanatique ne sait l'horreur ressentie par la communauté des consciences que lorsque le malheur la frappe, elle, personnellement. Le droit de l'extrémisme intolérant prédominera-t-il encore longtemps sur la logique, la science, l'altruisme et le respect de l'autre ? L'éducation à une morale tolérante, respectueuse de l'autre et de la vie, du semblable et du dissemblable, finira-t-elle un jour par triompher de l'obscurantisme ?


 

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Chaque soir

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Chaque soir
je compte
mes doigts brûlent
Habillé d'un manteau d'humour
et de mort vert d'âtre encore fumant
je mange et cabre les heures
je cherche l'ange
dans la fourmilière des malentendus
et dans la fosse
des vivants trébuchés
Chaque soir
la vingt-cinquième heure court
dans les mirages du temps
Chaque soir
je compte les étoiles et les larmes
chaque soir je ris aux éclats
Chaque soir
j'attends ta main
et le nécessaire
le rien
le lien intangible
qui verrouille la nuit
le passe lumière
où habite ma mémoire
Chaque soir
danse ma mémoire
Chaque soir
je vis de ces frissons princiers
où explosent les rêves
je vis et broute
des nuages tachetés
aux blanches nostalgies
que l'on brode
sur ces linceuls de soie
où l'attente dérive
Je sais la route et les trois galaxies
déjà longtemps que je m'y suis perdu
longtemps que je dérive
je reviendrai hier
compter les étoiles et les larmes
Chaque soir
je ris aux éclats
Tu es ma mémoire
Chaque soir
tu ouvres mes lendemains.

JMS

In "Cheval fou" & compilation "Chemin de Pluie et d’étoiles"

 

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