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Ô chevalier

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Ô chevalier
où cours-tu
dans la beauté illusoire de la mort
dans ces voyages où la gloire naufrage la vie ?

Ô chevalier
où cours-tu
toi qui ne sais la peur, toi qui offres aux diables
aux flèches et à la mort tes profils de médaille ?

Ô chevalier
où cours-tu
toi qui n'as rien appris du vent et de l'oiseau
toi qui ne sais rien encore
de la douleur des hommes ?

Ô chevalier
où va ton destrier
dans les poussières de cris et de mort ?


Dans le vent
l'espoir est une rumeur de larme
qui ne veut pas sécher.

Ô chevalier
où vas-tu
dans les jardins incendiés où ruisselle le deuil
où vas-tu
quand ceux qui aiment
l'amour et le vent courent après la vie ?

JMS in "Plus frère que frère"

 

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Gitanos Gitanos

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

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Viendras-tu ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À l'allaitement du jour de vieilles vérités brûlaient,
frère, où étais-tu quand la nuit nous enfantait ?

J'ai pardonné aux étoiles d'être né,
frère, que puis-je faire d'autre que vivre
et partager le ciel, le miel et l'avenir avec toi ?
J'ai vu l'enfant trembler aux prises de bec du silence
quand la question raisonne sans trouver de réponse,
frère, le sais-tu, sur terre nous sommes frères.

L'atome ne dort jamais dans ces tombes
où la vie oublie le mouvement.

Fais courir ta pensée,
ouvre le verbe aimer,
je t'attends.

À l'amnésie du projet
le vertige du jour est une équation
sur la maigreur du verbe,
frère, je t'attends pour ouvrir le rêve.

Sur la pudeur étiolée des utopies compassées
il n'y pas de bombes, de mots et de blasphèmes assez puissants
pour conjurer les crimes contre l'amour.

Frère m'aideras-tu ?
Demain se construit aujourd'hui
avec des mains et des cœurs de nains,
j'ai des fleurs et de l'encens,
des graines de rires d'enfants à venir,
des poudres sacrificielles à éradiquer les terreurs.

Regarde les jouer avec la bombe,
avec la mort…

Et l'avenir
mon frère, le vois-tu ?

Sommes-nous seuls devant la boule de cristal
où le futur perd son souffle ?

Frère, j'ai peur,
à la parade des vertus
les jeux du stade arment la négation de la grandeur ;
Rimbaud, la vérité,
le bon sens et la culture
meurent aux autodafés du Net,
les dieux ferment boutique,
le dark vend ses évangiles.

Frère m'aideras-tu ?
Le monde est à refaire.

JMS-12/10/22

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Ma première lettre à ma fille, il y a si longtemps déjà..

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Mon oiseau

il y a bien longtemps, avant même que tu n'ouvres tes ailes,
tu vois déjà je t’aimais, Déjà j’avais peur pour toi.

Je n’étais rien
Et ils m’ont appelé "oiseau"
J’ai été moineau
Et ils m’ont apprivoisé
Autour de mes rêves
Ils ont mis leurs idées
Avec les morceaux de ma liberté cassée
Une cage
Ils ont dressée
Et toi ?
Toi, petite
Tu n’étais rien
Ils t’ont appelée "fille"
Ils t’ont donné une couleur et des mots
Pour balafrer l’incognito
Le mot est un traître
Qui dénonce la chose et le geste
Pour l’assujettir à leurs fantasmes
Quand ils manient l’impératif
Et comme ils m’ont coupé les ailes
Ma fille
Si tu n’y prends pas garde
Ils te donneront des idées barbelées
De tabous, de devoirs et d’horaires
Peut-être te rappelleras-tu alors
Le temps où tu n’étais rien
Et où tu aimais tout le monde.

in "Cheval fou" et Compilation "Chemin de pluie et d'étoiles"

 

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Festival du Livre de Mouans-Sartoux 7,8,9 octobre 2022

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

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Un texte de JMS - Musique et voix de Franck Berthoux

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

Publié dans Textes de JMS

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18 septembre 2022 Mon chat s'exprime

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Il y a quelques jours la jeune Mahsa Amini a été arrêtée à Téhéran, par la police des mœurs iranienne, chargée de faire respecter le code islamique : pas de cheveux exposés aux regards des hommes. Elle a été tuée et mon chat a parlé :
 
Hier, il a ouvert le silence
et formulé sa plus grande requête :
Quand on dit "Dieu",
j'aimerais que son nom soit associé à une notion d’infini
ouverte à tous les peuples de la terre,
aux étoiles, à l'immense,
au visible, à l’inconnu,
à l’inadvenu, aux passagers des temps disparus,
à toutes les espèces du vivant,
à toutes les fraternités et ceux qui aiment,
et aussi à mon nom,
à celui de mes ennemis,
au devoir du pardon et de réconciliation,
aux droits du rêve et de l'espérance,
à celui du vivre
et même à celui de douter.
 
Et surtout que tous ces noms soient associés
au concept de Conscience.

Ainsi, parle mon chat.

jms20/09/22

 

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Victor Jara mort le 16 septembre 1973

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À Victor Jara
traduit par Cristina Castello

(vidéo texte en français)

Desnudos pies
el viejo paisano, espalda encorvada, trabajaba
Ya la tierra era gris
Como sangre secada

Desnudos pies
Como los trabajadores sin tierra
Un niño miraba

Canta, canta campesino
La sal de tus ojos no beberá el campo
Canta, canta
El verano aún combará tu espalda
La tierra gris ya te espera

Bailaba, bailaba
El niño que no sabía por qué
El sol quemaba
El niño que no sabía por qué
El maíz moría

Bailaba, bailaba
El hijo que preguntaba:
Padre, ¿qué quieres tú que yo sea?
Cuando mi tiempo vendrá
¿Qué hará falta que haga?

La palabra ruda, la palabra ruda
El viejo hombre había declarado:
Ve más lejos hijo mío
Cualquiera sea tu talla
Llevarás la vida sobre tus hombros
Cualquiera sea tu talla
Tu dimensión de hombre buscarás

La palabra ruda, la palabra ruda
La espalda encorvada, la palabra encorvada
El viejo hombre había declarado
Ve más lejos hijo mío
Aquí toda la sal de mis ojos
No beberá el campo
Aquí la tierra es gris como sangre secada

Víctor había partido, una guitarra en la mano
Con palabras
Que resonaban en la mañana
Víctor había partido con sus camaradas
Y con la canción de sus días mejores

Canta, canta camarada

Los dedos cortados, él cantó
La sal de sus ojos no bebió el estadio
En Chile, la tierra era gris
Como sangre secada

Canta, canta camarada
Llevabas la vida sobre tus hombros
Cualquiera sea tu talla
Habías encontrado tu dimensión
Canta, canta camarada,
Tu dimensión has encontrado.

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Sidérante, un texte d'Ile Eniger

Publié le par Ile Eniger

Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.

Jours après nuits, cette paroi lisse, muette. Et l'aiguille du vent qui gifle le ciel absent. Le silence a fermé sa porte où se cassent les ongles et la douleur. Où es l'amour maintenant ? Le manque fatigue comme un jour sans soleil. La voix est rouge d'avoir crié. Elle tombe entre les doigts. Où es ce qui ne laisse plus de traces ? Un deuil de neige sale transite entre les mots. L'été gèle à l'éperon du vide. La parole pleure doucement. Un jour d'été, entre midi et deux, une brûlure jusqu'à la lumière a surgi, sidérante de fin et de commencement.

Ile Eniger - Les pluriels du silence - (à paraître)

Publié dans Ils disent

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Je trahirai demain (Marianne Cohn)

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Je trahirai demain pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez-moi les ongles,
Je ne trahirai pas.

Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.

Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.

Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.

Marianne Cohn, « Je trahirai demain », 1943.
Repris dans Pierre Seghers, La résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris,

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