Les chaphorismes de Maxime - 4
Quand l'hiver entre par la fenêtre
ouvre la porte au rêve,
et si l'on te dit givré
sois fou jusqu'au soleil.
Aucune nuit n'est plus large que le rêve
Quand l'hiver entre par la fenêtre
ouvre la porte au rêve,
et si l'on te dit givré
sois fou jusqu'au soleil.
Amis
ne croyez pas l’Histoire
elle n’est pas faite
que de gloriole et de médailles
de torses bombés sous la mitraille
Amis
ils étaient hommes
fragiles et beaux
Ils étaient pères
ils étaient frères
ils étaient fils
Quand à traverse vie
dans le profil aigu
d’un cri de mitrailleuse
loin des grands jours où l’on parade
ils jouaient nos libertés
leurs vies et leur amours
Amis
quand, dans la fumée âpre
d’une dernière Gauloise
la mort claironne
ses fleurs d’ossuaires
et mêle dans une farouche ironie
bourreaux et victimes
Amis
d’ici, d’ailleurs
avant de n’être plus
que ces noms de marbre
que l’ont écrit en MAJUSCULES
ils étaient enfants rieurs
ils étaient hommes
fragiles et beaux
D’ici, d’ailleurs
les marbres sont pleins
de larmes majuscules
et de chagrins de mères
La gloire ne se nourrit pas
que du sang des autres
Amis
ne croyez pas les livres
l’Histoire n’est pas faite que de gloriole
de torses bombés et de médailles
L’Histoire est faite
de petits jours
de peur et de sang
D’ici et d’ailleurs
à l’heure si belle où passe la faucheuse
que savaient-ils des vérités endoctrinées ?
D’ici et d’ailleurs
pardonnez
tous s’étaient nourris
du sang noir de l’Histoire
tous étaient gavés
de croix furieuses
et de rouges pestilences
Que savaient-ils de ceux d’en face ?
D’ici et d’ailleurs
ils étaient pères
ils étaient frères
ils étaient fils
ils était hommes
quand ils jouaient nos libertés
loin des grands jours où l’on parade
Ne croyez pas l’Histoire
Ne croyez pas les livres.
JMS
Texte dit par JMS - Musique de Bruno Sananes
Dans : "Occident/Accident de conscience" - (Livre-CD en cours de parution)
Parfois le passé me manque
pas seulement toi ma mère
mais aussi ce morceau de soleil pâle
qui, en oblique, traversait la cour
pour apporter un tesson de joie dans la cuisine
le nid de l'hirondelle
et les odeurs d’enfance
le sourire du marchand de bonbon
et cette douleur au ventre
quand je pense à ce chat sans maître
que j'éloignais, ignorant sa faim.
Mère étais-je déjà humain
à me bâtir mon nid
dans l'ignorance de l’autre ?
Que faire de cette douleur
que le regret ne répare pas ?
Mère où est ce soleil primordial
qui enveloppait nos joies en bordure de plage ?
Le passé me manque
est-ce le mal de l’âge ?
JMS
L'enfant qui s'était cherché sans jamais se trouver sur des routes de bonheur, celui qui sous des tropiques faméliques avait sautillé entre la faim et les possibles du rêve, celui qui avait joué au quitte ou double du "vis ou meurs", maintenant barbotait dans le naufrage d'une barcasse à la dérive. Aux confins du cri bleu de la nuit, les sirènes du destin l'abandonnaient à un bois flottant. Ne lui restait que la prière pour demander l'avenir, le cri et le sel pour sa faim, et rien d'autre. En ce terminus de l'espoir, la mer était si profonde, les oreilles et les regards si lointains, qu'aux semailles du rire perdu, un couteau noir lui arrachait la colère de vivre.
De lui, ne restait que cet enfant-clown entaillant les abîmes du rêve où le cœur, de lui-même, s'arrachait les dents et l'envie de mordre le jour.
Parfois le pain de vie est si dur que l'on se demande pourquoi aller plus loin quand nulle part ailleurs une main ne se tend. Et quand, là-bas, entre Coca et MacDo, la fée indifférence exulte de joie pour un ballon d'or.
Au jeu des sept erreurs, je cherche encore la lumière au royaume des aveugles.
JMS
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trouvé sur le net
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Il ne faut pas pleurer sur l'homme
mais lui apprendre l'espérance.
Il ne faut pas craindre la mort
mais apprendre à aimer.
Il ne faut pas désespérer
mais relire Bobin et le gitan Kerwich.
Il ne faut pas prier dans une église
mais à la messe des cigales.
Il ne faut pas vêtir l'enfant dans un habit de cendre
mais redonner aux vieux leurs billes et leur ballon.
La tendresse n'est pas dans les mots que l'on dit
mais les gestes qu'on pose en façonnant les choses.
Il ne faut plus compter les heures
mais boire l'eau des contes
et relever les fleurs piétinées par la horde.
Ne pleure plus maman.
Je veux t'embrasser dans la distance
De la vie à la mort,
te tricoter des mots comme des bas d'hiver,
des kilomètres de laine protégeant de la haine.
Je veux te dire je t'aime
pour toutes les fois où je ne l'ai pas dit.
Jean-Marc La Frenière
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Il ne faut pas pleurer sur l'homme mais lui apprendre l'espérance. Il ne faut pas craindre la mort mais apprendre à aimer. Il ne faut pas désespérer mais relire Bobin et le gitan Kerwich. Il ne faut pas prier dans une église mais à la messe des cigales. Il ne faut pas vêtir l'enfant dans un habit de cendre mais redonner aux vieux leurs billes et leur ballon. La tendresse n'est pas dans les
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à Léo
Vos voix Pablo, Federico,
et surtout la tienne, Léo,
toi qui as épousé tant de cris où la poésie
forge une puissance inégalée,
toi qui de coups de gueule en chansons
est devenu capitaine d'un navire fou
jeté aux dérives d'un voyage intemporel,
toi qui, en moi
as su ancrer "ces baisers qui au loin me suivent",
toi qui, d'un papier ou d'un vinyle,
distilles des états d'âme aux partitions vibratoires indéfinissables,
toi qui désenchaînes des nostalgies, des joies,
et des malaises salutaires qui libèrent des récifs de l'oubli,
toi qui nous imbibe des cris d'un invisible,
aussi puissants qu'une magie à faire renaître les consciences,
toi Léo, tu le sais bien,
certaines voix sont des passeports
pour ces ailleurs où s'enlisent tant de poèmes fermés.
Et toi, Federico,
sais-tu que de tes "5 heures du soir"
s'évadent mon frisson et les taureaux de Guisando, ?
Et toi Pablo,
sais-tu que ton "mon amour, si tu meurs et si je ne meurs pas"
ouvre une part de ma dimension d'homme ?
Au seuil de la mémoire,
je vois Rimbaud et ses tilleuls verts sur la promenade
et la saveur de ses dix-sept ans,
je vois Verlaine et tant de poètes
perdus dans l'aridité des silences.
Aux portes de la pensée,
il faut réveiller le mot,
ressusciter la perpétuité des âmes
laisser s'exprimer ce que l'humain
porte en lui de grandeur et de sublime.
Nous sommes tous poètes quand nos mots chantent
la conscience, la douleur, la joie.
Avec vous tous
je ne suis jamais seul,
je fréquente des images et des mots
en ce monde intérieur où le papier parle,
je crois à la pertinence et à la beauté de vos voix
je crois aux partitions d'une symphonie de l'invisible.
Avec vous,
je ne respire pas pareil,
je ne marche pas pareil,
je n'écris pas pareil.
Quand vos voix sont en moi
mes mots ne se cherchent plus,
je voyage dans le subliminal,
nous devenons l'écho de l'infini.
Une part de votre monde porte mon pas.
JMS
"Je n’irai plus au café du coin", texte de Jean-Michel Sananès dit par Franck Berthoux (Chant et Musique) “, extrait du recueil "Derniers délires avant inventaire" aux Éditions Chemins de Plume
"Chez moi, la nuit arrive au soir, et par la mer",
disait l'oiseau qui, venu de haut ciel fuyait le soleil.
C'était un jour de petit jour
quand le ciel déclinait,
c'était, il n'y a pas bien longtemps
mais je ne sais pas quand.
J'avais assis la Vérité à ma table
et chacun y cherchait la sienne.
Pour les uns, la nuit arrivait de l’est,
pour d’autres, c’était à l'heure du crépuscule
quand sommeille la lumière.
Pour mon chat, c'était à l'heure des gamelles,
pour d'autres encore, l'éveil des étoiles attirait l’obscurité.
Nul ne savait dire exactement
ce qu’il en était.
Mai moi, qui n'en savais rien,
je tentais d'en parler aussi fort
et aussi vrai que le mensonge,
pourtant, on sait, la Vérité n'a pas besoin d'être défendue :
elle est !
Rien donc, aucune réflexion, aucun blabla n'apportèrent de lumière
à l'épineuse question de savoir d'où venait la nuit.
Quant à la grenouille, elle chantait !
Et, imperturbable, l'Étoile du Nord ensorcelait la Grande Ourse.
Plus critique, un manchot trouvait tout cela si loup-phoque
qu'il en vint à demander si le cours de la sardine allait chuter !
C'était au soir, avant que le matin n’arrive,
la Vérité était restée là,
assise à ma table,
il n'y a pas bien longtemps,
et mon chat en rit encore.
jms 22/10/
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Je voudrais croire en Dieu
comme je crois à la mort, à la haine, à la guerre.
J'aimerais croire en l'homme
comme je crois à la mer, à la terre et au ciel.
J'ai vu des hommes à genoux écrasés par les dieux.
J'ai vu des hommes ramper pour un sou de profit.
J'ai vu des banquiers faire semblant de prie.
J'ai vu des hommes pleurer pour un match de perdu,
les mêmes hommes sourire de voir crever les autres.
J'ai vu des hommes amers, des hommes de lois,
des hommes de foi, des hommes gras,
des hommes gris, des hommes blancs,
des hommes beaux, des hommes laids
mais pas un homme d'affaires faire faillite par amour
ni d'hommes de guerre refuser de la faire.
J'ai vu peu d'honnêtes hommes
refuser le salaire, la croix et la bannière
qui ne sont que des chaînes,
le fusil, le profit et la gloire
que provoque la haine.
J'ai vu des hommes violer des femmes pour un drapeau.
J'ai peu d'hommes debout tendre la main du coeur
et relever l'espoir dans la boue des misères.
J'aimerais croire en tout mais rien ne me fait croire
si ce n'est quelque fois un sourire d'enfant.
Jean-Marc La Frenière
très vieux poème
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