Ma douleur d'homme
Cet article est reposté depuis lafreniere&poesie.
Je voudrais croire en Dieu
comme je crois à la mort, à la haine, à la guerre.
J'aimerais croire en l'homme
comme je crois à la mer, à la terre et au ciel.
J'ai vu des hommes à genoux écrasés par les dieux.
J'ai vu des hommes ramper pour un sou de profit.
J'ai vu des banquiers faire semblant de prie.
J'ai vu des hommes pleurer pour un match de perdu,
les mêmes hommes sourire de voir crever les autres.
J'ai vu des hommes amers, des hommes de lois,
des hommes de foi, des hommes gras,
des hommes gris, des hommes blancs,
des hommes beaux, des hommes laids
mais pas un homme d'affaires faire faillite par amour
ni d'hommes de guerre refuser de la faire.
J'ai vu peu d'honnêtes hommes
refuser le salaire, la croix et la bannière
qui ne sont que des chaînes,
le fusil, le profit et la gloire
que provoque la haine.
J'ai vu des hommes violer des femmes pour un drapeau.
J'ai peu d'hommes debout tendre la main du coeur
et relever l'espoir dans la boue des misères.
J'aimerais croire en tout mais rien ne me fait croire
si ce n'est quelque fois un sourire d'enfant.
Jean-Marc La Frenière
très vieux poème
in Légitime Démence/image%2F5296294%2F20221020%2Fob_d5e042_bonheur-enfantin.jpg)
Ô chevalier
Ô chevalier
où cours-tu
dans la beauté illusoire de la mort
dans ces voyages où la gloire naufrage la vie ?
Ô chevalier
où cours-tu
toi qui ne sais la peur, toi qui offres aux diables
aux flèches et à la mort tes profils de médaille ?
Ô chevalier
où cours-tu
toi qui n'as rien appris du vent et de l'oiseau
toi qui ne sais rien encore
de la douleur des hommes ?
Ô chevalier
où va ton destrier
dans les poussières de cris et de mort ?
Dans le vent
l'espoir est une rumeur de larme
qui ne veut pas sécher.
Ô chevalier
où vas-tu
dans les jardins incendiés où ruisselle le deuil
où vas-tu
quand ceux qui aiment
l'amour et le vent courent après la vie ?
JMS in "Plus frère que frère"
/image%2F0689629%2F20221020%2Fob_c58572_istockphoto-1211994045-612x612.jpg)
Viendras-tu ?
À l'allaitement du jour de vieilles vérités brûlaient,
frère, où étais-tu quand la nuit nous enfantait ?
J'ai pardonné aux étoiles d'être né,
frère, que puis-je faire d'autre que vivre
et partager le ciel, le miel et l'avenir avec toi ?
J'ai vu l'enfant trembler aux prises de bec du silence
quand la question raisonne sans trouver de réponse,
frère, le sais-tu, sur terre nous sommes frères.
L'atome ne dort jamais dans ces tombes
où la vie oublie le mouvement.
Fais courir ta pensée,
ouvre le verbe aimer,
je t'attends.
À l'amnésie du projet
le vertige du jour est une équation
sur la maigreur du verbe,
frère, je t'attends pour ouvrir le rêve.
Sur la pudeur étiolée des utopies compassées
il n'y pas de bombes, de mots et de blasphèmes assez puissants
pour conjurer les crimes contre l'amour.
Frère m'aideras-tu ?
Demain se construit aujourd'hui
avec des mains et des cœurs de nains,
j'ai des fleurs et de l'encens,
des graines de rires d'enfants à venir,
des poudres sacrificielles à éradiquer les terreurs.
Regarde les jouer avec la bombe,
avec la mort…
Et l'avenir
mon frère, le vois-tu ?
Sommes-nous seuls devant la boule de cristal
où le futur perd son souffle ?
Frère, j'ai peur,
à la parade des vertus
les jeux du stade arment la négation de la grandeur ;
Rimbaud, la vérité,
le bon sens et la culture
meurent aux autodafés du Net,
les dieux ferment boutique,
le dark vend ses évangiles.
Frère m'aideras-tu ?
Le monde est à refaire.
JMS-12/10/22
Ma première lettre à ma fille, il y a si longtemps déjà..
Mon oiseau,
il y a bien longtemps, avant même que tu n'ouvres tes ailes,
tu vois déjà je t’aimais, Déjà j’avais peur pour toi.
Je n’étais rien
Et ils m’ont appelé "oiseau"
J’ai été moineau
Et ils m’ont apprivoisé
Autour de mes rêves
Ils ont mis leurs idées
Avec les morceaux de ma liberté cassée
Une cage
Ils ont dressée
Et toi ?
Toi, petite
Tu n’étais rien
Ils t’ont appelée "fille"
Ils t’ont donné une couleur et des mots
Pour balafrer l’incognito
Le mot est un traître
Qui dénonce la chose et le geste
Pour l’assujettir à leurs fantasmes
Quand ils manient l’impératif
Et comme ils m’ont coupé les ailes
Ma fille
Si tu n’y prends pas garde
Ils te donneront des idées barbelées
De tabous, de devoirs et d’horaires
Peut-être te rappelleras-tu alors
Le temps où tu n’étais rien
Et où tu aimais tout le monde.
in "Cheval fou" et Compilation "Chemin de pluie et d'étoiles"
Festival du Livre de Mouans-Sartoux 7,8,9 octobre 2022
Cet article est reposté depuis une source devenue inaccessible.
/image%2F0555499%2F20221004%2Fob_649113_120x176-flms-2022-698x1024.jpg)
Festival du Livre de Mouans-Sartoux 7,8,9 octobre 2022
C'est avec grand plaisir que je vous rencontrerai sur le Festival du Livre de Mouans-Sartoux Bâtiment A littérature stand 004 pendant ces trois jours.
http://www.lefestivaldulivre.fr/
http://insula.over-blog.net/2022/10/festival-du-livre-de-mouans-sartoux-7-8-9-octobre-2022.html
18 septembre 2022 Mon chat s'exprime
Ainsi, parle mon chat.
jms20/09/22
Victor Jara mort le 16 septembre 1973
À Victor Jara
traduit par Cristina Castello
(vidéo texte en français)
Desnudos pies
el viejo paisano, espalda encorvada, trabajaba
Ya la tierra era gris
Como sangre secada
Desnudos pies
Como los trabajadores sin tierra
Un niño miraba
Canta, canta campesino
La sal de tus ojos no beberá el campo
Canta, canta
El verano aún combará tu espalda
La tierra gris ya te espera
Bailaba, bailaba
El niño que no sabía por qué
El sol quemaba
El niño que no sabía por qué
El maíz moría
Bailaba, bailaba
El hijo que preguntaba:
Padre, ¿qué quieres tú que yo sea?
Cuando mi tiempo vendrá
¿Qué hará falta que haga?
La palabra ruda, la palabra ruda
El viejo hombre había declarado:
Ve más lejos hijo mío
Cualquiera sea tu talla
Llevarás la vida sobre tus hombros
Cualquiera sea tu talla
Tu dimensión de hombre buscarás
La palabra ruda, la palabra ruda
La espalda encorvada, la palabra encorvada
El viejo hombre había declarado
Ve más lejos hijo mío
Aquí toda la sal de mis ojos
No beberá el campo
Aquí la tierra es gris como sangre secada
Víctor había partido, una guitarra en la mano
Con palabras
Que resonaban en la mañana
Víctor había partido con sus camaradas
Y con la canción de sus días mejores
Canta, canta camarada
Los dedos cortados, él cantó
La sal de sus ojos no bebió el estadio
En Chile, la tierra era gris
Como sangre secada
Canta, canta camarada
Llevabas la vida sobre tus hombros
Cualquiera sea tu talla
Habías encontrado tu dimensión
Canta, canta camarada,
Tu dimensión has encontrado.
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FjzG8k7uCFIs%2Fhqdefault.jpg)