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L’Escarghomme (le cri de la coccinelle )

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Un horrible cri de coccinelle l’avait saisi et glacé jusqu’à l’intérieur des yeux.
Décontenancé, il tenta de se reprendre.
Il savait bien que ce n’était pas uniquement un cri de coccinelle qu’il entendait.
Que ce n’était pas non plus l'odeur aigre du lait qui tourne qui vrillait ses entrailles.
Il était conscient que c’était autre chose,
comme l’acier du regard de Maria quand elle vous juge.
C’était juste le cri du bonheur quand il se cabre.
Il tremblait. Maria le traitait de "minable".
L’homme se fit escargot mais ne retrouvait pas sa coquille.
Alors, il se boucha les oreilles et décida de reprendre sa route.
Ailleurs l’herbe serait peut-être plus verte.

Publié dans JMS - A paraître

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Je n'étais pas là

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Une semaine a passé entre douleur et tristesse
Les victimes ne m’ont pas quitté
Pourtant quelque chose d’autre reste
Informe, moite
Comme le désarroi.
 
De jeunes hommes
Qui auraient dû devenir des porteurs d’humanité
De promesses d’avenir
Des messagers de générosité
Des hommes
Qui auraient dû un jour fructifier dans les vies de leurs enfants
Ont quitté l’humain pour devenir
Des créatures sanguinaires.

Pourtant
Au fond de leur misère
Ils avaient été des enfants.
Qui était là pour leur tenir la main
Sur un chemin de paix ?
 
Si être ailleurs du besoin de l’autre porte un nom
Est-il autre qu'indifférence ?

Même si je n’ai pas assisté à cet avortement de l’humain
A la naissance des monstres
Même si je n'ai pas été le seul à les ignorer
Je suis une part de l’indifférence.
 
Et parce que je n’étais pas là
Parce que nous n’étions pas là
Notre absence a ouvert la porte d’un cauchemar
Où d’autres,
Avec des pensées venues d’un univers de nuits
De têtes coupées et d’obscurantisme
Ont débarqué.

Parce que nous n’étions pas là
Dans un monde désemparé
Où une jeunesse perdue cherchait son destin
Nous les avons laissé éviscérer
Les fondamentaux de la conscience.

Parce que nous n’étions pas là
Sur territoire de rêves impossibles
Nous les avons laissé arracher
Les racines du respect et de l’amour
Celles qui font que l’homme-animal
peut devenir humain

Parce que nous n’étions pas là
Nous les avons laissé oublier                        
Qu’être un homme, c’est se savoir pareil à tous.

Où étions-nous
Quand d’autres amputaient leur cœurs de l’amour du prochain
Quand d’autres leur faisaient croire que certains crimes sont grands
Quand d’autres tuaient en eux la compassion nécessaire à la fraternité
Quand d’autres en faisaient des monstres ?

Où étais-je ?
Où étions-nous quand nous n'étions pas là ?

 

 

Publié dans JMS - A paraître

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Pierre Rabhi - Kaizen Magazine

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Il y a 3 ans, Kaizen Magazine est né de la rencontre de Pierre Rabhi, Yvan Saint-Jours et Cyril Dion pour aider tous ceux qui veulent construire un autre monde à trouver pourquoi, comment et avec qui le faire. Aujourd'hui le magazine a 70 000 lecteurs, pour la plupart convaincus. Si nous voulons que Kaizen serve vraiment à changer les choses, nous avons besoin de toucher 10, 100 fois plus de monde. Pour cela et pour continuer cette aventure de journalisme indépendant, le magazine a besoin de lever 60 000 euros. Aidez-nous à diffuser des idées qui peuvent changer le monde !
Merci de tout cœur.

Kaizen saison 2

http://www.kisskissbankbanKaizen saison 2k.com/kaizen-saison-2

Publié dans Informations

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Une solitude à cran d'arrêt
Il en faut du temps pour que le fruit devienne du vin, beaucoup moins pour que l'air devienne du vent. L'avoir nous dispense d'exister, le pouvoir d'aimer et le savoir d'apprendre. L'espoir disparaît avec la réponse. J'aime les questions qui restent ouvertes. Toute relation est vaine quand les autres ne perçoivent de nous qu'une image. La vérité se perd derrière les apparences. L'habit n'est pas la peau ni le chapeau une pensée. À moins qu'elle ne serve à se pendre, la cravate ne sert qu'à cacher quelque chose. On porte un collier à défaut d'un cou, une bague à défaut d'un doigt, une robe à défaut d'un corps, un véhicule à défaut de jambes. On rampe à chaque poste de péage. Nous sommes tous égaux devant la pluie. L'homme libre n'a pas besoin de pouvoir, mais qui peut se vanter de l'être. Il est des accommodements que l'on se doit de refuser, l'esclavage et le travail s'il devient un esclavage. Quand on vit pour posséder, c'est l'âme qu'on dilapide. Quitte à vivre pauvrement, je resterai ce bon à rien qui se cherche dans tout.
 
Dans La freniere  : Prose
http://lafreniere.over-blog.net/

 

Publié dans Ils disent

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Je suis Charlie et les autres

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Aujourd’hui,
Je suis Charlie,
Je suis les Juifs de Paris,
Les enfants de Toulouse,
Je suis les Coptes, les Syriaques,
Les Tsiganes et Roms de Roumanie,
Je suis Yazid et Kurde,
Je suis tous les chrétiens d’Orient
Je suis tous les enfants, tous les esclaves
Toutes les femmes violées
Je suis tous les décapités
Tous les hommes que le fanatisme assassine
 
Je suis Charlie et les autres
Bien vivants
En Malala et en l'imam de Drancy
Je suis Charlie et les autres
Bien vivants
En chacun d’entre nous
 
Je suis Charlie et les autres
Je suis tous ceux qui savent
Que tout homme
Quelle que soit sa couleur et sa croyance
A le droit de vivre libre et d’accéder au bonheur
 
Charlie est des millions d’hommes
Charlie est la liberté de chacun.

Publié dans JMS - A paraître

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Victor HUGO

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Chaque enfant qu’on enseigne
(Écrit par V. Hugo après la visite d’un bagne)

 

Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.
Quatre vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne
Ne sont jamais allés à l'école une fois,
Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.
C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime.
L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme.
Où rampe la raison, l'honnêteté périt.

Dieu, le premier auteur de tout ce qu'on écrit,
A mis, sur cette terre où les hommes sont ivres,
Les ailes des esprits dans les pages des livres.
Tout homme ouvrant un livre y trouve une aile, et peut
Planer là-haut où l'âme en liberté se meut.
L'école est sanctuaire autant que la chapelle.
L'alphabet que l'enfant avec son doigt épelle
Contient sous chaque lettre une vertu ; le coeur
S'éclaire doucement à cette humble lueur.
Donc au petit enfant donnez le petit livre.
Marchez, la lampe en main, pour qu'il puisse vous suivre.

La nuit produit l'erreur et l'erreur l'attentat.
Faute d'enseignement, on jette dans l'état
Des hommes animaux, têtes inachevées,
Tristes instincts qui vont les prunelles crevées,
Aveugles effrayants, au regard sépulcral,
Qui marchent à tâtons dans le monde moral.
Allumons les esprits, c'est notre loi première,
Et du suif le plus vil faisons une lumière.
L'intelligence veut être ouverte ici-bas ;
Le germe a droit d'éclore ; et qui ne pense pas
Ne vit pas. Ces voleurs avaient le droit de vivre.
Songeons-y bien, l'école en or change le cuivre,
Tandis que l'ignorance en plomb transforme l'or.

Je dis que ces voleurs possédaient un trésor,
Leur pensée immortelle, auguste et nécessaire ;
Je dis qu'ils ont le droit, du fond de leur misère,
De se tourner vers vous, à qui le jour sourit,
Et de vous demander compte de leur esprit ;
Je dis qu'ils étaient l'homme et qu'on en fit la brute ;
Je dis que je nous blâme et que je plains leur chute ;
Je dis que ce sont eux qui sont les dépouillés ;
Je dis que les forfaits dont ils se sont souillés
Ont pour point de départ ce qui n'est pas leur faute ;
Pouvaient-ils s'éclairer du flambeau qu'on leur ôte ?
Ils sont les malheureux et non les ennemis.

Publié dans Ils disent

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Tu étais autre

Publié le par Cheval fou (Sananes)

 
Dans les no man's land de l’indifférence
Tu étais autre et j’étais étranger
Dans l’étrangeté d’une foule
Tu n’étais qu’un bruit qui passe
Une ombre qui traverse le décor
Et pourtant
Ce jour-là je t’ai entendu
Et il n’a suffi que de cela
Pour que tu deviennes parole
 
Il n’a suffi que de cela
Pour que j’apprenne à te voir
 
Tu étais rumeur
Et je t’ai écouté
Un bruit qui passe
Et je suis devenu oreille
Tu n’étais qu’une ombre
Et tu es devenu visage
 
Nous étions étrangers
Et nous sommes devenus
Amis
Le bruit est devenu parole
Depuis
Tes douleurs sont mes pleurs
Le pain est devenu notre pain
Depuis tu sais
Depuis je sais
Que les hommes devraient prêter leur oreille
Et leur voix à consoler
Et leurs mains pour aider  
Depuis je sais
Depuis tu sais
Que tes douleurs seront mes pleurs
Tes peurs et mes peurs seront nos peurs
Depuis tu sais qu’aucun horizon
Ne devrait mener ailleurs qu’à l’amitié
 
Depuis tu sais
Depuis je sais
Que c’est à ignorer l’autre
Que l’on fait les frontières et les guerres
 
Depuis tu sais et depuis je sais
Qu’être homme
N’est autre que savoir être humain
 
Tu n’étais qu’un bruit qui passe
Dans l’étrangeté d’une foule
Tu étais autre et j’étais étranger
Tu étais étranger et j’étais autre
Nous n’étions que bruit qui passe
 
Et nous nous sommes écoutés.
 

Publié dans JMS - A paraître

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Tu vois

Je ne sais rien tu vois. Ils étaient dans les rues, partout. Ils dénoncaient, se ralliaient, s'embrassaient, se touchaient, chantaient l'hymne national. Ils se voulaient solidaires parce que des balles avaient tué des gens dans les locaux d'un journal que la plupart critiquaient avant. Des gens par millions s'unissaient pour défendre la liberté. Peut-être aussi s'unissaient-ils parce qu'ils avaient peur, parce que l'horreur était arrivée à leurs portes à eux. J'ai pensé ça et j'espérais qu'il y avait autre chose, la ferveur d'un vrai levain pour un pain de partage, mais j'avais ce mal à y croire. Pourtant, moi aussi j'étais bouleversée. Et puis il y avait eu cette soirée qui parlait des disparus, une soirée de variétés comme une remise de prix ou de médailles. Ailleurs, une fillette sautait, une bombe attachée à sa taille. Ailleurs, des monstres détruisaient, massacraient, mettaient en esclavage. Ailleurs, des gens fuyaient leurs pays menaçants et ne trouvaient de place nulle part. Ailleurs, des enfants mourraient de faim, des peuples étaient décimés. Partout la planète mourait sous les profits, les vices, les commerces, les pouvoirs. Et cela durait depuis longtemps. Je me disais que cela aussi aurait mérité que l'on se mobilise, que l'on descende dans les rue et en soi pour que la vie devienne ce pour quoi elle avait été créée : vivante pour tous. Je ne sais rien tu vois. Ils paraissaient si rassemblés tous ces gens dont je doutais du rassemblement, si déterminés quand je doutais de leur détermination. Et quand je disais que je craignais une possible récupération de cet enthousiasme, on trouvait que je ne comprenais pas le bel élan. Alors, je suis allée au fond du jardin. Toute seule devant l'immense ciel muet, je suis devenue ce jour d'hiver qui essayait d'être clair. Ce jour qui ne savait pas comment faire et qui le faisait. Et depuis cette incapacité qui me poussait au silence, j'invoquais l'amour pour qu'il aide. Mais tu vois, quand je regarde à cet endroit, je ne vois rien. Que l'incommensurable pauvreté, la mienne d'abord.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (à paraître)

http://insula.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Comme dit mon chat

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Comme dit mon chat

Publié dans Comme dit mon chat

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Charlie Hebdo assassiné (Lettre à mes frères d’espérance)

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Lettre à mes frères d’espérance

Après avoir livré sur mon blog, un texte nommé "Petit silence expliqué" je pensais m’être retiré des réseaux de cette blogosphère ou pullulent les donneurs de leçons et écrivains à indignations asymétriques. Pourtant, aujourd’hui encore, une nouvelle m’a blessé aussi fort qu’un oursin planté plein cœur.

12 hommes, parce qu’ils osaient penser hors des critères d’une barbarie qui décapite, viole, kidnappe, met en esclavage, et promet la mort de l’infidèle, ont été assassinés. Et me revoilà à déterrer le stylo et à dire, encore une fois, que la vraie guerre est celle de l’éducation et de l’apprentissage du vivre ensemble. Je ne suis pas un homme politique, aussi je ne préconiserais pas de méthodes autres que celles que je connais, pour lutter et éradiquer le cancer des fanatismes religieux .

Je me contenterai de livrer là des mots de vœux que j’ai adressés à mes amis de SOS Racisme et à tous mes frères d’espérance qui ne sont autres que ceux qui agissent pour l’avènement d’un monde fraternel.

 

 

Lettre à mes frères d’espérance

 

Mes Amis,

2015

Encore une nouvelle année qui vient, déjà peuplée de misère et de sang.

Pourtant, quel que soit le poids de tristesse et de larmes

que chaque jour doit essuyer,

j’espère que chacun d’entre nous,

dans la mesure de tout son possible,

contribuera avec application à créer un monde moins laid.

 

Moi qui ne suis qu’un homme qui passe,

du haut de mon âge,

je sais que nul ne porte le sourire du jour

aussi haut que les bâtisseurs de fraternité.

 

En ces temps chagrins

où le crime et l’argent sont religions,

où la haine et l’égoïsme se banalisent,

respecter son prochain

est la plus belle façon d’embrasser la vie

et le meilleur moyen

de participer à l’arrivée d’un homme fraternel.

 

Cet homme ne naîtra que de nous

et du regard bienveillant

que chaque humain véritable doit à tout ce qui vit.

 

Moi qui ne suis qu’un vieil homme qui passe,

je sais le chemin que tous nous avons à faire

pour que notre indignation devant la barbarie

ne nourrisse en nous aucune colère qui fasse de nous d’autres barbares.

 

Chaque jour que nous vivons,

de toutes nos forces essayons de créer un monde

où nos enfants apprendront le bonheur de vivre ensemble.

 

À nous de leur faire comprendre

que sous chaque étiquette, sous chaque couleur,

et quelle que soit sa condition,

tout homme a droit

au respect et aux conditions du bonheur.

 

Mes amis,

si la tâche est lourde

dans ce passage sur terre,

elle n’en est pas moins notre seul devoir.

Publié dans JMS - A paraître

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