Fractal
Je suis dans la lune
mais l’univers tient dans mes yeux
Dans les trois galaxies
le vers est dans l’œuf
Mon percepteur moissonne
Mon banquier aime mon blé
Mes lunettes me changent la vie
Au cours du jour la vie vaut la mort
Quand je ne suis pas ailleurs
ton regard me rassemble
Je s’aime parfois
Je récolte rarement
J’ai le fractal grandiloquent.
JMS
inconsolable
dernier regard
Je veux vibrer
je veux aimer et m’insurger
dernière frontière
dernière fissure
dernier souffle
Jusqu’à la lie,
je veux rêver
Ne me dites pas
Ne me demandez rien
A la porte du nulle part
je partirai
inconsolable
étonné de la beauté des arbres
orphelin
du rire des oiseaux à jamais noyés
Je partirai
blessé de cette nuit
jetée comme un silence
sur la cavale des impalas
Il trop tard
trop de défaites
de rivières décousues aux méandres de l’espoir
ne me dites pas…
Je partirai
inconsolable
vers le vide sidéral
sidérant,
en berne des cent soleils de mars
qui ne reviendront pas
Inconsolable
dans l’odeur blafarde du froid
je partirai
sans fermer la porte
Ne me demandez rien
ne me demandez pas de croire
je suis d’ici et maintenant
Poussière
poussière extasiée
aux frontières du dernier souffle
jusqu’à la lie
je veux vibrer aimer et m’insurger
Je veux
inconsolable
partir meurtri de toutes les soumissions
partir fou
fou
de la douleur des hommes
partir révolté
du vol brisé de l’oiseau fusillé
Ne me demandez pas…
ne me demandez rien
je veux ne pas mourir
conciliant
sous le regard bienveillant
d’une matrone qui blasphème
d’une matrone folle qui sourit à la mort
Pourquoi prétendre au délice
d’un peut-être ailleurs
moi, je suis d’ici
Inconsolable
à la porte du dernier ailleurs
je veux partir
ta peau gravée dans ma mémoire
un rire d’enfant dans les bagages
à la porte de la dernière seconde
Inconsolable
dans le fracas du monde
en mille chants disloqués
en l’absence même du néant
Je partirai
la vie fermée par une conscience borgne
je partirai
inconsolable
jusqu’à l’ultime
Je veux vibrer aimer et m’insurger
Inconsolable,
je veux rêver
une cigarette qui fumait
Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
et tant d’échardes à l’encolure de l’espoir
les nuages arrêtés ressassaient des douleurs guimauves,
celles qui ne savent pas tuer
mais que l’on ne sait arracher à l’herbier du souvenir
Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin au teint gris un horizon fermé
et tant de barrières à la frontière de mes limites
tant d’heures qui font la route trop longue
Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre qu’on ne veut pas fermer
tant de rêves posés sur de vieux désespoirs
Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre
un vieux tiroir à fermer et un chapitre à écrire
Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un marin
les pages d’un livre
un tiroir
et des jours nouveaux à ouvrir
Jean-Michel Sananès - In "La diagonale du silence", Editions Chemins de Plume - 12 Euros
Jean-Marc La Frenière
Jean-Marc La Frenière
Colette Muyard
Bien trop fort été
cette âme ajourée
d’avoir éprouvé
la mort du taureau,
animal jumeau,
saigné au garrot.
Au plus cru des creux,
trop dissous le Je
aux malheurs de ceux
dont cognent les cris,
dans le noir des nuits
blanches d’insomnie.
l'abrupte impuissance
face à la souffrance
des hommes fétus
au bonheur fendu
sous giclées d’obus.
Colette Muyard, "Douceurs /Douleurs"
Soleil noir
Lys blanc
Tu es mon
Lys Blanc
aux franges du destin
Tu as sourire de petite fille
le vent crie ton nom
Lys Blanc
parmi des rêves d'adolescents
et de vieillards égarés
Lys Blanc
enfant-femme
en rayon de lune
frontière de tes sourires, j'existe
Les matins ont une blancheur inédite
dans les carrés du réel
tu es mon entre deux rêves
ma sentinelle éveillée
Lys Blanc
énigme des derniers matins
ton nom nourrit le jour
comme une mémoire
Lys Blanc
quand je dessine le crépuscule
tu es le pain et l'odeur de vie
que je trempe dans mon café
le sucre et le miel
le bleu que je mets dans mon ciel
le rendez-vous avec la vie
.... tu es qui j'aime au bout du chemin
tu es le matin qui va à la vie.
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume
Suite de poèmes
www.francopolis.net/salon/Sananes-Salon.html
Une désinvolture de tristesse
qui pénètre l’instant,
la vie à contre sens,
une épine de l’ombre
qui franchit la joie
une odeur de départ
Un enfant qui tombe
à un jeu de marelle
Dix huit heures
Je ne sais pas pourquoi
Le bonheur me fait pleurer.