Jean-Marc La Frenière
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Aucune nuit n'est plus large que le rêve
Se créa la vie
le vent, l'espace, la terre, le silence
le matin, le jour, la nuit, l´infini
et la forme cosmique du sourire
Lundi
Se créa la pomme, le miel, les animaux, le ciel
les premières couleurs de la tendresse
le pouvoir de marcher, l´envie de pleurer
le chant des étoiles, le rire, et l´aimer
Mardi
Se créa l´heure venue, le sens, le bon, le mauvais
des fragments de conscience
des montagnes d´indifférence
Mercredi
Se créa la créature, le pouvoir d´aller plus loin
l´avidité comme un manteau à sa taille
elle s´appela homme
il alla trop loin
Jeudi
Se créa la colère
la peste des virus, et des trous noirs
Vendredi
Se créa le chagrin, et l´eau pour s´y noyer
Samedi
Quand se créa le remords
la lune se pendit à un rayon
Dimanche
Pierrot n´y peut rien
Si l´encre est un peu triste.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
Écoute la nuit qui se froisse.
Les continents perdus effacent leur route.
Enfant je parcourais le rire
j’avais un vaisseau fantôme
la carte du ciel et des mondes engloutis
je craignais les dessins de l’ombre
je pactisais avec l'ange et le démon
j’aimais les soleils froids et les matins d’avril
la nuit monte de de vieilles étoiles
le ciel grince comme une solitude endeuillée
j’habite la lisière, je trace des frontières
j'ai soir
j'ai gris
je traîne comme une vieille torpeur
j’ai mal au sud
j’ai mal à l’est et au cœur
Main gauche, ligne du destin
Main droite
le vent ne fait que passer
Perdu l’oasis du rire
le jour est venu et je me suis perdu.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
Photo A. Richard
Comme un oiseau qui regarde la mer
Les pieds posés sur le silence d'une rive
Les rêves plus grands que l'horizon
Au seuil d'un pourquoi
J'ai arrêté le monde
Rien n'est plus grand que la question.
JMS
Aphorisme
La morale m'inquiète beaucoup plus que la folie et le rêve bien moins que la normalité.
***
Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ?
Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple.
La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge.
Où est le hallier ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu
La fin de la vie, le début de la survivance.
Chef Seattle, (1786-1866)
Nous n´avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n´avons pas bu le même lait
Nous n´avons pas bu la même eau
Nous n´avons pas partagé les mêmes minutes
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Je te donne mes douleurs de terre et de sang
Et cet amour qui va d´Est en Ouest
T´appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne
Je te donne mes douleurs
Et la médiane de mes rêves
Les millénaires ne comptent pas
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Nous avons tous eu la même mère
Celle qui porte le vent et les nuages
Nous sommes plus frère que frère
Nous avons vu les mêmes étoiles
T´appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne
La mémoire est remplie du chagrin des hommes
Nous entendons gémir la terre
Tous nous traversons les nuits du vent
Nous n´avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n´avons pas bu le même lait
Nos veines saigneront du sang et les douleurs du vent
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Et cet amour qui va d´Est en Ouest
Afin qu´Hommes nous soyons
Hommes plus frère que frère
Sur cet arpent de vie qui longe les millénaires.
JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros