Les petites phrases qui font que le Poète et l’Homme ne font qu’un : "Je cherche le passage entre les causes perdues et la beauté des choses."
Jean-Marc La Frenière : Un auteur à lire sans modération
Si je publie souvent des textes de Jean-Marc, si aujourd’hui encore je m’attarde sur ces mots pris au passage dans
l’un de ses textes, c’est que dans son écriture je reconnais certains mots clefs de mon existence ; loin de m’agacer ou de regretter qu'il m’ait précédé dans cet ailleurs où le mot trouve le
vêtement à sa juste taille, je m’émerveille. Dans cette planète aux fruits amers, il y a des sœurtitudes et des fratitudes qui me rassurent ; la vie est un combat qu’il nous faut porter à la
frontière des mots. Le monde n’est pas fermé quand la poésie s’y frotte, quand la réflexion l’élargit. Ailleurs il y a d’autres Jean-Marc, d’autres moi, d’autres nous-mêmes qui vivent. Nos cris
ouvrent des sentiers de mots qui pistent des Vérités que nous croyons essentielles ; d’autres ouvriront des routes si grandes qu’elles seront évidences. JMS
La mer étamée, comme un océan de quiétude et de candeur avant la tempête, après la furie des éléments. La mer
apaisante, amène, qui reflète enfin les ciels que l'on peut toucher et caresser à satiété, tous les deux...
La mer immobile, où le couchant invite l'Orient et promet la réconciliation des jours grimés, salis,
meurtris.
Une mer d'huile, oublieuse, pour invoquer les semailles d'une rencontre et la récolte des songes
!
Et puis il y a la mer secrète, qui s'enroule autour d'un rêve bleu et meurt solitaire, cachée...elle égrène la
noce des gouttes d'eau, l'harmonie des flots voyageurs, au fil de l'écume féconde et lascive des vagues .
Mais dites-moi, quel est le souffleur de verre, qui est le magicien qui enivre et délie ces volutes de cristal sous un
dais d'azur ou de velours , qui joue avec la beauté et les pensées de ses yeux émeraudes, qui rêve à ciel ouvert l'existence, l'extase palpable de l'instant ?
Une vague s'est élevée, une lame s'est ourlée puis dissoute comme une vague illusion, un vague à
l'âme.
A chaque fois, je devine en elle le regard mystérieux et doux de la prairie ondoyée qui me convie et me
reçoit,je sens peser alentour la vérité intangible de
l'orbe fœtale, de l'ellipse, et dans le cercle fluide et ovale, au terme abscons du voyage de l'eau, je loue la renaissance immuable de toute chose !
Au milieu des perles d'eau précieuses, des larmes de la terre, du sanglot et de la joie silencieuse que la mer toute entière
dissimule et blottit en son sein natal, je contemple le miracle de la création, je redoute aussi le silence et la puissance aveugle des abysses consternées d'histoires.
Mais je vois surtout l'humanité s'abîmer lentement, qui s'éloigne irrémédiablement de notre Mère
originelle...
Je suis la vague qui ploie, lourde et lasse, comme parvenue au soir de la vie, à naître encore et toujours, qui
danse éperdument la lyre sacrée de la mer, pour que coule en moi, inextinguibles, le verbe et l'esprit de l'eau ...
Rien de bon ne se construira tant que l’humanisme restera une utopie.
Tant que les dogmes de l’intolérance, de l’éradication physique et mentale de l’autre, que ce soit par la djihad ou toutes autres inquisitions radicales ; tant que toutes les philosophies nazillardes ne seront pas dénoncées, condamnées, combattues ; tant que l’impérialisme économique organisera la captation des richesses au profit de quelques-uns ; tant que l’avidité de certains organisera la précarité et la misère du reste de l’humanité,
nous ne serons pas une civilisation.
Nous serons un agglomérat de cultures hétérogènes et antagonistes ouvertes aux délires religieux les plus fous et aux paranoïas souvent justifiées mais extrêmement périlleuses pour l’humanité.
Le 3ème millénaire est condamné à un humanisme actif et intégral, je veux dire un humanisme qui aura des moyens d’action réels pour protéger les peuples et les citoyens du monde là où ils se trouvent, de même que dans chaque nation, quelle que soit sa culture, il aura pour devoir premier d’éduquer à la fraternité, à la laïcité (*) et au partage.
(*)Fraternité et laïcité sont un pléonasme que je me dois de faire, tant pour certains, le machisme et la suprématie religieuse ou ethnique semblent un droit qui s’opposent aux Droits de l’Homme.
Si l'air venait à manquer, je gonflerais ma cage
j'aspirerais le ciel, même avec une paille
quand bien-même, il manquerait
je ne fuirais pas, je ne fuirais rien, je ne fuirais plus
en poussant la pierre de mon mythe de Sisyphe
en haut de la montagne
ne remplirais plus ma valise à fantasmes
braderais
la pierre au marchand
offrirais
la valise au mendiant
la souffrance...mais c'est quoi la souffrance
un trou noir qui avale les étoiles, mes étoiles. La lumière, ma lumière
un corps sans la chaleur des mots, un peu de peau froide presque glacée
je donnerai mes souffles, coulerai mes larmes
je dirai mes mots, livrerai mon âme
quand l'air n'y sera plus
je ne fuirai pas, je ne fuirai rien, je ne fuirai plus
j'ouvrirai la terre sans m'y enterrer
pour prendre toute la lumière
Hier un reportage m´a scandalisé. Au Pakistan, un barbu battait longuement une jeune fille avec un énorme nerf de
boeuf. Deux de ses collègues la maintenaient au sol, la tenant l´un par les pieds et l´autre plaquant son visage par terre.
Heureusement un dignitaire religieux s´est indigné : ces punitions corporelles ne doivent pas avoir lieu en public, mais uniquement en intérieur.
Nous voilà rassurés, le Moyen Âge ne doit pas sortir dans la rue !!!