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La robe étoilée

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Quand on me revêtira
de cette robe à la taille de la nuit
à la mesure de mes silences

 

mes enfants, ma femme


Quand j’aurai eu mon comptant
d’oxygène et d’heures

mes amours, mon amour


Quand après avoir été présent
il me faudra crier absent

 

 ma femme, mes amours, mes enfants
 ne gardez que nos bonheurs
  vous n’êtes pas de mes regrets

Quand j’aurai été,
quand cette robe
à la taille de la nuit
à la mesure de mes silences
sera ma dernière maison

 

je reviendrai
dans des cris de mémoire

 

Vous serez mon sourire d’éternité
comme les yeux verts d’une chatte
comme griffe de satin
comme un frisson du vent
qui agite des ombres

 

mes enfants, mes amours
je reviendrai

 

comme un frisson dans le vent
repeindre mes regrets
effleurer les myosotis.

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

 

Publié dans Textes de JMS

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Chagrins rouges

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il est midi

J’ai les chagrins rouges

Pour ton départ
J’ai traversé le vent à contre-pied
Pour ton départ
J’ai bu à contre-peine

Je suis assis comme un vieux chagrin
Dis-moi où va le vent
Dis-moi où sont les blancs printemps

La joie est un cri tardif
Et la chanson vacille

Tu es dans ma mémoire
Le pieu sur lequel je ne sais pas ne pas buter

Tu as des yeux en perce nuit
J’ai des rêves insomniaques
J’ai les chagrins rouges.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Le plomb et le fer

Publié le par Cheval fou

Longtemps j´ai été sous des soleils de plomb à creuser une mémoire funéraire, à vouloir ouvrir les chapes et les cercueils de plomb, à voir suinter les silences étamés qui enferment le rire. Trois plombes que j´attends les horizons légers. 

Où étais-tu toi mon oiseau à mine de plomb blotti dans ma main, cherchant  une inspiration terne et plombée, danseuse enfermée dans ses chaussures de plomb et de désespoir,  tu te dissimulais ?
La vie ce n´est pas ça, quand enfin te mettras-tu du plomb dans la cervelle ?! 
La vie et ses ronrons, ses rataplombs, son moral de plomb ressemble à une escale en enfer. J´en plombe mes soirées de gin et de vodka, m´endors d´un sommeil de plomb, pleure des larmes de plomb. Je suis à deux doigts de péter un plomb, de me jeter dans la Seine moi qui nage comme une semelle de plomb.

Hélas, je ne suis qu´un soldat de plomb qui étouffe son cri sous un ciel plombé. Me flinguer d´une balle de plomb,  je manque d´aplomb,  ma vie n´est pas d´aplomb. Il me faudrait changer, laisser le plomb pour le fer et tout refaire. Avoir un moral de  fer et d´acier, ne plus me laisser scier, chercher la dame de fer et trouver l´été. Ne plus arrêter le faire avant que le temps ne me rouille, que la vie me dérouille, faire et défaire des grimaces laides comme  l´hiver de Fernand et  léger comme Chagall. Enfin, je ne sais pas quoi faire mais j´y vais d´un train d´enfer et la grève des chemins de fer n´y peut rien. Je ne sais plus que faire dans cet envers de plomb et de fer où ma plume cherche son encre. L´ange a du plomb dans l´aile.

JMS - extrait de : "Lettre à ma plume" (à paraître)

 

Publié dans Textes de JMS

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khanouff

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Photo Khanouff

Un blog à visiter : http://tnkhanouff.hautetfort.com

Publié dans Informations

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Solitaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je vole en solitaire
Mes larmes plus hautes que le ciel

Je voulais être serin aux pays des aigles
Devenir un vieil enfant serein au royaume des hommes

J’avais l’âme oblique et ma casquette de travers
J’avais de l’orage sous mes tempes
Et du schnaps dans mes rêves

J’ai pris mon encre et un dictionnaire de rimes
J’ai pris le silence pour maison
Je ne savais pas vivre à ma hauteur
Je vole en solitaire et parcours ma folie
En bas vivent les hommes et la raison.

jms

 

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 13.50 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Lettre à ma petite-fille

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y a de la panique dans ma boîte à rêve
la souris grise s´est évadée
envolée avec mes rêves

As-tu vu passer une souris grise
une souris rouge une souris bleue ?

Quand j´ai ouvert la boîte à rêves
toutes sont parties
l´une criait ton nom
l´autre cherchait ton chemin
l´autre tournait en rond

Dans ses menottes roses
elle tenait un parchemin
une carte du destin

Il y avait inscrit un nom
auprès du mot amour
et j´y ai lu ton nom.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Colette Muyard

Publié le par Cheval fou

Poème silence


Percevoir
le fragile d'une vie
et l'écrire

Recevoir
le matin en sa solarité
et le dire

Prendre jusqu'à l'aubier
le silence de l'arbre
et se taire.

C.M. " L'homme-soeur" 1999

Publié dans Ils disent

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou

Je me souviens Québec. Tu es de ma mémoire. Des rives de ton fleuve à tes voiliers d'outardes, tu me tutoies. Le loup de tes forêts me parle du grand froid des grandes terres blanches. L'orignal, le bison, conservent le vieux rêve, le totem, l'origine. Et ta langue fleurie de mots de vieilles souches goûte l'érable et la berçante, et la parole rouge. Je me souviens Québec. Ta musique jaillie aux mains des bûcherons. Tes planches de maisons appuyées sur l'hiver. La table pour celui qui passe. Le vent qui porte ton accent. La sueur des ancêtres pour faire la longueur des longues routes longues. Je me souviens Québec. Cette force joyeuse que je n'explique pas. Ta poussière collée à mes pieds d'étrangère. Et le chaud de tes mains qui a fait mien, ton pays.
Ile Eniger, Poivre bleu

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou

Je n'habite pas une maison mais le vent et la pluie, le moindre atome d'homme, la queue d'un chat, l'enfantement de l'arbre. J'ai le visage du pardon sur le corps d'un orage. Je mets des balles à blanc dans la culasse du malheur. Même leur bruit n'effarouche personne. Mes veines dessinent un coeur au milieu des blessures. Le sentier de montagne ressemble au dos d'un vieillard. J'y grimpe comme un enfant avec le pied léger. Sans train sans gare sans papier je déraille de ma vie. Je fais de mes jours des semaines de mots. André Laude fraternise avec Néruda. Sananès et Darwich échangent leur exil. La semaine Guillevic précède la semaine Bobin. Les grottes de Lascaux envahissent mes rêves, sans compter les nuits blanches d'Artaud qui s'immiscent partout, les comètes de Velter, les smigrovig de Gauvreau, les vieilles lignes de Grack, l'eau de la Sorgue dans les grands pas de Char, la voix grognonne de Cioran se moquant de l'espoir, les pages tachées de vin de Pierre Autin-Grenier. J'ai pendu mon dégoût au cintre du suicide pour refaire ma vie. J'en fait des tas de bois, des stères de voyelles. Je soupçonne deux vieux arbres d'avoir caché ma scie à chaîne. Ils complotent dans mon dos et se moquent de moi. Ils me surnomment «le castor», me lancent des feuilles, me crient des noms, me font des croc-en-jambe avec leurs racines. Je n'ai pas retrouvé ma scie mais j'ai trouvé ma hache. Ce doit être l'esprit des ancêtres qui reveut sa terre, cette terre qui nous tend les mains et qu'on souille de pétrole et d'argent.

lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Pierrot n´y peut rien

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Se créa la vie
le vent, l'espace, la terre, le silence
le matin, le jour, la nuit, l´infini
et la forme cosmique du sourire
Lundi

Se créa la pomme, le miel, les animaux, le ciel
les premières couleurs de la tendresse
le pouvoir de marcher, l´envie de pleurer
le chant des étoiles, le rire, et l´aimer
Mardi

Se créa l´heure venue, le sens, le bon, le mauvais
des fragments de conscience
des montagnes d´indifférence
Mercredi

Se créa la créature, le pouvoir d´aller plus loin
l´avidité comme un manteau à sa taille
elle s´appela homme
il alla trop loin
Jeudi

Se créa la colère
la peste des virus, et des trous noirs
Vendredi

Se créa le chagrin, et l´eau pour s´y noyer
Samedi

Quand se créa le remords
la lune se pendit à un rayon
Dimanche

Pierrot n´y peut rien
Si l´encre est un peu triste.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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