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ils disent

Mano Dayak

Publié le par Cheval fou

Ce texte, parce qu’il y a une Internationale des mères, de la vie et de l’espoir. Il nous affirme que, ce qu’il y a de plus admirable dans la mission de l’homme, c'est ce don qui consiste à transmettre à l’enfant quelque chose de plus grand encore que la route des étoiles, de lui offrir la cartographie infinie qui jalonne les alphabets du monde et nous sort de notre condition animale pour nous ouvrir la route du savoir et de la conscience.
Je voudrais que pour chacun, ce texte soit lu comme une lettre à nos mères et à ceux qui de Sapiens à Erectus ont fait de nous des hommes qui ne seront Hommes que lorsqu'ils sortiront de leur statut de nains culturels voués à un seul livre unique et parfois inique dans son désamour de l'autre, pour chanter tous les livres de la Conscience.
jms
____________________________________
"Avec des gestes graves, elle (ma mère) m'a appris à lire les vingt-six lettres de l'alphabet tifinagh qui compose la langue tamasheq. Je revois ses doigts voltiger  pour tracer sur le sable des signes géométriques : le cercle qui désigne le "R",  le trait horizontal qui indique le "N", les quatre points pour la consonnance "KH",  le rond précédé de deux points et d'une parenthèse renversée qui compose le mot "chat". Elle faisait une pause,  effaçait de la main ce qu'elle avait écrit, me demandait de répéter ses gestes. J'essayais de mon mieux. Pour me récompenser, ses ongles dessinaient des poèmes; Elle griffait le sable de ses doigts de joueuse d'imzad. A peine avais-je le temps de m'étonner que'elle effaçait ce qu'elle avait écrit pour composer de nouveaux caractères.
Combien de fables et de ballades se sont ainsi envolées sous l'aile de sa main ou bien au vent des dunes ?"
(...)
" Je dois tout aux leçons de ma mère. C'est elle qui m'a appris à démonter  et à remonter la tente, à plier et à déplier le lit taillé dans le torcha, un arbre au tronc épais mais au bois tendre et léger. C'est elle qui m'a fait découvrir les étoiles qui annoncent les changements de saisons. C'est elle qui m'a révélé les différentes castes des gens de ma tribu, les Iforas.
C'est elle qui m'a enseigné la lecture, le chant, la poésie. C'est elle qui...".
 
MANO DAYAK

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou


Le Messie est une carte de crédit

Le monde nous convoque à shiner son cercueil. Le pire problème de l’homme est l’argent est ses dieux. La véritable foi n’a pas besoin d’église. Les minarets et les clochers assujettissent les croyants. Pendant que le clergé encense tous les Franco du monde, le Pape répudie les prêtres rouges en Amérique du Sud. Celui qui aime n’a pas besoin de simagrées ni de salamalecs, le front tourné vers la Mecque, les genoux usés sur un prie-Dieu. Quand un semeur se crache dans les mains, sa sueur est sa seule prière à la moisson future. Dans un monde de profit, la bonté de l’homme est devenue un vice. Tu es trop bon. Tu es trop bonnasse. Tu penses trop aux autres. L’homme préfère sa voiture à son chien, son portable au voisin, la pub à la réalité, le nom des acteurs et les effets spéciaux à l’histoire du film et sa partie de hockey à la voix des enfants. Le vieux mur du monde se barbouille d’affiches. La pauvreté se cache derrière les néons. Qui dit vrai ? Qui dit faux ? Tous les slogans s’annulent dans la bouillie des ondes. Le sang sur les écrans anesthésie la honte.

 Nos frères s’entretuent de prières et d’argent. Les chemises noires reviennent déguisés en banquiers, le cash pour Fuhrer. Le sourire aux lèvres, l’attaché-case au bras, ils vendent les cadavres et crachent sur le cœur. La haine les unit dans le goût du profit. Les peuples s’entre-égorgent en croyances contraires. Chaque monnaie d’échange nous éloigne de vivre. Chaque prophète hurle en tuant son prochain. Ni carte Visa ni Mastercard ! Ni Vishna ni Allah ! Ni Euro ni Dollar ! Ni les bras du passé ni le baiser du ciel ne nourrissent l’espoir. Le temps presse aujourd’hui. Même le désespoir accouche par césarienne. Les âmes que nous sommes se perdent sous la peau. Les phrases les plus belles s’écrivent sur le sable. Il ne suffit pas de retirer les clous des mains d’un crucifié pour qu’un ange apparaisse. Il suffit d’une main prolongeant d’autres mains, d’une paume tendue pour accueillir le vent, le pollen, la pluie, d’un petit doigt d’enfant cicatrisant la nuit, d’une voix dans le silence déclarant son amour.

  Le sang ne trouve plus son chemin vers le cœur. Comme des petits Poucet, les doigts de la mémoire laisse échapper des miettes. L’eau bénite à la fin se retrouve à l’égoût. Un rat dans une église est le seul à prier. Les hommes font semblant de parler aux statues. Le capital est un assassinat. Son travail n’est jamais que la paresse du cœur. L’homme n’est plus qu’un singe au volant d’une auto. Serait-il possible qu’on redevienne humain ? Je cherche une lime dans un pain pour m’évader du vide. Je resterai fidèle au bois mort, à la chair, à la terre, aux étoiles. Je défends l’infini contre les billets de banque. Je colmate les brèches avec des mots doux. Je sers la poésie comme on sert la soupe. J’expose à la lumière les instruments de l’ombre. J’écrase les pépins dans le fond des voyelles. Je tire l’étincelle d’une poignée de cendres. Une fourchette m’émeut à l’égal d’un pain. J’attends quelque chose ou quelqu’un dans l’encre sur la page. Qu’une question se pose ou non, aucune réponse ne suffit à l’enfant. Je cherche une grammaire où le verbe vivre n’a pas de conditionnel. Je n’attends pas que les bourgeons soient saouls, que les branches soient folles, que les feuilles soient foule pour parler aux oiseaux. Ils jettent sur la page leurs petits grains de vol qui fleurissent en ciel. Mon cœur se réfugie entre les anges et les mésanges, les dahlias et les roses. L’amour aux lèvres et la colère aux tripes, je grimpe sur les mots pour saisir un éclair dans le gâchis des ombres.


Par la freniere
- Prose

http://lafreniere.over-blog.net

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Cristian-Georges Campagnac

Publié le par Cheval fou

CERTITUDES OU FAIBLESSES ???


J’erre au cœur froid, désolé du coup de vent virant en tempête. Les lames déchirent un horizon bas, lacèrent la surface de la mer limoneuse. Alentour, c'est le vertige irisé, les traînées d'écume, la chute et le rappel embusqués, l'ascension aussi de la mer qui se confie aux ciels et lui donne ses larmes d'embruns. Les flots gardent la tessiture mélancolique des voix d'outre tombe. Ils susurrent l’eau brisée de trop courir, de braver la terre. Derrière moi, une trace d'absences, une marque de passage qui virevolte dans la bourrasque, sitôt engloutie, avalée, dissoute comme la souvenance de ce que je fus d’existence sur cette terre, comme le vol de l‘oiseau, un unique sillage. Et puis des éclairs, ces lueurs familières qui dansent dans le regard, s’en vont à la recherche des racines d'un passé disséminé, des vestiges du futur. Je m'attelle à l’impérissable certitude de ne jamais mourir, de demeurer éternellement l’enfant de la vie dispersé de par le monde et la planète, comme si le temps de durer avait multiplié à l’infini ce même être parvenu à la conscience universelle. Étranges impressions que les rafales et les montagnes d’eau dévalées ne sauraient affecter, d’être encore et toujours sur le fil tangent, au-dessus de la mort, si près de l’existence, du mal et du bien, de cette injustice immanente de la nature, de l’esprit en perpétuelle révolte. Oui, je vais, j’habite un jour de tempête et cours l’arène de la mer, la grande fresque bleue peuplée d’errances, de nuages et de vagues que la liberté exalte et confond. Je grave sur le parchemin fluide et éthéré de l'eau la mémoire d’un être à la poursuite de l’instant ou de l’éternité, allant jusqu’à en perdre, un moment, l’illusion éphémère de la certitude d'exister, pour sombrer dans le  gouffre pétillant et feutré de l’océan unitif. Quand je ne serais plus qu’une évocation, l’impossible ressouvenir, je sais que je poursuivrais ma route et mon cap, menant un autre vaisseau à travers les grands espaces et la destinée qui font l’âme seule des hommes vrais. Il est en chacun d’entre - nous une parcelle d’universalité, de sentiment revenu du fond des âges, un fragment impérissable de fraternité qui fonde le verbe au-delà de tous les écarts, de toutes nos différences. Noyé dans la cohue, la multitude ou perdu dans les solitudes mouvantes, chaque mot, chaque image vogue et navigue, conscient du fait irréfragable d’être d’une étape du grand voyage multiple, de la valse des naissances, bravant la mort, toisant les siècles et les saisons pour les avoir au moins une fois révélés, du moins comprises au confins de l’amour, du partage incessant de tous les jours, de ces secondes éprises d'éternel. La mer, le désert, les airs, l’absolue hauteur des monts couverts de blancheur me convainquent de l’indicible beauté qui coudoie le chaos, de l’extrême diligence de la vie au terme de chaque virée que nous aurions accomplie, oubliée, abîmée dans le long fleuve des années….

C’est ici, en ces moments de fusion et de proximité avec la nature et les éléments que je défais tout ce que l'illusion pourrait infliger de néant. C’est en ces pages de grandes vérités que je mesure aussi les desseins intemporels que l’âme forge sur l’échelle, l'enclume de notre si courte vie battue de chair qui n’aurait aucun sens, aucune raison de s’arrêter brutalement  dans l’infamie de la matière désorganisée. Au milieu des vagues et des délires de l'hiver, j'ai tant de fois chasser mes craintes d'une mort imminente pour découvrir enfin les curiosités de l'au-delà...Va! Navire, vaisseau ailé, Albatros, poursuis ton vol d’ultimes rencontres que seule l’âme ou l’amour reconnaît, pour renaître inlassablement des flots purs qui t’ont encensé à toujours et raconté l'océan!

.

Cristian-Georges Campagnac http://milema.canalblog.com

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou

Mon amour, entre silence et feu. Et les mots ajustés en misère mutique. Pour dire. Rien d'autre que ce souffle posé contre la porte par le vent. Lettre portée d'ici par l'oeil du soir penché plus bas. Lumière de fenêtre. Là-bas. Quelque chose qui éclaire. Un carreau traversé par les flammes. Pas de bruit. Que les cercles d'aubiers mouillés. Lente maturation. Que la forêt si grande qu'elle brûle. Rien ne s'écrit. Que cet amour qui ne s'écrit pas. Rouge, qu'on voit de loin.

Ile Eniger - Un cahier ordinaire

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou

Un feu me hante

Le dernier recueil de Jean-Marc La Frenière

est paru

AUX ÉDITIONS D'ART LE SABORD

167, rue Laviolette, C.P. 1925, Trois-Rivières (Québec), Canada, G9A 5M6
www.lesabord.qc.ca
art@lesabord.qc.ca


Distribution au Canada: Prologue inc.
prologue@prologue.ca

 

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ANICK ROSCHI (Allemagne)

Publié le par Cheval fou

Hommage à Anna Politkovskaïa :

Colombe

Dans un désert avare
D’humanité
Le regard
D’une colombe s’est posé
Où les loups, têtes basses,
Ne se lassent
De hurler,

Dans un désert empoisonné
Avare de vérité
Une colombe, ce soir, est tombée.


ANICK ROSCHI  7 octobre 09

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou

Je suis sans toi. Des morceaux de temps entrent dans mes poignets. La page ne saigne pas, se tait. La page, muette, vide. La mer à l'angle de la fenêtre dit plus. Le jour plus frais qu'hier, mes doigts gourds. Ma toute petite vie d'abeille minuscule les yeux sur l'immense. La tasse de café noir, le sucre ailleurs. Ce sont des choses qui font silence. Des mots prétextes qui vont. Solitude innommée. Noyaux secs dans les blancs du manque. Le temps se brise en petits bouts de verre.

Ile Eniger - Un cahier ordinaire

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Cristina Castello

Publié le par Cheval fou

Hasard du Net

J’ai découvert dans l’écriture de Cristina Castello une force poétique qui m’a subjugué. J’y ai trouvé quelque chose de ce feu qui couve dans le sang espagnol quand la poésie  et la raison se heurtent aux dictatures et au sort des peuples. Peut-être connaissez vous Cristina Castello.  Vous l’avez compris j’ai aimé ses textes, en voici quelques lignes :

 

Et quand je dis Dieu, je ne dis pas Église.
Je dis Dieu.
Je suis esclave de la Beauté.
Car Beauté est Bien, Vérité, Justice.
Beauté est mains ouvertes pour donner.
C’est éthique et esthétique.
J’ai soif.

Je vis avec les pieds sur la terre.
Parce que je sais.
Que pour se moquer de la réalité, il faut la connaître.
La réalité.
"Cette clé de clôture vers toutes les portes du désir" (Olga Orozco).
Je vis avec le regard sur le ciel.
Parce que je ne me conforme pas à la clé de clôture.
Je veux l’harmonie.
Je veux un monde juste,
Je veux vivre en art.
J’ai Soif.

Je veux une planète d’êtres humains avec des ailes.
Pour que l’intérieur de tous caresse la lumière.
Pour nous lever d’abîmes quotidiens.
Ailes pour roucouler les seuls, les pauvres, les tristes, ceux d’âme absente.
Ailes pour agiter dans l’allégresse de bonheurs infinis.
Ailes pour que la vie de tous soit plénitude et non pas vide.
Ailes pour un Journalisme Sans Masque.
Pour une Vie Sans Masque.

Et par ma soif.
Qui est soif et qui est eau.
Je travaille comme journaliste, il y a bien des années.
Je suis personne.
Je suis poète.
J’ai soif.

 

À retrouver sur http://www.cristinacastello.com

ou http://les-risquess-du-journalisme.over-blog.com

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou

Les mots pour aller où


Les mots pour aller où ? Les routes pour dire quoi ? Et l’horizon devant est-il aussi derrière ? Écrire, ça ressemble à jouer. Un tas de mots qu’on assemble. Ils vous mordent parfois. Ils chatouillent. Ils se moquent de vous. Les voyelles s’empilent comme des fanes de mais. On dirait que le sens vient toujours comme en plus, comme le temps ou l’espace. Les pieds aveugles sont vivants. Ils inventent la route. Écrire comme un oiseau qui ramasse le vent, une pierre qui roule, un ruisseau où l’eau court toute nue, la bouette d’un grenier qui s’ouvre sur la lune. Un mot posé de travers et tout devient silence. Un autre qui s’égare et l’on voit l’invisible. Quand le soleil se couche, on l’a encore dans les yeux. Quand la pluie cesse, on en garde la peau.


Les étoiles chantent pour les sourds. Le matin, c’est encore le rêve, puis c’est le cœur qui s’éveille et respire la vie. Le corps est une barque qui cherche le courant. Sur sa coque inventée, je rame avec des mots, des avirons d’images. La lumière appelle la nuit et la repousse tout autant. Qui apprend à compter perd toujours quelque chose. Toutes les routes ont deux sens, tous les fleuves deux rives. Seuls les mots les englobent. Qui apprend à conter ajoute des cerises aux branches déjà nues. Il redresse d’un mot toutes les fleurs cassées. Tout au bout de grandir, je resterai l’enfant qui apprend à marcher.


Tout le corps est dans la main. Tout l’univers bouge nos doigts. Ce que l’on voit n’est jamais qu’une parcelle. Ce que l’on rêve est encore en-deçà du possible. L’amour est préalable à tout. On l’entrevoit parfois dans les yeux d’une femme, le rire d’un enfant, les phrases qu’on souligne dans un livre bancal, un brin d’herbe qu’on mâche assis sur une pierre. À qui sont destinés les cœurs qu’on grave sur l’écorce, les phrases qu’on gribouille avec un bout de bois, les bonhommes de neige qui nous tendent leurs bras, les ponts sur le néant, les signes sur le vent, les mots sur du papier ? Le pont qui traverse le fleuve est plus fragile que ses rives et le réel plus éphémère que le rêve.


Malgré ma peur du vide, j’avance en funambule sur le fil des mots, sans l’équilibre d’un récit, sans table des matières. Toute phrase qui commence veut s’éloigner de la fin. Peu importe les montres, le temps échappe aux chiffres. L’âme est cette part toujours inachevée de l’homme. Quand tout le reste disparaît, il ne demeure que cette part. Tant de lumière attend sous la cicatrice des paupières. J’écris pour défendre la vie, lui rendre son visage qu’on a défiguré. Je ne crois pas ce que je vois mais ce que j’imagine. J’attends le feu assis tout près des cendres, le rire après les larmes. Je ne m’arrête pas à l’écriture, je continue par elle. On manque toujours de mots pour dire je t’aime, de pain à partager, de mains pour caresser, de bras pour l’accolade, de larmes pour pleurer. Sur la dernière marche, l’escalier recommence.


Chaque page n’est qu’un bruit de pas, chaque livre une route. Parfois, sur la table des mots, un lecteur secoue la nappe et garde quelques miettes. La terre n’humilie pas les illettrés. Tout le monde peut la lire. Elle ouvre pour chacun de grandes pages de fleurs, tout un lexique de beautés, la grammaire du ciel, des arbres tout en muscles, des motels d’oiseaux, des ruisseaux d’aubépines. Des pissenlits aux tournesols, tout un chapitre s’élabore. Un autre fait danser les feuilles avec le vent. Une histoire d’insectes se trame sous l’écorce. La sagesse des tortues côtoie la naïveté des éphémères. Le soleil est une encre vitale pour chacun d’entre nous. Il faut lire ses pages avec des yeux d’enfant.


Je n’ai jamais compris le système des monnaies, les ventes, les achats, la mainmise des uns sur les besoins de chacun. Nous ne possédons rien. Tout nous est prêté, la faim avec le pain, la terre avec la pluie, la mer avec le ciel. Le pouvoir, le savoir, l’avoir écrasent la goutte d’eau, le brin d’herbe, l’enfant. On dresse des églises, des frontières, des banques. On tisse des drapeaux avec la peau du cœur arrachée à la vie. En Afrique, les enfants meurent de soif tant la terre est stérile. Chez les Amérindiens, ils sniffent de l’essence et de la colle d’avion. En Amérique, même les pauvres sont obèses à manger du néant. Nous sommes à la croisée des choses. Nous avançons maintenant un doigt sur la gâchette, un autre sur la bombe, un pied sur le bitume, un autre qui se perd. Que reste-t-il entre la chair et le métal ?


Les mots se lèvent toujours une minute avant moi et viennent m’éveiller. J’écris du bout de la main, du bout du corps, du fond du cœur. J’écris de porte en porte, entre deux embolies, avec de grandes aiguilles dans les arbres de laine. J’écris comme un enfant poussé dans le noir, un chien flairant sa nourriture, un oisillon qui découvre ses ailes. Je remercie la pluie aux longues jambes, la musique, la mer. Les moments les plus pauvres sont souvent les plus riches. On est seul. On regarde la pluie. Les battements du cœur nourrissent le silence. On sent bouger en nous quelque chose de plus, un frottement d’âme sur la chair. Il faut apprendre à lire comme une main plonge dans l’eau. Les moments les plus pauvres sont souvent les plus riches. On est seul. On regarde la pluie. Les battements du cœur nourrissent le silence. On sent bouger en nous quelque chose de plus, un frottement d’âme sur la chair. Si l’homme n’est pas naturellement bon, il devrait passer sa vie à tenter de le devenir. Il faut naître à la lumière de ce but.

 

http://lafreniere.over-blog.net

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Cristian-Georges Campagnac

Publié le par Cheval fou

....

Juillet et Août riment avec la vie
Sombrent dans la mort
Dansent l’eau exaltée des brises bleues
S’effritent en sanglots de pierres noires
La terre et la mémoire en deuil
Aux jours obscurs sanglants et désolés
S'évadent en volutes des brasiers vers l’été

Et ce n'est pas l'encens à la rémission

Des injures de l'humanité

L’aube rougeoie pourtant des mêmes promesses
Aux cimes balancées d’ombres et de sagesse

Secrets cachés aux saveurs de fruits mûrs
De tout ce qui fut d’espérances de lendemains tendres

Abreuvés aux racines du ciel

La chapelle et la tour chancelantes
Veillent l’amour et la guerre attenants
Aux portes béantes du temps perdu
Aux meurtrières aveugles des années lumières éteintes
Devant l’autel saccagé contre la foi
Les pensées ont été jetées à terre
Le mal enflammé blesse toujours l'empyrée
Brûle comme un fichu rouge de paroles assassines
A la face voilée des mondes
Qui s’ignorent qui s’immolent
Assoiffés d ‘instants
D'oboles miséreuses ou vénales
D'or et d'argent

Métaux froids et clinquants

Sertis de cruautés de folies

Je regarde le faîte de l’arbre

Il gagne l’azur

L'orange pure des matins

  Éloignés de la croix aux fers étoilés

Je crains ces jours libres échappés

De la forge humaine

Je redoute l'avenir vertical

Des rois de l'or noir

Étouffant la voûte illuminée

La nef qui scintille

L'ancestrale transcendance

Vêtues de l'étoffe des saisons

J’habite la crête immuable des vagues

Pour ne plus croire en nous

Pleurer l’existence incarnate

De chair calcinée

De larmes que les vents de l'oubli traversent

Et auront séchées

Sur les murs suinte le bien fondé des désolations

.

 

CRISTIAN-GEORGES  CAMPAGNAC

sur  http://emmila.canalblog.com

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