Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ils disent

Ile Eniger : Ma terre

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À vous, cet hymne à la Provence que j'aime, avec son goût de terre si magnifiquement décrit par la sobriété et la puissance de Ile Eniger.  Merci Ile - JMS

 

Les platanes généreux, l'herbe forte malgré la soif, les vignes noires sacrant le vin, la paix d'oliviers séculaires, la tisane des  tilleuls, l'ivresse des lilas, la friture des grillons quand dorment les cigales, les lucioles menant aux  bals de villages, les chauves-souris radars de lune,  les braises de géraniums rouges, les joues versicolores des belles-de-nuit, les flèches d'écureuils effrontés, les abeilles goulues aux guinguettes des fleurs, les potagers derrière les canisses et les haies de cyprès, la farine de châtaigne, l'éclair du renard roux, et le Mistral fougueux qui monte à cru tes flancs, ma Provence je t'aime. Je t'aime ma terre dure, sèche, austère, aride, aux paysans fourbus attelés à la houe. Je remercie tes blés porteurs de pain, tes grappilles vétilles de septembre, tes hérissements de lavandes, tes potions de thyms et romarins. De ton ciel  métal fondu planté dans ta chair, à la transparence de tes cerises, à la flamboyance de tes parures, aux volets tirés quand l'été éperonne, à ton ventre blanchi préparant la première fleur d'amandier, je te salue et te bénis ma terre.

 

Ile Eniger - Solaire - (à paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Lettre ouverte de Julos Beaucarne

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

À écouter et à lire

Claude Nougaro - Lettre ouverte  de Julos Beaucarne

http://www.youtube.com/watch?v=sghdhJBUe3s

Amis bien aimés,

Ma loulou est partie pour le pays de l'envers du décor. Un homme lui a donné neuf coups de poignards dans sa peau douce. C'est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour, et l'amitié, et la persuasion.

C'est l'histoire de mon petit amour à moi, arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage, ni vous ni moi, je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et mes 2 chéris qui lui ressemblent.

Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien-aimée ; il n'est de vrai que l'amitié et l'amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses. On doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller en paradis. Ah ! Comme j'aimerais qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles.

En attendant, à vous autres, mes amis de l'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui : Je pense de toutes mes forces qu'il faut s'aimer à tort et à travers.

Julos - nuit du 2 au 3 février 1975 - Ecrit après l’assassinat de sa femme par leur jardinier. (Texte dit par Claude Nougaro dans son album "Femmes et famines")

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Ile Eniger

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Vivant

(Pour mon ami P. qui vient de partir pour les étoiles et pour mon amie D. qui souffre)

Les rêves ne sont pas sur-humains, ils ne voyagent parfois qu'à hauteur d'homme. Un vélo tombe, les pieds dans ses rayons, sa chaîne saute ; une route dérape l'indifférence autour ; un pont bancal s'élance sur l'abîme ; une pierre d'achoppement pleure sa pierre d'angle ; des affiches mentent, vendent leurs viandes sur étals ; des promesses se maquillent aux chromes de mensonges. Quelque part un ami s'en va sans bruit. Lassitude lassitude, douleurs. On pourrait croire que les murs sont trop hauts, que l'univers trahit. On pourrait croire que le jour se ferme. Mais les bras de nuit enlacent des étoiles, une piste d'envol imagine un bonheur autre. Ce qui ne finit pas. Ce qui ne vieillit pas. L'hiver toujours porte un printemps. Et le soleil, chaque soir mort, remonte chaque matin, éblouissant. Vivant.

Ile Eniger - Solaire - (à paraître

http://insula.over-blog.net/

 

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc La Frenière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Peut-être

Peut-être que le sable sortira des vitres et servira de plage.
Peut-être que la mer s’échappera des colliers.
Peut-être que le vent remplacera le pétrole.
Peut-être que les chevaux henniront dans les bottes pour retrouver l’avoine.
Peut-être que la ligne d’horizon libérera les collines et les jettera au vent.
Peut-être que le baiser des abeilles redonnera du miel aux ruches désertées.
Peut-être que le temps s’enfuira des horaires pour rejoindre le rêve.
Peut-être que les enfants oublieront la règle de trois, la guerre de Troyes
et les trois petits cochons pour dessiner le ciel.
Peut-être que les hommes sortiront des usines, des banques et des églises
pour retrouver la source.
Peut-être que les fillettes d’Afrique pourront jouer à la corde sans sauter sur une mine.
Peut-être que les crayons de couleur remplaceront les seringues aux mains du
désespoir.
Peut-être que les trains s’envoleront des rails en convois de pollen.
Peut-être que les chiffres feront la courte échelle aux alphabets rebelles.
Peut-être que les balles ne viendront plus crever les ballons des enfants
et que les cerfs-volants remplaceront les missiles.
Peut-être que les aveugles enseigneront aux autres à voir avec les mains.
Peut-être que les mains serviront aux caresses et qu’on pourra s’aimer
sans compter la monnaie.
Peut-être que l’amour réchauffera la terre et les nuages qui ont froid.

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc La Frenière : Chienne de vie

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans cette chienne de vie
j'ai préféré tirer la chasse,
tirer la langue
et le diable par la queue
que de tirer du gun
ou de tirer des chèques
sur le malheur des autres.
J'ai préféré passer l'éponge,
passer mon tour,
passer les bornes,
passer pour fou
que de passer tout droit.

Mais cette chienne de vie
est parfois si jolie
(merci Prévert)
sans collier sans licou,
les deux pieds dans la vase
et le poil au soleil.


Quand on m'aura dompté,
dressé, salarié,
je ne serai plus
qu'un masque sans visage,
une ride sans voix,
un habit sans personne,
un corps en location,
un coeur à la consigne,
une âme en peine.

Je veux rester sans nom
au milieu de la foule
et faire l'accolade
à tous ceux qui s'égarent.
Je veux rester rebelle
et me refaire une vie
hors des sentiers battus,

Je veux planter ma tente
au milieu de l'orage
et faire d'un volcan
un oasis de paix,
de la peur une armure
et de l'angoisse un feu
pour réchauffer la vie.

 

Je veux rester debout
pour une femme qui passe
mettant le feu au cul
et la main à la pâte.
Je veux rester vivant
pour une femme qui chante
et rallume à ma queue
le désir des voyous.

 

in http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Ile Eniger - Rugir

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Le ciel renouvelle ses eaux, s'arrête pour mieux les compter, et recommence. Le ciel est en travaux pratiques. Debout au seuil du vide, c'est à toi que je parle, que je ne connais pas, que j'espère du fond de la caverne. Je te cherche, je te crie, je t'appelle. Nettoie les avoirs, les pillages, les hideurs. Arrête les agitations, les verbiages, les illusoires rassemblements, les réseaux de basses-cours, les discours menteurs, les sentences insensées, les égoïsmes barbares, les suffisances mortelles. Libère la respiration primale, la parole nue, la silencieuse, la pudique, l'exemplaire qui sonne clair comme un bol tibétain. Lave la vie aux hautes sources, conduits à l'indivisible. Et si je ne te sais, si je ne sais t'entendre, laisse rugir ton silence, l'écho sacré.


Ile Eniger - Solaire - (à paraître)

http:/http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc La Frenière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Déclaration d'impôt

Je n’ai pas honte des gens que je fréquente

qu’ils soient prophètes ou mécréants,

bandits ou imbéciles, poètes ou vidangeurs,

trafiquants de rêve ou paresseux,

J’ai honte pour l’homme quand il se fait banquier,

flic, homme d’affaires ou bourreau,

avocats de la poursuite,

comptable du silence ou notaire du cœur.

Je n’ai pas honte d’être pauvre.

J’ai peur d’être riche au détriment du monde.

 

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc La Frenière

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Les anges n'ont pas d'ailes

Le liseron m'attend. L'herbe raconte les saisons. À coups de crayon, à pas de bête, à mots couverts, je vais où la terre parle encore nommer les arbres morts. Un oiseau saigne et signe de son aile le testament du ciel. Un autre s'est caché dans les larmes d'un saule. Le vent lègue ses doigts. Le temps s'allège. Les pas s'allongent qui prolongent la route. Les chiens de l'ordre lèvent la patte et lèchent un os de lumière. Certains jours, on aligne des mots comme autant de compresses sur une jambe de bois. Certains autres, c'est comme du sel sur la plaie, du poivre dans les yeux, des pauvres dilapidant leurs biens. Ce sera la fontaine ou la rose des sables. Ce sera l'églantine, la rose, la rosée. Ce sera le tilleul, la laine, la sueur, le trèfle à quatre feuilles brouillant les cartes du hasard. Je cherche les mots d'avant les mots, les signes d'avant l'homme, le pain perdu des pas. Je trouve l'or du temps dans la maison des pauvres. Dans un monde où règne le profit, la main qui compte importe plus que celle qui caresse, qui dessine ou écrit. J'arrive avec des mots qui tremblent, la faim avec son ventre à sec, la douceur des bouleaux, le sucre et l'eau d'érable. Lorsque les mots n'ont plus de lèvres, les mains restent inconnues, les pieds ne savent plus où aller, les arrière-cours ne sont plus envahies d'herbes folles. Il y a comme un fossé, un décalage entre les choses. On dit guerre et les mots prennent un goût de sang. On dit pain et c'est le blé qui lève. On dit sein et les lèvres font des oh. Je n'arrive pas à croire que toutes les années vécues soient des années perdues, qu'il n'y ait pas une accalmie dans ce monde du profit. On s'accroche à ce qu'on peut, la plume d'un chapeau, la déchirure d'un drapeau, un ver de terre échappé d'une motte, une bouteille à la mer, le hochet d'un enfant. Le ciel éclaire le monde de ses lanternes éteintes. Survivant de la mer, je mourrai noyé dans un dé à coudre.

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/

 

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Ile Eniger

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

C'est la nuit. Les bruits ont fini par s'éteindre. Un froid d'étoiles tombe en grésil sur les épaules du soir. L'écharpe du ciel s'effiloche, les arbres frissonnent. Quelque cri d'animal, craquement, claquement, électrisent le silence. Une respiration saine remet en place l'âme et le corps. S'effacent les rumeurs sordides, virtualités maladives, piteux mensonges, autres agrégats mortels. Ici s'arrête la folie humaine, sa terrible bêtise, son immense saleté, son incommensurable mauvaiseté. Ici, commence l'être, sa puissance cardiaque, son intelligence primale. Dans les racines, les nervures, les terriers, les lits, les sèves rincent les pesticides, lavent les souillures, renouvellent les germes. Les éléments nettoient la bave sociétale. Il suffirait que chaque battement glisse en ce mouvement, choisisse la lumière, pour que les plaies guérissent, que vienne un homme et un jour neufs, que vive la vie.

 

Ile Eniger - Solaire - (à paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc La Frenière

Publié le par la freniere

Cet article est reposté depuis LaFreniere&poesie.

Comme si

 

Comme si les hommes étaient

comme les femmes et les enfants

comme si l'amour était réel

comme si la main était l'outil

comme si la faim était le pain

comme si la peau était plaisir

comme si le ventre était fœtus

comme si le tête était le cœur

comme si le cœur était la tête

comme si la mort était la vie

comme si la vie était l'espoir

comme si l'espoir était l'amour

 

Jean-Marc La Frenière

http://lafreniere.over-blog.net/2017/11/comme-si.html

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>