Se créa la vie
le vent, l'espace, la terre, le silence
le matin, le jour, la nuit, l´infini
et la forme cosmique du sourire
Lundi
Se créa la pomme, le miel, les animaux, le ciel
les premières couleurs de la tendresse
le pouvoir de marcher, l´envie de pleurer
le chant des étoiles, le rire, et l´aimer
Mardi
Se créa l´heure venue, le sens, le bon, le mauvais
des fragments de conscience
des montagnes d´indifférence
Mercredi
Se créa la créature, le pouvoir d´aller plus loin
l´avidité comme un manteau à sa taille
elle s´appela homme
il alla trop loin
Jeudi
Se créa la colère
la peste des virus, et des trous noirs
Vendredi
Se créa le chagrin, et l´eau pour s´y noyer
Samedi
Quand se créa le remords
la lune se pendit à un rayon
Dimanche
Pierrot n´y peut rien
Si l´encre est un peu triste.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
Amérique Amérique
Amérique, je n'oublie rien
de l'hiver des indiens
Amérique Amérique
Amérique je n'oublie rien
du coton des larmes
je n'oublie rien
de ceux qui tuèrent les Kennedy
Encore j'entends Luther
Amérique Amérique
avec toi
un jour de 1944 Paris dansa
Amérique Amérique
ce jour de 2008
le monde chante avec toi
Amérique Amérique
Aujourd'hui j'ai pris une leçon d'espoir
un jour je veux croire
nous serons plus frère que frère. JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
Comme un oiseau qui regarde la mer
Les pieds posés sur le silence d'une rive
Les rêves plus grands que l'horizon
Au seuil d'un pourquoi
J'ai arrêté le monde
Rien n'est plus grand que la question. JMS
Nous n´avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n´avons pas bu le même lait
Nous n´avons pas bu la même eau
Nous n´avons pas partagé les mêmes minutes
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Je te donne mes douleurs de terre et de sang
Et cet amour qui va d´Est en Ouest
T´appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne
Je te donne mes douleurs
Et la médiane de mes rêves
Les millénaires ne comptent pas
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Nous avons tous eu la même mère
Celle qui porte le vent et les nuages
Nous sommes plus frère que frère
Nous avons vu les mêmes étoiles
T´appelles-tu Seattle, Hugo
La Frenière, Neruda ou Beaucarne
La mémoire est remplie du chagrin des hommes
Nous entendons gémir la terre
Tous nous traversons les nuits du vent
Nous n´avons pas été nourris des mêmes livres
Nous n´avons pas bu le même lait
Nos veines saigneront du sang et les douleurs du vent
Un peu berbère un peu indien un peu arabe
Je te donne mon étoile et le ciel
Et cet amour qui va d´Est en Ouest
Afin qu´Hommes nous soyons
Hommes plus frère que frère
Sur cet arpent de vie qui longe les millénaires. JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
5 heures dans ma mémoire
et toi
et ce bateau qui t’avale et cette misère qui t’exporte
et ce mouchoir qu’on agite
5 heures et cette femme ancrée au désespoir
c’est une veuve en blanc
qui reste clouée à un nuage de larmes
et toi
qui enterres l’eau sous des sourires froissés
en bas ce quai qui ploie sous la frayeur des lendemains
ces mots et ce vieux cahier que tu emportes
et l’improbable promesse que tu graves
je reviendrais, disais-tu
Un siècle et 5 heures sont passés, j’ai la mémoire alevine
ici le temps est une rivière que le saumon remonte
toi tu frémis dans ce vieux cahier
linceul de papier où périssent d’improbables promesses
des pages arrachées, lettres jamais arrivées, jamais parties
Québec, j’écoute bouillir le silence des loups
tu vibres et hurles entre mes dents
je suis de toi, l’Ancien
empli de ces mots de tempête et de vent
venus de l’Est des mémoires
je te lis dans le français du verbe aimer
je te lis sur les pages d’un livre jamais refermé
tu es le mot qui coule dans mes veines
le naufrage jamais consommé
je suis la veuve en blanc sur la route des larmes
le bateau qui ne fermera jamais l’exil
La mer océane t’a mangé
pour que naisse un ailleurs plus grand que nos rêves
un printemps au Québec
Pour moi il est toujours 5 heures. JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
La nuit du serpent s’étire entre des arbres secs
il n’est pas d’heure et l’aurore n’en finit pas de s’éteindre
Rien de nouveau, j’ai découpé le ciel
il fait mort dans les lointains d’Angola
il fait mort quand les milices courent
Les anges ne pleurent plus
J’irai hurler dans les nuits du Darfour
ce soir je veux vomir du dollar
casser des étoiles et tuer des lunes hilares
Paris caresse des compassions passives et des messes latines
J’ai vu le profil des étoiles, les arrières salles et la bière qui coule
le serpent chevauche l’inutile du rire et des rizières sans enfants
le sable est un linceul
le sel est un éclat de rire
le sillage des flèches ne déchire pas le ciel
ma peau sent le vendredi et Mozart vide des cascades
Rien
le chemin du vent calibre la mort devant la pierre ivre
ma colère se ride comme rictus d’éternité
Mozart est mort j’ai traversé le ciel
ivre
La nuit vient d’Amérique et les indiens pleurent.
JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
Moi, l'homme pélican, l'homme cosmique Moi l'homme chat, l'homme maïs, l'homme grenouille, l'homme hibou Je déclare que l'univers, la terre, ses fruits et ses ressources sont la propriété inaliénable de tous les peuples, de toutes les espèces de tout ce qui est du monde des vivants Je déclare que l'univers, la terre, ses fruits et ses ressources sont la propriété inaliénable du vent que l'on empoisonne de la mer qui pleure des étoiles que l'on souille …/… Moi l'homme ni ange ni bête, l'homme animal l'homme conscient Je déclare que la douleur n'est pas fatale, que le statu quo n'est pas final Je déclare qu'aucune puissance, aucun trust aucun gropuscule d'affairistes corrompus aucun accaparateur n’a droit à exploiter à son seul profit les richesses communes Je déclare qu'aucun législateur n'a légitimité pour cautionner, gérer, organiser la spoliation des peuples de la vie n'a légitimité à parrainer le démantèlement de notre patrie la Terre
Moi l’homme serpent, l'homme cheval, l'homme machine, l'homme affamé l'enfant esclave J''affirme que le pouvoir de l'argent et des armes,la peur et la violence ne légalisent ni la corruption ni la douleur des forêts ni la dépossession des peuples
Qui jouit et pollue saigne le pétrole, arrache l'or et les diamants commet un crime quand les enfants ont faim
Moi l'homme pélican, l'homme cosmique, l'homme chat, l'homme maïs Je réclame le droit de l'ortie le droit de la forêt le droit de l'enfant des banlieues de l'enfant de la brousse …/…
JMS
Extrait de : Le Manifeste du Pélican - Editions Chemins de Plume - Petite collection - 10€