Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

textes de jms

À Jacques Danois

Publié le par Cheval fou (Sananès)

  "Ma cicatrice la plus douloureuse est le silence de Dieu

dans le regard des adolescents nés sans espérance"

Jacques Maricq, dit  Jacques Danois

L’ami parti le 20-9-2008  

 

À Jacques Danois

Vieux baroudeur

tu es parti en rêve inconnu 

là-bas la question n’a plus de sens

là-bas tu parcours la réponse

 

toi seul sais si nous nous reverrons

si nous gagnerons le combat des frères

 

ici un peu de toi et du précieux des hommes

dans ma mémoire une place vide

et, à jamais, un quelque chose de toi.

JMS

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Tu te crois d'ailleurs

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Tu te crois d'ailleurs
Tu voudrais être pierre
Tu voudrais être eau ou carré de vent
Tu voudrais être l'aigle cosmique
qui regarde l'éternité droit dans les yeux
Celui qui regarde tourner la planète bleue
Ne jamais perdre la boule

Mais non, la vie te pend au nez
Tu te retrouves à vivre chez les hommes
à voir, à pleurer la terre
à comprendre que
rien n'existe dans l'absolu, rien n'est sacré
à apprendre que
les repas les plus copieux sont de larmes et de sueur

Tu te retrouves à être homme
à boire l'air de tes enfants
à avancer de guerres en larmes
de sciences en pollutions
de famines en déforestations

Tu te retrouves marin absurde
et tu tues la mer
et tu manges ton navire

Tu voulais être aigle cosmique
et regarder l'éternité droit dans les yeux
regarder tourner la planète bleue
ne jamais perdre la boule
Mais maintenant tu sais, la mort te pend au nez
Tu sais que tu te coucheras dans le regret des rêves perdus

Si tu te réveilles
Alors tu crieras : "Eh Toi, es-Tu là ?"
Et le silence sifflera.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Où sont les fées, où sont les anges ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Où sont les idoles
les promesses, les prophètes ?

Dans des draps de larmes
les enfants vont mains tendues aux dieux assassins

Où sont les fées, où sont les anges ?

Les poètes vont nus
dans un monde où les marchands de papier
froissent, écrasent, déchirent le chant des mots

L'événementiel s’est fait spectacle

Je vais nu
comme un cri fracassé  sur des tessons de glace
je crie
j’éructe des larmes de silence minéral
des papiers que nul ne lira
je lance des mots et des mains désarmées
aux indifférences systémiques
consciencieuses, absurdes

Inutile combat
les larmes trébuchent sur des symphonies autistes
et des rêves de dollars incendiaires
je grince des douleurs et des hurlements invisibles

Le monde est un spectacle

Les oiseaux s’éreintent aux sarcasmes des marteaux piqueurs
Neandertal regarde la régression
les poètes livrent leurs oraisons muettes
je suis nu

Où sont les fées, où sont les anges ?

JMS

 

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Le vieux fusil

Publié le par Cheval fou

.../... 

Quand j’étais jeune, un vieux fusil sur le mur, pendait. Des photos, sur la commode, agitaient la mémoire de Grand-père. Il mâchonnait du gris. Il disait : «dans la guerre qu’anges et démons se livrent, chacun croit que l’autre incarne le mal.  Rien de tout cela n’est vrai, ce n’est qu’un jeu de miroirs inversés. Personne ne connaît rien à Dieu. Dieu, c’est la somme des douleurs et des joies de l’univers. Le bilan est mauvais. Combien de larmes pour un ventre satisfait ou un rire de bébé. Il faut être bête comme un homme pour croire qu’il connaît la création et les desseins du Créateur. Dieu ne tient pas plus dans la tête d’une alouette que dans celle d’un homme».

Grand-père parlait de son expérience. Il aimait à répéter : “j’ai vu grandir la fleur, et l’oiseau l’a mangée, j’ai vu voler l’oiseau et le chasseur a tiré. J’ai vu grandir la peur, et personne jamais ne l’a arrêtée”.

Parfois, quand le vin avait un peu trop coulé, Grand-père allait plus loin, jusqu’au point 17 de sa jeunesse. Il avait été soldat, là-bas, en France.

Pour Grand-père il n’y avait pas d’ennemi, seulement un regard différent sur l’autre. “L’autre coté du miroir ment toujours”, disait-il.

Quand j’étais enfant, Grand-père nous apprenait la vie. Moi Manuel, je jouais, nous ne connaissions pas la Guardia, le futur se dessinait dans les contours d’une école aux toits rouges.

JMS - Extrait de : "Le jardin des diagonales" (roman à paraître)

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Lune noire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Au jardin de l'aubépine
le chat mon chat-grain

a un grain au fond des yeux

Un grain de tristesse

a grippé la machine à soupirs
               
Au jardin de l'aubépine
sont aussi des épines

Le chat mon vieux
le chat a un grain,
grain d'amour et de folie
engrangé dans sa petite tête

du grain dans les méninges

Le chat, mon vieux, a un chagrin

    Belle est partie
    drôle de belle
    qui ailleurs fait du grain
   
    Drôle de belle
    qui ailleurs fait la belle
    et donne le grain

Pauvre chagrin
en pelure de chat

    Où allez-vous
    amours à la miaou
    parées de ces perles de cristal
    qu'on colle aux yeux
    diamants liquides
    qu'un sourire sèche

Chat mon pauvre chat
Belle ne vaut pas plus qu'une souris

    Au jardin de l'aubépine

    à quoi chagrin rime ?

JMS in  "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Mon chien dit

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Mon chien dit :

  Le loin n’est pas plus lointain que le proche que j’ignore

Si loin que tu sois

Tu es là

Quand tu ne me vois pas

Je suis nulle part

La distance vraie ne se chiffre qu’à la douleur du manque.

JMS - "Mon chien mène l'enquête" - Éditions Chemins de Plume - 10 €

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

La robe étoilée

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Quand on me revêtira
de cette robe à la taille de la nuit
à la mesure de mes silences

 

mes enfants, ma femme


Quand j’aurai eu mon comptant
d’oxygène et d’heures

mes amours, mon amour


Quand après avoir été présent
il me faudra crier absent

 

 ma femme, mes amours, mes enfants
 ne gardez que nos bonheurs
  vous n’êtes pas de mes regrets

Quand j’aurai été,
quand cette robe
à la taille de la nuit
à la mesure de mes silences
sera ma dernière maison

 

je reviendrai
dans des cris de mémoire

 

Vous serez mon sourire d’éternité
comme les yeux verts d’une chatte
comme griffe de satin
comme un frisson du vent
qui agite des ombres

 

mes enfants, mes amours
je reviendrai

 

comme un frisson dans le vent
repeindre mes regrets
effleurer les myosotis.

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

 

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Chagrins rouges

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il est midi

J’ai les chagrins rouges

Pour ton départ
J’ai traversé le vent à contre-pied
Pour ton départ
J’ai bu à contre-peine

Je suis assis comme un vieux chagrin
Dis-moi où va le vent
Dis-moi où sont les blancs printemps

La joie est un cri tardif
Et la chanson vacille

Tu es dans ma mémoire
Le pieu sur lequel je ne sais pas ne pas buter

Tu as des yeux en perce nuit
J’ai des rêves insomniaques
J’ai les chagrins rouges.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Le plomb et le fer

Publié le par Cheval fou

Longtemps j´ai été sous des soleils de plomb à creuser une mémoire funéraire, à vouloir ouvrir les chapes et les cercueils de plomb, à voir suinter les silences étamés qui enferment le rire. Trois plombes que j´attends les horizons légers. 

Où étais-tu toi mon oiseau à mine de plomb blotti dans ma main, cherchant  une inspiration terne et plombée, danseuse enfermée dans ses chaussures de plomb et de désespoir,  tu te dissimulais ?
La vie ce n´est pas ça, quand enfin te mettras-tu du plomb dans la cervelle ?! 
La vie et ses ronrons, ses rataplombs, son moral de plomb ressemble à une escale en enfer. J´en plombe mes soirées de gin et de vodka, m´endors d´un sommeil de plomb, pleure des larmes de plomb. Je suis à deux doigts de péter un plomb, de me jeter dans la Seine moi qui nage comme une semelle de plomb.

Hélas, je ne suis qu´un soldat de plomb qui étouffe son cri sous un ciel plombé. Me flinguer d´une balle de plomb,  je manque d´aplomb,  ma vie n´est pas d´aplomb. Il me faudrait changer, laisser le plomb pour le fer et tout refaire. Avoir un moral de  fer et d´acier, ne plus me laisser scier, chercher la dame de fer et trouver l´été. Ne plus arrêter le faire avant que le temps ne me rouille, que la vie me dérouille, faire et défaire des grimaces laides comme  l´hiver de Fernand et  léger comme Chagall. Enfin, je ne sais pas quoi faire mais j´y vais d´un train d´enfer et la grève des chemins de fer n´y peut rien. Je ne sais plus que faire dans cet envers de plomb et de fer où ma plume cherche son encre. L´ange a du plomb dans l´aile.

JMS - extrait de : "Lettre à ma plume" (à paraître)

 

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Solitaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je vole en solitaire
Mes larmes plus hautes que le ciel

Je voulais être serin aux pays des aigles
Devenir un vieil enfant serein au royaume des hommes

J’avais l’âme oblique et ma casquette de travers
J’avais de l’orage sous mes tempes
Et du schnaps dans mes rêves

J’ai pris mon encre et un dictionnaire de rimes
J’ai pris le silence pour maison
Je ne savais pas vivre à ma hauteur
Je vole en solitaire et parcours ma folie
En bas vivent les hommes et la raison.

jms

 

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 13.50 Euros

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>