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textes de jms

Petit délire à trois balles, mais aucune ne tue

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'été j'habite souvent à coté de mes pompes

pourtant elles ne sont pas funèbres

 je me cherche
 

à l'intérieur

à l'extérieur

 

me retrouve en

en continent rêve

 

me perds

aux sentiers du doute

alors que mes chaussures

squattent le jardin

en attendant que je revisite la vie.

 

JMS

 

 

 

 

Publié dans Textes de JMS

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L'enfant, la nacre et le poignard

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

L'enfant tenait dans sa main un coquillage nacré
né des soubresauts de la mer et du sable.
Il croyait tenir toute la beauté du monde.
Il en avait fait son refuge, son lieu sacré, son royaume.
 
Grandissant, il avait eu des jours de quête, des chemins de hasard
avant de croiser la brillance de mots tombés d'une croix, d'un croissant, d'une étoile.
De contentieux millénaires, de vieilles rancunes et de routes d’intransigeances,
il avait fait un drapeau porté en armure au service d'un sang de haine.

 

L'amour et la raison erraient encore au royaume d’un vieux coquillage nacré.
Les mots de livres millésimés avaient fermé toutes les encyclopédies de la vie.

L'enfant ne savait plus que c'est dans la douleur, l'espoir et l'autre
qu'habite le regard ouvrant un chemin de lumière.

Personne ne devrait être un poignard pour qui n'est pas comme lui.
Un même chemin ne peut-il pas porter bien des pas ?
Les jours et les routes ne se rejoignent-ils pas en un même endroit ?
L'enfant apprendra-t-il que seul refleurit l'amour que nous avons sauvé ?

 

JMS

 

Publié dans Textes de JMS

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Voeux 2017

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

 

J'écris des mots où je me retrouve,
j'écris des contes où je me cherche
et des poèmes où je laisse mon cœur.
Je jette le mot vers les sommets de l'invisible,
je suis une pensée fragile flottant dans le naufrage,
un cri perdu à la recherche d'une oreille, un enfant qui sait :
les paroles, trop haut jetées, souvent ne sont que des mots en l'air.  
Je suis celui qui cherche les portes du rêve
quand partout la rumeur susurre :
"Cherche le bonheur dans ta cage et ne regarde pas trop loin,
ne regarde plus ailleurs".
Je ne suis qu'un petit homme perdu dans l'enfermement des possibles,
qui se heurte aux couteaux froids de l'indifférence
et d'un aveuglement sucré où l'inconscience s'attarde.
Partout le monde se fait mur.
Qui ouvrira des portes si plus personne, ici, ne sait qu'il est frère de toute vie ?
Je suis l'enfant qui comprend que trop souvent les têtes adultes
deviennent trop petites pour être peuplées de rêves.
En cette année qui vient encore, je veux être un enfant qui croit à l’espérance,
cette utopie qui fait que le monde est encore vivable.
En cette Nouvelle Année 2017,
je vous souhaite l'enfance perpétuelle
et des rêves plus grands que les mirages,
des rires à partager et un destin à hauteur d'âme.
Je vous souhaite des trop-pleins d'amour
à en réparer la fraternité.
 Je vous souhaite l'amour et le soleil.

JMS le premier janvier 2017

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Un temps de rien

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Un temps de rien
A Léo mon chat, mon espiègle pacifique
qui vient d'être battu, mordu et amputé
ce cri de bruine
en ce temps de rien
où l'innocence porte ses douleurs
quand les haines fleuronnent au sommet de la bêtise
 

Un temps de rien

C’est un temps de rien, un temps de tout.
Un cri de baleine perdu dans des nuits d’océan
la présence indistincte d’un oiseau blessé
et le jour qui vient sur la pointe des rêves.

C’est un bleu perdu dans le chandail des brumes
une fête qui se joue dans le cri d’un amour
et Verlaine qui s’éloigne sur la pointe des pieds.

C’est une nostalgie qui cherche ses mémoires au royaume des vivants
un cliquetis d’aiguilles qui cherche sa route au rebours d’une montre arrêtée
et la chaussure de Rimbaud à l’orphelinat des amputés.

C’est Soutine et Chagall cherchant leurs pinceaux
l’encre du rêve et celle du cauchemar à l’heure où le jour se dissout
et la nuit qui tombe sur le rire des enfants.

Ce sont les mains de Grand-Père s’approchant du poêle
Apollinaire et Max Jacob mourant loin de la Ruche
et cette muraille de mots qui entrave le silence.

C’est un temps de tout, un temps de rien
le jour qui passe sur le visage d’un ange
et la nuit qui se lève sur un visage de femme.


C’est une nostalgie qui croise la brume
un chien qui court comme on efface les siècles
et la mémoire qui se cherche au royaume des morts.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" aux Éditions Chemins de Plume

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Fils de la mémoire

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Même en creusant son encre du plus profond de son cri au dernier reflet du miroir, l'homme cherche sa route sans savoir que de tout temps elle était en lui, inscrite dans sa mémoire identitaire. Il ne le sait, mais qu'il veuille le fuir ou le garder pour guide, qu'il aille au nord ou au sud, même s'il navigue à la godille entre l'envie de plaire et le besoin d'être, l'homme est prisonnier du livre de ses vérités. Aucun hasard ne l'éloigne durablement de qui il est.

jms

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Rouges compagnons

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Aux Républicains Espagnols

 Rouges compagnons

Nos larmes claquaient

dans un ciel en furie

Nous n’étions pas en Normandie

 

Elle dégaina

mille silences de plomb

sur les miradors du crime

 

A larmes de fiel

sirupeuses

Sainte Mère l’Eglise

fusillait

de Madrid à Treblinka

Toute l’armada était là

 

Quand le vert de gris et la soutane

orchestrent la mort,

le noir est ma douleur

le rouge est ma couleur

 

Vous alliez

pas cadencé,

idées cadenassées

chantant avec entrain

 

Tueurs,

vous étiez criminels sur ordre

 

A pas de loi,

vous refaisiez l’Histoire

 

Anges zélés,

vous étiez la mort

Le rouge est ma couleur

 

Quand le noir porte mes deuils

Même trahi,

le rouge est ma couleur

 

Nous n’étions pas en Normandie

et

Grand-mère pleurait

 

Jean-Michel Sananes - In "Accident de conscience" - Editions Chemins de Plume

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Lettre à des fleurs d'aubes pâles

Publié le par Cheval fou (Sananès)


Ne suis-je venu
que pour broder
la tendresse d'infinis regrets ?

 

Ne suis-je venu
que pour découper
le vent en maigres nuages
qui, en de vagues vagues à larmes,
vont mourir aux creux de tes yeux ?

Devrai-je jusqu'à la fin
réajuster toutes mes idées
en petits cubes méthodiquement rangés ?

Devrai-je apprendre un jour
que Pierrot a déserté l'astre doré ?

Devrai-je apprendre un jour
que la nuit n'est que la tombe des étoiles ?

Devrai-je apprendre un jour
que leur cœur d'aube pâle
ne rayonne plus que d'illusions ?

Jean-Michel Sananès - "Cheval fou" - Éditions Chemins de Plume

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Délire de jour d'anniversaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Cheval fou vu par Slobodan

Chaque jour chaque nuit                                          
Ce tic ce tac
Ce réveil qui pleure
Cette pendule qui compte


À la fenêtre de l'âge passe le tic
Passe le tac
Est-ce affaire de tic-tac
Ou problème de tac-tic ?
Le chemin ailleurs m'emporte
Le vent toque à ma porte


Si je n'avais pas de tocs
Si je n'avais pas de tics
Je répondrais du tac au tac
Mais je ne m'entends ni en tics ni en tocs
Je suis sourd je n'entends ni le tic ni le tac


Je chante je pleure je ris
Pourtant les jours tournent dare dare
Docteur chrono a les dents longues
Quel manque de tact
Il me mange
Je suis patraque
Le temps me donne le trac
Partout il y a un hic
Partout un tac qui m'efface
J'ai un ticket avec la mort
Décidé
J'achèterai des neurones
Des "je veux", des "je peux" et des "je ferai"
J'achèterai des cheveux  et du temps et de l'éternité
Peut-être est-ce une tactique
Mais c'est esthétique
Je reste à l'article de la vie
C'est automatique
Entre tic et tac
Je décortique le temps 
Le trouve poétique
Rendez-vous dans mille ans
Il y a dix mille ans que je m'attends.

JMS - In "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Andalouse

Publié le par Cheval fou (Sananès)

(Souvenir d’ailleurs, en 1520, en pays d’Inquisition

quand l’amour ne sauvait pas du bûcher)

 

Elle fleurissait d’espérances

et glissait dans la vie

sans faire d’ombre aux papillons

 

Elle maîtrisa d’inexplicables sourires

dictés par l’intuition

 

Happée par l’impalpable moment

elle le vit enfin

l’inconnu de onze heures

 

Trop tard

les soldats le tenaient

c’était l’heure du destin

 

Il la blessa

de la largeur d’un regard

il la déchira

d’une coudée de bonheur décliné

entre un chemin pailleté

qui se voulait boulevard des anges perdus

et un monceau glacé de rêves andalous

 

Pleure Andalouse

ton nom est entaché de tant de sang

 

Je parcours le passé

à la recherche de mes ancêtres

 

Je ne trouve que douleurs

 

Le sang des miens est à Tolède

 

Pleure Andalouse

les tiens sont matamores

pleure Andalouse

les tiens me veulent mort

demain ils me brûleront.

 

Quand on a vingt ans le monde est démesuré

 

Plus grande est ma douleur

car mon amour est ténèbres.

* matamoros (espagnol) :  tue arabes

JMS - in "Cheval fou"- Editions Chemins de Plume

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À l’enterrement de la conscience

Publié le par Cheval fou (Sananès)

À l’enterrement de la conscience

Il y a des chiffres en jachère au portefeuille de l’espoir
de l’eau dans le silence, du bruit dans les ténèbres
Je sors sans moi car mes rêves sont vides
Quand je m’appelle je ne suis plus moi.

Les enfants s’habillent de psaumes

et de bombes pour ne pas affronter le jour
Ils meurent de haines inculquées
Je vis hors de moi tant la colère est grande
Il n’y a plus de rêve dans mes rêves.

"Demain dès l’aube", j’irai par les chemins…
Mais où est le chemin, où sont les matins ?
Sur des rêves évidés on jette la prière et le couteau
comme l’essence sur le feu
On fusille les vérités, on sert des doctrines aveugles
On vend les armes et l’amitié
Il n’y a plus de rêve dans mes rêves.

C’est un matin d’égorgeurs
Une nuit de réalités frelatées
Il y a du silence dans mon silence
Il y a des mots et des morts qui crient la résignation
mais le Pouvoir en veut plus
Quand je reviendrai en moi
Quand je ne serai plus hors de moi
mes rêves seront rouges comme du sang
comme des ivresses de psychopathes
J’aurais rongé mon frein
J’aurai rangé mes rêves.

Pourtant "demain dès l’aube"
comme un vieux fou sorti des millénaires désuets
"j'irai par la forêt", j’irai par les chemins…
Encore, j’irai chercher le rêve.

JMS

 

 

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