Avec Federico et Mezz Mezzrow

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)


Je n’ai jamais eu besoin de personne 
pour rencontrer mes désespoirs. 
L’émasculation de l’espoir m’a toujours suffi.

Le premier bain d’eau froide
 sur ma peau de nouveau-né, 
les premières fureurs de mon père, 
les premiers chagrins de ma mère,
ont suffi à motiver mon goût de ne pas être.

Pas besoin de guerres, 
de bombes ou de lunettes pour savoir 
que le bonheur est un quiproquo 
que l’on voudrait éternel.

Avec Federico, si souvent j’ai dit :
 "Dites à la lune qu’elle vienne,
 le sang d’Ignacio, je ne veux pas le voir".

La vie n’est elle pas un sang 
qui court et gesticule dans l’arène ?
Combien de fois, avec Mezz Mezzrow, 
le blues en moi s’écriait : 
“See that long lonesome road… gonna be an end someday…”. *

Cette phrase me suivait comme une ombre quand, 
dans la rue, passant sans lunettes,
 le réel me brûlait au profond de l’âme.

Les arracheurs d’espoirs,
 les maîtres du monde, du cri et du clinquant, 
m’avaient désarmé.

JMS 8 mai 2026

* "Vois cette longue route solitaire… elle finira bien par s'arrêter un jour"

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