Une aussi longue absence....

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Où étais-je... si je savais...
Excusez-moi, mais je sais, j´étais sorti de mes gonds, hors de moi, mais pas vraiment fâché contre moi, d´ailleurs mes colères sont sans conséquences, je ne m´en veux pas, je me pardonne tout.
Tout est arrivé à cause d´une de ces aubes livides, une de celles où tu te lèves blanc comme du papier. Le miroir ne te voit même pas, alors tu te mets à table, tu veux tout dire, tu ouvres ta tête, tu sors une plume. Pas une larme, mais ta plume saigne et tu ne sais pas pourquoi. Tu aurais voulu t´appeler Manuel, Pedro, Che Guevara, ou pourquoi pas, Picasso. Mais tu es là, coincé dans une peau trop grande pour toi, tes yeux ne sont même pas à la bonne hauteur, tu vois le monde d´en bas et tu hurles dans ton silence, tu voudrais être un loup, hanter le bois, terrifier la lune, mais tu as une peur d´enfant égaré, abandonné. Ta révolution, tu la fais devant un café froid et l´hiver arrive. La nuit coule comme une pierre ronde qui rejoint le fond du vieil  océan.
Une odeur de vide. Une balle. Un flingue. Un rire de dingue... Non une écume de mots qui dit à quoi rime, qui se fait la belle et se croit poésie. Rien que des mots. J´écris, mais la poésie a honte quand la nuit se cabre.
Je ne sais pas pourquoi, j´étais parti, j´étais hors de moi, loin d´ici, à deux pas de moi, dans deux chaussures froides.
Je me regardais passer comme le silence

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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J
Un peu tardif pour cause de salon du livre…<br /> Merci à vous Colette et Ile, vous qui savez que " les cris inécoutés enveloppent un horrible silence (Colette Magny)".<br /> Merci à vous Violaine, vous qui cassez l’odeur du vide pour m’offrir des paroles d’âme sœur.<br /> Merci à vous Danièle, qui avez compris que les poètes meurent de silence, vos mots ouvrent les portes et les fenêtres, vous n’êtes pas simple passante vous êtes l’invitée naturelle du poète.
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D
Bonsoir !   Je venais "chez vous" de temps en temps, en silence.. Comme on passe devant une maison aux volets fermés.. En se disant : il n'est pas là, ou il dort peut-être..  <br /> La maison a ouvert ses volets..  Ses portes et fenêtres aussi peut-être ..  Alors, je resterai sur le seuil, mais je passerai !
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V
dans le marasme d'un paysage sans ligne, désenchanté, cruel, absurde, qui vient, revient d'un jour sur l'autrenuit jour jour nuitvivre survivre mourir  pas surmourir la quête éperdue d'une berceuse d'âme offerte en aveuglepas à moi seulement à moile don désuet d'un calin pour vivred'un mot à l'autre, d'un site à l'autre, ricochetarriver jusqu'à ce texte, y reconnaître l'odeur de vide; se reposer dans le partage d'une odeur de videses propres chaussures froides un instant réchaufféesmerci
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C
Ton texte arrive au moment où j'allais aussi te demander : mais où es-tu, ton silence fait mal, écris, écris-nous, c'est nous que tu laisses dans "une aube livide"Merci de revenir, même avec un texte si désabusé mais vraiment magnifique, non la poésie, la tienne en tout cas, n'a pas à avoir honte !
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I
Qu'il est fort ce texte, superbe !
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