Quand j'aurai usé l'espérance, un jour je partirai

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Quand j'aurai usé l'espérance à lui préférer le plomb et la mort,
quand, à l'indifférence de mon prochain, à la beauté, à la vie, à la fraternité,
j'aurais perdu les saveurs du désir d'être et l'envie d'aller à demain,
alors le moment sera venu de se dire adieu.

Pour autant, oublierai-je les rêves que je faisais pour mes enfants,
l'avenir que j’espérais pareil au monde que j'aurais voulu avoir,
moi qui ne sais plus où vont se fracasser les lendemains,
moi qui ne sais où partent les jours quand l'homme perd ses rêves ?

Il est certain, un jour je partirai, sans j'espère
jamais avoir trouvé l’amertume,
oubliant mon vieux costume de vie au porte-manteau des certitudes,
oubliant ma lavallière à pois, mes pinceaux, mes poèmes,
et mes vieux cahiers inachevés.
Une mémoire emplie d’amour et de ce brillant
que l'on trouve aux yeux des chats et des enfants de l’espérance,
un jour je partirai laissant sur la route mon plein de rêves à léguer.

Que ferez-vous mes enfants de mon costume râpé,
des mots pas encore déballés oubliés au fond de mon stylo ?
Et de ce qui, dans l'ombre, reste de moi, de mes utopies,  
moi qui sans elles, aurais préféré ne pas vivre que d'en être orphelin.
JMS

 

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