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La passante
La passante Col relevé, manteau fermé, robe déteinte, soleil blafard, c’est la saison frileuse. Le froid gagne. Les mots gèlent aux poings. Les lignes ne font plus sens. Le texte piétine dans ses doutes. Parfois s’épelle un nom. La campagne nue comme...
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Jean-Marc La Frenière : Respirer l'infini
Le jour bouge et vacille comme l'ombre d'un arbre, le profil d'une vague. Les fleurs reconnaissent leur parentèle. Elles poussent en famille, les zinnias avec les zinnias, les tournesols avec les tournesols pour regarder le soleil. Les montagnes s'étendent...
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Chaque pas
D u train où l’on s’en va chaque rail s’égare vers une gare absente. Chaque pas est une épine sur la fleur de l’âge. Chaque pas soulève la poussière sur le tapis du cœur usé jusqu’à la corde. Sur le chemin des hommes chaque pas est une mort. Chaque pas...
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De Jean-Marc La Frenière : Il ne faut pas désespérer
Il ne faut pas pleurer sur l'homme mais lui apprendre l'espérance. Il ne faut pas craindre la mort mais apprendre à aimer. Il ne faut pas désespérer mais relire Bobin et le gitan Kerwich. Il ne faut pas prier dans une église mais à la messe des cigales....
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Sur un fil
Quand l'idée du bonheur se jette sous le train à 5 heures du matin. Quand l'infini bascule du côté noir des choses à 5 heures du matin. Quand un fleuve d'oiseaux perd ses vagues en volant à 5 heures du matin. Quand la fiancée des fleurs perd sa bague...
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Le bruit et la fureur
Je fuis le bruit et la fureur. On est vraiment soi-même quand on s’éloigne des autres. J’avance très lentement. Je m’attarde des heures à poursuivre un insecte. Je me perds et me trouve dans la vie d’un brin d’herbe. La vitesse n’est que le temps qui...
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Une maison de chiffonnier
«Qu’est-ce que tu fais ? – Je dessine une maison. – Je ne la vois pas. – Elle est invisible. – Comment tu la vois alors ? – Je ne la vois pas, je l’entends. Il y a une femme-fée dedans et elle chante. C’est sa voix que j’entends. Elle pousse les mots...
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La mémoire du siècle
Je mourrai de la même blessure au flanc que le siècle qui m'a vu naître des lignes de front me serviront de notes et les ossements sous la terre d'échelons vers la douleur partout dans le monde des mères attendent la cartographie de leurs deuils et que...
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Tout s'achète et se vend
Quand les murs sont vivants les hommes sont en cage, la sueur mise en gage. Un ciel sans soleil a congédié la pluie. Les arcs-en-ciel se terrent dans le fond des bouteilles. La lie du désespoir leur sert de couleurs. Le monde paie ses factures sans soigner...
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Parler
Je viens de lire le cinq à sept du néant de Jean-Michel Sananès. Je m’accorde à ses mots comme on accorde un violon. Le pire n’est pas la mort, c’est de pouvoir mourir. Je m’accroche au stylo comme un oiseau à la branche d’un arbre, comme une main prise...
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Des bas de laine
Pépins d’un même fruit, maillons d’une même chaîne humaine, nous cherchons tous la corde pour se pendre, la corde qui nous lie et nous ligote, du A de l’alphabet au Z de l’azur. Le corps de Sisyphe ne cesse pas de vieillir, ses gestes de s’user. Il ne...
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Ma douleur d'homme
Je voudrais croire en Dieu comme je crois à la mort, à la haine, à la guerre. J'aimerais croire en l'homme comme je crois à la mer, à la terre et au ciel. J'ai vu des hommes à genoux écrasés par les dieux. J'ai vu des hommes ramper pour un sou de profit....
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Les pluriels du silence de Ile Eniger
L'absence ploie dans les souvenirs d'un visage. Cette fois, les orages sont venus non pour donner à boire mais pour détruire. Un mer bat et rebat ses galets d'indifférence. Les ombres dansent à la potence d'un ciel brûlant. Le jardin ne donne plus grand-chose....