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jms - a paraitre

Pardonnez-moi Seigneur

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Pardonnez-moi Seigneur
si à cette heure vous vouliez
près de Vous me rappeler
Sur ma barbe encore me restent
quelques taches noires
comme des boutons de jeunesse
qui ne croiraient pas au couchant

Pardonnez–moi Seigneur
si à cette heure vous vouliez
près de Vous me rappeler
Même habitant en ce monde de méchants
encore me restent quelques rêves et utopies
un chat et des amours
que je ne sais solder

Pardonnez–moi Seigneur
si à cette heure Vous vouliez
que je sois Votre hôte
Moi, le vieux mécréant si attaché au vivant
de bien mauvaise compagnie je serais
moi qui encore me ressource
au regard d’un enfant qui joue
aux promesses des aubes claires
et à quelques chants d'oiseaux.

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Les fous du stade

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Rebond sur l'article d'Ile Eniger (http://insula.over-blog.net/)

Les stades me font peur. On y rencontre un nouveau genre d’humanoïdes post-Neandertalien : les homos–hooligans, eux-mêmes subdivisés en sous espèces de férocipèdes : ceux qui défendent une caverne en grillage, ceux qui face à eux défendent une autre caverne en grillage, chacun voulant dérober un totem rond et entrer dans la caverne de l’autre. Encore plus déconcertante, une autre caste semble détester tout le monde, ce sont les homos-castagneurs. Et, face à tous, une tribu de chromagnos-CRS semble vouloir ne rien leur laisser.

Foi de martien, je n’y comprends ! Où sont donc passés le Pierrot et les troubadours de clair de lune ? Ce siècle n’est pas le mien !

 

JMS 2015

Publié dans JMS - A paraître

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Des étincelles au bout des doigts

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Petit rebond sur un texte d’Agnès Schnell:

"Des étincelles au bout des doigts", c’est un frisson d’au-delà, ou le feu d’une attente indicible, un silence cabré où le temps se désarrime, l’espace d’un rien ou l’espace d’une rime. C'est un chant, quelque chose d’indistinct qui parle, une pluie en cour intérieure où s’arqueboutent l’encre et le sens, les anges s’y habillent princes et grenouilles. L’in-advenu murmure, frétille, hurle, revêt sa bure de mots, ôte ses chaînes, franchit l’enceinte des dictionnaires, tord le cri et la foudre, épouse le vent et la passion, hurle des bruissements d’absolu. C’est un silence insurgé qui transgresse la raison, court et cherche sa résonance d’âme. C’est l’ombre d’une phrase qui bouscule le temps. C’est un voyage dans un pays où l'on n’est pas soi, où l'on n’est pas autre.

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Je suis fatigué

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Je suis fatigué
de ces religions qui gèrent le crime et la mort
quand il leur faudrait enseigner le pardon
la raison et nous apprendre à vivre

Je suis fatigué de ces déments
qui massacrent le patrimoine de l’humanité
quand il leur faudrait planter le blé

Je suis fatigué par tous ces Présidents
spécialisés en gestion de statuquos

Je suis fatigué d’entendre des philosophes
promus Pères la Défaite

Je suis fatigué quand tous ces marchands d’excuses
disent que l’on ne peut plus changer le monde

Je suis fatigué d’écouter tous les émasculés de l’espoir
clamer qu’il nous faut attendre demain

Je fatigué devant les prophètes du capitalisme
jamais rassasiés de se goinfrer
qui demandent toujours plus et plus
et donnent de moins en moins

Je suis fatigué de la résignation
de ceux qui mangent leur restes

Je suis fatigué de ces politiciens du fric
insatisfaits de savoir qu’ailleurs
on saigne mieux le bétail

Je suis fatigué de voir tant de moutons
s’entasser dans les urnes de la peur

Je suis fatigué d’attendre
que le rêve revienne
pendant les rebelles enterrent l’Utopie et l'Amour.

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Un chat dans la tête !

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Très souvent, mes yeux se plissent, une brillance malicieuse s’en échappe avant même que je sache qu’une histoire saugrenue me parcourt.
Mon chat, comme d’habitude, est assis dans ma tête à guetter le moindre rêve, le moindre délire. Il est là à regarder le même nuage que moi, un petit cumulus gris et triste qui a choisi de s’élever tout en haut du ciel. Faut dire qu’en bas, il y a pire que la valse noire des fumées et des cumulus-nimbus à la dérive, bien pire que la désespérance d’une ville déprimée qui ronge ses couleurs. En bas, il y a des passants vides qui traversent leur vie sans jamais voir le soleil ni tout ce que voit mon chat. En bas, il y a un monde enfermé dans la grande salle des pas perdus où des voyageurs sans boussole croisent leurs solitudes sans jamais regarder la course folle des nuages lancés à la poursuite du temps. En bas, ils ne sentent rien de cette odeur qui interpelle mon chat et l’inquiète. Ils ne savent rien de cette frayeur miaulée qui déclare que les nuages sont en feu et que le ciel s’abîme. Mon chat est perdu, il n’est plus dans sa sieste, il n’est plus non plus dans son assiette, sa gamelle est vide, l’amour se dépeuple, les étoiles se font la belle, les souris courent trop vite. Mon chat se sent seul. Il grommelle, interroge en de pathétiques miaous : où sont les pompiers du ciel et les faiseurs de pluie ? Je ne sais que lui répondre. Mon mutisme l’agace, je suis fatigué, épuisé, j’ai un chat dans ma tête, un autre dans la gorge, un chagrin qui passe, je joue à chacun pour soi.
Je ne vais quand même pas passer ma vie à parler avec un chat !
Ce crime de lucidité et mon manque de compassion me déçoivent tellement que je me fâche avec moi, que j'éteins tous mes rêves. Mais ce qu’il y a de terrible quand je me fâche avec moi, c’est que je me retire de moi-même, de l’univers aussi, et cela mon chat le sait. Pourtant, je consomme la rupture. Elle est compacte et terrible comme une porte fermée dont j’ai égaré la clef. Je me perds de vue, j'en arrive à me croire si seul que je ne me parle plus, plus du tout, si bien que parfois je m’ennuie. C’est effrayant de se déserter quand on est un homme de l’intérieur et que personne ne vous voit !
Quand j’ai du chagrin, c'est ainsi, mon chat s’endort et les étoiles disparaissent, tout le monde s’en fout, et moi aussi !

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Dans l’alphabet des jours

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Il y eut une époque où j’avais égaré les clefs de ma vie ; en ce temps, j’ai travaillé et attendu que ça passe. Il arrive que la vie ressemble à ces matins que l’on pose sur des monceaux de jours et que le temps déchire. La vie c'est comme le café, c'est quand il est passé que l'on sait s'il est bon, bouillu, ou foutu.

L’autre nuit, je me suis réveillé, j’avais perdu trente ans à vivre des années  mensonge. Trente ans ça fait long pour un temps si vite passé. L’horloge biologique a couiné trop tard, un cri de genou par-ci, une adresse arrachée par-là, un numéro gommé, des vies  qui viennent, des vies qui partent, ce chat qui hante mon sommeil, et les nuits qui s’attardent. Il est des moments où l’essentiel s’étiole au cœur de la banalité. Et on te demande de croire aux habitudes, de te nourrir du quotidien ! Il est des temps où tu oublies de vivre.
Mais tes rêves ?

Mes rêves, je les garde au cœur pour être un homme debout.
Il y a longtemps, quand la jeunesse m’avait mis en quarantaine, je chantais encore mes vingt ans, mais maintenant, que chanter ?
Parfois un rire m’enchante, il a 8 ans et pas toutes ses dents,
d'autres fois les dizaines se cumulent et l’on a plus toutes ses dents.
Le miroir m’effraie.
Pourtant  je me fraie un chemin, j’avance au cri des crécelles, j’habite les jardins de la marge. Je ris, j’avance, j’attends ces lendemains où galopent les souvenirs, je lessive les rancunes car le malheur est fidèle à ceux qui le chantent. Je ne ressasse rien, hier n’est pas demain.
Si chaque jour je renais dans la chaussure de mes mots c’est que demain reste un mot du futur.
Je ne vais plus au miroir pour me voir, j’y vais pour rechercher celui que je serai.
Mes yeux, s’ils ont fermé mes vieilles douleurs, n’ont rien oublié de ceux que j’ai aimés, rien des rires d'enfants sur les chemins qui vont. Je les parcours en sautillant, je m’y prélasse,  je m’y attarde, m'y reconstruis. Je recrée un monde de soleils, de petites joies et de caramels mous. Je parle à mes mots sans dictionnaire, je les veux nus, simples comme le regard des pauvres gens car nul ne me ressemble plus. Fini l’orgueil, j’ai appris à pleurer, à demander sans exiger, j’ai appris à aimer sans vouloir de retour.
Il m’importe moins d’être que de vous savoir là. Je ne suis qu’une nuée de mots que la rumeur boira jusqu’à ce que le vent m’emporte.
Si les passions sont belles dans l’alphabet des jours, si elles sont douces-brûlantes au registre des mémoires, c’est aux blessures que l’on apprend que le précieux n’est pas dans le feu mais dans les cendres chaudes de fins de journées, là où les mains et les cœurs se réchauffent aux rires d’enfants. Le reste n’est qu’embrasements,  rien de durable pour le bonheur de vivre.
Seule la tendresse me rend la vie indispensable et  si je ne  suis qu’un homme qui passe, je sais qu'elle seule bâtit l’amour.
 
Je sais, quand tout s’en ira, il me restera encore la mémoire d’un chat.

JMS

Publié dans JMS - A paraître

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Mon chat n’en croit pas ses yeux !

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Mon chat n’en croit pas ses yeux !

Mon chat n’en croit pas ses yeux !

Au pont de Gueydan,

Quand on gratte la montagne on trouve des murs

Les montagnes ont-elles aussi des cœurs de pierre ?

Publié dans JMS - A paraître

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L’Escarghomme (le cri de la coccinelle )

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Un horrible cri de coccinelle l’avait saisi et glacé jusqu’à l’intérieur des yeux.
Décontenancé, il tenta de se reprendre.
Il savait bien que ce n’était pas uniquement un cri de coccinelle qu’il entendait.
Que ce n’était pas non plus l'odeur aigre du lait qui tourne qui vrillait ses entrailles.
Il était conscient que c’était autre chose,
comme l’acier du regard de Maria quand elle vous juge.
C’était juste le cri du bonheur quand il se cabre.
Il tremblait. Maria le traitait de "minable".
L’homme se fit escargot mais ne retrouvait pas sa coquille.
Alors, il se boucha les oreilles et décida de reprendre sa route.
Ailleurs l’herbe serait peut-être plus verte.

Publié dans JMS - A paraître

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Je n'étais pas là

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Une semaine a passé entre douleur et tristesse
Les victimes ne m’ont pas quitté
Pourtant quelque chose d’autre reste
Informe, moite
Comme le désarroi.
 
De jeunes hommes
Qui auraient dû devenir des porteurs d’humanité
De promesses d’avenir
Des messagers de générosité
Des hommes
Qui auraient dû un jour fructifier dans les vies de leurs enfants
Ont quitté l’humain pour devenir
Des créatures sanguinaires.

Pourtant
Au fond de leur misère
Ils avaient été des enfants.
Qui était là pour leur tenir la main
Sur un chemin de paix ?
 
Si être ailleurs du besoin de l’autre porte un nom
Est-il autre qu'indifférence ?

Même si je n’ai pas assisté à cet avortement de l’humain
A la naissance des monstres
Même si je n'ai pas été le seul à les ignorer
Je suis une part de l’indifférence.
 
Et parce que je n’étais pas là
Parce que nous n’étions pas là
Notre absence a ouvert la porte d’un cauchemar
Où d’autres,
Avec des pensées venues d’un univers de nuits
De têtes coupées et d’obscurantisme
Ont débarqué.

Parce que nous n’étions pas là
Dans un monde désemparé
Où une jeunesse perdue cherchait son destin
Nous les avons laissé éviscérer
Les fondamentaux de la conscience.

Parce que nous n’étions pas là
Sur territoire de rêves impossibles
Nous les avons laissé arracher
Les racines du respect et de l’amour
Celles qui font que l’homme-animal
peut devenir humain

Parce que nous n’étions pas là
Nous les avons laissé oublier                        
Qu’être un homme, c’est se savoir pareil à tous.

Où étions-nous
Quand d’autres amputaient leur cœurs de l’amour du prochain
Quand d’autres leur faisaient croire que certains crimes sont grands
Quand d’autres tuaient en eux la compassion nécessaire à la fraternité
Quand d’autres en faisaient des monstres ?

Où étais-je ?
Où étions-nous quand nous n'étions pas là ?

 

 

Publié dans JMS - A paraître

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Je suis Charlie et les autres

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Aujourd’hui,
Je suis Charlie,
Je suis les Juifs de Paris,
Les enfants de Toulouse,
Je suis les Coptes, les Syriaques,
Les Tsiganes et Roms de Roumanie,
Je suis Yazid et Kurde,
Je suis tous les chrétiens d’Orient
Je suis tous les enfants, tous les esclaves
Toutes les femmes violées
Je suis tous les décapités
Tous les hommes que le fanatisme assassine
 
Je suis Charlie et les autres
Bien vivants
En Malala et en l'imam de Drancy
Je suis Charlie et les autres
Bien vivants
En chacun d’entre nous
 
Je suis Charlie et les autres
Je suis tous ceux qui savent
Que tout homme
Quelle que soit sa couleur et sa croyance
A le droit de vivre libre et d’accéder au bonheur
 
Charlie est des millions d’hommes
Charlie est la liberté de chacun.

Publié dans JMS - A paraître

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