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dieu le silence et moi

Les croqueurs de silence

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Je les regarde ces salauds de poètes

Je les regarde ces assassins du non-dit

Ces dompteurs de phrases qui espionnent le silence

Pour lui voler ses mots !

 

Le silence est-il intérieur ou extérieur ?

Faut-il fermer les yeux pour regarder en soi ?

Faut-il fermer le réel pour ouvrir les yeux ?

 

Je ne sais pas où habite le silence

Je ne sais pas où sont mes mots

Je ne sais rien de tout cela

Une page blanche me regarde.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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La concierge s’en fout, c’est l’hiver.

Publié le par Cheval fou (Sananès)

C’est l’hiver,
j’ai mangé tout le printemps et les chocolats
arraché les orties et le coquelicot de ma mémoire
monté le chauffage, descendu mon moral
il fait zéro dans l’escalier
il n'y a plus de haut il n'y a plus débat
je ne chante plus, j'ai froid, je craque
il neige dans l’ascenseur
et la concierge s’en fout.

Comme un oiseau sans ailes
je marche, fête à l’envers
comme un hibou sans tête
je vole plus ras que les pâquerettes
un rien me démonte, tout me bouscule.

Je cours je grimpe je saute
d'humour en larmes.
Je crie je vole je vais,
d'humeurs en rires.

Je vais je plane je roule
j’effondre je tombe
il y a inflation
au royaume des petites pièces
kopecks et joies sont à la baisse
j’évolue j’évalue je dévalue
je creuse je charbonne,
la pioche n’est pas bonne
j’explore le miroir
le teint est mauvais.

Je suis un homme de nulle part
un trublion de l'impossible
un homme de rien, un sans frontières
le temps s’est fâché, il y a guerre
de la fumée, des décennies, et des ans sur la piste

le jour va trop loin
il fait moins dix dans mon mental
un hiver terroriste a descendu
le thermomètre.

À corps d'écrits, je cherche
j'ancre des délires en bout de doigts
je peins mes rêves
avec de la peinture à trous
je traque je piste j’explore
il y a du vent dans mon assiette
j’ai soif de petit jour.

Mais Toi, où es-Tu ?

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Me fallait-il savoir ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Les larmes, le vent et les nuages parfois volent si bas

Que l’on en a le visage mouillé
Si bas, que pour ne pas mourir, il nous faut rouvrir de vieux soleils
Et, aux archives de l’intime, retrouver les yeux lumières et les jeux
Que l’on posait sur ces jours en fêtes où les bougies brillaient


Dans la diagonale des siècles, Capitaine passé, je viens de loin
Je viens du bal des nuits et d’une valse des jours

Où se cachent tant de sortilèges
Qu’il me faut passer les frontières pour déterrer l’enfance

Me fallait-il savoir que pour être homme aucune douleur n’est vaine ?

Dans la soute cathédrale des univers, Capitaine mémoire, je viens de loin
Je viens d’un chant de hibou et d’une danse de sirène

Où s’embusquent tant de mystères

Qu’il me faut passer les océans d’envers

Où m’attendent mes vieux chats et mes amis

Me fallait-il savoir que les espoirs vaincus nous apprennent à vivre ?

Dans ce voyage transversal, Capitaine dépassé, je viens de loin
Je viens des rires de Grand-Père et de tablées de fêtes
Où des morts millénaires chantaient à mes cotés

Me fallait savoir que tout doit se dépasser pour aller plus loin ?

À la croisée des infinis, Capitaine naufragé, je viens de loin
Je viens d’un interminable syllabaire des douleurs

Et d’un père retrouvé
Je viens de l’océan cosmique où coulent les mémoires

Me fallait-il savoir que les rêves les plus fous déchirent l’acier le mieux trempé?

Dans les carrés de l’Histoire, Capitaine sans repaire je viens de loin
Je viens d’un verbe aimer et d’une terre étrangère

Où l’on étripe mes nostalgies
J’étais venu de rivières de tendresse et des rires du pays des arbres à bonbons

Me fallait-il savoir que sans amour il n’y a pas la vie ?


Les larmes, le vent et les nuages, parfois volent si bas

Que l’on en a le visage mouillé
Si bas que pour ne pas frémir, il nous faut ne rien oublier
Le jour viendra où ma fille et mon fils oublieront le vieux cheval fourbu
Leur faudra-t-il apprendre que jamais rien ne se perd quand on croit au rêve ?

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Parce que je crois à tout cela (Trève de Noël )

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Parce que l’homme toujours doit savoir aimer
Parce que l’homme toujours doit savoir douter
Parce que l’homme toujours doit savoir s’indigner
Parce que l’homme toujours doit savoir rêver
Parce que l’homme toujours doit savoir partir et revenir
Parce que l’homme toujours doit savoir pleurer et jouer
Parce que l’homme toujours doit savoir être un enfant

Parce que je n’ai d’autre royaume que l’utopie
Parce que je crois à tout cela.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Noël ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Les marrons étaient chauds
pourtant le rire était tombé
alors que l’on sonnait matines

Le soleil s’était levé
sur une mer démontée
bien avant qu’il ne saute de l’escabeau

Aux naufrages des arbres
la peinture avait valsé ocre et rouge
sur les branches en panique

À l’agonie des portefeuilles
il était 20 heures ou pas d’heure
quand les feuilles mortes se sont enfouies

Les marrons étaient chauds
pourtant j’avais ramassé un rire
et quelques tessons de joie

La neige n’était pas là
pourtant c’était Noël

Le Père Noël se sentait perdu
dans ce frimas désargenté
où les fourmis mouraient de froid.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Vivre

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis un barde fou qui naufrage des univers de papier
un archéologue de la douleur
un traqueur de rêves
un explorateur d’imagination
un plaisancier de l’inconscient
un topographe de la raison.

Je suis l’enfant qui désapprend le mot
pour en extraire les frissons du sens
et des pleurs de syntaxe.
Je suis le vieillard qui lentement
efface les bruissements de son cœur.
Je suis un homme loup qui hurle
à la mort des cœurs.

Je suis le voyageur qui sort de sa vie
pour aller aux ailleurs essentiels.
un marcheur de cieux
un pisteur de rumeurs aseptisées
une fourmi pensante
dans l’ailleurs des sans ciel
une diagonale d’infini et d’étoile
où clapote le silence tapageur des hommes.

Je suis un Bateau Ivre au naufrage des mots blancs
une nuit d’encre rouge
une ancre au cri noir
un capitaine crucifié
dans la tempête millénaire des vagues à l’âme
un homme tumulte
un hurleur de clair de lune
un arpenteur de déraison.

Je suis la rime désancrée
qui cherche un port d’attache
un rêve perdu dans le chahut égotique
des verbiages inutiles.

Je suis la maison abandonnée
le vieux présage d’un homme d’hier
et d’un futur qui brûlera ses calepins
ses mots, sa mémoire
sur la route de l’oubli.
Je suis l’homme désancré
qui s’efface en bruissements inaudibles
le mot vain en terre d’amnésie
le verbe qui se noie comme je me saoule
l’homme des mots dans un monde de comptables
la conscience égarée
en chemin de voyage intérieur.
Je suis le psaume muet dans un ciel de non-dits
un mot de silence qui vit comme on meurt.
Je suis l’enfant qui sait :
l’esprit qui dort fait escale en après vie.
Je suis l’homme qui veut mourir éveillé.

Le quotidien est un crime de poète

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Votez pour moi... Vendez vos âmes !

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Stupéfait, mon chat écoute la radio, la télé :

Votez pour moi

Vendez vos âmes ! Disent-ils

 

… Mais à qui vendre son âme : 

à Dieu, au Diable, aux Puissants ?

... si tous les tueurs, tous les voleurs,

tous les assassins du rêve habitent le ciel,

Dieu est-il encore assez riche pour ne pas brader mon âme ?

 

Mon chat ne sait plus,

le ciel a ses nuages,

mon chat a ses peurs et moi je ne sais rien.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Ô ma douce

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ô ma douce
Si tu savais, moi, ton ténébreux chevalier
Ton forgeur de rêves et de tendresse
Sous la lune aux clartés dépolies
Alors que le vent tire ses nuages
à l’ombre bleue d’une nostalgie attardée
Si tu savais
Moi, ton forgeur de rêves et de tendresse
Moi qui parcourt l’innocence des pays d’enfance
Je me suis fait attaquer

Ô ma douce
Ils sont venus à plusieurs
Ils sont venus du fond du printemps
Du profond de l’été et de partout
Ils ont déchiré ma quiétude et la saveur des lavandes
Maintenant, j'ai mal à mon orteil droit à mon pied gauche
Sans me monter le coup, j’ai mal partout
Par chance, ils ne s'en sont pris ni au cœur
Ni au noyau de mon âme
Ils n’ont rien touché de ma conscience ou de mon envie de rire
Ce n’est que du sang qu’ils m’ont arraché

Ô ma douce
Les as-essaims du clair de nuit
En bande sont venus
Leurs hordes-z-ailées m'ont mordu
Les bras les jambes
Tant et si bien que moi-même, ton capitaine courage
J'ai pris mes jambes à mon cou, mon tuba bleu
Et je me suis caché dans la baignoire

Modeste victoire
Les moustiques iront manger ailleurs
Rassure-toi, je ne leur ai pas dit que tu étais douce et délicieuse
Et surtout, je ne leur ai pas donné ton adresse
Si tu en vois, je n'y suis pour rien
Mais s'ils te disent je t'aime, alors sûr que j'y serai pour quelque chose.

JMS.

 

 

 

Publié dans Dieu le silence et moi

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La dame du salon du livre ou le chemin des solitudes

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Elle s’approcha
Petite femme fine
Élégante et sobre
Au regard, une tristesse timide.

Un livre l’appelait, la happait
L’accrochait comme une ronce à la robe du destin.
Elle était là, face à lui
Captive d’une effrayante fascination, tétanisée.

À petit pas, elle oscilla longuement
Entre un livre sur les chats
Et le cri terrible d’un autre livre : "Lettre à mon Alzheimer"
Très longtemps elle sembla flotter entre les deux
Effeuillant le livre en tendresse chats
Puis s’approchant de l’autre.

À maintes reprises elle le saisit d’une main tremblante
Le titre de feu la brûlait
Une violence invisible la contraignait
À prendre, à poser puis reprendre ce livre
Une moisson de douleurs s’agitait entre ses mains.

Quand enfin elle réussit à entrouvrir les pages
Lèvres serrées, elle parcourut le chemin d’encre  noire
Dans un silence d’enfant perdue dans la maison de l’ogre
Elle traversait l’intensité de chaque mot
En libérant quelques soupirs.

Un ralenti du temps la figeait dans un monde ailleurs
Ailleurs mais si proche de moi, si proche de nous
L'intensité du moment laminait toute respiration
Enfin elle me parla…
Parole de crucifiée aux barbelés de l’oubli
Sourire d’enfant perdue au mouroir de la vie
Demande désespérée : Pourquoi oublie-t-on qu’ils sont encore des hommes ?
Je posais de maigres mots sur l’insoutenable blessure.

La vieille dame à la tristesse timide
S’excusa de ne pouvoir acheter qu’un seul livre
Demanda une dédicace
Puis la foule l’emporta.

Depuis sa douleur me côtoie
Depuis je lui parle
Comme elle parle à l’absence.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Je me demande

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Parfois je me demande pourquoi

Dieu créa le temps et tous ces contretemps où mon temps se perd

je me demande pourquoi la parole donnée et la parole perdue

je me demande pourquoi

ma mémoire et tous ses trous où se perdent mes mots.

 

J’attends que les étoiles me parlent

j’attends les cascades de sucre emplies d’avenir

j’attends que les enfants ne soient plus fusillés

par la faim, par la guerre.

 

J’attends l’amour plus fort que le canon.

 

Parfois je me demande pourquoi

Dieu créa le sens et tous ces contresens où ma raison se perd

je me demande pourquoi

ces amours éternels que la nuit emporte

pourquoi le rire, pourquoi la larme, la vie et la mort.

 

Tout m’alarme

le fini et l’infini

le bruit des matins sur les chants d’oiseaux

le dernier crissement de ma jeunesse sous la cicatrice de l’âge.

 

J’attends l’amour plus fort que la raison.

 

Tout m’alarme

de tout temps j’ai aimé les sens uniques et la parole droite

les promesses jamais reprises

et l’espoir comme une caresse heureuse

à jamais posée sur le labeur du jour.

 

Tout m’alarme

j’attends que les étoiles me parlent.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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