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Que devient l’attente ?

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Que devient l’attente
quand même le silence renonce à la lumière
quand l'homme face à ses désarrois 
oublie ses nostalgies  

J'ai oublié la mère, le chat premier 
et les printemps de l'amour 
Le ciel était trop lourd

Oubliés ces matins
où le goût du café au lait
teintait d'une voix qui disait : 
"Ne sois pas en retard"
sur le pas de la porte, 
suivait le coup de peigne dans les cheveux

Oublié le cliquetis des talonnettes de fer 
quand la chaussure ressemelée
martelait les chemins de l'école

J'ai l'amnésie si vaste 
qu'au jeu des qui suis-je
mon nom se cherche

Je me suis perdu 
dans les placards de l'enfance
à attendre le regard d'un père

Le temps est si vaste 
qu'encore je cherche mes copains
un chien que je n'ai pas su aimer
un chat que j'ai trop aimé
l'heure de la dictée
et la règle sur les doigts

Et le temps et le vent  
à l'érosion de l'être
n'y peuvent rien

Dans la lucidité d'être
je parcours le temps des regrets 
et des attentes

Parfois je me parle, 
dans le miroir je me demande :
"Quand reviendras-tu ?"
Seul un souffle de nuit
me répond :
"L'hiver arrive"

JMS

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Comme Poucet

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Demain dans les clairs de nuit, 
à la remontée des rêves, 
j'irai chercher l'étincelle oubliée en chemin, 

Comme Poucet,
 j'irai questionner la pierre des souvenirs 
et ce qu'il me reste de jours.

Trouverai-je cette source des destinées
où mes pensées cherchent la naissance du cri ?

Ai-je assez aimé, assez dit je t'aime ? 
Ai-je assez voulu sauver la joie ? 
la fraternité, le monde ?

La Question, ce galet d'incertitude 
qui ricoche sur mes vagues à l'âme,
ouvre des vides abyssaux. 
Les poissons poisons s'y noient
dans des incantations à l'espoir.
Comment pourrais-je les consoler
devrais-je leur parler de mon nounours,
de ma Baghera, oubliés dans des lits d'enfance ?

Devrais-je leur dire : attendez-moi j'arrive ?
Répudier ma mémoire ?
Écrire et dire, haut et clair : je suis d'ici et de maintenant ?
Ne plus brader mon souffle, aimer ce qui mérite de l'être ?
Être au côté de l'avenir des enfants, du côté du futur ?
Et enfin être la part de moi que je suis venu accomplir ?

Roule la Question du sens et de la vie,
Résonne ce silence qui ricoche sur mes vagues à l'âme.

Demain, dans les clairs de nuit, 
j'irai chercher l'inaltérable étincelle oubliée en chemin.

JMS

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J'ai écouté l'oiseau

Publié le par CHEVAL FOU (Jean-Michel Sananès)

Dans les brisures du silence
assis sur mon étoile
j'écoutais l'oiseau chanter,
je décryptais l'épaisseur de l'aube
quand la souris entreprit de parler :
 
"Va petit moineau,
va dire à la biche,
à tous
et au brin de blé
que l'homme et le chien domestiqué,
l'homme monté sur ses chevaux
arrive avec ses attelages
pour coucher les champs de blé
piller le sang
car nous ne sommes que gibier.
Va, petit moineau,
Va dire que le jour arrive
sabots ensanglantés.
Va, va petit moineau,
dire qu'arrive
l'homme, et ses fusils

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L’oubli plus fort que le fini

Publié le par Cheval fou (Sananès)


Et ce battement des jours qui coud le vent perdu à l’aiguille des montres
Et les larmes séchées qui coulent à l’insensé naufrage sur des papiers courriers
Et cette pêche à la ligne quand l’encre est si vide que le sens se noie
Et ces jours qui arrivent comme des voiliers fous
Et cette ancre de la destinée qui tire vers le fond du voyage
Et ce sourire d’homme perdu abandonné sur un quai de gare
Et le rêve comme une mouche entoilée sur une folie en grève
Et la raison qui tue la déraison comme l’on flingue la liberté
Et mon âme qui s’étiole au fil d’absconses vérités
Et cet enfant qui court dans des temps révolus
Et ce vieillard qui crie dans un lit de patience
Et toi mon père au royaume du passeur
Et mon rire qui se cherche aux vertus de l’oubli

Je t’aime je t’aime je t’aime
Les mots courent à l’infini
Fini fini fini
L'oubli toujours plus fort que le fini
Et là-bas cette patrie qui plante ses drapeaux
Je cours je rêve je vais
Les mouroirs d’enfance chantent en français en espagnol en arabe
J’ai oublié oublié oublié
Rien
Il est des matins où le pain ne trouve pas sa faim
Je cherche mes dents d’enfance, mes dents de lait
Bat bat bat mon cœur
Au soir reviennent les fantômes
Quand le jour se lève une soif de rêve inassouvi encombre la cafetière
Georges m’a téléphoné la médecine le découpe
La vie profile ses adultères de mort
Je vais tu vas nous allons
Je cours je rêve je vais
Je t’aime je t’aime je t’aime
Les mots courent vers l’infini
Fini fini fini
L’oubli toujours plus fort que le fini
Je cours je rêve je vais
Les mouroirs d’enfance ne chantent plus en français en espagnol en arabe
J’ai oublié oublié oublié
Demain un jour sera hier

Je ne L’ai pas rencontré.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi

 

Publié dans Dieu le silence et moi

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