Marin sans navire
J'ai ouvert les yeux
aux couleurs du monde
comme on ouvre la porte d'un pays.
Comme le marin sans navire
à la recherche de l'étoile du Nord,
sans boussole
dans la frénésie des traqueurs de vérités,
je voyage dans l'envers de mes yeux.
Qui est Tu, Toi l'invisible
dans cet inaudible ciel,
un flux de mots en attente d'existence
parmi les mille autres moi
jetés dans ce cosmos des possibles
où chaque mot est une couleur, un cri,
l'enfance d'un ressenti
dans cet arc-en-ciel des transparences
où s'embusque ma raison ?
Devrais-je toujours chercher
le chemin des vérités,
le précieux,
arpenter ces comptines d'enfance
où mes doigts agrippaient des rêves sans retour.
Encore, je cherche l'inimitable odeur de pureté,
la voix du canari sur l'arbre de l'été,
le balbutiement d'un enfant à l'aurore du printemps.
À croiser la Question,
aux traversées du jour,
je me suis si souvent égaré
qu'il me faudra le réécrire ce chemin,
il me faudra l'apprivoiser
plus haut que le point et l'interrogation.
D'où viens-tu
Toi qui ouvres ma voix,
froisses ma raison,
Toi sans qui je serais une encre effacée,
un doute, une matrice de rêve, un neurone figé,
un chahut du silence, une exubérance du chaos
l'extravagance d'une utopie désarimée,
une parole muette dans l'énigme d'être
toujours trop loin de l'espérance.
Je Te cherche
Toi, le Verbe de toutes les réponses,
le sens du chemin,
cette route de l'avenir
qu'il me faudra léguer.
jms 2 janvier 2026