La crise des retraites expliquée à ceux qui croient le gouvernement et à ceux qui manifestent sans savoir pourquoi ils ont raison
Quelques rappels et explications
En France où les cotisations sociales sont la principale source de financement des retraites, on veut nous faire oublier que ce système destiné à la santé, au maintien du niveau de vie des Français a été établi en 1945 dans le programme du Conseil national de la Résistance en un temps où le petit commerce et l'agriculture salariaient la majorité des Français. On veut aussi nous faire croire que le système fiscal des années 50 ne doit pas être repensé, au vu de la situation actuelle.
Dans les années 50, le nombre de personnes employées dans les entreprises était en adéquation avec leurs chiffres d'affaires et l'impôt social était alors ajusté à leur situation. Mais depuis 1945, un bouleversement du commerce et de l'agriculture est survenu qui a tout changé. Depuis, seule une infime partie des petites exploitations agricoles et du petit commerce, quand ils n'ont pas disparu, assassinés par les charges sociales, reste dans le schéma de cette période. De ce fait, la non-évolution des critères de prélèvement de l'impôt social est devenu la raison structurelle de la crise en France. En effet, depuis l'apparition des grandes surface, les charges sont devenues disproportionnées et inégalitaires, car si les charges salariales pour la petite entreprise représentent jusqu'à 20%, et parfois plus, de leur chiffre d'affaires, ces même charges ne représentent que quelques % des charges supportées par les grandes surfaces et hypermarchés. Une dénonciation de cette injustice destructrice de l'économie et de l'emploi a fait l'objet de mon essai "La crise, complot ou incompétence". Ne rien changer au modèle fiscal, comme le souhaitent les bénéficiaires de cette injustice, entraînera la suppression des acquis sociaux. Pourtant, si les charges sociales étaient fiscalisées au prorata du chiffre d'affaires de toutes les entreprises, la retraite à 60 ans, un hôpital qui marche, la prise en charge des maladies type Alzheimer et autres, ne seraient pas un rêve. Le travail détourné par la délocalisation de l'emploi, la robotique, paieraient leur quote-part à l'économie sociale. De même, l'emploi déclaré, trop souvent contourné parce que trop pénalisant pour les petites entreprises, n'aurait plus de justification vitale d'exister et permettrait des salaires décents.
Cette mise à sac de l'humanisme républicain par la compromission des gouvernants avec un supra-capitalisme dont l'indécence des superprofits s'affiche au grand jour quand les sociétés ayant capté des biens patrimoniaux illégitimement dénationalisés sont exonérées par des niches fiscales et un droit qui leur est dévoué, n'est-elle pas intolérable ?
La richesse nationale n'est pas celle de quelques-uns.
Alors, Messieurs les députés, pour ne pas dire complot de la finance, doit-on dire incompétence ?
Manifestez, mais sachez pourquoi la lutte est légitime !
JMS