L’arbre de mon jardin

Ses mains avides de ciel
je l’entends pleurer
l’arbre de mon jardin.
Je l’entends
brasser des mots bruissants de joie
bras ouverts aux oiseaux

Je l’entends ce frère pacifique
qui d’hiver en printemps
compagnonnait l’enfance des hommes
et, en transparente affection, embrassait
les amoureux les chiens et les oiseaux.
Frère pacifique
j’entends trembler les porteurs de ciel.
La ville est en guerre
on désarbre, on arrache, on désâme
on rentabilise l’espace.

Mon arbre n’est plus.
Seul reste l’espace silencieux du regard
une nostalgie orpheline
perdue dans l’enfance des arbres
et les billions de regards que l’homme efface.
JMS
Photos PB