Culture héritée et asservissement des subconscients
Comment faire appel à la raison alors qu’au plus profond de nombre d'entre nous, l’éducation religieuse s’érige comme une vérité absolue, un fait intangible dont il est interdit de douter sous peine de blasphème contre la source de l'infaillible vérité ?
Pourtant, chacun, y compris le croyant et le monothéiste, devrait s’interroger sur cette croyance traditionnelle qui, selon la généalogie biblique, affirme que le premier homme est apparu il y a seulement 7000 ans !
Certains, en dépit des idées promues par le monothéisme, conviennent pourtant que la Terre n’est pas plate, et seraient même tentés de croire que nous sommes tous issus de l’évolution d’une cellule originelle apparue il y a des millions d’années. Si, comme je le crois, une ou plusieurs intelligences moléculaires ont permis l'apparition de la vie, elles ne peuvent donc qu’être liées ou issues du Big Bang.
À notre insu, une part de nous serait encline à rejeter le savoir vérifiable et la logique car, dès l’enfance, les enseignements nous ont enfermés dans la continuité d’un conditionnement culturel. Cette soumission à des croyances héritées s'érige trop souvent en bornages et barrières mentales où le doute devient trahison ou blasphème.
La sacralisation d'acquis hérités, n’est‑ce pas là une soumission crédule, une mise entre parenthèses de notre intelligence et de notre libre arbitre ? Cette acceptation, en n'induisant aucune remise en cause de l'enseignement reçu, n'est-elle pas une camisole qui n'est rien d'autre qu'une forme de démence consentie ? L'acquis des certitudes subconscientes imposées ne formatent-ils pas nos réflexes et comportements culturels ?
Les exactions des Djihadistes, de l’Inquisition, des hégémonies et impérialismes culturels ou de tout autre abus, en sont la preuve et témoignent de la perte de la conscience personnelle et compassionnelle que chaque humain devrait opposer à toutes formes de perversions culturelles instaurées, par exemple, les certitudes millénaires ayant fait de la femme un objet extrait de la cuisse de l’homme ! Cette aberration fait que dans le monde, des dizaines de millions de personnes considèrent les petites filles et les femmes comme des objets à dissimuler, et parfois même à tuer si elles osent s’émanciper de la loi du père !
Ce mal profond, répandu dans toutes les cultures, réside dans le fait que l'obligation de soumission à l’appartenance culturelle a toujours court-circuité la raison en imprégnant les inconscients collectifs. Des siècles après Augustin, l’antisémitisme demeure pour une partie de l’Occident chrétien, en raison de l'imprégnation des souvenirs premiers transmis, répétés, assimilés, dès l’enfance. Qui n'a pas entendu dire que "les Juifs avaient tué Dieu" ? Alors, comment s’étonner que des enfants, convaincus par des maîtres à penser, aient développé un ressentiment envers ceux qu’on leur désignait comme responsables de la souffrance divine ?
Face au réflexe identitaire, les hommes rationnels qui doutent ou refusent la parole d’un dieu omnipotent ayant élu domicile dans un lieu sacré comme Jérusalem ou La Mecque, continuent d’être persécutés, égorgés, décapités.
Pourtant les religions aident aussi à supporter le malheur et donnent un sens à l’insupportable bien qu'elles ne soient que des rumeurs historisées et remaniées, des paraboles soumises à la volonté des puissants qui ont perverti les messages moraux initiaux et asservi le réel pour en faire leur légende.
Face à ces subconscients inaltérables et aux certitudes qu’ils engendrent, que faire ?
L'homme en quête de conscience et de vérité n'a qu'une issue : se réapproprier le droit de comprendre, de comparer, et d'avoir un accès à une Histoire libre de toute directive d’interprétation.
Je crois en la conscience, en la science, en une histoire des faits qui ne se fonde ni sur la mythologie ni sur les certitudes aveugles, mais sur la recherche de la vérité et la compréhension de l’autre, hors haine, hors dogmes, hors obscurantisme.
Ce thème sera repris dans mon essai à paraître : "Derniers paramètres de la conscience ".