La mer c'est toujours un peu plat
La mer c'est toujours un peu plat quand elle dort,
pourtant, que j'aime ses platitudes avant l'éveil,
avant que ne tremble le Capitaine,
et qu'encore dorment les poissons,
loin des filets.
À l'éveil du cri, me connaissais-tu,
moi qui dormais dans mes écailles
avant de fixer le plafond
de mes yeux de merlan frit ?
Me connais-tu,
quand, plus haut que les flots,
les outrances de l'angélisme
fréquentent le ciel
en enfouissant leurs crimes
dans la botte du Père Noël ?
Pourtant, la mer est si belle
quand elle dort,
quand, dans mon sommeil,
je me prends pour un homme
qui ne pêche pas.