Couleurs
Un jour je serais équation interrompue
une note blanche étreinte par le silence
que dissout l'arc-en-ciel
Où vais-je perdu dans cette agitation des palettes
quand le noir et le rouge percutent le chaos ?
Munch, dis-moi,
quelle est la couleur du cri ?
Pourquoi le bleu a-t-il la texture névrotique
d’une société à l’anxiété viscérale,
où chaque cœur bat son propre blues ?
Dis-moi pourquoi, dans le noir des nuits,
l’attente rouge de l’aurore agite les cormorans ?
Pourquoi, à la fête rouge des corridas,
l’œil du taureau prend la pâle couleur
de la peur et des nuages ?
Pourquoi le jaune des folies
a-t-il l’odeur d’une enfance ?
Je ne veux pas d’une vie pastel,
pas finir les doigts coincés
dans la douleur d’un désir incolore.
Devrais-je oublier qu’à trop brusquer le rouge,
le noir sanglote des mélodies d’ivoire ?
Oublier la couleur ciel
d’un exil de sel et de sang
qui efface une enfance d’encre pâle.
jms 11/11/25