Je tutoie le Silence et la Question
Parfois,
quand je tutoie le Silence et la Question,
j'écris aux jours qu'il me faudra passer sans moi
quand je n'aurai plus a tuer le temps,
quand l'amour sera en absence.
Un jour,
je serai un enfant de l'ailleurs
qui au matin se demande
"Où donc habite mon cri,
où suis-je quand je ne suis pas là,
où est-on quand la mémoire se perd ?".
Ne serai-je qu'un squatter d’oubli,
un rêve d'avoir été
frayant dans les goguettes du néant,
une particule désactivée se désintégrant
dans le ronronnement d'un Big Bang,
un écho d'univers
en errance dans le voyage de l’intemporel,
le souvenir d'un instant
traquant une image d'enfance ?
Ne serai-je qu'un mot qui se cherche
pour supplier le silence,
l'implorant de ne pas effacer
le sourire et la voix de ceux qui m'ont donné une place,
de ceux à qui j'ai tout donné,
de ne pas fermer la lueur d'amour
qui allumait les yeux verts d'un chat,
de ne jamais égarer l'heure du café le matin,
l'odeur du pain grillé,
de ne jamais oublier les rendez-vous loupés
et cette attente de l'impossible,
quand, livré à la candeur,
aux envers de l’ombre je demandais :
"Crois en nous, sauve le rêve, l'enfant et la vie".
Encore, j'aimerais lui demander :
"Et si tu peux, sauve le rire,
le ciel, le bleu,
les jeux de mots, les calembours,
le café du coin,
et tout ce qu'ici j’aimais.
JMS 13 Juillet 2024