On cause
On cause de tout, on dit, on parle
on broie du temps sans jamais mouiller nos mots
on est un peu de l'un, pas trop de l’autre,
on va, le mot plus bas que haut
on dit que le monde devrait être beau
sans jamais s'insurger de ce qu'il est,
à être tiède on se console quand ailleurs le soleil brûle la peau,
on brade son cri, on solde sa vie pour de trop courts salaires
on lèche vitrine devant d'insolvables désirs,
et quand ils brûlent le monde, cassent les vitrines,
je me demande à quoi s'amuse la raison quand la folie joue.
Il y a le feu à la maison,
la déraison se gave des misères du monde
mais à chacun pour soi, l'horizon se noie,
mon cri s'enlarme à tuer ses rêves,
on cause de tout, on dit, on parle
on broie du temps sans jamais mouiller nos mots,
au bois, le cerf et l'oiseau crépitent
le pinson donne l’alarme et si le chasseur pleure
c'est que le feu et la mort fauchent ses plaisirs !
On vide la vie de son eau
la conscience de ses nécessités,
tous les nids ne se ressemblent pas,
là où l'avenir ferme ses faims
la niche fiscale fréquente ses paradis
Dentelles et paillettes, pourtant,
un jour devront ouvrir leurs cœurs
car il y a alarme en la maison.
On cause de tout, on parle, on dit.
JMS 26/07/2023