Monsieur Macron est-il un poisson rouge ?
Les jours passant, je suis obligé de constater que l'élection de Monsieur Macron n'est rien d'autre que le résultat d'un quiproquo électoral. Je ne doute pas que ses électeurs (qui numériquement sont une minorité électorale), ont vu en son discours une espérance, celle d'avoir trouvé en lui un représentant du peuple de France, malheureusement c'était celui des lobbies.
Ignorant la voix de la France, Monsieur Macron persiste dans ses choix et son engagement en faveur du grand capital. Encore une fois il en fait la preuve en renouvelant la dotation du CICE, faisant de ce qui devait être une incitation à l'emploi une sponsorisation du revenu des actionnaires. Rappelons, qu'en dépit des dizaines de millions reçus, Sanofi, Carrefour, Radiall*, et de nombreux autres bénéficiaires de cette aide substantielle, n'ont pas embauché mais ont, au contraire, licencié ; et le terme exact définissant ce comportement serait : ont détourné le CICE au profit de leurs actionnaires.
Cette adoption, il y a quelques jours, du renouvellement en l'état du CICE (2 x 20 milliards), par l’Assemblée est, en plus des exonérations, niches fiscales et protection des paradis fiscaux, un scandaleux cadeau fiscal au patronat… (20 milliards qui semblent poser moins de problèmes de financement que les requêtes des Gilets Jaunes)
Dans ce chaos, les "Monsieur je sais tout" ne trouvent d'autre solution que de réduire le service public pour baisser les impôts alors qu'il conviendrait de toucher aux privilèges des vieux singes et éléphants du grand capital et de cesser d'ignorer le peuple français qui demande à mieux vivre.
La question se pose : Monsieur Macron est-il un poisson rouge enfermé dans son bocal ?
Ne sait-il pas que, loin des lobbies, de la Tour d'Argent ou du Maxim's ou autres, il y a un autre monde où des gens ne mangent pas à leur faim ?
Sait-il qu'être sous-payé et humilié n'est rien d'autre que vivre avec un statut d'esclave même si, pour ne pas mourir, on peut y consentir ?
Monsieur Macron ignore-t-il que le monde du travail aimerait que cette prime de CICE ne soit versée qu'à l'embauche réelle d'un salarié, selon une norme qui donne la priorité aux chômeurs longue durée, aux couples parentaux dont les deux parents sont au chômage, qui tienne compte des zones défavorisées, qui aide les petits employeurs et, éventuellement, que son usage soit partiellement redéfini pour limiter les faillites pour non paiement de l'Urssaf, et également qu'une mesure puisse permettre de sauver les industries en liquidation.
Le CICE ne devrait jamais devenir une aide à des sociétés dont les bénéfices se chiffrent en centaines de millions et parfois en milliard d'euros !
Le CICE est devenu l'acronyme d'une nouvelle forme de pillage des richesses globales au profit de quelques uns, à moins ce ne soit celui de l'incompétence.
Ce que le peuple de France attend c'est une loi de partage des richesses produites par les entreprises dans lesquelles ils travaillent, fixant la part des bénéfices d'entreprises revenant aux salariés, celle des actionnaires, celle consacrée aux dirigeants et PDG, sans oublier une constitution de fonds de sécurité destinés à la pérennisation en France de l'entreprise.
Face à quarante ans de non écoute des classes laborieuses, Monsieur Macron et les politiciens s'étonneront-ils qu'après la France des banlieues, première touchée par la crise, l'ensemble de la France laborieuse, ceux de la misère et des hommes de rien comme il les nomme, se réveille ?
S'étonneront-t-ils quand certains, au risque de casser le bocal, ont envie de tout casser ?
S'étonneront-t-ils qu'ils se jettent dans les bras des démagogues ?
Monsieur Macron, homme du grand capital et du mépris, s'étonnera-t-il que le peuple lui demande une vraie justice sociale ?
Et l'on s'étonnera, qu'à trop tondre le mouton sa laine devienne gilet jaune !