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textes de jms

Paradis latin

Publié le par Cheval fou (Sananès)

19 heures à Bogota
Assis
dans les lueurs blafardes
l’enfant renard
mange des solitudes

La tête
entre ses deux mains
l’enfant
regarde l’eau
couler sous ses pieds

L’heure est aux arrêts
La vie est un chagrin

L’enfant triste déserte
Il rêve

L’enfant renard
mesure demain

L’enfant renard
mange sa faim

19 heures à Bogota

A Bogota
la colle remplace le pain

A Bogota
la colle remplace l’amour


JMS - Extrait de:  Occident/Accident de conscience -   Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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La mort sera plus douce

Publié le par Jean-Michel Sananès

A cris retroussés
il explore l’oubli et la mort

ll est ailleurs du monde
ailleurs du bonheur

Vivre en marge est un exil

Là-bas, en rêve arraché,
il traverse la désillusion d’être
Il est l’homme détroussé du désir

Il n’est plus lui
Il est
celui qu’il ne voulait pas être

Père,
si tu me voyais,
moi,
qui marche à côté de ma vie
en royaume survie

Père,
si tu me voyais,
moi,
qui porte cette honte

Père,
ne pleure pas

Je n’ai pas été qui tu voulais
La vie m’a trahi

Je marche en oubli désir
Un coup de rouge, un coup de blues,
La mort sera plus douce


JMS - Extrait de :  A l’ombre des réverbères (j’ai faim, j’ai froid, j’ai peur) - Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Textes de JMS

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Fractal

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis dans la lune
mais l’univers tient dans mes yeux

Dans les trois galaxies
le vers est dans l’œuf

Mon percepteur moissonne
Mon banquier aime mon blé

Mes lunettes me changent la vie
Au cours du jour la vie vaut la mort

Quand je ne suis pas ailleurs
ton regard me rassemble

Je s’aime parfois
Je récolte rarement

J’ai le fractal grandiloquent.

JMS

 

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une cigarette qui fumait

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
et tant d’échardes à l’encolure de l’espoir
les nuages arrêtés ressassaient des douleurs guimauves,
celles qui ne savent pas tuer
mais que l’on ne sait arracher à l’herbier du souvenir

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin au teint gris un horizon fermé
et tant de barrières à la frontière de mes limites
tant d’heures qui font la route trop longue

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre qu’on ne veut pas fermer
tant de rêves posés sur de vieux désespoirs

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre
un vieux tiroir à fermer et un chapitre à écrire

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un marin
les pages d’un livre
un tiroir
et des jours nouveaux à ouvrir

Jean-Michel Sananès - In  "La diagonale du silence", Editions Chemins de Plume -  12 Euros

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Soleil noir

Publié le par Cheval fou (Sananès)

L’ange porte au côté de sa solitude le visage d’un enfant seul. Son rêve est désespéré  comme cette heure grise qui enfante la lumière, comme la réponse qui se questionne pour ne pas se dévoiler, comme une cartographie de ce rictus qui enferme le monde dans un sonnet de rire et de larmes où mon chat parle d’une nuit éternelle. La route est trop longue. Dans cette nuit de soleil noir, le monde ne tient qu’à un fil et mon chat ne dort pas. L’enfant seul porte un ange en bandoulière et une jeunesse grise harnachée, longue comme le mille-pattes des solitudes. Il a le visage d’un vieux et son chat ne rit plus. Dans les carcans du rêve, tes yeux exaucent la prière, demain n'est pas trop tard. 
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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Lys blanc

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Tu es mon
Lys Blanc
aux franges du destin

Tu as sourire de petite fille
le vent crie ton nom
Lys Blanc
parmi des rêves d'adolescents
et de vieillards égarés

Lys Blanc
enfant-femme
en rayon de lune
frontière de tes sourires, j'existe

Les matins ont une blancheur inédite
dans les carrés du réel
tu es mon entre deux rêves
ma sentinelle éveillée

Lys Blanc
énigme des derniers matins
ton nom nourrit le jour
comme une mémoire

Lys Blanc
quand je dessine le crépuscule
tu es le pain et l'odeur de vie
que je trempe dans mon café
le sucre et le miel
le bleu que je mets dans mon ciel
le rendez-vous avec la vie

.... tu es qui j'aime au bout du chemin
tu es le matin qui va à la vie.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

 

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Une désinvolture de tristesse

Publié le par Cheval fou (Sananès)

C’est une désinvolture de la tristesse
qui pénètre l’instant,
 la vie à contre sens,
une épine de l’ombre
qui franchit la joie
une odeur de départ
Un enfant qui tombe
à un jeu de marelle
 
Dix huit heures
Je ne sais pas pourquoi
  Le bonheur me fait pleurer
.
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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Soir sans jacinthe

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Une douleur venue comme une mouche dans le lait. Le pas du vent s’éreinte doucement. Le silence crisse d'absence comme une craie sur le tableau noir. Moi je ne sais pas.
Le jour retient son souffle, le chat ne dansera pas. Dans le dérisoire des symphonies inécoutées les nuages ne font pas moutons. L’heure est passée comme un éclat de voix un jour où le ciel pleurait.
J’ai mis le soir à la poubelle, le cauchemar mange une nuit qui meurt.
Dehors, l'incinérateur jette un rimmel de bitume sur la ville enfiévrée. 
Toi tu n'en sais rien, tu es à d’autres fêtes.
Le jour grippe le temps comme toujours quand l'ennui verrouille les minutes.
L’attente est figée sur le tracé de ton nom. Je le déroule comme un fil long de soie douce, je t'aime tu n'en sais rien.
Tu es à d'autres fêtes dans le monde barbare où les enfants mangent des glaces. La ville klaxonne  ses inconvenances. Je suis seul comme un arbre chauve. Le froid grince, toi tu n'en sais rien, tu cours sur la raison. Moi, je ne sais pas, je ne sais rien. Demain, au soir assoiffé de jacinthe,  je fermerai ma porte.
Sonneras-tu ?
JMS

 

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Le grand arbre

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J'ai entrebâillé le silence
la lune y est entrée, froide et nostalgique

J'ai ouvert la fenêtre
et du haut de mon âge
comme un grand arbre
silencieux affronte la solitude
j'ai contemplé le monde

Dans la Nature aux abois
en l'absence de vent
un arbre tremble

Arbre de bois
homme de sang
ressentis sentiments
frères de terre
jetés dans la fuite du temps

Nous nous sommes regardés
de l'intérieur de nos êtres
sans nous voir

Et nous avons prié
pour notre soeur l'eau
pour notre mère la vie

J'ai refermé mes silences
ma fenêtre
la lune froide est sortie

Et nous nous sommes retrouvés seuls
l'arbre a soupiré.

JMS - in "Cheval fou"- Editions Chemins de Plume

 

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Réponse à gmc

Publié le par Jean-Michel (Sananès)

Dans l’opéra baroque des enfances arrachées
Le vent orchestre des tempêtes mutilées

Le poète croit qu’il parle
Le fou croit qu’il chante

Au théâtre des rêves dans le futile du vouloir être
La mort rode comme une intangible certitude

Le poète dans sa robe de loup
Etripe des apparences aux vénéneuses beautés

Le silence est mon secret
Mes jambes de culs-de-jatte feront le tour du monde.

JMS - Extrait de "La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume

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