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CHEVAL FOU - (Jean-Michel Sananès)

Articles avec #la diagonale du silence

Je cherche des allumettes

12 Janvier 2017, 17:28pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Une mélodie de silences posés sur l’escalier
comme une vie qui passe
un sourire attaché aux nuages, je cherche des allumettes

 

Je me cherche
Si longtemps que j’ai perdu le chemin

J’ai froid de toi dit-il
Son sourire éclata comme une envolée de notes légères et turquoises
Ses yeux portaient l’étrangeté indicible des musiques péruviennes
quand elles percutent la mémoire d’un vieil homme qui revoit courir ses vingt ans

J’ai froid de toi
Une ficelle de rire à la fenêtre projette une odeur de thé indigène
Je scrute hier
Te rencontrerai-je ma belle ?

Je cherche des allumettes
Si longtemps que j’ai perdu le chemin.

Cheveu après cheveu la vie boit le fleuve des illusions
Le temps et la belle sont passés
Une mélodie arrêtée sur l’escalier mesure le silence
Un sourire attaché aux nuages arque d’improbables printemps
Je me cherche

La pluie a feutré la musique et le bruit
Entre deux larmes acides
dans ce crépuscule qui m’enferme, je vois courir mes vingt ans

J'ai toujours froid de toi. Resteras-tu ma belle ?

Dans les clairières de l’étrange, ton rire seul est entier
Oublies-tu la promesse ?
Où est  la musique si bien gardée dans le secret de tes rires ?
Je sais toujours le chiffre
Tes yeux gardent trois coquelicots et l'aurore.

J'ai froid de toi
Reste, nous veillerons les étoiles.

JMS - Extrait de "La diagonale du silence" - Éditions Chemins de Plume (déjà publié sur Cheval fou en 2007)

 

 

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Les arbres rêvent

25 Février 2010, 19:35pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Les arbres rêvent

c'est pour cela qu'ils ne parlent pas

Les arbres rêvent
c'est pour cela qu'ils ne marchent pas
Ils inventent des mondes

Nous ne sommes qu'une odeur de mots et de vie
dans l'imaginaire d'une feuille :
        un frisson chlorophylle

Nous ne sommes qu'une frayeur d'arbre
et l'arbre fait un cauchemar

Un homme s'est évadé du cauchemar
Entre des étoiles vacillantes
il court
dans une nuit froissée de mauvais rêves
Il court
dans le cliquetis des lumières scintillantes

L'arbre ne voulait pas Hiroshima
L'arbre ne voulait que des fleurs et du vent
Mais l'arbre a fait un cauchemar
Un mauvais génie l'a inspiré
Il l'a appelé
Homme.

Ce n'était pas une bonne idée
La mauvaise graine,
comme toujours, court
        court plus vite que la vie
                hors de son rêve
                        en royaume cauchemar

Elle court,
une tronçonneuse à la main
cette mauvaise idée qui s'appelle homme
        cette mauvaise idée qui abat l'arbre

Les étoiles s'étiolent et le vent se brise en odeurs fétides
La vie se casse en goudron mangeur d'oiseaux

L'homme n'était pas une bonne idée
L'arbre ne voulait pas Hiroshima
Un mauvais génie l'a inspiré

L'arbre ne voulait que des fleurs et du vent.

JMS - Extrait de "La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume

 

Texte inclus dans le spectacle de la "Dégaîne Rêve"

    "Le 8ème Horizon"

dit et écrit par : Ile Eniger - Jean-Michel Sananès

avec

  Bruno Sananès (chansons et musique)
Printemps des Poètes 2010
12 Mars 20h30
au Centre Culturel "La laiterie" - Bd de la Liberté - 84160 Cadenet

 

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Combien de fois ai-je dit

20 Juillet 2008, 15:10pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Combien de fois ai-je dit
pourquoi aller plus loin
pourquoi rêver plus vieux ?
Le ciel adoucira-t-il ses couteaux ?

 

Lames de miel et lames de fiel
toujours laminent les pavés de l’utopie

Les marelles de l’enfance
claquettent de sautillements
estompés par des mémoires infidèles

Viens
viens dans ma cour
les hirondelles volent encore
je connais tous les carrés de l’ombre

Viens
j’ai la mémoire algérienne
l’odeur mauve des fleurs en pleurs
l’envol caquetant des cigognes en exil

Viens
j’ai voyagé sur le vent qui court
dans les blés parsemés de rêves coquelicots
la mémoire grippée dans un chant rouge de non oubli

Combien de fois ai-je dit
pourquoi rêver plus vieux ?

Déjà, j’ai eu un printemps ailleurs.

JMS - "La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume

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"La diagonale du silence"

8 Octobre 2007, 20:14pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

 

JMS -"La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume 12 €
   (Peinture JMS)

 

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inconsolable

13 Mai 2007, 12:24pm

Publié par Cheval fou (Sananès)

Dernier lit
dernier regard

Je veux vibrer
je veux aimer et m’insurger
dernière frontière
dernière fissure
dernier souffle

Jusqu’à la lie, 
je veux rêver
Ne me dites pas
Ne me demandez rien

A la porte du nulle part
je partirai
inconsolable
étonné de  la beauté des arbres
orphelin
du rire des oiseaux à jamais noyés

Je partirai
blessé de cette nuit
jetée comme un silence
sur la cavale des impalas 

Il trop tard
trop de défaites
de rivières décousues aux méandres de l’espoir
ne me dites pas…

Je partirai
inconsolable
vers le vide sidéral
sidérant,
en berne des cent soleils de mars
qui ne reviendront pas

Inconsolable
dans l’odeur blafarde du froid
je partirai
sans fermer la porte

Ne me demandez rien
ne me demandez pas de croire
je suis d’ici et maintenant

Poussière
poussière extasiée
aux frontières du dernier souffle
jusqu’à la lie
je veux vibrer aimer et m’insurger

Je veux
inconsolable
partir meurtri de toutes les soumissions
partir fou
fou
de la douleur des hommes
partir révolté
du vol brisé de l’oiseau fusillé

Ne me demandez pas…
ne me demandez rien
je veux ne pas mourir
conciliant
sous le regard bienveillant
d’une matrone qui blasphème
d’une matrone folle qui sourit à la mort

Pourquoi prétendre au délice
d’un peut-être ailleurs
moi, je suis d’ici

Inconsolable
à la porte du dernier ailleurs
je veux partir 
ta peau gravée dans ma mémoire
un rire d’enfant dans les bagages
à la porte de la dernière seconde

Inconsolable
dans le fracas du monde
en mille chants disloqués
en l’absence même du néant

Je partirai
la vie fermée par une conscience borgne
je partirai
inconsolable
jusqu’à l’ultime

Je veux vibrer aimer et m’insurger
Inconsolable,
je veux rêver
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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Dans l'arène

18 Janvier 2007, 10:37am

Publié par Cheval fou (Sananès)

Le diamant noir des ivresses perdues me poursuit

le vent m'écharde comme un arbre qu'on écorche
Je ne suis pas en croisière, je cours, je fuis 

je fuis ce Nulle Part qui m'enferme,
je fuis cette dimension de l'infini incertain
où je cherche une place qui soit la mienne.

Dans l'arène, celle du monde des vivants,
une place que je n'ai pas choisie, avec son dictionnaire de vie,
son inventaire de tristesse, de bonheur et d'amour.

Je ne suis pas en croisière, je cherche, je te cherche.
Diamant des ivresses, rêve écartelé des jardins d'hier
je te cherche dans l'infini des dimensions

Rappelle-toi, rappelle-moi, tu étais la face nord de mon souffle,
le plein sud de mon désir, l'est et l'ouest de mes futurs,
croisée des destins, tu étais le plein cap où j'allais.

Fuir, il me faut fuir ces Nulle-Part, no man’s lands du rêve
trouver ma place, te trouver
Ta main seule me rassure.

Je ne suis pas en croisière, je cours,
mille soleils noirs enfantent la question
le diamant noir des ivresses perdues me poursuit

 2
Quitterai-je l'arène sans savoir ce que je cherchais,
sans avoir sauvé le monde,
sans avoir fait briller tes yeux aux inquiétudes diaphanes et gigantesques ?
Devrai-je revisiter le jour et la nuit de cap en cap,
du cap-nord au cap-sud, d'est en ouest.
Je suis l'idiot du désert
qui caresse le sable et à l'infini cherche le livre du destin.
Je ne choisis pas.
Seul l'amour s'est imposé comme un dictionnaire de vie sur une table d'écolier.
Les heures, de page en page, mangent ma vie
Ce matin, brisure d'infini,
j’aime le vent comme un automne qui ne veut pas finir.

JMS - Extrait de "La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume

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Un arbre qui marche

16 Janvier 2007, 21:31pm

Publié par Cheva fou (Sananès)

Je suis un arbre qui marche
dans ce jardin où la pierre crie sa faim
où les larmes du ciel sont une pluie amère
un venin de chrome et d’oxyde
une banquise qui part
un ours qui meurt
 
Je suis un arbre qui marche
dans le sur-place de l’impuissance
je suis l'écorché du futur
 
Toi qui restes
dans le soleil spolié du rire
tu affronteras demain et ses Djihads
la pierre a faim
la pierre sait
il n’est d’autre mur que la peur
d’autre barrière que la vanité du savoir
 
Toi qui restes
dans ce monde tailladé
aux mille frontières, la pierre rit
mur des différences
mur des indifférences
mur de la honte
mur de l’envie, mur de solitude
mur barrière
barrière scintillante du dollar opulent
mur barrière muraille
muraille des pouvoirs arrogants
 
Je suis un arbre qui écoute
la peur serpente
la pierre dresse ses remparts
la pierre n’a pas de coeur
le murmure des oiseaux sages n’y peut rien
 
Je suis un arbre qui marche
et le monde croise à mes côtés
plus loin que le temps
le silence m’enracine dans l’absurdité du jour
je suis l’arbre qui crie à l’amour et à la vie
petite, si j’ai peur c’est pour toi.

JMS - Extrait de "La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume

 

 

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L'âme nue

13 Janvier 2007, 11:47am

Publié par Cheval fou (Sananès)

L'âme nue
entre incompréhension et indifférence
je vais sans dictionnaire dans le tohu-bohu des dialogues improbables
 
Chaque homme parle la langue de son ego
je vais
des peaux de rêves peuplent des lambeaux de mémoire
rêves noirs sur mémoire blanche
 
J'habite un pays où je me suis perdu. La nuit peuple mes jours
l'égoïne musicale joue des rêves incertains
je vais
il faudra bien un jour que la mer s'éteigne et que la clameur se calme
j'ai arraché le vent à mon ventre affamé
aucune certitude ne me nourrit plus
j'avance vers l'hiver rebelle

seras tu là quand je mangerai mes larmes
 
je suis nu et je t'aime dans ce tohu-bohu des dialogues improbables
où chaque homme parle la langue  de son ventre neuronique déjà gavé de pas
sé.

JMS - Extrait de "La diagonale du silence" - Editions Chemins de Plume

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