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dieu le silence et moi

Noël ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Les marrons étaient chauds
pourtant le rire était tombé
alors que l’on sonnait matines

Le soleil s’était levé
sur une mer démontée
bien avant qu’il ne saute de l’escabeau

Aux naufrages des arbres
la peinture avait valsé ocre et rouge
sur les branches en panique

À l’agonie des portefeuilles
il était 20 heures ou pas d’heure
quand les feuilles mortes se sont enfouies

Les marrons étaient chauds
pourtant j’avais ramassé un rire
et quelques tessons de joie

La neige n’était pas là
pourtant c’était Noël

Le Père Noël se sentait perdu
dans ce frimas désargenté
où les fourmis mouraient de froid.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Je passe comme un chagrin de temps qui court

Publié le par Cheval fou (Sananès)

À Hossine, ce vieil ami que j’aimais comme un père

 

Retiens ma vie, m’avait dit ce chat griffé dans le cancer du vent

Tourne tourne le poignard bleu

J’ai laissé sa vie sur le cri désâmé d’une seringue assassine

J’ai oublié mes larmes sur la table d’un vétérinaire

Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard

Tourne tourne le poignard de l'impuissance

Partent les pages partent les larmes

Et moi qui passe comme un chagrin de temps qui court

 

Je suis un homme de demain, je serais un enfant d’hier

Résonne la Question

Est-il un mot plus signifiant que : Pourquoi ?

 

Retiens mon nom, avait-il dit sous un ciel d’ailleurs

Tourne tourne le poignard bleu

Dans l’enlisement des jours un vieil ami s’efface

Comme un deuil en partance et la mort entre nous

Au temps de l’enfance et du sang sur un trottoir d’adieu

La vérité cherchait ses mots et clamait des promesses

Dans les fausses notes d’un temps égorgeur

La prière et le crime rognaient le même verbe

Partent les pages partent les larmes

Tourne tourne la lueur trouble de son dernier regard

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Je pars comme un chagrin d’antan épuisé de remords

 

Sous le cri désâmé des minutes assassines

Quand tonne la question,  je suis un gamin d’hier

Est-il un mot plus insignifiant que : Toujours ?

 

Je vais comme un chagrin de vent mauvais

Je bruisse comme une rumeur d’oublis insoumis

L'enfance que je portais mijote un enfant chauve

Et Toi, quelle est Ta langue ? Ne parles-Tu que le silence ?

Je Te regarde sur la seconde qui part

Tu me flingues comme une marée de rire sur cœur à marée basse

Partent les pages partent les larmes

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Tourne tourne la lueur trouble des derniers regards

Je pars comme un éléphant fou

Quand la mort barytonne à la pointe du jour

 

Mère, où es-tu

Qui me laisses grandir vieillir m’assagir m’assoupir ?

Poucet qui égrène les jours

Je pars mes rêves à la main

Vieil enfant qui court dans la maison de l’Ogre

J’écoute tonner l’oxymore

Est-il un mot plus signifiant que : Jamais ?

Partent les pages partent les larmes

Jamais triomphe toujours de toujours

Tourne tourne le poignard de l’impuissance

Tourne tourne la lueur  trouble de nos regards

Et moi qui passe comme un chagrin de temps qui court

Le cheval d'enfance n’ira pas plus loin.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Vivre

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis un barde fou qui naufrage des univers de papier
un archéologue de la douleur
un traqueur de rêves
un explorateur d’imagination
un plaisancier de l’inconscient
un topographe de la raison.

Je suis l’enfant qui désapprend le mot
pour en extraire les frissons du sens
et des pleurs de syntaxe.
Je suis le vieillard qui lentement
efface les bruissements de son cœur.
Je suis un homme loup qui hurle
à la mort des cœurs.

Je suis le voyageur qui sort de sa vie
pour aller aux ailleurs essentiels.
un marcheur de cieux
un pisteur de rumeurs aseptisées
une fourmi pensante
dans l’ailleurs des sans ciel
une diagonale d’infini et d’étoile
où clapote le silence tapageur des hommes.

Je suis un Bateau Ivre au naufrage des mots blancs
une nuit d’encre rouge
une ancre au cri noir
un capitaine crucifié
dans la tempête millénaire des vagues à l’âme
un homme tumulte
un hurleur de clair de lune
un arpenteur de déraison.

Je suis la rime désancrée
qui cherche un port d’attache
un rêve perdu dans le chahut égotique
des verbiages inutiles.

Je suis la maison abandonnée
le vieux présage d’un homme d’hier
et d’un futur qui brûlera ses calepins
ses mots, sa mémoire
sur la route de l’oubli.
Je suis l’homme désancré
qui s’efface en bruissements inaudibles
le mot vain en terre d’amnésie
le verbe qui se noie comme je me saoule
l’homme des mots dans un monde de comptables
la conscience égarée
en chemin de voyage intérieur.
Je suis le psaume muet dans un ciel de non-dits
un mot de silence qui vit comme on meurt.
Je suis l’enfant qui sait :
l’esprit qui dort fait escale en après vie.
Je suis l’homme qui veut mourir éveillé.

Le quotidien est un crime de poète

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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L’oubli plus fort que le fini

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Et ce battement des jours qui coud le vent perdu à l’aiguille des montres

Et les larmes séchées qui coulent à l’insensé naufrage sur des papiers courriers

Et cette pêche à la ligne quand l’encre est si vide que le sens se noie

Et ces jours qui arrivent comme des voiliers fous

Et cette ancre de la destinée qui tire vers le fond du voyage

Et ce sourire d’homme perdu abandonné sur un quai de gare

Et le rêve comme une mouche entoilée sur une folie en grève

Et la raison qui tue la déraison comme l’on flingue la liberté

Et mon âme qui s’étiole au fil d’absconses vérités

Et cet enfant qui court dans des temps révolus

Et ce vieillard qui crie dans un lit de patience

Et toi mon père au royaume du passeur

Et mon rire qui se cherche aux vertus de l’oubli

 

Je t’aime je t’aime je t’aime

Les mots courent à l’infini

Fini fini fini

L'oubli toujours plus fort que le fini

Et là-bas cette patrie qui plante ses drapeaux

Je cours je rêve je vais

Les mouroirs d’enfance chantent en français en espagnol en arabe

J’ai oublié oublié oublié

Rien

Il est des matins où le pain ne trouve pas sa faim

Je cherche mes dents d’enfance, mes dents de lait

Bat bat bat mon cœur

Au soir reviennent les fantômes

Quand le jour se lève une soif de rêve inassouvi encombre la cafetière

Georges m’a téléphoné la médecine le découpe

La vie profile ses adultères de mort

Je vais tu vas nous allons

Je cours je rêve je vais

Je t’aime je t’aime je t’aime

Les mots courent vers l’infini

Fini fini fini

L’oubli toujours plus fort que le fini

Je cours je rêve je vais

Les mouroirs d’enfance ne chantent plus en français en espagnol en arabe

J’ai oublié oublié oublié

Demain un jour sera hier

 

Je ne L’ai pas rencontré.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Votez pour moi... Vendez vos âmes !

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Stupéfait, mon chat écoute la radio, la télé :

Votez pour moi

Vendez vos âmes ! Disent-ils

 

… Mais à qui vendre son âme : 

à Dieu, au Diable, aux Puissants ?

... si tous les tueurs, tous les voleurs,

tous les assassins du rêve habitent le ciel,

Dieu est-il encore assez riche pour ne pas brader mon âme ?

 

Mon chat ne sait plus,

le ciel a ses nuages,

mon chat a ses peurs et moi je ne sais rien.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

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Ô ma douce

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ô ma douce

Si tu savais, moi, ton ténébreux chevalier

Ton forgeur de rêves et de tendresse

Sous la lune aux clartés dépolies

Alors que le vent tire ses nuages

à l’ombre bleue d’une nostalgie attardée

Si tu savais

Moi, ton forgeur de rêves et de tendresse

Moi qui parcourt l’innocence des pays d’enfance

Je me suis fait attaquer

 

Ô ma douce

Ils sont venus à plusieurs

Ils sont venus du fond du printemps

Du profond de l’été et de partout

Ils ont déchiré ma quiétude et la saveur des lavandes

Maintenant, j'ai mal à mon orteil droit à mon pied gauche

Sans me monter le coup, j’ai mal partout

Par chance, ils ne s'en sont pris ni au cœur

Ni au noyau de mon âme

Ils n’ont rien touché de ma conscience ou de mon envie de rire

Ce n’est que du sang qu’ils m’ont arraché

 

Ô ma douce

Les as-essaims du clair de nuit

En bande sont venus

Leurs hordes-z-ailées m'ont mordu

Les bras les jambes

Tant et si bien que moi-même, ton capitaine courage

J'ai pris mes jambes à mon cou, mon tuba bleu

Et je me suis caché dans la baignoire


Modeste victoire

Les moustiques iront manger ailleurs

Rassure-toi, je ne leur ai pas dit que tu étais douce et délicieuse

Et surtout, je ne leur ai pas donné ton adresse

Si tu en vois, je n'y suis pour rien
Mais s'ils te disent je t'aime, alors sûr que j'y serai pour quelque chose.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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La dame du salon du livre ou le chemin des solitudes

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Elle s’approcha
Petite femme fine
Élégante et sobre
Au regard, une tristesse timide.

Un livre l’appelait, la happait
L’accrochait comme une ronce à la robe du destin.
Elle était là, face à lui
Captive d’une effrayante fascination, tétanisée.

À petit pas, elle oscilla longuement
Entre un livre sur les chats
Et le cri terrible d’un autre livre : "Lettre à mon Alzheimer"
Très longtemps elle sembla flotter entre les deux
Effeuillant le livre en tendresse chats
Puis s’approchant de l’autre.

À maintes reprises elle le saisit d’une main tremblante
Le titre de feu la brûlait
Une violence invisible la contraignait
À prendre, à poser puis reprendre ce livre
Une moisson de douleurs s’agitait entre ses mains.

Quand enfin elle réussit à entrouvrir les pages
Lèvres serrées, elle parcourut le chemin d’encre  noire
Dans un silence d’enfant perdue dans la maison de l’ogre
Elle traversait l’intensité de chaque mot
En libérant quelques soupirs.

Un ralenti du temps la figeait dans un monde ailleurs
Ailleurs mais si proche de moi, si proche de nous
L'intensité du moment laminait toute respiration
Enfin elle me parla…
Parole de crucifiée aux barbelés de l’oubli
Sourire d’enfant perdue au mouroir de la vie
Demande désespérée : Pourquoi oublie-t-on qu’ils sont encore des hommes ?
Je posais de maigres mots sur l’insoutenable blessure.

La vieille dame à la tristesse timide
S’excusa de ne pouvoir acheter qu’un seul livre
Demanda une dédicace
Puis la foule l’emporta.

Depuis sa douleur me côtoie
Depuis je lui parle
Comme elle parle à l’absence.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Je me demande

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Parfois je me demande pourquoi

Dieu créa le temps et tous ces contretemps où mon temps se perd

je me demande pourquoi la parole donnée et la parole perdue

je me demande pourquoi

ma mémoire et tous ses trous où se perdent mes mots.

 

J’attends que les étoiles me parlent

j’attends les cascades de sucre emplies d’avenir

j’attends que les enfants ne soient plus fusillés

par la faim, par la guerre.

 

J’attends l’amour plus fort que le canon.

 

Parfois je me demande pourquoi

Dieu créa le sens et tous ces contresens où ma raison se perd

je me demande pourquoi

ces amours éternels que la nuit emporte

pourquoi le rire, pourquoi la larme, la vie et la mort.

 

Tout m’alarme

le fini et l’infini

le bruit des matins sur les chants d’oiseaux

le dernier crissement de ma jeunesse sous la cicatrice de l’âge.

 

J’attends l’amour plus fort que la raison.

 

Tout m’alarme

de tout temps j’ai aimé les sens uniques et la parole droite

les promesses jamais reprises

et l’espoir comme une caresse heureuse

à jamais posée sur le labeur du jour.

 

Tout m’alarme

j’attends que les étoiles me parlent.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Et l'amour, c'est où ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J'ai trimé, j'ai travaillé, délavé le ciel, les nuages, l'escalier. Le tablier s'est usé à frotter l'établi du jour, à voir le soleil noircir.

L'heure est en pente raide, je piétine, glisse, m'éreinte, dit l'homme en route sur le chemin de l'âge. Entre deux sourires affaissés, il les regarde jamais contents et assoiffés de vouloir. La table toujours trop petite, jamais à leurs faims.
Le jour me lève, je cours, travaille, me glisse, m'insinue dans le flot des minutes, m'essouffle, piétine, cours, travaille, travaille.
Pas content le boss ?
Pas contente mon amour ?
Et les rires, les rires où sont-ils ? Dit l'homme assis sur un recoin aigre de sa mémoire.

Ce soir, le ciel est courroucé. Le lézard, le chat, le frigidaire, le petit frère et les trois sœurs, tous, sont assoiffés. Ils boivent, ils mangent tes heures et des quenelles, du chocolat  et des couleuvres, mais face à l'infini des désirs, ta vie est petite, si petite que tu la logerais dans une peau de chagrin. Et tu cours, tu cours, t'arrimes, t'éreintes à en faire plus et plus…
Tu  es seul sur la ligne d'horizon et le jour recule.
Le soleil est trop gris, le tablier usé. Et toi, toi tu en as assez, tu as envie de tout poser, de jeter le marteau et l'enclume, de retirer les doigts, et d'aller dormir.
Déjà au matin lundi est là, et tu as une overdose de vie. Tu veux fermer les yeux, fermer le jour, fermer la vie. Courir plus loin que Las Planas, plus loin que le Mont-Blanc, plus loin que Valparaiso, tu as de la neige dans tes cheveux, tu te sens petit, trop petit, et tes épaules sont étroites, trop étroites, ton genou est malade, tu ne veux plus courir. Les exigences sont grandes, trop grandes, et tes jours trop courts.
Tu te couches et tu te demandes.
Tu te lèves et tu demandes.
Et la vie, c'est quand ?
Et le rêve, c'est où ?

Je ne suis pas venu pour ça.
J'exige du soleil, des frites et des vagues, un horizon plus loin que les étoiles.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Je cherche au fond de la mélancolie

Publié le par Cheval fou (Sananès)

C’est jour de fête

Mais à la bataille des pleurs, le soleil s’est lassé

L’âme à reculons, je me cherche au fond des mélancolies

La vie est un espoir érodé et le temps fait mal

La grenaille des jours écule l’avenir

C’est une heure de crépuscule enrayé

Dans un décompte qui court, qui court, qui court

Comme un enfant qui joue

Je me demande, je me demande, je me demande

Est-il trop tard ? Est-il trop tard ? Est-il trop tard ?

Il y a cent millénaires que j’attends d’être là

Mais la route est en pente

Et moi, les doigts agrippés à des ambitions inachevées

Au fond de cahiers d’écoliers qui ne retiennent plus la nuit 

Je glisse, je glisse, je glisse

Et moi comme un moineau dans les griffes de l’épervier

Je m’accroche, je m’accroche, je m’accroche

À l’amour

Et au filet des jours

Je ne rêve plus, je ne rêve plus, je ne rêve plus

Je pars

Partir me fait moins peur que mourir sans avoir tout dit

Mourir ne me fait pas peur, ne me fait plus peur

Mais ce qui m’est à faire est trop vaste pour la somme des jours

Les doigts agrippés à des ambitions inachevables

Je glisse, je glisse, je glisse

Dans les ventres des nuits

Au fond de la mélancolie

Je cherche, me cherche, te cherche

Ai-je tout dit ? T’ai-je tout dit ?

Je me cherche comme un oiseau qui se demande

Est-il trop tard ? Est-il trop tard ? Est-il trop tard ?

C’est une bataille des pleurs

C’est le jour qui passe

L’âme à reculons, au fond de la mélancolie

Je cherche, me cherche, te cherche

Encore, encore, encore, je veux courir

Je veux dépenser mes jours, sans report, sans regret

Je veux sans compter payer mes comptants de bonheur

Je veux caresser, frémir, goûter

Je veux vivre sans épargner mon souffle

 

Et tout dire avant que la nuit ne me cherche

Je ne crains pas l’intense.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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