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La mort sera plus douce

Publié le par Jean-Michel Sananès

A cris retroussés
il explore l’oubli et la mort

ll est ailleurs du monde
ailleurs du bonheur

Vivre en marge est un exil

Là-bas, en rêve arraché,
il traverse la désillusion d’être
Il est l’homme détroussé du désir

Il n’est plus lui
Il est
celui qu’il ne voulait pas être

Père,
si tu me voyais,
moi,
qui marche à côté de ma vie
en royaume survie

Père,
si tu me voyais,
moi,
qui porte cette honte

Père,
ne pleure pas

Je n’ai pas été qui tu voulais
La vie m’a trahi

Je marche en oubli désir
Un coup de rouge, un coup de blues,
La mort sera plus douce


JMS - Extrait de :  A l’ombre des réverbères (j’ai faim, j’ai froid, j’ai peur) - Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc Lafrenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Je dirais qu'il est bon que la raison n'ait pas toujours le dernier mot. L'ordre du carré y enfermerait la poésie, la folie, l'humour et le rêve.  Laissez-moi vous livrer, de JM La Frenière, ce court extrait .
Jean-Michel Sananès

Ce matin je me suis posté pour aller vous rejoindre. Je serai dans l'enveloppe. La boîte à malle s'est perdue. Le facteur s'est pendu. La postière est enceinte et ce n'est pas de moi. J?ai toujours écrit sans savoir comment ni pourquoi. Je continue pour les mêmes raisons.

Extrait de "Parce que", Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Ils disent

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Ile Eniger

Publié le par Jean-Michel Sananès

Ta voix flotte encore. Je la touche. J'écris dans ton empreinte comme dans un carnet. À la fenêtre, un cri. Un cri exubérant piqué au crépuscule. Puis rien. Une porte qui claque. Je reçois des odeurs, mandarines, fruits verts, amande douce. L'air sent la frangipane. Un plané de mouette vérifie l'horizon. Sur la pierre tranchée où s'aiguise la nuit, le blanc marie le noir à un morceau de mer comme on se jette à l'eau. J’entends ta voix bien après les paroles. Je suis du doigt la partition. Sa mémoire est humide. Elle nettoie l'absence.

Extrait de "Bleu Miel", Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Ils disent

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Fractal

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis dans la lune
mais l’univers tient dans mes yeux

Dans les trois galaxies
le vers est dans l’œuf

Mon percepteur moissonne
Mon banquier aime mon blé

Mes lunettes me changent la vie
Au cours du jour la vie vaut la mort

Quand je ne suis pas ailleurs
ton regard me rassemble

Je s’aime parfois
Je récolte rarement

J’ai le fractal grandiloquent.

JMS

 

Publié dans Textes de JMS

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inconsolable

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Dernier lit
dernier regard

Je veux vibrer
je veux aimer et m’insurger
dernière frontière
dernière fissure
dernier souffle

Jusqu’à la lie, 
je veux rêver
Ne me dites pas
Ne me demandez rien

A la porte du nulle part
je partirai
inconsolable
étonné de  la beauté des arbres
orphelin
du rire des oiseaux à jamais noyés

Je partirai
blessé de cette nuit
jetée comme un silence
sur la cavale des impalas 

Il trop tard
trop de défaites
de rivières décousues aux méandres de l’espoir
ne me dites pas…

Je partirai
inconsolable
vers le vide sidéral
sidérant,
en berne des cent soleils de mars
qui ne reviendront pas

Inconsolable
dans l’odeur blafarde du froid
je partirai
sans fermer la porte

Ne me demandez rien
ne me demandez pas de croire
je suis d’ici et maintenant

Poussière
poussière extasiée
aux frontières du dernier souffle
jusqu’à la lie
je veux vibrer aimer et m’insurger

Je veux
inconsolable
partir meurtri de toutes les soumissions
partir fou
fou
de la douleur des hommes
partir révolté
du vol brisé de l’oiseau fusillé

Ne me demandez pas…
ne me demandez rien
je veux ne pas mourir
conciliant
sous le regard bienveillant
d’une matrone qui blasphème
d’une matrone folle qui sourit à la mort

Pourquoi prétendre au délice
d’un peut-être ailleurs
moi, je suis d’ici

Inconsolable
à la porte du dernier ailleurs
je veux partir 
ta peau gravée dans ma mémoire
un rire d’enfant dans les bagages
à la porte de la dernière seconde

Inconsolable
dans le fracas du monde
en mille chants disloqués
en l’absence même du néant

Je partirai
la vie fermée par une conscience borgne
je partirai
inconsolable
jusqu’à l’ultime

Je veux vibrer aimer et m’insurger
Inconsolable,
je veux rêver
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume
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une cigarette qui fumait

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
et tant d’échardes à l’encolure de l’espoir
les nuages arrêtés ressassaient des douleurs guimauves,
celles qui ne savent pas tuer
mais que l’on ne sait arracher à l’herbier du souvenir

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin au teint gris un horizon fermé
et tant de barrières à la frontière de mes limites
tant d’heures qui font la route trop longue

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre qu’on ne veut pas fermer
tant de rêves posés sur de vieux désespoirs

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre
un vieux tiroir à fermer et un chapitre à écrire

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un marin
les pages d’un livre
un tiroir
et des jours nouveaux à ouvrir

Jean-Michel Sananès - In  "La diagonale du silence", Editions Chemins de Plume -  12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Les mots sont trop petits pour contenir l’amour. Il déborde partout. Les nuages qui pleuvent, les grosses vagues enrhumées, le vent qui souffle en québécois, l’odeur des pivoines, les poils qui se dressent, le murmure des sources, c’est moi qui dis je t’aime. Pour toucher à ta chair, mon regard a crevé la pelure des images. Tes bras planent sur mes épaules, si loin et pourtant si près. Chacun de son côté du monde se rapproche de l’autre. Il n’y a pas d’ombre entre nous. Nous nous cueillons l’un l’autre comme on cueille des simples.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Ils disent

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Colette Muyard

Publié le par JMS

Bien trop fort été
cette âme ajourée
d’avoir éprouvé
la mort du taureau,
animal jumeau,
saigné au garrot. 

Au plus cru des creux,
trop dissous le Je
aux malheurs de ceux
dont cognent les cris,
dans le noir des nuits
blanches d’insomnie.

Trop su l’indécence,
l'abrupte impuissance
face à la souffrance
des hommes fétus
au bonheur fendu
sous giclées d’obus.

Colette Muyard, "Douceurs /Douleurs"

Publié dans Ils disent

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Soleil noir

Publié le par Cheval fou (Sananès)

L’ange porte au côté de sa solitude le visage d’un enfant seul. Son rêve est désespéré  comme cette heure grise qui enfante la lumière, comme la réponse qui se questionne pour ne pas se dévoiler, comme une cartographie de ce rictus qui enferme le monde dans un sonnet de rire et de larmes où mon chat parle d’une nuit éternelle. La route est trop longue. Dans cette nuit de soleil noir, le monde ne tient qu’à un fil et mon chat ne dort pas. L’enfant seul porte un ange en bandoulière et une jeunesse grise harnachée, longue comme le mille-pattes des solitudes. Il a le visage d’un vieux et son chat ne rit plus. Dans les carcans du rêve, tes yeux exaucent la prière, demain n'est pas trop tard. 
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Textes de JMS

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Lys blanc

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Tu es mon
Lys Blanc
aux franges du destin

Tu as sourire de petite fille
le vent crie ton nom
Lys Blanc
parmi des rêves d'adolescents
et de vieillards égarés

Lys Blanc
enfant-femme
en rayon de lune
frontière de tes sourires, j'existe

Les matins ont une blancheur inédite
dans les carrés du réel
tu es mon entre deux rêves
ma sentinelle éveillée

Lys Blanc
énigme des derniers matins
ton nom nourrit le jour
comme une mémoire

Lys Blanc
quand je dessine le crépuscule
tu es le pain et l'odeur de vie
que je trempe dans mon café
le sucre et le miel
le bleu que je mets dans mon ciel
le rendez-vous avec la vie

.... tu es qui j'aime au bout du chemin
tu es le matin qui va à la vie.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

 

Publié dans Textes de JMS

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