Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Etre fou

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J’ai traversé l’espace

d’un rire à un amour

d’un mot d’enfant jusqu’à l’hiver

 

J’ai eu

un cerf volant

un chèvrefeuille

du papier blanc

un crayon rouge

 

J’ai chanté

J’ai traversé la rue

J’étais qui je croyais

Je me regardais passer

Je caressais de grands dragons bleus

Je me parlais fort

 

Être fou

être libre

être plus beau que beau

être plus grand  que grand

savoir que les rêves changent le monde

savoir que la mer est bleue

savoir la distance entre l’être et le devenir

 

Entre hier et aujourd’hui

qu’ai-je oublié

 

Je ne joue plus

je suis sage

je suis pauvre

j’ai oublié

 

Je ne vais plus à moi

Je ne vais plus de moi en émois

je n’ai plus d’été

je sais le chemin entre être et avoir été

je sais la distance entre être libre et  adulte

 

Je suis sage

je suis pauvre

je ne suis plus fou

 

Entre goudron et désespoir les poissons trient la mer

entre moi et moi j’ai perdu le rêve

j’ai traversé la vie

ce soir je tailladerai la raison et ses barreaux

ce soir j’irai me voir

ce soir un oiseau chantera.

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc Lafrenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

NEIGE

Loin du feu, c’est comme une autre vie, comme si les mots passaient à travers le papier. On écrit blanc sur blanc. Il n’y a plus de phrases, que les yeux ronds des bouleaux et les ailes des corbeaux. Tout l’espoir est figé dans le frimas des vitres. Il n’y a plus rien devant les yeux que le blanc du silence. La porte s’ouvre sans éveiller le bruit. On entend quelques voix derrière le paysage, l’espoir des racines dans les mains pleines de neige.


Extrait de NEIGE http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

En traversant le matin, tu te cherches

Publié le par Cheval fou (Sananès)

À l´intérieur
À l´extérieur,
J´ai tué le réveil,
mangé ma montre,
des spaghettis et des lardons,
j´ai rêvé, j´ai vu, j´ai bu.

Dans la panique du miroir,
dans la pointe de ta plume,
c´est un rêve triste qui ruisselle
c´est une quiétude irradiée.
Tu es là qui te cherches sans savoir où tu es.
Tu es là où tu es,  mais tu ne sais pas qui tu es.
Est-ce toi qui te regardes ou toi qui te cherches ?

J´ai perdu mon rasoir,
j´ai tué le réveil,
mangé ma montre.
Dans la panique du miroir
à l´intérieur,
à l´extérieur,
le matin est passé.
Il est quinze heures
j´ai bu, j´ai vu, j´ai rêvé.
Tu te demandes qui tu es.
Est-ce toi qui te regardes ou toi qui te cherches ?
C´est une quiétude irradiée.

Sois sans crainte,
sans lunette sans sextant,
je te dirais où tu es.

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

La colombe

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Si je cherche encore le rire

aux yeux des bébés

et la joie

aux jeux des adolescents

et le rêve

aux creux des matins

et la paix

à l'aurore des devenirs

et l'amour

aux yeux des visages

 

je ne suis pas d'un autre âge,

 

Si je ne suis plus qu'un oiseau blessé

au loin des chemins de certitude

ne sachant se taire

dans des déserts de solitude

 

ne coupez pas mes ailes,

Et même si je ne bois pas à vos idées

Et même si ma route solitaire

va vers des millions de nulle part

aux crépuscules blafards

 

même si l'on m'appelle colombe,

 

Chiens gardiens d'idées

ne brisez pas mes ailes,

 

rendez l'amour

aux amitiés disloquées,

 

ouvrez la cage aux principes

libérez la tolérance,

 

Et comme dans le premier matin du monde

je renaîtrai de l'espérance.

 

JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume - 12€

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Aux armes papillons

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Une eau perdue dans le Sahel
une larme sur le ventre des douleurs
Ce soir
l’horizon manque de hauteur
l’infini se réduit au carré
Pleure papillon

Tes rires sont des étoiles
entre les frissons et le matin
Je creuse la nuit jusqu’à la trame
Aux larmes citoyens

Où vas-tu ma tendresse
dans cette marge qui borde le destin ?
Dans ce dehors
l’horizon mord ses nuages
l’infini se réduit au carré

Le ciel est bas
j’ai rêvé trop haut
Dans les travées du jour
les murs hurlent leurs vanités

Sur l’asphalte des rêves
le quêteur d’étoiles cherche sa Grande Ours

Une eau cherche sa source

Une larme perdue dans le désert
Aux armes papillons.
JMS

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Etre chien aujourd'hui

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J´ai eu peur d´être fou. J´ai marché dans la rue en pensant à ce que m´avait dit mon chat quand je lui ai avoué que parfois je me prenais pour un chien. Ne riez pas, mon chat dit que si être chat aujourd´hui est aussi terrible qu´être poule du temps des renards, être chien aujourd´hui, avec la fourrière, est aussi dur qu´être juif en 40, mais, a t-il ajouté, les chats ne dénoncent pas !

Je ne suis pas rassuré, mon chat est sympa mais, j´ai peur, je n´aboie plus en regardant la télé.
JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

Partager cet article
Repost0

Victor Varjac

Publié le par Jean-Michel Sananès

J'apprendrai

J’apprendrai ton visage
sur le bout de mes doigts
et dans les profondeurs
fugitives des astres
j’emporterai si vite
ce joyau d’espérance
que le jour interdit
sans un mot de lumière
n’osera plus lever
son regard vers le ciel…


J’apprendrai ton amour
dans la soie du baiser
et comme le fleuve se mêle
à l’océan sans borne
nous plongerons nos cœurs
dans la sève du monde…
… et j’apprendrai ton corps
dans l’étreinte du sang
où les voix de la chair
à l’aube des légendes
découvrent le brasier
qu’entretiennent les anges…

Le chant des coquillages
Editions Chemins de plume

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Triste samedi

Publié le par Cheval fou (Sananès)

L'addition était salée
je l'ai trouvée saumâtre
L'aubergiste se sucrait !

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

Partager cet article
Repost0

Jean-Marc La Frenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Il fait un temps de balles perdues,
de ballons morts, d’enfants punis.

J’ai des trous noirs dans mes mots,
des accrocs sur le cœur où saigne la tendresse,
des cicatrices sur la page,
les yeux brûlés par les images,
les tatouages du destin sur mes biceps endoloris.

Il fait un temps de balles perdues,
de brins d’herbe brûlés,
de marguerites mal effeuillées.
J’ai des trous dans mes bas où se perd la vie,
des blessures dans la voix,
des cordes de pendu au manche des guitares.
Le museau du soleil ne lèche plus mes vitres.
Une maison de papier ne protège de rien.
Je ne suis qu’un enfant et j’ai peur la nuit
quand passent les avions.

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0

Jacques Danois

Publié le par Jean-Michel Sananès

Jacques Danois (entre autre prix littéraire Mention Spéciale Prix Unicef, pour "Moisson fragile", en 1995)

Je n'ai pas coutume de présenter des écrivains sur ce blog mais je voudrais dire quelques mots sur Jacques Danois, inaltérable jeune homme (né en 1927), à l´élégance rare, que j´ai eu le privilège de croiser quelques fois. C´est un être pudique dans le tohu-bohu des salons du livre, quelqu'un qui mène un combat pour la dignité humaine, un qui sourit plus qu´il ne parle. Il fait pourtant partie des témoins privilégiés du 20ème siècle, pas seulement parce qu´en des temps agités il a été grand reporter, pas seulement parce qu´il a crapahuté sur tous les continents, mais parce que sa poésie, ses romans, sont, tout comme ses actions, une suite de cris de coeur que je vous invite à découvrir, car, fort heureusement, cet homme discret a la plume bavarde. Il a écrit une trentaine de livres des années 60 à nos jours.


Je vous livre la quatrième de couverture de son recueil
"Cicatrice" (1996) :

"Ma cicatrice la plus douloureuse est le silence de Dieu dans le regard des adolescents nés sans espérance"


Extraits :

"Tu vois, tu ne ressens rien, tu n´es rien, tu n´es pas un témoin. Tu n´es qu´une oreille bouchée, qu´un oeil fermé, ton coeur n´est qu´un muscle non irrigué, tu n´es qu´un morceau de chair sur un étal de triperie. Tu n´as jamais osé fuir. Tu patauges dans la naïveté, les fausses et bonnes intentions. Tu es enrobé de clichés sentencieux, tu crois avoir vu, tu crois avoir entendu, mais ta pensée est plate comme une mangue coupée en deux.


- Seul celui qui n´a rien à dire a peur de la simplicité".

Publié dans Ils disent

Partager cet article
Repost0