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Lettres à mon PC et à ses habitants

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Tu fais tes quinze pouces
trois inches
tu me nargues

Entre ma vie et moi
tu fais écran

Carré blanc
carré mémoire et mémoire vive
j'ai ouvert ma boîte de déception
mémoire informe
tu restes vide

Au carré du silence
mémoire pleine
j’attends
tu es l’indéchiffrable graffiti du vide
l'aube ne viendra plus

Je ne suis qu’un bruit de fenêtre ouverte
sur un carré de solitude opaline
rien
rien à l'intérieur
rien d'attendu, rien d'inattendu
tes silences sont illisibles
l'aube ne viendra plus

J’habite le cri d'un escargot piétiné
le regard impuissant d'une fleur
je suis un silence trop lourd
abandonné aux étoiles
un air de musique qui sent la rengaine
un morceau de vent
que l’aile brisée
porte en bandoulière

je suis l’orphelin
qui arpente une envie de ne pas être
j'ai chuté sur un mauvais rire
 

Au carré blanc
je n’ai trouvé qu’une blessure diaphane
un message qui n’est pas venu
.

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Champagne

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Sous vos lèvres carmin
champagne !

Le champagne,
un éclat de mort
et un éclat de rire

A votre cou
la pierre piaille ses clartés de diamant

 

Que de terre
que de mer
entre la mine et le feutré des grands salons

 

Punda a marché
de Mbuji Mayi* à la mine

le ventre tailladé par la faim
les nuits gorgées de peur.
A ses cotés la mort court,
comme un chien agite ses crocs
sur des plaies d’enfant

Que de terre entre Mbuji Mayi et la mine
Que de terre mangée entre les dents de Punda

Sous vos lèvres carmin
champagne !
Un éclat de mort

et un éclat de rire
A votre cou
la pierre piaille ses clartés de diamant

Que de terre entre Mbuji Mayi et la mine
La pierre pleure dans des palaces de divas fardées.

Que de terre sur la tête de Punda
Que de terre sur les 10 ans de Punda.


Comme des centaines d'orphelins, Punda, avait quitté son village, Mbuji Mayi* (Congo), pour travailler dans une mine de diamant : sont-ils esclaves ou libres, les enfants qui meurent ensevelis dans l’effondrement des terriers qu’ils creusent à mains nues, en quête de diamants, pour le compte de quelques trafiquants ?

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Paradis latin

Publié le par Cheval fou (Sananès)

19 heures à Bogota
Assis
dans les lueurs blafardes
l’enfant renard
mange des solitudes

La tête
entre ses deux mains
l’enfant
regarde l’eau
couler sous ses pieds

L’heure est aux arrêts
La vie est un chagrin

L’enfant triste déserte
Il rêve

L’enfant renard
mesure demain

L’enfant renard
mange sa faim

19 heures à Bogota

A Bogota
la colle remplace le pain

A Bogota
la colle remplace l’amour


JMS - Extrait de:  Occident/Accident de conscience -   Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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La mort sera plus douce

Publié le par Jean-Michel Sananès

A cris retroussés
il explore l’oubli et la mort

ll est ailleurs du monde
ailleurs du bonheur

Vivre en marge est un exil

Là-bas, en rêve arraché,
il traverse la désillusion d’être
Il est l’homme détroussé du désir

Il n’est plus lui
Il est
celui qu’il ne voulait pas être

Père,
si tu me voyais,
moi,
qui marche à côté de ma vie
en royaume survie

Père,
si tu me voyais,
moi,
qui porte cette honte

Père,
ne pleure pas

Je n’ai pas été qui tu voulais
La vie m’a trahi

Je marche en oubli désir
Un coup de rouge, un coup de blues,
La mort sera plus douce


JMS - Extrait de :  A l’ombre des réverbères (j’ai faim, j’ai froid, j’ai peur) - Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc Lafrenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Je dirais qu'il est bon que la raison n'ait pas toujours le dernier mot. L'ordre du carré y enfermerait la poésie, la folie, l'humour et le rêve.  Laissez-moi vous livrer, de JM La Frenière, ce court extrait .
Jean-Michel Sananès

Ce matin je me suis posté pour aller vous rejoindre. Je serai dans l'enveloppe. La boîte à malle s'est perdue. Le facteur s'est pendu. La postière est enceinte et ce n'est pas de moi. J?ai toujours écrit sans savoir comment ni pourquoi. Je continue pour les mêmes raisons.

Extrait de "Parce que", Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Ils disent

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Ile Eniger

Publié le par Jean-Michel Sananès

Ta voix flotte encore. Je la touche. J'écris dans ton empreinte comme dans un carnet. À la fenêtre, un cri. Un cri exubérant piqué au crépuscule. Puis rien. Une porte qui claque. Je reçois des odeurs, mandarines, fruits verts, amande douce. L'air sent la frangipane. Un plané de mouette vérifie l'horizon. Sur la pierre tranchée où s'aiguise la nuit, le blanc marie le noir à un morceau de mer comme on se jette à l'eau. J’entends ta voix bien après les paroles. Je suis du doigt la partition. Sa mémoire est humide. Elle nettoie l'absence.

Extrait de "Bleu Miel", Editions Chemins de Plume/poésie

Publié dans Ils disent

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Fractal

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je suis dans la lune
mais l’univers tient dans mes yeux

Dans les trois galaxies
le vers est dans l’œuf

Mon percepteur moissonne
Mon banquier aime mon blé

Mes lunettes me changent la vie
Au cours du jour la vie vaut la mort

Quand je ne suis pas ailleurs
ton regard me rassemble

Je s’aime parfois
Je récolte rarement

J’ai le fractal grandiloquent.

JMS

 

Publié dans Textes de JMS

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inconsolable

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Dernier lit
dernier regard

Je veux vibrer
je veux aimer et m’insurger
dernière frontière
dernière fissure
dernier souffle

Jusqu’à la lie, 
je veux rêver
Ne me dites pas
Ne me demandez rien

A la porte du nulle part
je partirai
inconsolable
étonné de  la beauté des arbres
orphelin
du rire des oiseaux à jamais noyés

Je partirai
blessé de cette nuit
jetée comme un silence
sur la cavale des impalas 

Il trop tard
trop de défaites
de rivières décousues aux méandres de l’espoir
ne me dites pas…

Je partirai
inconsolable
vers le vide sidéral
sidérant,
en berne des cent soleils de mars
qui ne reviendront pas

Inconsolable
dans l’odeur blafarde du froid
je partirai
sans fermer la porte

Ne me demandez rien
ne me demandez pas de croire
je suis d’ici et maintenant

Poussière
poussière extasiée
aux frontières du dernier souffle
jusqu’à la lie
je veux vibrer aimer et m’insurger

Je veux
inconsolable
partir meurtri de toutes les soumissions
partir fou
fou
de la douleur des hommes
partir révolté
du vol brisé de l’oiseau fusillé

Ne me demandez pas…
ne me demandez rien
je veux ne pas mourir
conciliant
sous le regard bienveillant
d’une matrone qui blasphème
d’une matrone folle qui sourit à la mort

Pourquoi prétendre au délice
d’un peut-être ailleurs
moi, je suis d’ici

Inconsolable
à la porte du dernier ailleurs
je veux partir 
ta peau gravée dans ma mémoire
un rire d’enfant dans les bagages
à la porte de la dernière seconde

Inconsolable
dans le fracas du monde
en mille chants disloqués
en l’absence même du néant

Je partirai
la vie fermée par une conscience borgne
je partirai
inconsolable
jusqu’à l’ultime

Je veux vibrer aimer et m’insurger
Inconsolable,
je veux rêver
JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume
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une cigarette qui fumait

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
et tant d’échardes à l’encolure de l’espoir
les nuages arrêtés ressassaient des douleurs guimauves,
celles qui ne savent pas tuer
mais que l’on ne sait arracher à l’herbier du souvenir

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin au teint gris un horizon fermé
et tant de barrières à la frontière de mes limites
tant d’heures qui font la route trop longue

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre qu’on ne veut pas fermer
tant de rêves posés sur de vieux désespoirs

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un vieux marin
et les pages d’un vieux livre
un vieux tiroir à fermer et un chapitre à écrire

Il y avait du vent et du thé
une cigarette qui fumait
un marin
les pages d’un livre
un tiroir
et des jours nouveaux à ouvrir

Jean-Michel Sananès - In  "La diagonale du silence", Editions Chemins de Plume -  12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Les mots sont trop petits pour contenir l’amour. Il déborde partout. Les nuages qui pleuvent, les grosses vagues enrhumées, le vent qui souffle en québécois, l’odeur des pivoines, les poils qui se dressent, le murmure des sources, c’est moi qui dis je t’aime. Pour toucher à ta chair, mon regard a crevé la pelure des images. Tes bras planent sur mes épaules, si loin et pourtant si près. Chacun de son côté du monde se rapproche de l’autre. Il n’y a pas d’ombre entre nous. Nous nous cueillons l’un l’autre comme on cueille des simples.

Jean-Marc La Frenière

Publié dans Ils disent

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