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Triste samedi

Publié le par Cheval fou (Sananès)

L'addition était salée
je l'ai trouvée saumâtre
L'aubergiste se sucrait !

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Jean-Michel Sananès

Il fait un temps de balles perdues,
de ballons morts, d’enfants punis.

J’ai des trous noirs dans mes mots,
des accrocs sur le cœur où saigne la tendresse,
des cicatrices sur la page,
les yeux brûlés par les images,
les tatouages du destin sur mes biceps endoloris.

Il fait un temps de balles perdues,
de brins d’herbe brûlés,
de marguerites mal effeuillées.
J’ai des trous dans mes bas où se perd la vie,
des blessures dans la voix,
des cordes de pendu au manche des guitares.
Le museau du soleil ne lèche plus mes vitres.
Une maison de papier ne protège de rien.
Je ne suis qu’un enfant et j’ai peur la nuit
quand passent les avions.

Publié dans Ils disent

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Jacques Danois

Publié le par Jean-Michel Sananès

Jacques Danois (entre autre prix littéraire Mention Spéciale Prix Unicef, pour "Moisson fragile", en 1995)

Je n'ai pas coutume de présenter des écrivains sur ce blog mais je voudrais dire quelques mots sur Jacques Danois, inaltérable jeune homme (né en 1927), à l´élégance rare, que j´ai eu le privilège de croiser quelques fois. C´est un être pudique dans le tohu-bohu des salons du livre, quelqu'un qui mène un combat pour la dignité humaine, un qui sourit plus qu´il ne parle. Il fait pourtant partie des témoins privilégiés du 20ème siècle, pas seulement parce qu´en des temps agités il a été grand reporter, pas seulement parce qu´il a crapahuté sur tous les continents, mais parce que sa poésie, ses romans, sont, tout comme ses actions, une suite de cris de coeur que je vous invite à découvrir, car, fort heureusement, cet homme discret a la plume bavarde. Il a écrit une trentaine de livres des années 60 à nos jours.


Je vous livre la quatrième de couverture de son recueil
"Cicatrice" (1996) :

"Ma cicatrice la plus douloureuse est le silence de Dieu dans le regard des adolescents nés sans espérance"


Extraits :

"Tu vois, tu ne ressens rien, tu n´es rien, tu n´es pas un témoin. Tu n´es qu´une oreille bouchée, qu´un oeil fermé, ton coeur n´est qu´un muscle non irrigué, tu n´es qu´un morceau de chair sur un étal de triperie. Tu n´as jamais osé fuir. Tu patauges dans la naïveté, les fausses et bonnes intentions. Tu es enrobé de clichés sentencieux, tu crois avoir vu, tu crois avoir entendu, mais ta pensée est plate comme une mangue coupée en deux.


- Seul celui qui n´a rien à dire a peur de la simplicité".

Publié dans Ils disent

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Darfour zapping

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ossuaire d'arbres secs
glapissant des cris vides
ciel carnivore de silence
Soleils impudiques
sur nudité d'enfants
ventres emplis de rien
yeux exorbités
Certitude
avenir zéro
Un écran blanc
entre nous et la conscience
Zappe
le film  va commencer 
J'ai fermé la frontière
cette nuit
mes cauchemars l'ouvriront.

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Last Life in Babies land

Publié le par Cheval fou (Sananès)

A Babylone-Long Island
les hommes meurent
le dollar vit et clame :
- En Dieu nous croyons !

Dieu crie :
- The Dollar est ma loi !

L’homme démuni n’en a pas

In Babies-land loin d’USA
le dollar achète le riz
les pleurs éteignent la faim-clameur

 

 

   Les matins moissonnent leur ration de morts


A Babylone USA
des hommes vivent comme on meurt
sans dents, sans maison, sans avenir

 

 

Le dollar rit dans les buildings

 

A Babylone-métro-Paris
un homme mendie
main tendue aux regards fermés

 

 

A l’indifférence,
la détresse est transparente

 

Baby alone loin d’USA…
mère où es-tu ?
je pleure les temps heureux

 

La faim est invisible

A Babylone ici et là-bas
la faim est une douleur,
demain est une terreur

 

L’homme blessé est un enfant

A Babylone,
comme ailleurs,
l’homme sans rêves
habite la peur et la mort

 

 

Le désespoir est une torture

 

 

Baby alone 
Qui me dira la sortie ?

Mère,
je n’ai plus de rêves
Comment aller
de la douleur à la mort ?

A Babylone en USA
le dollar vit et clame :
- En Dieu nous croyons !
Dieu crie :
- The Dollar est ma loi !

 

L’homme qui pleure est un enfant

In babies land loin d’USA
la roupie n’achète plus rien

 

 

Quand les enfants meurent
la conscience est invisible

A Babylone Mésopotamie
le dollar force sa paix

L’embargo et la guerre
se nourrissent de paix-trop-dollars

 

 

les enfants meurent transparents

Mère où es-tu ?
J’ai traversé les solitudes

Je pleure les temps heureux
J’ai faim, j’ai froid, j’ai peur

Mère,
je n’ai plus de rêves
I am a baby alone
Mère, où est la route
qui va jusqu’à toi ?
 
Jean-Michel Sananès : "Accident/0ccident de conscience" - Editions Chemins de Plume 12 €

 

 

Publié dans Textes de JMS

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Cheval Fou

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 

Je suis un Cheval Fou
qui court dans la nuit noire

 Au fond de ma mémoire
est un hibou
qui me parle de vous
choux, cailloux, genoux, poux.

 Mon tiroir poubelle a fonctionné,
ma pensée est dans vos livres,
ma méthode cartésienne,
mes envies conditionnées,
ma science euclidienne
ma philosophie défigurée
et consignée dans le guide de l'homme libre

 Mais je suis un Cheval Fou
Je ne jouerai plus avec vous

Tant pis si l'on m'enferme
tans pis si l'on m'abat

 Je vous le dis comme je le pense
Monsieur le gérant de la pensée conventionnée
et même si vous exécutez un mandat

 Il n'en est pas moins vrai
que la campagne est hors des villes
que le flic est au coin de la rue
l'immigré au bidon ville,
que les CRS vous laissent jouer de l'indifférence
L'armée vous salue

La morale est chrétienne
mais abrite la sanction.
Les missions catholiques jouent du couteau
dans les petits matins de Sarajevo

 Le libertinage païen
risque l’extrême sanction
Tranquilles dorment les bourreaux

 Je suis un Cheval Fou
qui court dans une nuit d'obsidienne

 Tant pis si l'on m'enferme
tans pis si l'on m'abat,

je ne jouerai plus avec vous

JMS - in "Cheval fou"- Editions Chemins de Plume

 

 

Publié dans Textes de JMS

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Promesse

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Sois libre comme l'oiseau
fragile comme le nuage
qui sait pleurer,
profond comme la mer,
tendre comme le vent
qui écartèle les regrets,
caressant comme l'Alizé,
fort comme la tendresse des mères,
magique comme l'ivresse,
pur comme l'enfant,
irrésistible comme la force
têtu comme la promesse,
sage comme le silence,
Sois juste à en être féroce,
beau comme l'enfance,
Sois la fleur de tes souhaits,
Sois mon oiseau,
Mon enfant, mon fils.


JMS - in "Cheval fou" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Textes de JMS

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Le monde est fol

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Une canne et son vieil homme
Un soleil et son rayon
Une pensée et sa tête
Une fraîcheur et son ombre
Une plume et son oiseau
Un bâton et son gendarme
Une crécelles et son fou
Une larme et son malheur
Un bonheur et son rire
Un mot et son stylo
Un trésor et son bon
Une odeur et sa brioche
Une âme et son corps

Toi sans moi
Moi sans toi :

                    Le monde est fol.

JMS

Publié dans Textes de JMS

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Meilleurs Voeux 2008

Publié le par Jean-Michel Sananès

    L’hiver est venu se poser sur ce combat paisible où l’ombre affronte la lumière, où la nuit glisse son couteau dans la couche des SDF. Des nez rougis s’adossent à la misère,  l’alcool tisse l’artifice du confort. Père Noël est là, avec ses cadeaux, ses ivresses et ses regards fermés.  
    Amis buvons ensemble au verre fraternel des mauvaises et bonnes consciences, sans rien ignorer. Amis buvons à nos proches et aux devoirs du rêve.  

Meilleurs vœux, mes amis

JMS
 Illustration Slobodan et Jms

Publié dans Informations

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J'irai loin,

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J’irai loin,
mais jamais assez loin
dans la prison des mots
dans les scléroses de l’âge

Aux confins de ma peau
je voyage sans bagages
mais je traîne mes boulets,
des rires endommagés
un coin de moi dans la poche
un sourire qui dérive
et un éclat de givre

Quand je n’arrive plus à me suivre
J’assois le silence et je stagne

J’irai loin,
mais jamais assez loin
dans les mers sans sillages
dans l’enfance sans visage
jamais assez loin
pour aller ailleurs
d’où j’étais, à où je suis

D’où je viens, à où je vais
J’égrène les absences
Un myosotis vrille le présent
Je ne suis jamais où je m’attends

Où es-tu quand je ne suis pas là ?

JMS - in "De moi à moi" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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