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Solitaire

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je vole en solitaire
Mes larmes plus hautes que le ciel

Je voulais être serin aux pays des aigles
Devenir un vieil enfant serein au royaume des hommes

J’avais l’âme oblique et ma casquette de travers
J’avais de l’orage sous mes tempes
Et du schnaps dans mes rêves

J’ai pris mon encre et un dictionnaire de rimes
J’ai pris le silence pour maison
Je ne savais pas vivre à ma hauteur
Je vole en solitaire et parcours ma folie
En bas vivent les hommes et la raison.

jms

 

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 13.50 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Lettre à ma petite-fille

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y a de la panique dans ma boîte à rêve
la souris grise s´est évadée
envolée avec mes rêves

As-tu vu passer une souris grise
une souris rouge une souris bleue ?

Quand j´ai ouvert la boîte à rêves
toutes sont parties
l´une criait ton nom
l´autre cherchait ton chemin
l´autre tournait en rond

Dans ses menottes roses
elle tenait un parchemin
une carte du destin

Il y avait inscrit un nom
auprès du mot amour
et j´y ai lu ton nom.
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Colette Muyard

Publié le par Cheval fou

Poème silence


Percevoir
le fragile d'une vie
et l'écrire

Recevoir
le matin en sa solarité
et le dire

Prendre jusqu'à l'aubier
le silence de l'arbre
et se taire.

C.M. " L'homme-soeur" 1999

Publié dans Ils disent

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou

Je me souviens Québec. Tu es de ma mémoire. Des rives de ton fleuve à tes voiliers d'outardes, tu me tutoies. Le loup de tes forêts me parle du grand froid des grandes terres blanches. L'orignal, le bison, conservent le vieux rêve, le totem, l'origine. Et ta langue fleurie de mots de vieilles souches goûte l'érable et la berçante, et la parole rouge. Je me souviens Québec. Ta musique jaillie aux mains des bûcherons. Tes planches de maisons appuyées sur l'hiver. La table pour celui qui passe. Le vent qui porte ton accent. La sueur des ancêtres pour faire la longueur des longues routes longues. Je me souviens Québec. Cette force joyeuse que je n'explique pas. Ta poussière collée à mes pieds d'étrangère. Et le chaud de tes mains qui a fait mien, ton pays.
Ile Eniger, Poivre bleu

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou

Je n'habite pas une maison mais le vent et la pluie, le moindre atome d'homme, la queue d'un chat, l'enfantement de l'arbre. J'ai le visage du pardon sur le corps d'un orage. Je mets des balles à blanc dans la culasse du malheur. Même leur bruit n'effarouche personne. Mes veines dessinent un coeur au milieu des blessures. Le sentier de montagne ressemble au dos d'un vieillard. J'y grimpe comme un enfant avec le pied léger. Sans train sans gare sans papier je déraille de ma vie. Je fais de mes jours des semaines de mots. André Laude fraternise avec Néruda. Sananès et Darwich échangent leur exil. La semaine Guillevic précède la semaine Bobin. Les grottes de Lascaux envahissent mes rêves, sans compter les nuits blanches d'Artaud qui s'immiscent partout, les comètes de Velter, les smigrovig de Gauvreau, les vieilles lignes de Grack, l'eau de la Sorgue dans les grands pas de Char, la voix grognonne de Cioran se moquant de l'espoir, les pages tachées de vin de Pierre Autin-Grenier. J'ai pendu mon dégoût au cintre du suicide pour refaire ma vie. J'en fait des tas de bois, des stères de voyelles. Je soupçonne deux vieux arbres d'avoir caché ma scie à chaîne. Ils complotent dans mon dos et se moquent de moi. Ils me surnomment «le castor», me lancent des feuilles, me crient des noms, me font des croc-en-jambe avec leurs racines. Je n'ai pas retrouvé ma scie mais j'ai trouvé ma hache. Ce doit être l'esprit des ancêtres qui reveut sa terre, cette terre qui nous tend les mains et qu'on souille de pétrole et d'argent.

lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Pierrot n´y peut rien

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Se créa la vie
le vent, l'espace, la terre, le silence
le matin, le jour, la nuit, l´infini
et la forme cosmique du sourire
Lundi

Se créa la pomme, le miel, les animaux, le ciel
les premières couleurs de la tendresse
le pouvoir de marcher, l´envie de pleurer
le chant des étoiles, le rire, et l´aimer
Mardi

Se créa l´heure venue, le sens, le bon, le mauvais
des fragments de conscience
des montagnes d´indifférence
Mercredi

Se créa la créature, le pouvoir d´aller plus loin
l´avidité comme un manteau à sa taille
elle s´appela homme
il alla trop loin
Jeudi

Se créa la colère
la peste des virus, et des trous noirs
Vendredi

Se créa le chagrin, et l´eau pour s´y noyer
Samedi

Quand se créa le remords
la lune se pendit à un rayon
Dimanche

Pierrot n´y peut rien
Si l´encre est un peu triste.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Écoute

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Écoute la nuit qui se froisse.

Les continents perdus effacent leur route.

Enfant je parcourais le rire

j’avais un vaisseau fantôme

la carte du ciel et des mondes engloutis

je craignais les dessins de l’ombre

je pactisais avec l'ange et le démon

j’aimais les soleils froids et les matins d’avril

Écoute,

la nuit monte de de vieilles étoiles

le ciel grince comme une solitude endeuillée

j’habite la lisière, je trace des frontières

j'ai soir

j'ai gris

je traîne comme une vieille torpeur

j’ai  mal au sud

j’ai mal à l’est et au cœur

Main gauche, ligne du destin

La carte était froissée

Main droite

le vent ne fait que passer

Perdu l’oasis du rire

le jour est venu et je me suis perdu.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Amérique

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Amérique Amérique
Amérique, je n'oublie rien
de l'hiver des indiens
Amérique Amérique
Amérique je n'oublie rien
du coton des larmes
je n'oublie rien
de ceux qui tuèrent les Kennedy
Encore j'entends Luther

Amérique Amérique
avec toi
un jour de 1944 Paris dansa

Amérique Amérique
ce jour de 2008
le monde  chante avec toi

Amérique Amérique
Aujourd'hui j'ai pris une leçon d'espoir
un jour je veux croire
nous serons plus frère que frère.

JMS - In "Plus frère que frère" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

Publié dans Textes de JMS

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Comme un oiseau

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Photo A. Richard

Comme un oiseau qui regarde la mer
Les pieds posés sur le silence d'une rive
Les rêves plus grands que l'horizon
Au seuil d'un pourquoi
J'ai arrêté le monde
Rien n'est plus grand que la question.
JMS

Publié dans Textes de JMS

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou

Aphorisme
La morale m'inquiète beaucoup plus que la folie et le rêve bien moins que la normalité.

Publié dans Ils disent

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