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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou


Le Messie est une carte de crédit

Le monde nous convoque à shiner son cercueil. Le pire problème de l’homme est l’argent est ses dieux. La véritable foi n’a pas besoin d’église. Les minarets et les clochers assujettissent les croyants. Pendant que le clergé encense tous les Franco du monde, le Pape répudie les prêtres rouges en Amérique du Sud. Celui qui aime n’a pas besoin de simagrées ni de salamalecs, le front tourné vers la Mecque, les genoux usés sur un prie-Dieu. Quand un semeur se crache dans les mains, sa sueur est sa seule prière à la moisson future. Dans un monde de profit, la bonté de l’homme est devenue un vice. Tu es trop bon. Tu es trop bonnasse. Tu penses trop aux autres. L’homme préfère sa voiture à son chien, son portable au voisin, la pub à la réalité, le nom des acteurs et les effets spéciaux à l’histoire du film et sa partie de hockey à la voix des enfants. Le vieux mur du monde se barbouille d’affiches. La pauvreté se cache derrière les néons. Qui dit vrai ? Qui dit faux ? Tous les slogans s’annulent dans la bouillie des ondes. Le sang sur les écrans anesthésie la honte.

 Nos frères s’entretuent de prières et d’argent. Les chemises noires reviennent déguisés en banquiers, le cash pour Fuhrer. Le sourire aux lèvres, l’attaché-case au bras, ils vendent les cadavres et crachent sur le cœur. La haine les unit dans le goût du profit. Les peuples s’entre-égorgent en croyances contraires. Chaque monnaie d’échange nous éloigne de vivre. Chaque prophète hurle en tuant son prochain. Ni carte Visa ni Mastercard ! Ni Vishna ni Allah ! Ni Euro ni Dollar ! Ni les bras du passé ni le baiser du ciel ne nourrissent l’espoir. Le temps presse aujourd’hui. Même le désespoir accouche par césarienne. Les âmes que nous sommes se perdent sous la peau. Les phrases les plus belles s’écrivent sur le sable. Il ne suffit pas de retirer les clous des mains d’un crucifié pour qu’un ange apparaisse. Il suffit d’une main prolongeant d’autres mains, d’une paume tendue pour accueillir le vent, le pollen, la pluie, d’un petit doigt d’enfant cicatrisant la nuit, d’une voix dans le silence déclarant son amour.

  Le sang ne trouve plus son chemin vers le cœur. Comme des petits Poucet, les doigts de la mémoire laisse échapper des miettes. L’eau bénite à la fin se retrouve à l’égoût. Un rat dans une église est le seul à prier. Les hommes font semblant de parler aux statues. Le capital est un assassinat. Son travail n’est jamais que la paresse du cœur. L’homme n’est plus qu’un singe au volant d’une auto. Serait-il possible qu’on redevienne humain ? Je cherche une lime dans un pain pour m’évader du vide. Je resterai fidèle au bois mort, à la chair, à la terre, aux étoiles. Je défends l’infini contre les billets de banque. Je colmate les brèches avec des mots doux. Je sers la poésie comme on sert la soupe. J’expose à la lumière les instruments de l’ombre. J’écrase les pépins dans le fond des voyelles. Je tire l’étincelle d’une poignée de cendres. Une fourchette m’émeut à l’égal d’un pain. J’attends quelque chose ou quelqu’un dans l’encre sur la page. Qu’une question se pose ou non, aucune réponse ne suffit à l’enfant. Je cherche une grammaire où le verbe vivre n’a pas de conditionnel. Je n’attends pas que les bourgeons soient saouls, que les branches soient folles, que les feuilles soient foule pour parler aux oiseaux. Ils jettent sur la page leurs petits grains de vol qui fleurissent en ciel. Mon cœur se réfugie entre les anges et les mésanges, les dahlias et les roses. L’amour aux lèvres et la colère aux tripes, je grimpe sur les mots pour saisir un éclair dans le gâchis des ombres.


Par la freniere
- Prose

http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Je n’irai plus au café du coin

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Promis, juré

je n’irai plus au café du coin

m’accouder sur un comptoir

écouter la musique des rues

et les litanies de bistro

 

Je n'irai plus voir

"Intempéries" le cantonnier

qui s’y réfugie les jours de pluie

je ne verrai plus Pierrot-la-canne

le facteur aux doigts gelés qui boit son canon

ni Mado-les-gros-chagrins

 

Promis, juré

je n’irai plus au café du coin

voir la misère qui piétine au comptoir

les tickets d’espoir que l’on vend à la loterie

 

Je suis sorti de ma vie

je n’écoute plus le vent

j’entame l’hiver

je regarde un carré blanc

dehors, il pleut

je n’écoute plus Dylan, Duclos et le Full Moon Ensemble

j’écartèle la frayeur pour me faire un passage

je silence, je ferme, je solde

et pourtant j’aime tant le printemps

l’enfance et le soleil

 

J'attends que Dieu revienne.

JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Iran, je te nomme

Publié le par Cheval fou

IRAN :  Les sept dirigeant Bahá'is, injustement accusés et emprisonnés depuis 20 mois, risquent la peine de mort
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12 Janvier - Encore treize autres Bahá'ís ont été arrêtés le 3 Janvier. Parmi eux, Negar SABET, la fille de Mahvash SABET, l'une des sept prisonniers qui devraient être jugés mardi, et Jinous SOBHANI, ancienne Secrétaire de la Lauréate du “Prix Nobel de la Paix”, Shirin EBADI. Dans le même temps, une campagne anti-bahá'ie s'intensifie dans la presse officielle, depuis quelques semaines.

***

Il y a longtemps

j’ai vu arriver le flot des braves gens

ils aimaient la laïcité, la musique et l’Amérique

aimaient le rêve et d’autres prophètes

des vérités différentes

 

Vous haïssiez les philosophies du doute

Voltaire et la tolérance 

vous disiez tout connaître de la vie

et vous semiez la mort

 

Vous avez ouvert un livre

et fermé tous les autres livres

vous avez assassiné le rire

fait payer aux victimes le prix de vos balles*

vos gardes ont ripaillé sur les cadavres

 

Votre dieu n’est ni de miséricorde ni d’amour

encore il tue dans les rues de Téhéran

la vérité mérite t-elle que l’on tue ?

 

Il est des pays

où aimer est un crime

où parler de paix est une forfaiture

 

Iran je te nomme

Iran je t’avais tant aimée

Iran qui renaît.

 

 

*Les gardes de la révolution islamique demandaient aux familles de payer les balles qui avaient servi à tuer les manifestantes non voilées. 


Texte : L'n Kaoua

Publié dans Coups de gueule

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Cristian-Georges Campagnac

Publié le par Cheval fou

CERTITUDES OU FAIBLESSES ???


J’erre au cœur froid, désolé du coup de vent virant en tempête. Les lames déchirent un horizon bas, lacèrent la surface de la mer limoneuse. Alentour, c'est le vertige irisé, les traînées d'écume, la chute et le rappel embusqués, l'ascension aussi de la mer qui se confie aux ciels et lui donne ses larmes d'embruns. Les flots gardent la tessiture mélancolique des voix d'outre tombe. Ils susurrent l’eau brisée de trop courir, de braver la terre. Derrière moi, une trace d'absences, une marque de passage qui virevolte dans la bourrasque, sitôt engloutie, avalée, dissoute comme la souvenance de ce que je fus d’existence sur cette terre, comme le vol de l‘oiseau, un unique sillage. Et puis des éclairs, ces lueurs familières qui dansent dans le regard, s’en vont à la recherche des racines d'un passé disséminé, des vestiges du futur. Je m'attelle à l’impérissable certitude de ne jamais mourir, de demeurer éternellement l’enfant de la vie dispersé de par le monde et la planète, comme si le temps de durer avait multiplié à l’infini ce même être parvenu à la conscience universelle. Étranges impressions que les rafales et les montagnes d’eau dévalées ne sauraient affecter, d’être encore et toujours sur le fil tangent, au-dessus de la mort, si près de l’existence, du mal et du bien, de cette injustice immanente de la nature, de l’esprit en perpétuelle révolte. Oui, je vais, j’habite un jour de tempête et cours l’arène de la mer, la grande fresque bleue peuplée d’errances, de nuages et de vagues que la liberté exalte et confond. Je grave sur le parchemin fluide et éthéré de l'eau la mémoire d’un être à la poursuite de l’instant ou de l’éternité, allant jusqu’à en perdre, un moment, l’illusion éphémère de la certitude d'exister, pour sombrer dans le  gouffre pétillant et feutré de l’océan unitif. Quand je ne serais plus qu’une évocation, l’impossible ressouvenir, je sais que je poursuivrais ma route et mon cap, menant un autre vaisseau à travers les grands espaces et la destinée qui font l’âme seule des hommes vrais. Il est en chacun d’entre - nous une parcelle d’universalité, de sentiment revenu du fond des âges, un fragment impérissable de fraternité qui fonde le verbe au-delà de tous les écarts, de toutes nos différences. Noyé dans la cohue, la multitude ou perdu dans les solitudes mouvantes, chaque mot, chaque image vogue et navigue, conscient du fait irréfragable d’être d’une étape du grand voyage multiple, de la valse des naissances, bravant la mort, toisant les siècles et les saisons pour les avoir au moins une fois révélés, du moins comprises au confins de l’amour, du partage incessant de tous les jours, de ces secondes éprises d'éternel. La mer, le désert, les airs, l’absolue hauteur des monts couverts de blancheur me convainquent de l’indicible beauté qui coudoie le chaos, de l’extrême diligence de la vie au terme de chaque virée que nous aurions accomplie, oubliée, abîmée dans le long fleuve des années….

C’est ici, en ces moments de fusion et de proximité avec la nature et les éléments que je défais tout ce que l'illusion pourrait infliger de néant. C’est en ces pages de grandes vérités que je mesure aussi les desseins intemporels que l’âme forge sur l’échelle, l'enclume de notre si courte vie battue de chair qui n’aurait aucun sens, aucune raison de s’arrêter brutalement  dans l’infamie de la matière désorganisée. Au milieu des vagues et des délires de l'hiver, j'ai tant de fois chasser mes craintes d'une mort imminente pour découvrir enfin les curiosités de l'au-delà...Va! Navire, vaisseau ailé, Albatros, poursuis ton vol d’ultimes rencontres que seule l’âme ou l’amour reconnaît, pour renaître inlassablement des flots purs qui t’ont encensé à toujours et raconté l'océan!

.

Cristian-Georges Campagnac http://milema.canalblog.com

Publié dans Ils disent

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Je n’avais pas mon âge

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il y a longtemps
on défenestrait le rêve et les mots
entre la gnole et le cauchemar
tuer n’était pas un crime


Je suis né le cœur en hiver

Au fil des pages
j’écrivais des mots obliques
comme une raison qui rit
obliques comme un corbillard
qui arraisonne la vie
j’avais mille ans et des cernes dans l’espoir
je n’avais pas mon âge


Sur le fil noir d’un stylo
je traçais la blessure du verbe
j’écrivais les montagnes qu’enferme un soupir


Entre déraison et couteaux
j’écrivais dans l’ombre des bistrots
entre envie et mort
j’écrivais sur le plat d’un papier
entre la Seine et le plongeon
j’écrivais la porte étroite et le soleil


Dans ces cafés qui bordent les casernes
la mort prenait du galon
on chantait des Marseillaise d’adjudant
je n’avais pas 20 ans et je voulais partir


J’écrivais entre la pomme et le serpent
entre le café et le printemps
je T’attendais déjà
je n’avais pas mon âge


Le temps est parti
parfois j’ouvre le vieux jardin
mon vieux pays de mort et de jasmin
et toujours ce chat qui m’attend


J’écris entre l’ombre et la distance
ici le soleil efface la pluie


Je n’ai pas peur
Tu m’attends
.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Bonnes Fêtes

Publié le par Cheval fou


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Noël est là 2010

Publié dans Informations

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Aube Fantasque

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Aube Fantasque

C’était un temps, un de ces temps où les nuages affrontent le soleil, où la larme et le rire s’affrontent dans un terrible face à face.

C’était un temps où le proche semble trop lointain, où le noir profil du lointain semble encore trop proche.
C’était un de ces temps où la famille Rabajoie rencontra la famille Rabatristesse.

Piètr, enfant innocent, demanda :
– Ben quoi ?
Mais le Hérisson-des-Mémoires faisait des pieds de nez au Rossignol-du-Souvenir, tout comme Piètr en faisait parfois à l’instituteur dans la cour de l’école.
Rossignol-du-Souvenir, en personne, répondit à l’insolence par une “patte à bec”, comme on dit dans famille Ornithorynque : quand la patte est lourde, la douleur est bien plus cuisante que l’offense.

– Ben quoi ? répéta Piètr.

Une voix immature s’empressa d’affirmer :
– La guerre est déclarée ! Nous avons dû envoyer deux escouades de poètes et deux peintres lourds pour défendre le rêve.

Nous étions en recul sur la frontière du jour, le goût de la barbe à papa s’était fait ténu et, déjà, des bruits de cafetières orgueilleuses fracassaient l’aurore.

Comme le dit souvent mon dentiste quand il joue de la tenaille : l’horreur s’installait.
La tenaille, ce bipède de métal infâme tenaillait, cisaillait, torturait le boyau que la peur habitait.

"Devrais-je, moi aussi, sortir, quitter le rêve, me pomponner en nuage rose, m’habiller en Valet de cœur pour affronter l’As de Trèfle sur son terrain ?" dit alors le Vieux rêveur qui habite les.consciences.

Klaxon fou dans le tohu-bohu du rêve, Piètr tira alors Vieux Rêveur de sa réflexion. Enfant insupportable et exigeant comme la raison, il coupa net la petite voix pour demander :
– Lourds, lourds comment ?... je veux dire… les peintres ?
La petite voix immature qui semblait appartenir à une belette se sentit en droit et en devoir d’expliquer :
– Lourds comme deux Chagall et un Slobodan, bref, que de la grosse artillerie !
L’enfant en tira un sourire satisfait.

C’est alors qu’arriva l’Empereur Invalide, cheveux, comme il se doit, en bataille, et trois fausses notes autour du cou :
– J’ai, à l’instant, perdu dix étoiles et deux rêves, là, dans ce chaos. Le jour arrive dans une odeur de pain grillé.

Philosophe, Hérisson-des-Mémoires grommela :
– La vie, c’est comme ça ! Quand j’étais rossignol, moi aussi, je jouais à être léger, léger comme le vent et même si je ne savais pas voler, je rêvais haut. Et pourtant... l’usure du temps a rogné mes ailes. J’avais alors des valises de rêves dans chaque plume…
Le vieil Empereur Invalide trouva ces confidences inadéquates. Il sonna du cor de chasse juste avant d’affirmer :
– L’issue de la bataille est incertaine, nous reculons sur tous les fronts.

Un grincement terrible, celui d’un volet qui pleure, déchira les travers de l’incertain. Triomphant, le soleil traversa le champ de rêves. Sur crête de songe, la nuit s’éclipsait. Le quotidien arrivait.
Une voix mature affirma :
– Debout, le petit déjeuner est servi !

  "Aube Fantasque Autobiographie d'un vieux rêveur - Texte et Illustrations de J.M. Sananès - Éditions Chemins de Plume - 12 €

 

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catedition.over-blog.fr.

Publié le par Cheval fou

Catedition    
17-bis--licorne-fond-nuit-etoiles-jpg.jpgcatedition.over-blog.fr.

J’ai le plaisir de vous annoncer la naissance de mon nouveau blog, catedition.over-blog.fr. Ce blog Jeunesse se veut un îlot d’utopie loin du cynisme et des bruits de la ville, loin de ceux qui veulent posséder le monde, loin de ceux qui collectionnent les beautés de chair, d’or et de diamant. Il est destiné à accueillir ce qu’il me reste d’enfance, du pays des fées et des  magies cachées dans l’œil de mon chat. Il affirme haut et fort que l’amour est plus puissant que la violence.

Dessin jms


Publié dans Informations

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La pierre bleue

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Les rires anciens, les récréations
les enfants, le vieux maître d’école

les moineaux du jardin

Se souvenir
de la pierre bleue
 
La tablée du matin et grand-mère
les confitures et le sourire au bout des doigts
maman et son "dépêche-toi, tu vas être en retard"
papa qui va travailler

le regard de grand père au soir de Noël,

Se souvenir du caillou étoilé,
des chemins et de la brillance des yeux
 
Contre l’adversité
brandir  la pierre noire des mémoires
ouvrir le cristal du rêve
marcher vers l’avenir
ne jamais oublier les odeurs, le précieux
la pierre bleue, les cailloux étoilés du chemin
Garder le  brillant aux yeux

 
 Une étoile enfouie dans le passé
 bâtir l’espoir pour ceux qui viennent.
 
JMS - In : "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros
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Je rêve !

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je rêve…

Nice - jour de neige

Nice sur banquise ?

et pourquoi pas des bonshommes de neige… !

Bonhomme-de-neige.jpg

ou des schtroumfs dans le jardin ?

des stroumphs dans le jardin - gd

Pourquoi pas un Père Noël ?

J’en perds mon latin, mon hébreu, mon chinois

Je perds le Sud,

le Nord me mange

je suis complètement givré

mais je garderai la tête froide

et le sang chaud

Où est donc le Père Noël ?

JMS

Publié dans Informations

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