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Derniers délires avant inventaire

Publié le par Cheval fou

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© Peinture de couverture : Jean-Michel Sananes

 

***

 Ce jour là, j’ai compris qu’il me faudrait encore traverser ces ailleurs où se cachent les grandes vérités, qu’il me faudrait encore et encore creuser et chercher pour être un jour à la mesure de mon âme. J’ai voyagé loin, aussi loin que possible, mais la question reste immense, encore je dérive.

J’ai beaucoup voyagé mais ai-je été assez loin pour habiter mon âme ?

Jean-Michel Sananes - Derniers délires avant inventaire - Éditions Chemins de Plume/poésie
ISBN : 978-2-84954-095-4 -
Prix 12 €

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Parution le 18 JUIN 2010

pour le Salon du Livre de Nice

commande à : Éditions Chemins de Plume : cheminsdeplume@yahoo.fr

ou sur mon blog si demande de dédicace

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Invitation

Publié le par Cheval fou

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Au poète mort

Publié le par Cheval fou

À K.

C’est un silence tranquille qui attend que le jour m’éveille. J’attends vos mots, vos voix, vos yeux. J’attends un cri d’enfant, la première parole du jour.

C’est un silence tranquille, rien ne change, dehors le soleil revient mais l'hiver pousse encore ses cris.

Cette année je n'ai pas vu le printemps. Dehors une inquiétante quiétude laisse courir le temps. Mon  chat dérive. Les étoiles, le vent et le temps, l’aspirent. Je le retiens de mon mieux, je le suis, je lui parle, où il ira, j’irai.

Je lis.

Un poète est mort. Il est possible que l'indifférence tue encore. Mais est-ce un crime ?

Sa lettre d’adieu encore me flagelle, c'est le cri d’un homme qui meurt d’attentes et d’utopies assassinées. Il est parti comme une étoile s‘éteint, comme meurt une abeille dans le silence du monde.

Combien faut-il aimer pour sauver une vie ?

Je pense à toi, à vous, aux vôtres, aux miens, à ma femme qui fait le chemin du vent, aux sentiers de l’enfance ; je pense à notre route et au crépuscule qui vient. Je pense aux cris que l’on n’entend pas et au silence de l’univers quand un être pleure.

Fait-on des lettres posthumes, parle-t-on au silence ?

J’aimerai dire au poète : tes mots m’empoignent le cœur, tu es l’ami que je n'ai jamais connu. Tu n’as pas fui, tu es parti loin de la lourdeur de monde, loin de l’indifférence des poètes infirmes, de la clique des imbus, de leurs ego qui pétaradent l’immondice, de leurs jugements ; tu es parti loin de leur guéguerre faite juste pour jouir.

Tu n'as pas trouvé de frères, tu as mis ton scaphandre d’explorateur et tu es parti tenter l’improbable aventure, tu es parti pour l’incalculable.

Parlant de toi, quelqu’un a dit : "normal, c’était un malade". C’est un qui jouait du mot comme l’on joue du couteau. La compassion habitait ailleurs.

Ami que je n'ai pas connu, parfois un silence nous parle, parfois je te croise. Encore plus fort qu'hier, je sais qu'il nous faut écouter plus attentif, plus grand, et mettre de l'amour sur l'indifférence, beaucoup d'amour.

Plus je sais le monde, plus j’ai peur.

J’attends vos mots, vos voix, vos yeux. J’attends un cri d’enfant, la première parole du jour.

JMS

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Aphorisme

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Parfois je m'occupe à ne rien faire et ça prend tout mon temps.

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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Ile ENIGER

Publié le par Cheval fou

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Le soleil essuie ses doigts sur la terrasse. Traînée où s’ébouriffe une mésange. Le chat du voisin passe la barrière. Une mouette bat l’air. Les voitures font leur train. La ville crisse ses crincrins de violoniste las. Des mots ouvrent leurs bras, ma mémoire les serre. Le plus petit est grand de tous ses univers. Je picore une tartine, traîne mon matin comme une sans appétit. Je voudrais quelque chose

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

 

in : Un violon sur la mer

Éditions Chemins de Plume

Publié dans Ils disent

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Conférence de SOS Racisme à Nice

Publié le par Cheval fou

 

 Conférence de SOS Racisme à Nice
“ Lutte contre les discriminations : Bilan d’étape”
Avec les interventions de : Dominique SOPO Président de SOS Racisme
Éric de MONTGOLFIER Procureur de la République 
Khaled TOUMI Chargé de mission à la lutte

contre les discriminations DIRECCTE PACA

Jean-Michel SANANES
————
Intervention de  JMS

Je n’interviendrai dans ce débat qu’en simple citoyen,
c’est-à-dire en tant qu’homme formé par l’école publique.
Par elle,
j’ai comme vous appris le goût de la tolérance fraternelle,
de l’égalité et du respect de la différence.

Les instituteurs de France,
comme ils l’ont fait pour chacun d’entre nous,
m’ont enseigné la laïcité,
m’ont donné un bagage, une morale,
et tous les constituants de ce que je suis aujourd’hui.
Grâce à eux, je sais -et nous devrions tous savoir,
que les hommes naissent égaux en droits et en devoirs,
que dénier à quiconque le plus infime des droits
en raison d’une appartenance politique
religieuse ou d’une couleur de peau,
 est une infamie.
(À dessein, je ne parle pas d’appartenance raciale
car il n’y a qu’une seule race, et des couleurs de peaux.)

Parce que ces enseignements sont le bagage commun des citoyens de France
et au nom de ces valeurs,
il convient à chacun de nous, de même qu’aux instances républicaines,
d’accueillir les différences culturelles et religieuses,
quand celles-ci, en retour,
respectent la condition première de toute égalité : la laïcité.

Il est du devoir de chacun d’entre nous et celui de la collectivité nationale,
de recevoir et d’accueillir les réfugiés
en danger de mort dans leur pays d’origine,


de même que nous nous devons tous d’être solidaires
de ceux que certains qualifient “d’individus” en précarité.

En France, il n’y a pas d’individus, il y a des hommes en difficultés
qui souffrent d’une mauvaise répartition des richesses
chez nous et dans le monde.

Tout ce que je pense, tout ce que nous pensons,
devrait être le fruit, le résultat de ce que nous a enseigné
la République Française.
Et, aujourd’hui encore, c’est ce que je m’applique, modestement,
à mettre en pratique au côté du comité de SOS Racisme 06
en œuvrant avec lui pour l’égalité entre tous les hommes,
et c’est aussi ce que je fais dans mon travail d’écrivain.

Être un citoyen ce n’est pas tirer son épingle du jeu,
 aller chez Mac Do ou au foot, et apprendre à la TV
qu’ailleurs la situation des autres (peuples) est encore plus dure.

Si, individuellement, nous ne pouvons pas tout régler,
être citoyen c’est aussi se sentir concerné par le sort de nos voisins.

C’est savoir que Français par filiation lointaine ou nouveaux venus,
nous avons tous droit à un sort décent dans le respect de tous.
Notre devise est et doit rester :
“Liberté, Égalité, Fraternité”

Aucune égalité,
aucune liberté n’existe sans un droit de conscience
aucune liberté de conscience n’existe sans la laïcité

Or, aujourd’hui, la laïcité est mise à mal
par des projets électoralistes en quête de bulletins de vote.
Les promesses de services à des intérêts communautaires
sont de la compromission.

    Aux dernières élections, j’ai été choqué
car successivement Droite et Gauche ont rendu visite aux communautés.
Or, nous sommes tous Français,
ce type de discours et d’attitude
m’apparaissent  comme une forme nouvelle de corruption,
un clivage dans l’égalité.

Athées, Arabes, Chrétiens, Juifs ou Autres,
nous ne sommes pas les ambassadeurs de nos communautés,
nous sommes tous citoyens français à part entière.

Le créationnisme, c’est-à-dire le refus
de l’explication scientifique de l’évolution des espèces, est de retour :
certains intégristes islamiques distribuent dans les universités
“L’Atlas de la Création”.
L’ouvrage serait de toutes les manifestations s’il ne pesait 5,9 kilos

Au plus haut niveau,
certains prétendent que, pour la transmission des valeurs morales,
le curé est au-dessus de l’instituteur alors que la transmission
d’une morale pour tous ne peut se concevoir que dans la laïcité.

La suprématie de la croyance sur la raison est de l’obscurantisme
et, dans ce cas, c’est une atteinte grave à l’égalité.

Bernard Stasi, et aussi le projet de loi dite “Loi Glavany”
ont tenté de créer une laïcité “light”.
Certains la voudraient volontiers “light” à 0 pour %.

Nous devons réagir.
La France n’est pas une juxtaposition de communautés,
 elle doit être et rester la patrie des citoyens français.
Les dogmes, politiques et religieux et leur affichage dans la vie publique,
doivent rester au vestiaire.

Ce n’est pas l’éducation religieuse que l’on doit financer
C’est l’éducation civique au sein de l’école laïque.

Pour cela,
je salue les positions
de “SOS Racisme” et de “Ni Putes ni soumises”
pour le combat qu’avec d’autres, ils mènent pour le statut de la femme,
contre la discrimination au travail, au logement et en tout lieu
pour l’égalité entre tous quel que soit le sexe, le mode de vie, les idées.
Je salue mes amis de “SOS Racisme”  pour leur engagement
contre tous les intégrismes porteurs de haines communautaires
et contre la discrimination.

 


Jean-Michel Sananes 30 Avril 2010

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André Chenet

Publié le par Cheval fou

La parole des rêves

 

Je parle d'une silhouette

entre minuit et l'aube

 

Je parle d'un sein nu

que je n'ai jamais vu

 

Je parle de l'enfance

et de ses chemins déployés

 

Je parle d'un orage

où s'enfle la révolte

 

Je parle d'un amour

qui ne veut pas mourir

 

Je parle d'une fenêtre

et de la fée dans la dentelle des rideaux

 

Je parle d'une coupe de cristal

brisée en mille morceaux

 

Je parle des ailes du silence

et de la chute d'un empire

 

Je parle d'un oiseau

dont le nom m'est inconnu

 

Je parle dans une langue

qui n'existera jamais

 

Je parle de l'eldorado

que j'ai découvert en dormant

 

Je parle d'un devenir

qui a eu lieu hier

 

Je parle d'une fleur rouge

qui s'ouvre dans la cendre

 

Je parle avec des hommes

qui écrivent sur la neige

 

Je parle d'une mémoire

criblée d'étoiles filantes.

                              

                            

Publié dans Ils disent

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À ceux qui aiment sans frontière

Publié le par Cheval fou (Sananès)

À ceux qui croient sans haïr

à ceux qui aiment sans frontière

 

Dans la transparence de la douleur

j’écoute l’infinie supplique du cri de vie

J’appelle

 

La présence de l’Universelle Absence

crépite comme une blessure en fête

 

Partout

ceux qui T’invoquent

ont des convictions plus fortes que la vérité

 

Partout

ils chantent la mort et la haine

Partout on crucifie la Vie, l’Amour, le Frère

 

Je suis un homme en feu

Je brûle de voir mourir l’amour.

 

JMS - in "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Étrange

Publié le par Cheval fou (Sananès)

C’était étrange, le ciel se reposait sur la mer, les hirondelles dans le ciel. Sur leurs têtes, la multitude des bleus baignait dans une odeur de silence. Parfois, un petit cri strident bousculait le vol d’un nuage ou une vieille rengaine échappée de la tête d’un homme. C’était étrange, parfois le vent s’arrêtait et on disait qu’il n’y avait pas de vent. Myopie d’homme me direz vous, tant il est vrai que hommes ne savent pas plus traverser le silence que l’absence. Jamais, ils n’ont su comprendre que le silence n’est qu’une courte absence de mots, un ralenti de vie, une simple syntaxe qui dort. Ils ne savent toujours pas que silence n’est jamais vide, qu’il est empli de rêves, de nécessités et de mots incolores.

Les hommes ne savent pas voir. Ils ont dit : il n’y a pas de vent, pourtant le vent était là, qui dormait. Moi, depuis des heures, je l’observais. Il avait dormi d’un œil avant de dormir à poings fermés. Son lourd sommeil s’était fait léger, si léger, qu’il se fissura pour devenir demi sommeil. Comme un roturier insomniaque harcelé par un banquier, il s’était retourné et les arbres avaient tremblé, les feuilles s’étaient mises à frétiller, à voler. Un petit rêve de fin d’été l’agitait.

Les hommes avaient dit : oh, un courant d’air !... mais non, il ne courait pas, il était là, allongé le long d’un chemin de paresse, sur le dos, à même la terre, il dormait et rêvait de l’Andalousie, de l’odeur des mots sur la peau des danseuses, de la pale des ventilateurs qui imitent l’alizé, il rêvait d’un été indien et du trot des buffles.

 

Le matin j’écoute. J’écoute penser mes livres. Le silence m’appelle, me parle d’hier, de demain, fracasse la peau noire de l’ombre, ouvre des mondes ailleurs. Avant-hier, dans la poussière d’une brisure d’heures, j’ai croisé Grand-mère. Entre une odeur de chèvrefeuille et un mouchoir brodé, enroulée à un morceau d’absence, elle squattait de vieilles pensées.

 

Les hommes ne voient rien, ils croient à la permanence du bonheur quand il ne fait que passer. Comme eux, le bonheur court, il est toujours pressé et exige une pleine attention. L’apparence du bonheur leur est plus importante que le bonheur. Les hommes, pensent que l’amour est une utopie.

Ils courent en quête de possessions de fausses beautés, de fausses richesses, de fausses amours. Le bonheur, l’amour, le vent, et moi qui passons, ils ne nous voient pas ! Quand s’arrête leur course folle, entre deux tic-tacs de pendule, dans l’interstice d'une fin de semaine, ils croient voir le nirvana, le bonheur, leurs enfants, l’amour, puis ils rangent tout ça dans un sac à routine. Les hommes courent.

 

Le mouchoir brodé de grand-mère est là dans une odeur de chèvrefeuille repliée entre un monceau d’absence et le tic-tac d’une pendule oubliée. Je suis assis près d’un almanach de douleurs éreintées. Dehors, le soleil chauffe un banc, une cohue d’hommes traverse mon regard, mes pensées, le jardin. Le chat griffe la vie. Dehors les hommes courent, mais ici nous passons. Je sors peu, je reste en moi à me regarder passer. Il y a du vent, il fait un temps d’absence mais je sais où je suis. J’habite la traversée d’un silence. Grand-mère sourit. Je me souviens d’autres temps, celui où je sautais à la corde, où je jouais à saute-mouton, où je jouais à jouer, mais je ne fais que passer.

 

Il y a longtemps, le monde marchait différemment. En France les saisons passaient à la queue leu leu, en Amérique elles allaient en file indienne, aux Indes se suivaient à saute moussons… Quand j’étais petit ences temps, à trop les voir passer on devenait grand, on quittait la petite école, la grande école, et on entrait dans la vie… 

Sur terre c’était comme ça… jusqu’à ce jour où les choses ne tournèrent plus rond. C’était un 30 d’un janvier 1948, loin de nous une Grande Âme s’envolait. Grand-mère avait dit : l’Histoire a plus de sang que de sens. Ce jour-là eut lieu le grand soulèvement des feuilles. Elles ne voulurent plus tomber, ne voulurent plus être foulées aux pieds. L’espoir perdit un bras, on édenta l’amour, on étrangla, on étripa le mot et le verbe fraternel. Et l’ordre du monde changea.

Les grands ne voient rien, ce jour-là pourtant, ils m’avaient dit : tu es un homme maintenant. Ce jour là dans la pénombre de ma chambre, je décidais de ranger mes jouets, me promettant de ne jamais jouer avec des bombes et de faire la paix avec mon être intérieur. J'acceptais tous mes rêves. Désormais je chercherai la Grande Âme*, j’achèterai un cahier et, au besoin, je tuerai le réveil ! 

*La Grande âme : Le Mahatma Gandhi

 

JMS - in "Derniers délires avant inventaire" - Editions Chemins de Plume - 12 Euros

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Jacques Salomé

Publié le par Cheval fou

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