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Le mot est un chiffre

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Chaque mot est le chiffre d’une réalité. La note d’un clavier d’abstraction. Un cri, une larme, un avoir, une verbalisation, une dénonciation, une prière, un terme de terre et de ciel, une encoche dans le bras du cœur, une micro cicatrice dans l’immense du regard.

Je sais l’intense. Chaque sentence est une nano brisure de conscience, une particule d’âme et de vie qui passe. Le mot est la cendre d’une réflexion, un relief du consommé, l’évacuation d’un intangible. La phrase est une addition d’arrachements de mots, de notes chiffrées, que les reniements raturent, que la bêtise efface, et que les silences  gommeront dans l’amputation des heures.

Mot après mot, pied à pied, j’avance, je chiffre, je compte, je note, je piétine, j’archive, je lance des cailloux à l’oubli. Mot après mot, comme se découd la raison, avant que vienne la nuit, je mets mon âme en ligne.

J’avance et je chiffre. Le solde de tout compte m’effacera comme l’on froisse un papier d’encre perdu dans les veines du destin.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Et leurs enfants toujours pareils aux miens

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Romanichels.jpg

(1912) 

 

Au profond des cœurs 

il y a la nuit et la peur

des uniformes, des armes

des hommes que la crainte habite

des femmes, des enfants qui tremblent

la danse des chiens et la morsure du froid

de la colère et de l’amour dans l’encre  des chansons

 

Aussi loin qu'ils aillent

il y a le violon et les larmes

et leur âme comme mon âme

et leurs frères comme mes frères

 

Ils ont des yeux perce neige

qui ouvrent le feu jusqu’aux blessures du sang

de vieilles mémoires qui déchirent les siècles

des oreilles béliers qui enfoncent des murs de silence

des douleurs acharnées avec fenêtre sur larmes

des exils confisqués aux passages des frontières

des enfants sans écoles

des hommes sans terres

et des vies en lisière de chagrin

 

 

Ils ont des caravanes partent pour nulle part

et des trains qui ne reviennent jamais

 

Si loin qu’ils aient été

ils ont du sang dans leurs joies

un violon et des larmes

et leurs âmes comme mon âme

 

Si loin qu’ils s’en souviennent

l’internationale des douleurs

chante la vie, la mort, et le sang des mémoires

et toujours un cœur avec fenêtre sur larmes

 

Si loin que je me souvienne

dans la furie de mes rêves

il y a des mots blancs sur le noir des chansons

un blues, un flamenco, un prière

ou un cri que l’on jette aux quatre coins des vents

et toujours l’invisible sortilège des joies

et toujours un Pierrot qui meurt sur des papiers d’écritures

et toujours une fée qui se noie à la  fêtes des larmes

 

Et leurs enfants toujours pareils aux miens.

JMS - "Et leurs enfants pareils aux miens"

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Bientôt dix-huit heures, et la nuit monte.

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Il joue

S’habille d’une élégance juvénile

Mon chat stagne dans une perpétuelle enfance

 

Un tic tac porte l’inquiétude de l’heure

Chaque jour je forge mes rides

Chaque jour j’apprends à  vieillir

Insouciant mon chat me regarde trahir ma jeunesse

Bientôt dix-huit heures, et la nuit monte.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Vivre est toujours un imprévu !

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Je n’étais pas ou je n’étais rien
Peut-être habitais-je un temps mort
Quand sans langes et sans un mot
Nu comme un enfant
On me lança dans la vie.

Vivre est toujours un imprévu !

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Le chien et l'homme

Publié le par Cheval fou

l-homme-au-chien.jpg

JMS - In "À l’ombre des réverbères" - Editions Chemins de Plume

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ALI KHADAOUI

Publié le par Cheval fou

LAISSEZ LES OISEAUX CHANTER

En fait
j’écris pour fuir
explorer
ce mystère que je suis…
Rivière désert caravane
Mirage des siècles et des larmes
des enfants
des regards
des horizons
des troubadours…
Le poème
La lumière
Ce vent
Mémoire des filles
avec l’onde
des nuages
Izlan (chants)
Ce parfum
De tiwirga (rêves)
Des izuran (racines)
Asghurd n tiwtmin (youyou des femmes)
en pleine lune
avec des étoiles complices
et des astres silencieux…
L’oralité
La mémoire de l’océan
L’irrigation frayeur
La brise cet âge absence
puissance blanche
rituel ivre
angoisse de l’étranger….
Le temps
muet
est mort sur une plage
libellule invisible sur le roseau
et la voix incolore
comme le ciel la nuit
le ventre de la terre
s’amuse à regarder l’homme
boire à sa coupe
de mouche et de blanc
Le hasard n y est pour rien
il poise juste pour l’éternité
Mieux
la platitude comme être sans projet aucun ?
Terrible
Cela s’adresse plutôt aux femmes qu’aux hommes
aux femmes que les religions monothéistes
ont broyées
dans le bonheur et l’angoisse de l’enfantement…
Et les peuples crient :
Laissez les oiseaux chanter !!!
L’homme derrière le masque
juste avant l’aube
dépose devant l’autel de l’éternité
contre les crimes réunis
de l’Occident et de l’Orient
« J’ai des cœurs dans la tête
et des
papillons
dans le cœur… »
Ainsi parla une jeune fille de 7 ans
amoureuse d’un garçon de 8 ans !
Interdit !
Le jour s’est levé car c’est le moment
d’habiter ses mots
Rien ne justifie les conquérants
Et l’aurore
ce sera
l’échange de l’espoir
     contre le mur d’en face…


ALI KHADAOUI
Kénitra fin 2010

Publié dans Ils disent

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À mes amis connus et inconnus

Publié le par Cheval fou

À mes amis lecteurs, amis de la poésie, amis connus et inconnus

À mes amis blogueurs, qui ont déposé des commentaires sur mes articles,

mille excuses pour mon absence de réponses

Les impératifs du quotidien…

une vieille maman qui perd ses repères et les conséquences qui en découlent

Voilà, tout est dit, j’ai eu la tête ailleurs et le temps trop court

Un trop plein d’ailleurs m’a tenu éloigné de mon blog

Merci de vos visites

jms

Publié dans Informations

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Chronique d’un jour de fête ordinaire

Publié le par Cheval fou

 Pour certains, hier était jour de fête, pourtant, la joie n’avait pas l’éclat des bonheurs sans questions. L’étrange tintamarre des oubliés de la conscience et des laissés à la rue, ébréchait mes joies. Le bonheur m’est toujours difficile quand je sais l’injustice qui court, quand je sais que revient le temps des princes et l'oppression des sans-droits.

Ainsi, hier, sans éprouver la moindre jalousie, je ressentais la particulière indécence des temps actuels. Le soir venu, certains fréquenteraient, en famille, des restaurants 4 étoiles où, par "économie", ils "se contenteraient" de repas à mille Euros par personne (sans le vin bien sûr !)... À Paris, d’autres habiteraient des palaces à 30 000 Euros la nuit, ou encore des footballeurs engrangeraient leur butin du mois : des centaines de SMIC ! Encore, je mesurais l’étrange démesure des rapports humains.

Un footballeur ou un chanteur vaut-il 100 fois, 1000 fois plus qu’un maçon, un médecin, un instituteur, un infirmier, ou autres ? Un capitaine d’industrie a-t-il un droit souverain sur l’ouvrier qu’il précarise ? La misère serait-elle la sanction d’être mal né, d'être sans agressivité, ou d'être né au mauvais endroit ?

Qui peut croire que l’argent est la sanction du mérite ? Dans l’indécence d’une justice à l’écoute des pouvoirs, encore, je me demande où habite la morale.

Mais passons là, hier, je me voulais paisible, c’était un jour de trêve. Ma conscience prenait vacances. Hier, je ne pensais ni à ce qui va bien dans le monde, ni à ce qui va mal.

Comme beaucoup, je faisais mes dernières courses dans un supermarché. Alors qu’à la caisse j’attendais mon tour, un homme, devant moi, en baskets et survêtement usés, à l’air de travailleur vaincu, partait avec un minuscule sapin, un bébé arbre de dix centimètres en pot avec racines, et trois petites bouteilles de bière noire, peut-être son Nouvel An.

Une fête ordinaire, me direz-vous.

 

L’étrangeté de mes suppositions sur la vie de cet homme fut interrompue. Une dame aussi maigre que la misère, accompagnée par une adolescente, me parlait. Les rides de cette femme et la tristesse de cette adolescente tatouaient sur leurs visages les stigmates de la désolation.

Qui donc mérite la misère ?

Dieu et le Diable seuls savent pourquoi, me direz-vous.

D’une petite voix, la femme me tira de ma méditation. "Monsieur", disant cela, elle me montrait un sachet de jambon préemballé et ouvrait son poing serré, exhibant le montant de son achat – une pièce d’un Euro et quelques pièces jaunes, "je n’ai que ça, puis-je passer devant vous ?". J’acceptais. Cet acte anodin dut lui paraître extraordinaire car elle me remercia comme si le cadeau était immense. Embarrassé par tant de gratitude, je lui ai souhaité de voir tous ses vœux se réaliser en 2011. Ces petits mots simples et sincères me valurent une nouvelle vague de remerciements et lui donnèrent l’occasion d’exprimer son souhait personnel : "un peu plus d’argent m’aiderait bien !".

Compatissant à une détresse si visible, j’affirmais que les temps étaient durs. Sa réponse, par ce jour de joie officielle, fut pour moi tout aussi dure à entendre : "oh oui Monsieur, je pleure tous les jours".

J’ai insisté pour payer son jambon et j’ai ajouté du chocolat à ses courses.

Elle me remercia comme si elle avait rencontré je ne sais quoi ou je ne sais qui.

La caissière déjà m’appelait.

Sorti du magasin, j’ai cherché la femme et l’enfant tristes. Elles avaient disparu.

 

Comme l’homme au bébé sapin, la femme et la jeune adolescente, à quelques heures de la Nouvelle Année, avaient rejoint la chronique de mes misères et celle de mes chats écrasés.

Un désespoir ordinaire, me direz-vous.

 

Nice, le 1er janvier 2011

Jms

Publié dans Coups de gueule

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Mes vœux citoyens

Publié le par Cheval fou

 

2O11

À mes amis de SOS Racisme

 et à tous les quêteurs de Paix

Voeux SOS 2011. bis

© dessin jms

Publié dans Informations

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L'arbre à rêves

Publié le par Cheval fou (Sananès)

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© Photo PBS - illustration JMS

Un conte de Jean-Michel Sananès

     Je viens du lointain pays d’un arbre. L’arbre immense abritait des millions de printemps et de feuilles. Chacune était la maison d’une joie, d’un rêve, d’un hibou, d’une famille. Chaque fleur abritait des jours de fête, des rêves de futur, des projets de bonheur. Chaque branche se couvrait de bourgeons aux couleurs vives de l’espoir. Ses branches s’enfonçaient dans le ciel comme l’amour des mères dans les jardins de l’enfance. L'arbre portait des fruits de couleurs et de goûts différents. Immense comme la vie, l’arbre à feuilles émeraude se nourrissait du gazouillis des moineaux, du roucoulement des colombes, des rires d’enfants, et de l’attente des matins nouveaux. Son feuillage bruissait comme le chant des consciences quand les hommes sont en paix. Partout sa sève coulait comme une eau pure irrigant les grands horizons et les prairies du ciel.

         L’arbre grand habitait si près de nous qu’il en était devenu aussi invisible que l’enfance avant que le temps ne l’efface. Trop occupés à nos jeux, à bâtir nos royaumes, nous l’avons négligé, ignoré. Nous l’avons oublié, égaré, perdu dans la grisaille des vieilles mémoires et dans les lointains du temps. Seuls quelques vieux nostalgiques en parlaient encore. Certains d’entre nous l’appelaient l’Arbre de Vie, et d’autres encore l’appelaient l’Arbre à Rêves. En ce pays de l'Arbre, comme à travers les millénaires, les enfants et les fées avaient toujours su que sans rêves et sans espoirs, la vie n’est pas la Vie. Et les poètes savaient que l’on ne peut aller à demain sans ouvrir ses rêves

         Pourtant, le monde avait oublié l’arbre, nul ne l'avait soigné. Le vent de l’habitude s’était installé comme l’indifférence sur un amour oublié. Si bien qu’un jour, comme un enfant abandonné au crépuscule des consciences, un jour, l’arbre renonça à faire printemps. Ses feuilles ne firent plus de rêves, de rires, de joies. Celles à hiboux, à familles comme les fleurs à projets, à bonheur, les bourgeons à futur et les branches à germes d'espoir, tout s’était mis à jaunir. Depuis que les hommes avaient oublié l’arbre à feuilles émeraude, à rêves, à vie, à bonheur pour courir après le temps, depuis qu’ils avaient cessé de le regarder, depuis qu’ils ne prenaient plus le temps d’aimer, depuis qu’ils mangeaient ses fruits sans le soigner, sans le remercier, sans même lui parler, depuis qu'ils se perdaient à compter, depuis qu’ils avaient oublié que ses branches étaient la maison du monde, l’arbre grand était devenu un arbre triste qui appelait l’automne, le tonnerre, les nuages. Son feuillage n’abritait plus de rêves, plus de futur.

         Les hiboux, les familles, les fleurs à projets, celles à bonheur, les maisons du rire, maintenant se cachaient au plus lointain des cœurs, se terraient, apeurés, sous le manteau des guerres. Des épines, une à une, remplaçaient ses feuilles mourantes. La sécheresse partout engloutissait les couleurs de l’espoir. L’arbre à rêves n’était plus. Un arbre à larmes prenait sa place.

         Les fées du rire, des lucioles, des tendresses, les phoques et ours polaires, depuis longtemps, s’alarmaient. Ils savaient que l’indifférence est une petite mort qui, chaque jour un peu plus, blessait l’arbre. Une culture barbare avait conduit les hommes à accumuler à leur seul profit tout ce que l’arbre avait jusque-là prodigué, aux hiboux, aux familles, aux oiseaux, aux fleurs, aux jours de fête, aux rêves de futur, à la diversité, et aux millions de printemps. Les hommes avaient accumulé égoïstement tant et tant de feuilles vert émeraude qu'ils avaient dévasté l’arbre et celui-ci n’en finissait pas de dépérir. La violence, l’apparence, la possession, avaient remplacé l’amour. Les hommes croyaient pouvoir stocker le rêve. Les beaux jours de l’arbre de Vie étaient loin. Les hommes ne savaient plus que le plaisir de partager et de donner était essentiel. L'arbre à rêves allait en mourir. Les fous de justice, plus lucides que les démons de l’intelligence, savaient que le désastre arriverait et jamais ils n’avaient cessé d’affirmer que le rêve est l’oxygène de l’homme. Ils n’avaient jamais cessé de prédire que lorsque les feuilles de l’arbre seraient mortes, l’hiver de l’homme engloutirait la vie, toutes les vies. Et qu’alors viendrait l’heure du désert.

         Mais les hommes ne voulaient rien changer, ils voulaient de plus en plus de petites feuilles vertes. Comme des oiseaux à tête de crocodile, ils mangeaient l’espoir et le futur, se gavaient de chiffres, remplissaient sans cesse les besaces de l’avidité et se paraient d’apparences. Comme de grands rapaces, ils se pavanaient sur les restes de l’Arbre. Ils pillaient, brûlaient les graines du dernier espoir. À coup de haches ils élaguaient le futur.

         Il y a longtemps, je voulais des enfants, du ciel et des chansons sous l’Arbre à Rêves. Il y a longtemps, j’ai habité au pays d’un arbre vert. L’Arbre savait que les enfants sont les graines de l’espoir, l’Arbre savait que les enfants sans rêves n’ont pas de futur. Il y a longtemps j’ai pris mon silence et mes mots pour implorer les fées et les démons, les dieux parjures et les présidents. D’un bouquet de mots simples, je voulais affirmer que chacun de nous peut aimer plus grand que lui. Je voulais clamer que ce qui blesse la terre, le rêve, l’utopie, blesse l’enfance et tue l'Arbre de Vie.

         Encore aujourd'hui, je veux dire : amis, en chacun de nous sommeille une petite graine d’amour à faire germer pour que l’Arbre à Rêves refleurisse.

 Jean-Michel Sananès – 24 décembre 2010

 

Publié dans JMS - A paraître

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