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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Chaque bouche fait son pain

           Pourquoi cet uniforme sur le dos de l’absence, ce matricule sur le vide, ce chronomètre à la place du cerveau, cette gâchette qui prolonge l’index ? Une maison hantée a remplacé le corps. La poussière s’accumule dans un cœur sans meuble. À quand les hommes ni soldats ni mendiants ? À quand les femmes ni vierges ni putains ? À quand ce monde rempli d’enfants où chaque bouche fait son pain ? À force de tout bétonner, il ne restera plus de vert que les parcours de golf et les cimetières. La marque des chaussures importe plus que l’endroit où elles vont. Entre les pluies de balles, la vie poursuit son cours. Au passage des tanks, le vent arrache les chapeaux. Les enfants sourient avec un bras en moins. Il y a de tout partout dissimulant le rien. Derrière les affiches, la haine pour nous voir met ses yeux de sniper.

         La neige en fondant laisse entrevoir les plaies et bosses du paysage, les cicatrices du sol, la blessure des routes. Il y a des jours qui nous collent à la peau. D’autres ne sont que trois points entre les parenthèses. Des souvenirs se perdent et d’autres font semblant. Je porte sur le dos comme un vieux sac de ténèbres, un petit son de flûte dans la rumeur ambiante, un flacon d’aube dans la poche. Je préfère la bouteille d’eau cassée au milieu du désert à la coupe trop pleine d’un homme déjà saoul, la richesse du peu à la pauvreté du cœur. Il faut se méfier quand les pensées sont plus visibles que les actes. On se fait des idées et on pense qu’on pense. Qu’a-t-on fait du mot frère ? Qu’a-t-on fait du partage ? Je tends la main vers le bonheur comme une source vers la mer. Un tout petit brin d’herbe m’intéresse bien plus que tous les parlements, les banques, les châteaux en Espagne.

         Le style est le chien de garde du poète. Il jappe trop souvent en mordillant ma plume. Je laisse la parole au découvreur de monde caché dans mon armoire. Durant la nuit, les arbres se rapprochent et les montagnes grandissent. Quand je me lève au matin, ils ont repris leur place, les montagnes leur taille. Sur le fleuve des choses, je navigue amont la côte et le vent hissé haut pour ne pas perdre le nord. La vie dépasse la pensée à la vitesse d’un enfant. Les érables coulent. La fumée chante dans les cabanes à sucre. Le parfum de la sève me monte à la tête. Dans les cercles du sang, le cœur de l’homme bat de l’écorce à l’aubier. La vie et la mort couchent ensemble dans le lit de la terre. Leurs forces se confondent dans la rumeur des plantes et l’appétit des bêtes. Une seconde de beauté nourrit les heures creuses.

         Les arbres butent contre le ciel, faisant claquer matin une cymbale d’oiseaux. Les fleurs peu à peu sortent leur tête du dimanche. Le chien de l’aube s’éveille dans un désir de mordre. La chair de la pêche tient à la vie par le noyau, celle du réel par le rêve, celle de l’homme par le cœur. Je dévore des livres comme un ver d’oreille dans le bruit des moteurs. Les voix des hommes rapetissent quand un enfant grandit. Quand ils meurent, leurs paroles redeviennent géantes. Mère, la sueur à ma nuque me rappelle ton ventre. L’enfant plié dans une église est devenu voleur de pommes. J’ai les bras à l’affût, les mains en forme de bol. De l’ombre à la lumière, j’ai vécu plusieurs vies. Chaque phrase en est une. J’ai agrandi le temps dans la semaine des mots. Je tends l’oreille végétale. Les oiseaux dialoguent entre la terre et moi. On ne refuse pas un œuf qui éclot, la sève d’un bourgeon, un sourire d’enfant, une fleur sans fusil, une terre sans frontière, un pain de quatre livres attendant le partage dans l’ivresse de l’air. Le rêve et le réel existent dans la même substance.

 

Par la freniere - Publié dans : Prose

 http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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De moi à Sherlock

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Mille excuses, encore une fois, j’étais parti sans même me laisser un mot. Une urgence : vivre ailleurs dans le cœur d’un roman, d’un conte de fée, d’un polar. Il me fallait suivre une piste et remonter l’intuition. Je suis parti habiter l’urgence, au cœur d’un continent incertain. Je ne choisis pas mon chemin, il m’appelle.

J’ai eu peur, j’ai eu froid, le monde est une machine terrible cernée par les frontières de l’insoupçonnée beauté et de l’effroyable cri de la souffrance.

Sans carte, sans boussole, sans projet, sans rêve, affamé de tristesse et d’espoir, je me suis jeté dans ce départ intérieur.

Capitaine de mes rêves, je suis un homme mineur qui creuse l’intérieur du cri. Sherlock Holmes des crimes de l’intime, je piste le silence, le casse, l’élime en copeaux de mots, le file en ligne sinueuse, en armées de phrases, de points, de virgules, et de fautes. Les pourquoi, les où va-t-on ? Et autres pitreries de la conscience inconsciente, je les enferme, les interne, les cloue sur des pelures de papier.

Est-ce grave docteur Watson ?

Je cherche l’opium des rêves, m’abreuve à l’héroïne des pensées. Je quête, j’enquête, traverse le film des jours, me pends au filin des heures, me perds au dédale des années. Je cherche la conscience, docteur.

L’assassin de l’ombre me guette, me détaille, me vend à la criée des désespoirs, un cheveu par-ci, un rêve par là.

Je me cherche docteur, dans mon incompétence à sauver le monde, à vouloir sauver l’amour et à distribuer le bonheur. Je suis ce que j’ai toujours été un homme d’ailleurs, un exilé. Il y a longtemps que me cherche. Je suis un apatride qui ne se reconnaît nulle part. Je cherche le royaume des frères. J’ai peur. Le cynisme et la haine sont partout.

Je ne sais plus combattre, le monde n’est plus à ma taille.

Je cherche mon pays. Ils ont tué l’enfance.

JMS

 

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Anniversaire de l'Abolition de l'esclavage

Publié le par Cheval fou (Sananes)

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Cie La Dégaine-Rêve :

Bruno Sananès - Ile Eniger - Manu Brun - JM Sananès

Publié dans Informations

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Colloque sur les Droits des Peuples dits minoritaires aux "Abattoirs de Toulouse"

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 Chers notables,

À propos du colloque sur les Droits des Peuples dits minoritaires que vous organisez aux "Abattoirs de Toulouse", excusez-moi je n’irai pas, bien qu’à moi seul je sois une ethnie étrangère au monde, bien que je sois l’unique responsable et représentant de ma langue ; excusez-moi, je n’irai pas à Toulouse, je n’ai pas été invité !

Faut dire : à quoi bon parler !

Je ne me comprends pas toujours… et les autres donc !

Les autres m’ignorent ou se foutent de moi. Il en est même qui préféreraient mes silences ! Du haut de leurs verbiages et leurs langues de bois, ils me font la guerre et klaxonnent ou causent, et capturent les mots pour en faire du bruit. Derrière la barricade de mes charades, de mes sarcasmes, de mes poèmes tirés à boulets rouges, j’exhorte le silence à taire la clameur. Je suis l’intrus extérieur que l’on parque seul au banc de la société du tohu-bohu. Je ne veux plus qu’ils mettent le silence aux arrêts et le mot sous censure, et les langues… !

Les langues survivantes doivent armer leur syntaxe car, eux,  préfèrent les langues mortes, sans exigences, sans peuple, sur des territoires apatrides et à prendre pour y jeter leurs onomatopées, leurs lexiques commerciaux, leurs friches linguistiques, leurs montres digitales, leurs barbelés et leur économie. Il leur est nécessaire d’apprendre à ne pas comprendre les gens pour être aptes à les mépriser et les rendre inexistants.

La grammaire dehors, disent-ils ! Car la grammaire c’est l’histoire des peuples !

Le mot est une arme insoupçonnable. Il leur faut tuer le mot, pour avoir des hommes sans voix et des peuples sans âmes, sans couleurs, sans idées, sans revendications. Ils arment de leurs censures, de leurs chahuts et de leurs bêtisiers, les télévisions, les radios. Ils ferment, privatisent les écoles, les usines à réflexion, et vive le ballon rond, le ballon de rouge ; les agitateurs au ballon ! Ils veulent des républiques et des peuples de veaux, la poésie à la poubelle et le reste au musée des cultures incalculables !

Mais on s’habitue à tout. À l’école déjà, je fréquentais la dyslexie et le banc du fond. Encore maintenant, j’écris dans le silence. Pourtant les mots de ma langue crient et s’insurgent.

… Mais que le temps passe vite, des Arts déco de la rue Tonduti, bien loin de l’Escarène, à maintenant. Pourtant, dans mes silences verbeux, je me parle parfois avec le désuet accent de la sincérité ou l'accent grave, d’autrefois, dans le patois de ma mélancolie, ou dans mon dialecte identitaire essentiel, celui de la folie. Mais au matin, quand ma tête s’agite, quand le jargon des mes insomnies fait du blanc dans ma nuit, j’apprends les langues absentes ; je veux devenir Jivaro et lancer à la volée des flèches puisées dans mes gibecières de mots, tirer des balles venues de mes cartouchières à jurons, plomber la bannière étoilée, lui retourner son rap et ses buzz. Je veux parler à Rimbaud dans une langue ancienne que la connerie censure, et si NTM a de la peine, ça fera rire les étoiles... Et Dieu s’en fout.

JMS

Publié dans Coups de gueule

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Je me demande

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Parfois je me demande pourquoi

Dieu créa le temps et tous ces contretemps où mon temps se perd

je me demande pourquoi la parole donnée et la parole perdue

je me demande pourquoi

ma mémoire et tous ses trous où se perdent mes mots.

 

J’attends que les étoiles me parlent

j’attends les cascades de sucre emplies d’avenir

j’attends que les enfants ne soient plus fusillés

par la faim, par la guerre.

 

J’attends l’amour plus fort que le canon.

 

Parfois je me demande pourquoi

Dieu créa le sens et tous ces contresens où ma raison se perd

je me demande pourquoi

ces amours éternels que la nuit emporte

pourquoi le rire, pourquoi la larme, la vie et la mort.

 

Tout m’alarme

le fini et l’infini

le bruit des matins sur les chants d’oiseaux

le dernier crissement de ma jeunesse sous la cicatrice de l’âge.

 

J’attends l’amour plus fort que la raison.

 

Tout m’alarme

de tout temps j’ai aimé les sens uniques et la parole droite

les promesses jamais reprises

et l’espoir comme une caresse heureuse

à jamais posée sur le labeur du jour.

 

Tout m’alarme

j’attends que les étoiles me parlent.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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T’appelles-tu mon fils, ma fille, ou l’enfant ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Toi qui es venu au pays des hommes

Toi qui es venu dans ce coin d’univers

Où les puissants vendent l’atome et le ciel

Accaparent le monde et oublient d’être hommes

 

T’appelles-tu mon fils, ma fille, ou l’enfant ?

Toi qui es venu sur une terre captive du goudron

 

Longtemps que j'attends ici, dans la déchirure des rêves

Je n’étais venu que pour dire

Le bruit de l’aile à l’envolée des oiseaux

Et la musique du jour quand l’espoir se lève

 

T’appelles-tu Luc, Natacha ou Lucie ?

 

Longtemps déjà que je vous attends

Dans ce pays sans ciel où l’avidité foudroie l’avenir

Où le ciel se négocie, où l’argent vaut l’enfer

 

T’appelles-tu l’enfant ?

 

Loin du goudron et du fracas des guerres

J’étais venu dire la beauté et l’amour

Dire, loin du goudron et du fracas des guerres

 

Prends mon cœur

Pour essuyer tes larmes

Prends ma main

Pour aller plus loin

 

T’appelles-tu mon fils ?

Dans ce capharnaüm des richesses

Où les sans terre crèvent de faim

 

T’appelles-tu ma fille ?

Dans ce monde où l’ambition remplace l’amour

 

T’appelles-tu l’enfant ?

Sur cette terre où les puissants oublient d’être hommes

 

Qui que tu sois, toi qui es fait de chair et de sang

Que tu sois d’âge ou de jeunesse

Loin du goudron et du fracas des guerres

Je voulais te dire

Le sentier de mes rêves

Le chemin de mes larmes

La route de l’avenir

 

T’appelles-tu Luc, Natacha ou Lucie ?

T’appelles-tu mon fils, ma fille, ou l’enfant ?

 

Je ne suis qu’un vieil enfant

Qui ne retrouve plus le chemin.

JMS - "Et leurs enfants pareils aux miens"

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Et l'amour, c'est où ?

Publié le par Cheval fou (Sananès)

J'ai trimé, j'ai travaillé, délavé le ciel, les nuages, l'escalier. Le tablier s'est usé à frotter l'établi du jour, à voir le soleil noircir.

L'heure est en pente raide, je piétine, glisse, m'éreinte, dit l'homme en route sur le chemin de l'âge. Entre deux sourires affaissés, il les regarde jamais contents et assoiffés de vouloir. La table toujours trop petite, jamais à leurs faims.
Le jour me lève, je cours, travaille, me glisse, m'insinue dans le flot des minutes, m'essouffle, piétine, cours, travaille, travaille.
Pas content le boss ?
Pas contente mon amour ?
Et les rires, les rires où sont-ils ? Dit l'homme assis sur un recoin aigre de sa mémoire.

Ce soir, le ciel est courroucé. Le lézard, le chat, le frigidaire, le petit frère et les trois sœurs, tous, sont assoiffés. Ils boivent, ils mangent tes heures et des quenelles, du chocolat  et des couleuvres, mais face à l'infini des désirs, ta vie est petite, si petite que tu la logerais dans une peau de chagrin. Et tu cours, tu cours, t'arrimes, t'éreintes à en faire plus et plus…
Tu  es seul sur la ligne d'horizon et le jour recule.
Le soleil est trop gris, le tablier usé. Et toi, toi tu en as assez, tu as envie de tout poser, de jeter le marteau et l'enclume, de retirer les doigts, et d'aller dormir.
Déjà au matin lundi est là, et tu as une overdose de vie. Tu veux fermer les yeux, fermer le jour, fermer la vie. Courir plus loin que Las Planas, plus loin que le Mont-Blanc, plus loin que Valparaiso, tu as de la neige dans tes cheveux, tu te sens petit, trop petit, et tes épaules sont étroites, trop étroites, ton genou est malade, tu ne veux plus courir. Les exigences sont grandes, trop grandes, et tes jours trop courts.
Tu te couches et tu te demandes.
Tu te lèves et tu demandes.
Et la vie, c'est quand ?
Et le rêve, c'est où ?

Je ne suis pas venu pour ça.
J'exige du soleil, des frites et des vagues, un horizon plus loin que les étoiles.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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L’immigré de l’intérieur

Publié le par Cheval fou (Sananes)

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 L’immigré de l’intérieur

 

Camarade,

Courons,

 de froid en nuit,

de trottoirs en poubelles

 

La ville m’a chassé

j’ai migré

mauvais côté du rire

côté mal espoir

j’ai migré

vers les banlieues sans travail

 

Là où, à l’arrache rêves,

Là où la nuit tue ses enfants

Là où l’on a faim, froid et peur

 

J’ai migré

loin d’opulence

et des terres promises

 

entre des tours de béton

et les jardins de nulle part,

loin de bien-être

 

Je suis l’immigré de l’intérieur

 

Chez vous,  

 

là où les vanités se chiffrent

à prix Dior

et les nippes se signent,

Fauchon fournit vos tables

 

Loin de nous

vous surfez sur le Web

 

Nous sommes une réalité virtuelle

 

Camarade,

j’ai faim, j’ai froid, j’ai peur

Courons

La mort et la violence

sont à nos trousses

 

En marge de la vie,

rongeons nos ongles

comme l’on dépèce l’espérance

jusqu’à la cornée du rêve

 

Un coin de soleil et de trottoir

pour nos vacances,

du déchet pour nos tables

 

Encore vivant, mon frère,

 

Là où le béton tue le ciel

je respire

là où la pauvreté

et la nuit désossent la peur

 

Je suis encore vivant,

vivant parmi le peuple des cartons

 

Je suis citoyen de la rue

exclu et sans droits

sans amour

sans ambassadeurs

je suis immigré de l’intérieur

 

Camarade,

Courons,

de froid en nuit,

de trottoirs  en poubelles

 

La mort et la violence

sont à nos trousses

Encore vivant, mon frère

 

En centre ville

la misère ne s’exhibe pas

 

Nous n’avons

que la légitimité du dérisoire 

 

Dans nos lits cartons,

oublions nos vies

 

La mort est une ivresse

 

JMS - In "À l’ombre des réverbères" - Éditions Chemins de Plume

 

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Japon-Libye : ai-je parlé trop vite ?

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Fallait-il que je reste de marbre, figé face aux douleurs du monde, que je regarde la douleur des autres, perché sur le piédestal de l’impuissance ? Aurais-je dû me demander s’il est judicieux d’aider des "peut-être intégristes" ennemis de la démocratie alors qu’un dictateur fou les massacre ? Aurais-je dû me demander si, face à un empoisonnement nucléaire, le principe de précaution s’applique aussi à une population dont le gouvernement par fierté nationale néglige l’utilisation des sauveteurs étrangers ? 

La question se pose. La conscience peut-elle être mise entre parenthèses et soumise à des motivations extérieures ?

Les Malraux, Hemingway et autres étaient-ils des niais manipulés ? Vu par Franco c’est certain. L’assassinat du poète Federico Garcia Lorca et par la suite de près d’un million d’hommes, et Guernica, furent-ils une simple parenthèse de la conscience ?

Certains politiciens, ces jours-ci à la télévision, tentent de nous faire croire que socialistes et staliniens c’est pareil. Pour eux, participer à un front républicain n’est pas une priorité. Le retour du pétainisme les inquiète moins que la démocratie. La bassesse politicienne leur parait plus rentable que la morale.

La question se pose, où réside la morale ? Un pacifique doit-il rester une fleur à la main quand les autres meurent ? Devrais-je devenir un idéaliste exilé dans un temps ailleurs alors que le cynisme fait loi ?

Je ne sais pas.

Cependant je sais que si, d’aventure, avant d’aller ramasser un accidenté, où avant de parler à un désespéré, il me devenait utile de lui demander ses papiers, ses options politiques, ou de lui demander s’il m’aime et pourquoi pas de savoir si mon action est rentable avant de l’aider, j’arrêterais de me regarder dans une glace et j’irais chercher mon humanité chez Marine.

 

Qui me fera croire que le calcul doit primer sur l’éthique ! Mais je ne suis pas politicien…

Publié dans Coups de gueule

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Japon : Les pompiers et les hélicoptères

Publié le par Cheval fou (Sananès)

L'incendie à la centrale de Fukushima

vu par Natacha

bientôt 6 ans et l'univers qu'on lui lègue

 

incendie-a-la-centrale-de-Fukushima.jpg

Le commentaire de Natacha :

Il y a des secouristes qui viennent du monde entier

Ils ont des nacelles pour récupérer les gens

et ils ont des poches pour récupérer les jouets

Dans les sacs à dos il y a de la nourriture,

mais mon dessin n’est pas terminé, je ne l’ai pas encore colorié !

Publié dans Informations

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