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Votez pour moi... Vendez vos âmes !

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Stupéfait, mon chat écoute la radio, la télé :

Votez pour moi

Vendez vos âmes ! Disent-ils

 

… Mais à qui vendre son âme : 

à Dieu, au Diable, aux Puissants ?

... si tous les tueurs, tous les voleurs,

tous les assassins du rêve habitent le ciel,

Dieu est-il encore assez riche pour ne pas brader mon âme ?

 

Mon chat ne sait plus,

le ciel a ses nuages,

mon chat a ses peurs et moi je ne sais rien.

JMS - Extrait de "Dieu, le silence et moi" - Editions Chemins de Plume

Publié dans Dieu le silence et moi

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Jean-Marc La Frenière : Prix du Public 2011 au Québec

Publié le par Cheval fou (Sananes)

 

JEAN-MARC LA FRENIÈRE, vient de recevoir, au Québec, le Prix du Public 2011 pour l'ensemble de son oeuvre. Cette prestigieuse récompense lui sera remise lors du Festival International de Poésie de Trois-Rivières (30 septembre au 9 octobre 2011).

 

 

Bibliographie Jean-Marc La Frenière :
- L'autre versant (2006)
Éditions Chemins de Plume 
- Parce que (2007)
Éditions Chemins de Plume 
- Manquablement (2009)
Éditions Chemins de Plume 
- J'écris avec la terre (à paraître décembre 2011)
Éditions Chemins de Plume 
- Un feu me hante
(2010) Éditions Art-le-Sabord/Québec -  Illustrations Lino  - (Prix Nouvelle Voix en Littérature)
- La langue est mon pays
(2010) Éditions Trois-Pistoles/Québec

   

Il manque l'essentiel

Petit, je ne jouais pas aux Indiens et aux Cowboys. J’arpentais la forêt, me prenant pour un loup. Je préférais les fleurs sauvages, la neige, le froid, les mésanges qui prient, les petites épées d’aubépine à l’écran lisse des écrans. En regardant le monsieur d’à côté, toujours malade et mal en point depuis la mort de son fils, je pensais à Dieu avec rancune. J’ai du perdre la foi lorsque mon chien est mort, écrasé par un train. Sans liberté, il est impossible d’aller plus loin, de repousser ses limites, de trouver la lumière. Sans amour, il manque l’essentiel. Il y en a qui traversent la vie les yeux clos, le cœur absent, le doigt dans le nez, la pédale au plancher, le portefeuille bandé, une montre dans la tête, sans se faire écraser. Ceux qui les suivent doivent ramasser les cadavres et les blessés qu’ils laissent. Je suis plutôt parmi les lents qui marchent au ras de l’herbe, saluant les insectes en regardant le ciel. Je n’ai jamais lu en esthète. Je dévore les mots comme on le fait d’un pain. J’écris en affamé qui recherche la source. Le soleil se lève derrière la colline. Sa tête de géant émerge des nuages, colorant de rose la brume sur le lac. J’aime cette heure humide où les grillons dorment encore. Il y règne une qualité particulière de silence.

 

Le jour peine à se lever. La brume s’attarde, emmêlée aux nuages. J’ai parcouru tant de pays mais le seul qui m’attire encore est celui de ma tête. Trop de neurones restent fermés. Je les entrouvre de la pointe d’un crayon. Je me perds sur la route. À tout moment, je me retourne pour voir si j’y suis. Est-ce l’ombre d’un autre ? Je me rejoins un peu plus loin. Je m’agrippe au néant. Je fais l’effort d’avancer. J’entretiens d'un feu brûlant les murs qui m’habitent. Quand la conscience me revient, je marche sur le bas-côté parmi les herbes tendres. Je n’ai aucun souvenir d’être venu ici. Un pic bois me regarde, jouké sur une branche, la huppe de travers comme un coup de pinceau. Le brouillard s’est levé. Le soleil sourit parmi les tournesols. Je ne suis plus qu’un œil fasciné qui absorbe tout.

 

La journée n’a pas encore pris son élan. Elle titube d’heure en heure. Des corbeaux croassent quelque part. Je me surprends à parler seul. Je m’adosse au tronc d’un arbre pour mieux me recueillir. Je me laisse ballotter par le rêve. Des lieux, des évènements, des paysages surgissent dans ma tête. Où êtes-vous mes copains, mes amis, mes frères ? Il y a toujours un mur entre les mots et ce qu’on voudrait dire. Les caresses les plus douces ne peuvent pas s’écrire. Jamais un crayon ne remplacera la main. L’enfant que je fus vit toujours en moi. C’est lui qui court à perdre haleine dans l’herbe des mots, s’écorche les genoux sur une virgule, la voix étranglée d’émotion. Dans la maison du cœur, un oiseau laisse un nid, quelques notes furtives, un duvet d’espérance. La terre donne ce qu’elle reçoit. Chaque bourgeon se gonfle de la tension des feuilles. Même l’ombre se charge d’une énergie solaire. Les trembles faseillent. Les abeilles bourdonnent. Les oiseaux chantent. Leurs ailes dansent dans mes phrases avec de l’encre et du pollen. La vie s’affirme dans les arbres et la poussière de l’eau, soit par la sève ou le plancton, la chlorophylle ou le limon, l’odeur de l’iode ou celle du fruit. J’avance entre les arbres. D’invisibles regards accompagnent les bruits. Chaque vérité recèle son secret. La faim a fait le pain, la fatigue le rêve. La fleur se purifie par sa complexité. La source s’agrandit des terres qui la boivent.

 

Allant vers l’intérieur, je cherche qui nous sommes. Je m’étends sur le sol. Le visage plongé dans les odeurs de l’herbe, je laisse la terre monter vers moi. Une même sève anime le fouillis des racines, les bras tendus des branches, le frémissement des feuilles. La pluie pose un baiser sur les lèvres du vent et le soleil caresse les hanches des collines. Dans la grande nuit des hommes, seuls les mots d’amour apportent la lumière et font grandir la flamme. Il y a longtemps déjà que l’on peint sur la pierre. Depuis le fond des âges, des bêtes millénaires témoignent pour la vie sur les parois rocheuses. Les images et les mots laissent entrevoir l’âme. Une énergie circule de l’insecte à la pierre, de la chair à l’étoile. Je demeure en attente de tout ce qui peut sourdre, toutes ces présences, ces voix, ces rumeurs, ces rythmes. Chaque pas sur le chemin doit conduire à la source. Je porte en moi tous ceux que j’aime. Ils me revitalisent et m’indiquent la voie.


Texte de Jean-Marc La Freniere - Publié dans : Prose

 http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Salon du livre de Thorame

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Les 10 et 11 septembre 2011 en gare de Thorame-Haute (04)

Salon du Livre du Haut-Verdon

organisé par les  Chemins de Fer de Provence en l'honneur du

100ème anniversaire de la création du  "Train des Pignes"

Un livret avec textes et photos d'auteurs est édité à cette occasion  par l’association Colmars Notre Patrimoine

et le Salon du Rail des Chemins de Fer de Provence

Photos : Olivier Joseph - Textes : Francis Abrad, Ile Eniger, J.M. Sananès.

Prix du livret : 4 Euros

-J-ai-reve-une-gare-.jpg

Publié dans Informations

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Zorica Sentic

Publié le par Cheval fou (Sananes)

je n ai pas de toit
 
moi, je n'ai pas de maison,  je n'ai pas de gîte
pas un abri, pas un seul nid ne m' abrite
je n'aime pas les plafonds bas ni les toitures
et les villas voilées de clôtures
qui font trempette sur la plage
hors de prix ça !
et plus de mon âge 
 
moi, je n'aime que les images et les sons
les rires et les soupirs
la moisson des chansons
les frissons et les gémirs
les abeilles, les guêpes et les cigales
les fourmis, les frelons, et les mygales
ça ne me fait ni rime ni raison
puisque les oiseaux n'ont ni toit ni maison
 
je n’ai pour amants que des mots taris
et un deux vieux ordinateurs pour maris
dans le jardin poussent des citrons vert-opales
tout juste ronds, à peine ovales
et  là, quelques vagues bleus à l'âme
jeux de couleurs, jeu de femme
 
j’entends souvent  pleurer les palmes du palmier
et les olives flirter avec ce tordu d’ olivier
si si, c’est vrai de vrai !
il suffit de regarder, au frais
a la bonne heure
les abeilles qui se butinent en cœur
les fleurs qui  ne se dévoilent
qu’à la brillance des étoiles
oh oui !
les étoiles brillent
et les planètes scintillent
tu connais ça !
eh l'autre !
comme si tu ne savais pas !
bon,  écoute voir la suite
je suis au bord de la cuite !
et les guêpes m'embêtent
les moustiques m’astiquent
et vive l’alouette !
une fourmi rieuse se pique
et le temps stoppe
je dois prendre une cloppe
non !
bien sur, petit con !
ma pendule est morte
et la pluie inonde une terre morte
l'orage gronde, grand son !
le  réveil vermeil
m’éveille au soleil
je gratte une ronde
pour quatre-vingts tours du monde
  
moi, je n'ai ni maison ni toit
oh, ça va !
on ne me la fait pas !
fous-rires de fourmis, mouettes moqueuses :
elles me recausent, les gueuses
d’un étrange oiseau qui gobe mes fruits
dans l'après midi.
il file sans un mot
à la vue du corbeau
ma coccinelle  revient  souvent
donner des nouvelles d'un ancien amant
   
mais tais-toi !
je ne t'ai rien dit
pourquoi tu souris ?
 
fraises des bois, murmures de mûres
bocal vide !
plus de confitures !
j’hésite entre des coquillages à la vanille
et un sorbet de pacotilles
mais, je n'aime pas les maisons de là-bas
parce que je n'ai ni  maison ni  toit
je ne t'ai pas non plus
je n’aurais pas dû…
et alors ?
alors et alors !
je veux retrouver les images des sons forts
ma passerelle d'amitié et mes retraites d'amours
mon abri de liberté, mes mots à rebours
mes amis cachés dans mon ordinateur
mes bêtes, l’alouette, la mygale et une fleur
 
et pour photographier les murmures du silence
je construirai une tour pour chatouiller
le ciel et  assouvir ma vengeance
et peut être enfin édifier
un phare sans couleur
un clocher alentour
un beffroi  de malheur
le donjon sans secours
 
ce serait une flèche du temps
avec  toi, l’éternel
un foyer  pour cent ans
singulier et pluriel
une maison trempée dans les nuages
une maison de renard perdu sur la plage
une maison dans les dunes
pour combler mes lacunes
un simple refuge pour mes lettres
un petit terrier, peut-être…
que dois-je dire encore
 
pour défendre mon sort ?
puis-je habiter dans un livre ?
 
dis-moi à quelle page il y aura assez de givre
pour me laisser écrire à jamais
sans effort et du premier jet
juste écrire avant de crever  et perdre la raison
je ne veux pas de maison
sans toi… 
 
Zorica Sentic
tiré de son recueil Eteins le silence


Publié dans Ils disent

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Étude sur les trous et le bon usage des trous

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Étude sur les trous et le bon usage  des trous

Si vous vous en êtes sorti, vous le savez, en matière de trous, la première difficulté est de les apercevoir. À l’évidence, les trous ont vocation à se dissimuler. Ils n’hésitent jamais à épouser la première forme venue, à s’embusquer aussi bien dans les casseroles, que dans les dents creuses et les trous de nez. Parfois même ils se terrent dans des oreilles si sourdes que les bruits de cœurs ne peuvent les emplir. Il en est même qui habitent des regards vides ou des esprits creux quand ce n’est  d’autres trous qu’il est mal séant de citer !

Pour s’assurer qu’un trou ne se cache pas dans un verre, il est conseillé de remplir le verre. Pour s’assurer qu’un trou ne se cache pas dans une tête, il faut la remplir de pensées, de poèmes, et d’histoires. Les trous sont partout. Soyez-en sûr, quand on ne les voit pas, ils se cachent.

Certains les diraient dissimulateurs ou hypocrites, mais n’en croyez rien, ils sont simplement discrets et effrayés par le bruit, la rumeur, et toutes ces choses que l’on met dans le vide des têtes. Les trous ont peur de se retrouver remplis d’images creuses ! Ils craignent les idéologues du virtuel, les chasseurs de trous et ceux qui sévissent entre le pouvoir et l’écran. Les tueurs d’imaginaire, les terrorisent, les trous ne veulent plus être habité par du vide. Ils veulent du rêve, de la bonté, de l’intelligence et de la musique. Les trous préfèrent les bonnes solitudes aux mauvaises cohabitations, ils disent que certains mots sentent mauvais. Ils fuient les pensées nauséabondes et, de ce fait vivent souvent si bien cachés qu’on ne les voit pas.

Comment apercevoir les trous ?

Les trous ressemblent souvent aux grandes idées, notamment à toutes celles qui ont toujours fait le creuset des religions et des idéologies rigoristes. Depuis la nuit des temps et depuis l’agitation des langues, des phrases et des mots, on en parle sans trop les voir, et ils ne semblent exister que lorsque des actes démontrent leur présence, ainsi tomber dans un trou peut en paraître une preuve, mais parler des trous c’est comme parler de la faim, en matière d’invisible il a toujours difficulté à décrire et démontrer. Il y a des choses que l’on voit et d’autres que l’on ressent.

Pourtant, du ventre de notre mère au trou final, les trous nous cernent. Ils nous côtoient, certains d’entre nous passent toute leur vie à vouloir en combler le vide pour bâtir leurs grands principes et pour s’en faire des consciences, d’autres passent leur vie à faire leur trou ou à sortir de leur trou.

Comme certains grands principes ou grandes religions qui ont fait leur trou dans la société, et bien que moins surveillés, les trous peuvent être tout aussi dangereux. À boire comme un trou on a des troubles de la raison et de l’équilibre, des troubles digestifs, des trous dans l’estomac, des trous de mémoire, des trous dans ses poches. À se faire trouer la peau au nom des grandes idées, on meurt sans même prendre le temps de faire son trou.

Mais nous le savons bien, les trous n’ont pas plus de vocations joyeuses ou ludiques que de vocations morbides, ne tournons plus autour des trous, soyons pragmatiques, les trous ont aussi de multiples usages : parlons de leurs utilisations les plus communes.

Application 1 : Le tube

Pour faire un tube, il vous faut prendre un trou cylindrique et l'habiller de fonte, de plastique ou d’argile, sitôt fait, vous pourrez l’utiliser en tuyau pour un usage ménager.

En musique la recette est un peu différente : choisissez un trou cylindrique de petite taille, 6 à 8 millimètres, habillez-le de 15 centimètre de vinyle puis remplacez le trou central par de l’air, mais un air de musique bien sûr, et vous aurez un bon vieux 33 tours, si vous êtes plus moderne habillez le de polycarbonate pour en faire un CD.

Nota 1: certains trous habillés de musique font d'excellents tubes.

Nota 2 : depuis nos vieux 78 tours, il est courant que les meilleurs tubes contiennent de la musique, des idées, de la poésie, beaucoup ont fait 33 révolutions à la minute.

Nota 3 : les bonnes idées peuvent être d'excellents tuyaux.

Avertissement.

Sachez qu’être au fond du trou, n’est jamais bon signe

Application 2 : La boîte

Pour fabriquer une boîte, il vous faut, dans un premier temps, trouver un trou de forme adaptée à votre projet, qui lui même doit trouver une idée pour être utile et creux, ce qui dans ce cas précis n’est pas antinomique. Choisissez toujours un trou de bonne qualité, parfaitement évidé et transparent. Évitez les trous de mémoire, trop faciles à perdre, de même que les trous à la banque trop souvent onéreux, les trous d’ozone et les trous de la Sécu à taille toujours incertaine. Soyez vigilant, n’utilisez pas de trous de serrure si vous n’en avez pas la clef. De même ne cherchez pas de trou dans les trous perdus, ils sont impossibles à trouver.

Soyez simple, faites dans la proximité.

Si vous habitez dans un trou, utilisez la matière locale et faîtes toujours selon vos moyens. Ne vous laissez jamais troubler. Si vous êtes ambitieux, exploitez des mines de trou à ciel ouvert. Si vous êtes un petit faiseur, achetez du gruyère, videz-le de ses trous, alignez-les pour en faire des cubes ou des parallélépipèdes, sans jamais oublier que la plus grande méfiance s’impose car il faut toujours évitez les trous noirs, les trous d’air, les trous d’eau, les troupeaux de rien, et l’ivresse du trou normand…  et surtout, méfiez-vous des trublions et des bouches trous.

Là, quand vous avez votre trou, façonnez-le avec application : posez du papier sur le tour du trou ou, faute de papier, habillez l’extérieur du trou sur 5 côtés pour ne pas fermer complètement la boîte. Cela fait, soyez très fier de vous, vous avez traqué et cerné le trou, votre boîte est faite.

Cependant n’oubliez jamais que tout doit se faire avec la plus grande attention, si vous tombiez dans le trou, la mise en boîte pourrait vous être fatale.

Nota 1 : si vous êtes méthodique et sobre choisissez de préférence des trous de forme cubiques parfaits pour des idées carrées.

Nota2 : si vous êtes fantasque, distrait ou lettré choisissez des trous parallélépipédiques rectangles, ils s’adaptent mieux aux idées courbes.

Là encore, les bonnes idées peuvent faire les bons tuyaux.

Leçon de mise en boîte :

Si votre travail vous plaît, c’est que la mise en boîte a pris forme, il ne vous reste plus qu’à trouver un naïf, et pour cela, il vous faut mettre un appât au fond de la boîte qui entoure le trou.

Sitôt que le naïf mord à l’appât, avant même qu’il ne se retourne, vous vous devez d’habiller le 6ème côté de la boîte, de bois, de plastique ou de carton, sans rien laisser dépasser du trou.

Si le naïf se débat, avant qu’il ne s’échappe, renforcez rapidement la boîte et jetez-la dans un trou !

JMS

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Promesse de l’aube grise (pamphlet)

Publié le par Cheval fou (Sananès)

 Je suis assis, carrefour des aubes grises, là où vacillent des champs d’espoirs anciens. Les petits bonheurs font illusion, les grands bonheurs sont en croise-ailleurs.  Je viens de loin, j’ai fait le voyage intérieur, j’ai fait le compte et le décompte, j’ai l’âme ébréchée, le cœur écorché, l’oiseau qui m’habitait semble cloué à de vieilles nostalgies.

Pour la première fois depuis cent mille ans, pour la première fois depuis que j’ai quitté mes grottes du Hoggar, depuis que mon frère de Tautavel a migré emportant le cri des vents, depuis que j’ai fui la vieille Mésopotamie, pour la première fois, le monde rétrécit.

Moi qui viens de mémoire sapiennes, je vous le dis : le bilan est mauvais.

J’ai peur comme quand il fait nuit et froid.

Comme quand j’ai mal de Toi.

Pourquoi n’existes-Tu pas pour allumer la torche des prières ?

Où as-Tu mis le rêve ?

Au décompte de l’espoir, je ne trouve que des enfants qui ont peur, du sang et de la faim.

J’ai peur du crépuscule des rêves et de l’aube grise.

Ils sont là les mange-promesses, les dresseurs de mensonge, les mange-planètes et les démagogues

Assis au carrefour des aubes grises, je voulais croire, mais en matière de promesse tout ne va pas aussi bien que ça. Pourtant, main sur le cœur ils avaient dit :

Le droit au logement, la fin des sans abris, la fin de la faim…

Mais… c’est quand ?

Tout pose problème.

Cela me perturbe.

Les rêves inutiles m’éparpillent, je meurs en utopie et poèmes surannés.

J’arrive trop tard, Sniper vomit sa haine. L’humanisme n’a plus cours.

Est-ce la banque-route de l’espoir ?

Devrais-je changer et participer, entrer de plain-pied dans ces temps nouveaux ? 

La question se pose, devrais-je apporter ma pierre aux déréglementations de la conscience ou, de façon plus appropriée, ôter ma pierre du vieil édifice de la solidarité et de l’éthique ?

Au décompte de l’espoir et des enfants qui ont peur, dois-je me demander :

À quoi donc peut servir un homme si l’on ne peut en faire un chômeur ?

Si l’on ne peut le soumettre ?

À quoi donc peut servir un homme si l’on ne peut en faire un esclave du nouvel ordre mondial ?

Dois-je me demander :

À quoi donc de nos jours servirait une conscience si l’on ne pouvait s’asseoir dessus ?

Hé oui, les temps sont là mon vieux Shakespeare, la société pose ses lois. Faut-il en être ou ne pas en être ?

Pour m’intégrer, devrais-je surveiller, espionner mes voisins, croire que "La dénociation est un devoir républicain" ? 

Les temps changent et moi-même je change, j’en arrive à me demander : où en est le fichage des bébés ?

 

Au carrefour des aubes grises je deviens raisonnable, je suis de notre temps. Les fichiers de la délation organisée me m’interrogent plus, je rentre dans l’ordre, je déballe des mots bottés, j’écris des marches militaires et des discours anti-écologiques. Pour sûr, j’ai loupé Vichy, mais qu’à cela ne tienne, je suis bon teint, j’adhère aux grands projets : tenez, dès demain, je pars repérer les bébés délinquants !

Aujourd’hui, amis de l’aube grise et chers amis con-citoyens, je vous le demande, apportons tous ensemble notre contribution aux nouvelles exigences du projet social. 

Amis bien-pensants, dressons les bébés fortes têtes. Sanctionnons les, passons leur l’uniforme que j’ai spécialement créé pour les bébés hurleurs.

Avec moi, remettez  à l’ordre du jour un de ces bons vieux journaux qui fleurissaient sous Vichy. Non ce journal ne se nommera pas l’Anti-bébé mais :

Le Matricule des Langes.

Journal garanti non révolutionnaire

 

Chers amis et con-citoyens, soyez actifs,  soyez de votre temps !

Vous êtes conviés à m’adresser des photos, des noms, des adresses de bébés délinquants.

J’attends !

Je n’habite plus les Promesses de l’aube grise, je consume le noir des heures

J’attends.

Votre dévoué Collaborateur

Âne Fou

JMS - "Et leurs enfants pareils aux miens"

 

Uniforme

  

le-matricule-des-langes-centre-2-jpg.jpg

matricule n°1264

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Carnet de notes

Publié le par Cheval fou (Sananès)

carnet-de-note-jpg.jpg

JMS - Carnet de notes

Publié dans Aphorismes de JMS

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Devenir homme

Publié le par Cheval fou (Sananès)

On ne devient un homme que lorsque l’on comprend que la tendresse n’est pas une forme nécessiteuse de l’amour mais la pleine expression de l’amour hors des contingences des exigences du désir.
J’affirme que sans tendresse, il n’y a pas d’amour authentique.

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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Ô ma douce

Publié le par Cheval fou (Sananès)

Ô ma douce

Si tu savais, moi, ton ténébreux chevalier

Ton forgeur de rêves et de tendresse

Sous la lune aux clartés dépolies

Alors que le vent tire ses nuages

à l’ombre bleue d’une nostalgie attardée

Si tu savais

Moi, ton forgeur de rêves et de tendresse

Moi qui parcourt l’innocence des pays d’enfance

Je me suis fait attaquer

 

Ô ma douce

Ils sont venus à plusieurs

Ils sont venus du fond du printemps

Du profond de l’été et de partout

Ils ont déchiré ma quiétude et la saveur des lavandes

Maintenant, j'ai mal à mon orteil droit à mon pied gauche

Sans me monter le coup, j’ai mal partout

Par chance, ils ne s'en sont pris ni au cœur

Ni au noyau de mon âme

Ils n’ont rien touché de ma conscience ou de mon envie de rire

Ce n’est que du sang qu’ils m’ont arraché

 

Ô ma douce

Les as-essaims du clair de nuit

En bande sont venus

Leurs hordes-z-ailées m'ont mordu

Les bras les jambes

Tant et si bien que moi-même, ton capitaine courage

J'ai pris mes jambes à mon cou, mon tuba bleu

Et je me suis caché dans la baignoire


Modeste victoire

Les moustiques iront manger ailleurs

Rassure-toi, je ne leur ai pas dit que tu étais douce et délicieuse

Et surtout, je ne leur ai pas donné ton adresse

Si tu en vois, je n'y suis pour rien
Mais s'ils te disent je t'aime, alors sûr que j'y serai pour quelque chose.

JMS

Publié dans Dieu le silence et moi

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Exposition Slobodan

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Invitation-expo-slobodan.jpg

Publié dans Informations

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