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Ile Eniger : La part du pèlerin

Publié le par Cheval fou (Sananes)

La part du pèlerin

Dans quel monde vivons-nous qui ne sait – ne veut - rien voir, entendre, dire, qui ne soit sous la férule de la grande illusion ? La folie destructrice de l'homme court à son apogée. Indifférente, laxiste, accommodante. Partout des leurres. Le culte suprême du plaisir, ronge. Il n'y a pas de petits écarts, même les plus anodins (ceux que l'on s'accorde comme les plus anodins), modifient la vie. Chacun est vecteur de la route. Rien ne peut changer sans décider de faire d'abord en Soi. La part du pèlerin. Le monde va mal parce l'humain va mal. A mal fouler le raisin, le vin vire au vinaigre. Aucun discours, velléités, duperies, réseaux miroirs aux alouettes, ne réparent la part manquante. Seuls les actes d'un simple amour journalier cultivent le meilleur pour tous. C'est par l'infinie transparence et la proximité d'êtres qui s'aiment que la vie sera aimante ou ne sera pas. Nous sommes responsables du monde que nous laisserons à nos enfants, nous sommes responsables des enfants que nous laisserons au monde. Voilà pour la réflexion du jour ! Maintenant, je me rends au silence des arbres, à la messe des herbes dans le grand champ naturel. Leurs présences sûres, réconfortantes. Allons, le jour a ouvert sa galerie d'art, la gratuité de la merveille donne le vertige. Le bon vertige. Celui qui ouvre le travail d'équilibre. Nous avons le monde que nous méritons. Le labourage à ensemencer commence dans l'âme de chacun. C'est dans la rencontre exacte du vertical et de l'horizontal que le point de conjonction met en place la levure du vivre dans la joie. L'amour est une terre cultivable.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (A paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Les mots

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Les mots n’ont pas de prix  
ils ont la taille et la dimension
de la lumière qu’ils contiennent
 
Ils étincellent comme des éclats de cristal
quand le verbe cisèle l’amour

Chaque mot est noyau d’univers
chaque pensée qu'il contient
est parcelle du tout


Les mots ont la largeur du vent
l’étroitesse de la haine
l’immensité de la passion
la hauteur du projet


Ils sont à la taille du temps
aucun livre ne les enferme

Chaque mot est un cri
qui défie le néant
chaque mot porte plus loin que lui


Jamais je ne vénèrerai
les mots qui excluent l’autre
seul le mot respect est mon maître

lui seul m'enseigne la certitude d'être en paix avec l’univers
lui seul m'affirme que je n'ai d’autre boussole que ma conscience

 

J’ai l’intime conviction que je serai en paix avec l’univers
tant que je n’aurai d’autre boussole que ma conscience.

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Bruno Odile "LA COLLINE AUX CIGALES"

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Devenir, c’est avoir été.

Tout est invisible pour mes sens. Je me construis dans la lumière qui agonise. Dehors, c’est ici et maintenant. Mon chagrin sculpte les osselets de la mémoire, des os s’entrechoquent dans un épais brouillard. Le grand chapelet de tes sourires s’éteint sous mes doigts. Mon refuge ressemble à la dispersion de tes cendres. Incertain de moi-même, j’habite un temps la porte qui nous sépare. Ma raison a longtemps traficoté avec les faussaires de la perte, étayant le moindre recoin d’abstinence. Le souffle interrompu n’a rien d’une cicatrice, je respire des flaques de poussière recouvrant ton prénom. Nous avons laissé derrière nous un grimoire de silence, une auge à demi camouflée de prétentions inassouvies. Nous n’avons pas pu terminer et c’est cela qui grince dans mes poumons. C’est cette sensation d’arrachement avant le terme qui lamente mon désir. Je t’ai perdue en plein cœur de mon évolution et cela nuit à l’affranchissement de mon âme. A mon tour de fermer les paupières et d’accabler la défaite. J’ai perdu le goût où s’éventrent les sentiments. Je n’ai conservé de toi que la route qui mène à demain. Sur le chemin aux hautes courbes, mon cœur s’est retourné contre le tien, mon amour palpite et tu ne dis plus rien. Le sol est habitable autant que le vide qui semble de l’air. Je ne pars pas, je reviens. 

Le passé toujours nous rattrape, nous sommes ce que nous avons vécu. Il n’y a pas d’ombre plus grande que l’expérience accumulée. Dans cette condition, oublier serait se détourner de soi. 

Je suis le résultat de ce chemin par lequel j’ai traversé le temps. Il convient dès lors d’accepter, d’intégrer et de digérer les heures avalées. Mon esprit et mon corps ont besoin d’une forme de cohérence pour entreprendre sereinement la route à venir.

Aujourd’hui est forcément un jour neuf à appréhender. Etre dans l’immédiat, c’est l’intégrer de tout ce qui résulte de soi sans occulter ses sens. C’est offrir à son appréciation tout ce qui nous est perceptible. C’est intégrer la mort, l’absence et l’inachevé de nous-mêmes pour faire feu de tout bois. Devenir, c’est avoir été. Sans cette notion capitale, l’oubli ne serait qu’une fuite et une parade. Nos fantômes sont des trésors. Des braises toujours prêtes à la renaissance du feu.

L’attente a vécu ses justes moments. Celui du vent tissant vingt grammes de semence, celui du rêve qui se dégourdit les jambes. L’instant est net lorsqu’il frappe à ma porte. Mon cœur s’ébruite comme un violon sans corde que tes mains caressent dans l’ombre. Mon âme insomniaque rivalise d’éternité sous la fenêtre où ton visage fait les cents pas. Le goût des jours heureux n’a pas de posture, il salive dans la mémoire bernée par les heures qui s’enchevêtrent les unes aux autres.

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©

http://lacollineauxciga.canalblog.com

Publié dans Ils disent

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Comme dit mon chat ! (Aphorisme)

Publié le par Cheval fou (Sananes)


Mon chat dit :

si la pensée horizontale a la platitude d’une limande en hiver,

c’est que ses certitudes n’ont jamais trouvé leur fil d’aplomb !

Publié dans Comme dit mon chat

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Ile Eniger

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Un ours danse seul

Quand se perd le chemin, à la boîte à lettres du jour, l'enveloppe est vide. Des postures mesurées s'insèrent, elles évitent les cailloux, coupent les épines et les ongles. Les oiseaux, les arbres, tant de choses qui prendraient trop de place ici pour être énumérées, perdent leurs rêves par hasard, comme blanchissent les cheveux. La pluie égare son arrosoir, le chat ne parle pas, le ruisseau ne rit plus, le vent s'époumone pour rien, les poches renoncent à leurs trésors, les boutons s'accrochent aux chemises, les heures tombent du clocher sans toucher une oreille. Le vélo vert a perdu sa sonnette. Quand s'abandonne la marche sur le fil, la maison dans les airs, le livre ouvert et le pot de confiture, ne restent que les gestes raisonnables, les pensées prudentes, quelques photos figées sur la cheminée muette. La petite fille tresse ses nattes bien serrées, comme sa gorge. L'ébouriffant, cloué sur une porte de grange vide, décolore lentement. Ces jours de tiroirs bien rangés désertent les tapis volants, mangent la soupe froide, ne dessinent plus rien dans la buée des vitres. Triste, un ours danse seul, sur une place où personne ne s'arrête. Je rentre à la maison, l'écrire en soulève la poussière. Je me suis égarée tant et tant que le ciel paraît lourd, l'horizon brouillé. Une cisaille abrège les reliefs. Je peine dans l'herbe des vestiges. Les pierres de chemin sont indifférentes. Les ronces et les orties ont perdu leurs fleurs. Quelle est cette poisse qui retient mes semelles ? Cette brume qui floute ma destination ? Un chant de coq indique le matin ou la trahison. On ne revient jamais que de soi. On ne revient jamais qu'à soi.

Ile Eniger - Le monastère de l'instant - (à paraître)

http://insula.over-blog.net/

Publié dans Ils disent

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Jean-Marc La Frenière

Publié le par Cheval fou (Sananes)

On fait son trou

Tout doucement, on fait son trou. On se prépare à la neige, à la pluie, à la mort. Les bouquets de pervenches ne chantent plus qu’en habit de concierge. Le saule noie ses larmes sous son ciré de feuilles. L’herbe verte compte ses blessés. Les urubus et les vautours boivent la crasse des chiens morts. Les bouteilles qu’on couche paient pour la rançon du temps. La soif fait provision d’eau morte. Les trompettes du bonheur sont bouchées. Les toilettes débordent. De gros nuages noirs éclaboussent le ciel. La veilleuse blanche des harfangs mange de l’ombre. La rosée n’arrive plus à digérer l’espoir. Le bois des chaises se retient de pleurer. Le temps mâchouille ses atouts et les crachent à la hâte. La main ouverte aux songes a fermé ses caresses. Est-il déjà trop tard pour croire à la rosée, à l’abeille, à la brume ? Je m’ennuie de ce temps où l’homme labourait la terre pour qu’elle sache le nourrir, où les arbres se parlaient en oiseaux pour apprendre à aimer.

http://lafreniere.over-blog.net/ Publié dans : Poésie

Publié dans Ils disent

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Lettre à Pierre Autin-Grenier

Publié le par Cheval fou (Sananes)


Ton regard amusé reste là
posé sur la rumeur tonitruante qui t’entourait

Tu es parti, disent-ils
n’en crois rien
tu vois bien que la vie ne part pas
elle s’arrête
mais tout reste en place

Tu crois avoir rangé ton habit de terrien
mais il n’en est rien
tu bruisses entre des fils d’encre vive
et encore tu ris
dans les chambardements de l’absence

Tu ne peux pas ne pas savoir :
la poussière d’âme est tenace sur le blanc des papiers

Tout reste
tout est là
l’absence n’emporte rien
seules certaines choses ne se ressembleront plus

Tu le sais
partir n’efface que les lendemains

Dans cette intermittence des heures
nous aurions pu nous mieux connaître
ici raisonnent encore
des soupçons d’amitié inachevée

Tu es là
dans cet hier
où tu glisses sur des rires et des sympathies

L’indicible d’un regard pèse par-dessus mon épaule.

 

jms

 

Publié dans JMS - A paraître

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Dis-moi

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Dis-moi

Publié dans JMS - A paraître

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Être un homme et ne pas savoir, est-ce cela le bonheur ?

Publié le par Cheval fou (Sananes)

http://terresacree.org/concentr.htm

http://terresacree.org/concentr.htm

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Est-cela qu'être Homme ? J’appelle au cri et à la colère

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Cosmique,
la douleur glisse dans le silence,
glisse comme le serpent déroule la nuit.
Partout
les écrans s’agenouillent
au confort des consciences

Être un homme et ne pas savoir
où habite la douleur,
est-ce cela le bonheur ?

Un silence blanc
un silence noir
oblitèrent des douleurs-poignards
et le cri majuscule que devrait porter chaque conscience.

Devant les écrans
et les flonflons de vos fêtes,
passent l’hermine et le vison,
coule le champagne.
Dehors une douleur cosmique,
venin silencieux,
déporte la raison.

Partout
les écrans s’agenouillent
au confort des consciences
et, minuscule,
le cri se meurt d’indifférence.

À regarder l’ignominie triomphante
des massacreurs de vie,
à voir l’acharnement de tous ceux
qui, au nom de la raison économique
usent et abusent de la douleur du vivant,
à voir ceux qui tirent leur jouissance
de la contemplation de la mort et de la souffrance,
je m’arrache le cri
jusqu’au plus profond de l’humain

Où sont donc passés les jardiniers de l’amour
quand l’homme, chaque jour,
répète les mêmes crimes et les mêmes silences ?

17 heure 04
Télé aveuglement éteint
J’ai vu les Himmler de laboratoire
et leur satisfaction dégoulinante sur la souffrance des victimes.
J'ai vu les marchands de foie gras
éviscérer à vif sans mesurer leur crime.


J’appelle au cri et à la colère
tous ceux qui s’élèvent contre la douleur industrielle,
tous ceux qui s’insurgent
quand on parque et encage des animaux
 dans des espaces d’engraissements si petits,
qu’ils ne quittent leurs mangeoires
 que pour rejoindre l’abattoir.

J’appelle à l’insurrection des cœurs
tous ceux qui hurlent contre les mises à mort
sans jamais dénoncer
ni la barbarie ni l’abomination
des camps de concentration
qui précédent l’extermination du vivant.

Je dénonce le silence,
et les coupables de silence.
Je dénonce ceux qui tolèrent l’élevage industriel,
l’écorchement des bébés phoques,
le démembrement à vif des grenouilles,
l’amputation des requins jetés à l’agonie,
le massacre des dauphins.

Je dénonce ces fausses civilisations
qui, au nom de la coutume et du spectacle,
plantent leurs lances et leurs épées
dans la douleur des taureaux.

Je désigne comme criminels
ces scientifiques pervertis
qui fabriquent des pondeuses génétiquement trafiquées,
et qui, du haut de leur suffisance,
exercent leurs sorcelleries expérimentales
sur nos cousins les primates et des millions d’animaux.

17 heure 24
Télé aveuglement fermé,
j’ai vu et j’affirme
que devant le bâillonnement des consciences
je préfère être clown et poète,
ami d’un bonobo qui essuie les larmes de son maître,
ami de n’importe quel chien qui protège un enfant,
que de me sentir frère
d’une engeance de laborantins qui martyrise des lapins, des singes et des chats.
Et j’affirme être étranger
à leurs congénères arracheurs de fourrures,
tueurs de rhinocéros, d’éléphants, de tigres, et d’ours
et de tous autres industriels de l’élevage intensif.

Le vivant, Messieurs les tortionnaires,
ce n’est pas que de la viande
ou son équivalence en fric.
Le vivant est un chant de joies et souffrances ordinaires,
cette souffrance que vous distribuez si généreusement
tant elle ne vous coûte rien
et tant vous la niez !

L’homme originel est devenu produit économique
conditionné à prendre, profiter, tuer.
il ne sait plus rien de l’essentiel,
des valeurs non négociables.
Il ignore volontairement le respect de la vie.
Les frontières de son univers sont courtes :
Il va que de son ego à son ambition,
les autres n’existent pas.
S’il le faut, demain,
il fera de ses semblables des denrées utilisables,
des unités de travail,
de la matière médicale destinée à réparer les puissants.

L’homme nouveau a hypothéqué son âme
il est devenu un expert en profits !

Mais l’homme existe-il sans compassion ?

Messieurs les rationalistes,
Messieurs les productivistes,
je vous accuse
d‘avoir fait du monde
un Dachau à ciel ouvert
pour les animaux,
mais pas seulement,
d‘avoir fait du monde
un Dachau à ciel ouvert
pour tous ceux des vôtres
que vous jugez inférieurs !

Vous vous croyez homme-étalon
mais c’est votre brutalité
que vous avez érigée en modèle sociétal.

Je vous accuse
d’avoir fait un monde à votre image
où le barbare vit sans uniforme,
où les galons se prévalent du sang et de la sueur versés.

Je vous accuse
d’avoir fait de la vie des hommes,
des animaux et de tout le vivant,
une marchandise soumise à vos appétits démesurés.

Messieurs les rationalistes
Messieurs les productivistes
vous ne savez plus ce que c'est qu'être humain.

Car être Homme,
c’est être capable de mesurer la portée de ses actes,
c’est savoir différencier la justice et l’infâme,
c’est porter en soi un devoir de fraternité et d’humanité
envers tout ce qui vit.
C’est savoir qu’aucun profit ne doit naître de la souffrance d'autrui.
Être Homme
C’est se savoir responsable et respectueux de la vie,
de toute la vie.


Cosmique,
la douleur glisse dans le silence,
glisse comme le serpent déroule la nuit.
Partout les écrans s’agenouillent.

J’appelle à la Conscience.

 

http://terresacree.org/concentr.htm

 

Est-cela qu'être Homme ? J’appelle au cri et à la colère
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