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Lettre à Pierre Autin-Grenier

Publié le par Cheval fou (Sananes)


Ton regard amusé reste là
posé sur la rumeur tonitruante qui t’entourait

Tu es parti, disent-ils
n’en crois rien
tu vois bien que la vie ne part pas
elle s’arrête
mais tout reste en place

Tu crois avoir rangé ton habit de terrien
mais il n’en est rien
tu bruisses entre des fils d’encre vive
et encore tu ris
dans les chambardements de l’absence

Tu ne peux pas ne pas savoir :
la poussière d’âme est tenace sur le blanc des papiers

Tout reste
tout est là
l’absence n’emporte rien
seules certaines choses ne se ressembleront plus

Tu le sais
partir n’efface que les lendemains

Dans cette intermittence des heures
nous aurions pu nous mieux connaître
ici raisonnent encore
des soupçons d’amitié inachevée

Tu es là
dans cet hier
où tu glisses sur des rires et des sympathies

L’indicible d’un regard pèse par-dessus mon épaule.

 

jms

 

Publié dans JMS - A paraître

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Dis-moi

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Dis-moi

Publié dans JMS - A paraître

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Être un homme et ne pas savoir, est-ce cela le bonheur ?

Publié le par Cheval fou (Sananes)

http://terresacree.org/concentr.htm

http://terresacree.org/concentr.htm

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Est-cela qu'être Homme ? J’appelle au cri et à la colère

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Cosmique,
la douleur glisse dans le silence,
glisse comme le serpent déroule la nuit.
Partout
les écrans s’agenouillent
au confort des consciences

Être un homme et ne pas savoir
où habite la douleur,
est-ce cela le bonheur ?

Un silence blanc
un silence noir
oblitèrent des douleurs-poignards
et le cri majuscule que devrait porter chaque conscience.

Devant les écrans
et les flonflons de vos fêtes,
passent l’hermine et le vison,
coule le champagne.
Dehors une douleur cosmique,
venin silencieux,
déporte la raison.

Partout
les écrans s’agenouillent
au confort des consciences
et, minuscule,
le cri se meurt d’indifférence.

À regarder l’ignominie triomphante
des massacreurs de vie,
à voir l’acharnement de tous ceux
qui, au nom de la raison économique
usent et abusent de la douleur du vivant,
à voir ceux qui tirent leur jouissance
de la contemplation de la mort et de la souffrance,
je m’arrache le cri
jusqu’au plus profond de l’humain

Où sont donc passés les jardiniers de l’amour
quand l’homme, chaque jour,
répète les mêmes crimes et les mêmes silences ?

17 heure 04
Télé aveuglement éteint
J’ai vu les Himmler de laboratoire
et leur satisfaction dégoulinante sur la souffrance des victimes.
J'ai vu les marchands de foie gras
éviscérer à vif sans mesurer leur crime.


J’appelle au cri et à la colère
tous ceux qui s’élèvent contre la douleur industrielle,
tous ceux qui s’insurgent
quand on parque et encage des animaux
 dans des espaces d’engraissements si petits,
qu’ils ne quittent leurs mangeoires
 que pour rejoindre l’abattoir.

J’appelle à l’insurrection des cœurs
tous ceux qui hurlent contre les mises à mort
sans jamais dénoncer
ni la barbarie ni l’abomination
des camps de concentration
qui précédent l’extermination du vivant.

Je dénonce le silence,
et les coupables de silence.
Je dénonce ceux qui tolèrent l’élevage industriel,
l’écorchement des bébés phoques,
le démembrement à vif des grenouilles,
l’amputation des requins jetés à l’agonie,
le massacre des dauphins.

Je dénonce ces fausses civilisations
qui, au nom de la coutume et du spectacle,
plantent leurs lances et leurs épées
dans la douleur des taureaux.

Je désigne comme criminels
ces scientifiques pervertis
qui fabriquent des pondeuses génétiquement trafiquées,
et qui, du haut de leur suffisance,
exercent leurs sorcelleries expérimentales
sur nos cousins les primates et des millions d’animaux.

17 heure 24
Télé aveuglement fermé,
j’ai vu et j’affirme
que devant le bâillonnement des consciences
je préfère être clown et poète,
ami d’un bonobo qui essuie les larmes de son maître,
ami de n’importe quel chien qui protège un enfant,
que de me sentir frère
d’une engeance de laborantins qui martyrise des lapins, des singes et des chats.
Et j’affirme être étranger
à leurs congénères arracheurs de fourrures,
tueurs de rhinocéros, d’éléphants, de tigres, et d’ours
et de tous autres industriels de l’élevage intensif.

Le vivant, Messieurs les tortionnaires,
ce n’est pas que de la viande
ou son équivalence en fric.
Le vivant est un chant de joies et souffrances ordinaires,
cette souffrance que vous distribuez si généreusement
tant elle ne vous coûte rien
et tant vous la niez !

L’homme originel est devenu produit économique
conditionné à prendre, profiter, tuer.
il ne sait plus rien de l’essentiel,
des valeurs non négociables.
Il ignore volontairement le respect de la vie.
Les frontières de son univers sont courtes :
Il va que de son ego à son ambition,
les autres n’existent pas.
S’il le faut, demain,
il fera de ses semblables des denrées utilisables,
des unités de travail,
de la matière médicale destinée à réparer les puissants.

L’homme nouveau a hypothéqué son âme
il est devenu un expert en profits !

Mais l’homme existe-il sans compassion ?

Messieurs les rationalistes,
Messieurs les productivistes,
je vous accuse
d‘avoir fait du monde
un Dachau à ciel ouvert
pour les animaux,
mais pas seulement,
d‘avoir fait du monde
un Dachau à ciel ouvert
pour tous ceux des vôtres
que vous jugez inférieurs !

Vous vous croyez homme-étalon
mais c’est votre brutalité
que vous avez érigée en modèle sociétal.

Je vous accuse
d’avoir fait un monde à votre image
où le barbare vit sans uniforme,
où les galons se prévalent du sang et de la sueur versés.

Je vous accuse
d’avoir fait de la vie des hommes,
des animaux et de tout le vivant,
une marchandise soumise à vos appétits démesurés.

Messieurs les rationalistes
Messieurs les productivistes
vous ne savez plus ce que c'est qu'être humain.

Car être Homme,
c’est être capable de mesurer la portée de ses actes,
c’est savoir différencier la justice et l’infâme,
c’est porter en soi un devoir de fraternité et d’humanité
envers tout ce qui vit.
C’est savoir qu’aucun profit ne doit naître de la souffrance d'autrui.
Être Homme
C’est se savoir responsable et respectueux de la vie,
de toute la vie.


Cosmique,
la douleur glisse dans le silence,
glisse comme le serpent déroule la nuit.
Partout les écrans s’agenouillent.

J’appelle à la Conscience.

 

http://terresacree.org/concentr.htm

 

Est-cela qu'être Homme ? J’appelle au cri et à la colère
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Printemps des Poètes 2014

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Printemps des Poètes 2014

Publié dans Informations

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Aphorisme

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Quand le poète a la langue chargée
Il éternue des virgules et des pieds

Et quand le poète perd pied, le vers est imbuvable.

JMS

Publié dans Aphorismes de JMS

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Si loin

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Si loin

Peuple aux étranges beautés
fils des dieux perdus
hommes de nulle part jetés dans ce chaos
où les vérités s’étripent au nom de l’Unique

Peuple si loin
de cet univers où la vie ploie
sous le poids des ambitions

Peuple des vertes brumes et d'une terre immaculée
que le capital n’a pas encore consommées
sens-tu ramper le péril ?

Tu es photographié, cartographié,
pesé, mesuré, chiffré
déjà prisonnier
des convoitises affutées
des marchands de bois
et des marchands de labeur

Peuple de l’ailleurs millénaire
qui ne sait pas encore que la loi du profit
a eu raison de la maison des cœurs


Mes larmes n’y pourront rien
ils arrivent avec leurs logiques
leurs camions et leurs banques

Peuple de l’enfance du monde
tu leur es peuple virtuel
déjà au catalogue des civilisations perdues
et tes enfants pareils aux miens
perdront leur liberté
perdront leur dignité de peuple debout

Mes larmes n’y pourront rien.

 

JMS à paraitre
in : Et leurs enfants pareils aux miens

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Jean-Marc La Frenière : LA MÊME PÂTE

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Les jours de paranoïa, je me demande combien ils sont dans ma peau à vouloir me faire la peau, à troquer la chair des mots pour le cuir d’un cahier. Les faux pas mènent plus loin que les marches militaires. Des pensées frôlent ma tête sans déplacer un cheveu. La fumée est-elle plus libre que le feu ? Les deux obéissent au vent. À tant guetter les choses de la terre, les yeux finissent par s’ouvrir. Ils montent vers le ciel. Ce qu’on fait semblant de voir finit toujours par se voir. Sans invisible, on ne verrait plus rien. Les marins qui ont le mal de mer naviguent sur les mots. J’utilise l’aphorisme lorsque j’ai peur des mots, de me noyer dedans, de crouler sous les phrases, de dérouler un fil qui ne s’attache à rien. J’écris à quelques sous de l’essai, en-deçà du roman, à quelques pas de l’absurde. J’écris avec des mots trempés à l’eau salée de la souffrance, des mots aborigènes faisant flèche de tout bois, des pouces de maçon sur la pensée du plâtre, des mots de saint glin-glin disparus de la carte, des mots de cuir usé, des mots de brousse dans le creux des formules, des mots qui s’ouvrent comme une fleur au cimetière des livres, des mots qui roulent de gros yeux, des mots de chat de gouttière et de tam-tam indien, des mots faisant la gueule dans la lâcheté du monde, des mots comme des poings s’ouvrant à la caresse, des mots d’électron libre dans l’alphabet des choses. J’écris comme un enfant retient son souffle pour éloigner la peur et ses fantômes. J’avance du pas des bœufs jusqu’à la transhumance. Là où la fragilité se colletaille avec le dur des choses, là où la vie a faim, la poésie peut lui servir de pain. L’air n’est jamais vide. Lorsque l’eau se met à nu, on voit ses muscles tressaillir. Le vent est transparent au milieu des oiseaux. Le vent n’attend jamais. Il balaie quand il veut. Un arbre est toujours plus qu’un arbre. Le temps est une grande maison ouverte sur le temps. Chaque paysage a son propre visage. De la risette aux rides, il change selon les yeux qui le regardent. Des milliers de points se rejoignent partout en dessinant le monde.
Même en écrivant, il m’arrive d’être ailleurs sans quitter ma plume, devant la mer, sur un sentier de peaux-rouges, dans un sous-bois aux odeurs grosses comme un homme, sur la branche d’un arbre au milieu des oiseaux. Lorsque les yeux du vent s’élargissent, on voit danser les branches, les vagues se dresser comme des poils sur la peau du lac. On entend les éoliennes gronder et mordre le silence. Leurs moignons tournent en vain au sommet des montagnes tuant la paix du paysage. Mes regards volent jusqu’à loin, poursuivant les nuages et l’écume supersonique des avions sur le tarmac du ciel. Au bout d’un peu, je regagne la page. Tant de forces secrètes agitent la navette dans les fils du monde. Il faut tant d’humus, d’émotions, de larmes, de caresses pour le fruit rouge du cœur. Mon pouls bat du même pas que je marche. Le temps varlope les secondes pour alléger le gros des choses. Le temps a son travail tout tracé. On s’en arrange comme on peut. Lorsque le vent est comme de l’eau, les milles bouches de la terre agrandissent les lèvres. Il n’y a pas que l’air qui touche à tout. Les mots se frottent à chaque atome, à chaque pierre, à chaque main. De partout, on entend le bruit de la vie, le pas des fourmis, la montée de la sève, le gros bourdon des taons, le sifflement des merles, même la chlorophylle silencieuse, le craquement des os, le chant que fait la soupe quand elle bout, l’odeur des saisons, l’automne avec ses arbres en bras de chemise, l’hiver dans sa pelisse blanche comme un grand chien couché, son museau dans les cendres, l’été en calicot de fleurs, le printemps où tout éclot, de la peau des graines à celle des bourgeons. En lisant, c’est la vie aussi qui entre en moi, par la science du texte, le sexe de la forme, le poids des mots, la soif des images, le grain des métaphores sur la peau de la page, l’encre à la préscience des insectes, l’alphabet gorgé de sens tout autant que de sensualité, son allégresse tout autant cosmique qu’élémentaire.
Il m’arrive de lire dans les herbes, d’écrire sur la neige, tournant les pages avec des gants, de brouiller l’eau des mots avec la rame d’un crayon. L’écriture fait passer les formes de vague en vague, de main en main, de nuage en nuage. Des doigts du boulanger à celle d’un pianiste, c’est la même pâte qui lève sous la levure du temps, celle du blé rejoignant celle du son. Le monde existe par la vie qu’on y met, par le soleil et l’eau, par la sève et le fruit. Celui qui ne boit pas aux mots en aura soif toute sa vie, sans savoir de quoi, sans apprendre pourquoi. Il faut entrer dans l’écriture dans un semeur dans son blé, une femme dans son ventre, un homme dans ses muscles, une jambe dans ses pas, un oiseau dans son vol. Il faut parler avec ses mains tout autant que sa voix, entendre avec les yeux, toucher la terre avec sa tête, mettre du sel de mer dans la soupe du rêve. Chaque parole a son poids de chair, de sang, de sueur, ses goûts et ses odeurs comme un gros paquet d’herbes. Les arbres, les racines, les sèves, les oiseaux, les pierres, les renards, les abeilles, les fleurs, même les hommes, vivent serrés grain à grain comme un immense fruit. La peau touche à l’écorce. Le ventre de la terre touche au ventre du ciel. Au déplié du vent, le mou de l’air s’endurcit. Parfois mes phrases partent à la volée, allant de ci de là. Je les retrouve dans un coin quêtant le pain de mots. Où que l’on soit, la vie est là tout autour.

9 janvier 2014

Texte de Jean-Marc La Freniere - Publié dans :  Poésie - http://lafreniere.over-blog.net

Publié dans Ils disent

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Surtout ne rien changer ! (réforme scolaire)

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Surtout ne rien changer ! (réforme scolaire)

Voici les archétypes qui devraient enchanter les opposants à la réforme scolaire : sauvegarder le vieil idéal des sociétés conservatrices et pour cela tout faire pour que les femmes ressemblent à leurs mères, qu’elles soient soumises aux principes familiaux. Donc, avec madame Machin, disons : vivent les bombasses, les soumises, les voilées, les répudiables (pourquoi pas les sans droit au chéquier) et vivent les hommes, les vrais, les soldats, les durs qui savent parler aux femmes. Évidement je comprends : les madame Machin ne voudraient pas avoir d’enfants qui ne leurs ressemblent pas… mais je connais des enfants qui, eux non plus, n’aimeraient pas avoir de mères comme elles, je connais des suicidées pour mariages forcés et des machos qui battent leurs femmes : une femme qui meurt tous les trois jours, ce n’est rien, un homo brûlé, ou pendu de temps en temps, ce n’est rien. Pour les braves conservateurs fiers de leurs guerres, de leurs massacres et de leurs carottes Vichy, bien sûr, le monde qu’ils ont forgé, il ne faut pas le changer ! Alors, inutile de modifier l’éducation et vivent les machos, les bombasses et la téléréalité ! À moins que les madame Machin aient fait semblant de ne pas comprendre l’esprit des réformes.

JMS

 

Publié dans Coups de gueule

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Au tribunal des oiseaux

Publié le par Cheval fou (Sananes)

Au tribunal des oiseaux
Je plaiderai coupable.

L’amour que je n’ai pas donné
Je l’ai volé
Volé
A ma femme
A mes enfants
A mon chat
Au hibou qui niche sur mon arbre
Volé
A l’enfant de la rue que je n’ai pas entendu
A l’affamé que j’ai ignoré
A l’aveugle que je n’ai pas éclairé
A la haine que je n’ai pas éteinte
Au souffle de vie
Que je n’ai pas honoré.

Au tribunal des oiseaux
Je plaiderai coupable.

Coupable de ne pas avoir pardonné
Aux porteurs de faux sourires et autres escrocs de l’amitié
Coupable de ne pas avoir su
Que certains préfèrent prendre
Coupable d'avoir tardé à comprendre
Que ce qu’ils m’ont pris
Je me devais de leur offrir.

L’amour que je n’ai pas donné
Je l’ai volé gaspillé perdu.

Que les oiseaux me pardonnent

JMS

 

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